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Le Blog de Mohamed Sifaoui
Journaliste, Ecrivain et Réalisateur.






Un vieux proverbe arabe dit : « un menteur, il faut toujours lui poser deux fois la même question ». C'est ce que je vais faire ici même pour élucider le « mystère » Pascal Boniface. Alors, je lui pose publiquement la question suivante : « Pensez-vous que la naissance d'un lobby arabo-musulman est nécessaire ? ». Question subsidiaire : « Pourquoi ? ». Libre à lui de répondre ou pas.
Certains pourraient s'interroger sur les raisons d'une telle interpellation publique. Explications : Il y a quelques jours, mon attention fut attirée par la tenue d'une conférence-débat organisée à Alger par El-Khabar le plus grand quotidien algérien en audience et en diffusion, et animée par Pascal Boniface, notre « expert » national en toute chose. Je me suis alors empressé de lire le compte rendu de la conférence sur les colonnes du quotidien en question qui consacrait dans son édition du 5 novembre 2008, un article au sujet de la sortie médiatique de notre « expert ». Pour illustrer cet article, le quotidien a alors utilisé des photos de BHL, Alain Finkielkraut et de Pascal Boniface. Après lecture, j'ai contacté quelques amis à Alger pour en savoir plus. Les premiers témoignages que j'ai recueillis confirmaient que l'article était conforme aux déclarations de notre « expert ». De plus, il n'y avait, selon mes informations, aucune mise au point envoyée au quotidien en question, aucune précision réclamée et naturellement, le même Pascal Boniface, à la date du 24 novembre dernier, n'avait pas cherché à user de son droit de réponse.
J'apporte ces précisions tout simplement parce que notre « expert » national, après avoir pris connaissance du précédent article que j'ai publié sur ce blog et de l'article publié par Élisabeth Lévy sur le site Causeur, Pascal Boniface, telle une vierge effarouchée, s'est laissé aller à des justifications qui ne pourront convaincre que lui, son chien et son escabeau. Je pense même que s'il a un poisson rouge, ce dernier risque de comprendre la supercherie.
Généralement, lorsqu'un article dénature les propos d'un intervenant, ce qui peut naturellement arriver partout,
l'intervenant prend son téléphone s'insurge contre le journal et le journaliste. Et lorsque l'article en question contient des passages diffamatoires attribués à l'intervenant, ce dernier utilise
son téléphone et contacte les personnes citées dans l'article afin qu'il leur explique la situation. Aussi, Boniface devait-il appeler BHL, Val, Finkielkraut et moi-même ou alors l'un de nous
quatre. Boniface aurait pu aussi, s'il était réellement de bonne foi et si ses propos avaient été dénaturés, user de son droit de réponse auprès du quotidien El-Khabar. Il n'a rien fait de tout
cela. Il aurait dû aussi, s'il était sincère, écrire un article pour clarifier sa position avant que nous ne fassions état de ses déclarations et non pas a posteriori.
Visiblement vexé par l'article d'Élisabeth Lévy et par le mien il a préféré utilisé l'arme de l'injure. Il s'est donc contenté de nous traiter de « faussaires ». Décidément, ce Boniface ne changera jamais. Après le « lobby juif », après son appel d'Alger pour la constitution d'un « lobby arabo-musulman », le voilà victime du lobby des « faussaires » qui s'est uni contre lui. De plus, avec la condescendance qui le caractérise, il ne daigne même plus citer le nom du quotidien El-Khabar se suffisant de l'appellation méprisante : le « journal en langue arabe ». Il accuse même le journal de lui avoir attribué des propos qu'il n'aurait jamais tenus (même le journal organisateur du colloque devient faussaire lui aussi).C'est certainement normal pour Boniface, ce n'est qu'un "journal en langue arabe" pour Arabes, c'est d'ailleurs probablement pour cela qu'il considère que la naissance d'un « lobby arabe » est possible. Il doit forcément penser que nous les arabo-musulmans, on se ressemble tous. Il n'y a tellement rien qui nous différencie qu'on peut constituer un « lobby ». Mais passons...
Pour m'attaquer dans sa réponse, il a fait ce que fait tout bon « expert » en toute chose. Il a surfé sur Internet, visité toutes les poubelles du Net et récolté toutes les ordures qui pourraient exister sur moi, et elles sont nombreuses, avis donc aux amateurs, pour tenter de me salir. Mais la couleuvre est trop grosse Mister Boniface ! Ce que dit Pascal à Alger, Boniface le dément à Paris. On a déjà connu ça, la recette a été utilisée par d'autres, qui d'ailleurs appellent, eux aussi, à leur manière, à la naissance d'un « lobby musulman ».
Mais bon comme je ne compte pas polémiquer longtemps avec notre « expert », je suis en train de remuer ciel et terre pour récupérer l'enregistrement de son intervention à Alger et je vous fais la promesse que si j'arrive à l'avoir entre les mains, il sera mis en ligne sur ce blog. Ce qui est tout à fait conforme à un autre proverbe arabe qui dit : « il faut suivre le menteur jusqu'au pas de sa porte »
PS : Au fait, Pascal Boniface a juste omis de préciser qu'un autre journal algérien, francophone celui-ci,
en l'occurrence le Jour d'Algérie avait lui aussi consacré un article à son intervention dont voici un extrait, lié à cette polémique :
«Attaquer les musulmans ne coûte pas cher»
Animant une table ronde sur les médias occidentaux et le monde arabe, le stratège français Pascal Boniface, invité mardi au Salon du livre d’Alger, soutient que le lobby arabe en Europe n’est guère puissant, ce qui facilite les attaques contre l’islam et les musulmans.
D’emblée, il souligne que beaucoup de médias occidentaux s’acharnent aujourd’hui à diaboliser l’image des musulmans et de l’islam car ils savent qu’en contrepartie il ne seront ni sanctionnés, ni pénalisés. «Les responsables des médias croient que ce sujet intéresse le public, que ça choque, que ça augmente l’audience alors ils en profitent ! D’autres pensent que dire cela est un courage intellectuel ! C’est considéré même comme de la lucidité et du courage», dit-il, citant au passage quelques français réputés comme Bernard Henry Lévy, Philippe Val et Alain Finkielkraut, des intellectuels français qui s’inscrivent dans ce courant de pensée communautariste et qui reproduisent la pensée de la classe dominante en France et en Europe. Ils font dans le politiquement correct ! «Ces gens disent qu’ils ne sont pas contre les musulmans mais ils s’en prennent à l’islam ! Ils entretiennent un discours contradictoire et diffusent la confusion et l’amalgame. D’ailleurs, ils ouvrent les portes à tous les musulmans qui regagnent leur rang et se trahissent comme Mohamed Sifaoui».
Je pense que les choses sont claires. A moins que tous les journaux algériens et que tous les journalistes
originaires de ce pays soient des "faussaires". C'est ce que nous dira certainement notre "expert" en toute chose.
Plusieurs internautes qui visitent ce blog, certains d'entre eux, visiblement nourris à la soupe intégriste, me bombardent de messages pour me sommer, depuis plusieurs jours, de m'exprimer sur le conflit qui oppose, depuis deux semaines, Israël aux terroristes du Hamas. Je n'ai pas voulu le faire jusque-là parce que tout simplement j'ai estimé qu'il fallait prendre du recul par rapport aux événements, comprendre les enjeux et éviter de tomber dans le piège tendu par les fanatiques du Hamas. Ce piège qui pousse aujourd'hui les masses arabo-musulmanes - et elles ne sont pas les seules - à foncer tête baisser dans la rhétorique habituelle, manichéenne qui, soit attise les haines soit élude les questions de fond si ce n'est les deux à la fois. Attitude dominante qui, depuis des lustres, se suffit à condamner le méchant juif tueur de femmes et d'enfants et de solidariser avec le gentil kamikaze du Hamas rehaussé au rang de « résistant ». Comme c'est facile !
Oui comme il est facile et aisé de « condamner » la riposte aux terroristes lorsqu'on est bien au chaud sur son fauteuil à Londres, marchant avec un keffieh, place de la République à Paris ou déambulant au bord du lac Leman, devant les caméras de la télévision suisse romande. Comme il est facile de démêler un conflit dont la complexité n'a d'égal que le pourrissement d'une situation qui semble inextricable. Comme il est facile d'attiser les haines, d'appeler à la guerre, au djihad lorsqu'on ne craint pas de recevoir une roquette sur la tête ou une rafale de kalachnikovs. Comme il est facile d'aller pérorer tel un Tariq Ramadan sur les fauteuils de Frédéric Taddeï en instrumentalisant l'émotion que suscitent les images insoutenables qui nous parviennent. Et comme il est facile enfin de crier au « génocide », quand on n'a pas subi soi-même les génocidaires intégristes !
J'entends d'ici les cris d'orfraie. Rassurez-vous, je vais expliquer calmement ma position. Je ne suis pas non plus pour un bombardement aveugle et massif des populations civiles. Et si je ne condamne pas la riposte israélienne au Hamas, je regrette profondément et je dénonce le fait que le gouvernement israélien ne prenne pas toutes les mesures pour que les femmes et les enfants, et plus globalement ceux qui ne sont pas armés, soient épargnés par les actions militaires. L'armée d'un État démocratique se doit d'être exemplaire surtout lorsque l'enjeu est de vaincre également, au-delà du Hamas, l'idéologie que véhicule un tel mouvement.
Cela dit, je ne suis pas dupe. Je connais trop le fascisme qui anime ces fanatiques pour croire - d'ailleurs, certains de leurs responsables l'ont avoué - qu'ils utilisent souvent les populations civiles comme bouclier humain. Mais, malgré cela, les Israéliens ne doivent pas tomber dans le piège qui leur est tendu par des fascistes n'ayant aucun respect pour la vie. Et de ce point de vue, l'armée israélienne gagnerait à être beaucoup plus vigilante.
Si j'ai refusé de me prononcer jusque-là, y compris dans certains médias qui m'avaient sollicité, c'est aussi parce que je comptais intégrer cette question dans mon prochain travail journalistique. Si j'ai attendu, avant de donner mon avis, ce n'est donc pas, par « lâcheté », comme l'ont suggéré certains messages, encore moins pour me défiler et ne pas dire ma position. Ce n'est pas dans mes habitudes d'éviter des sujets liés au monde arabo-islamique et bien davantage à l'islamisme. Si je ne me suis pas exprimé sur ce blog, c'est aussi parce que je l'avais déjà fait dans un livre paru aux Éditions Grasset en mars 2007. Intitulé « Combattre le terrorisme islamiste », j'y avais évoqué le conflit proche-oriental et le problème du Hamas. Voici d'ailleurs certains extraits de ce que j'écrivais alors :
« La gestion du conflit israélo-palestinien est entachée d'erreurs similaires à celles qui minent la conduite de la lutte antiterroriste au niveau mondial, avec une donne supplémentaire : la revendication légitime des Palestiniens de pouvoir disposer d'un État viable et souverain. Il est évident que le règlement de cette situation spécifique doit passer par la reconnaissance de ce droit. Par conséquent, le conflit israélo-palestinien doit être considéré à sa juste mesure, c'est-à-dire comme un conflit politique.
La donne religieuse ou idéologique ne doit plus avoir droit de cité que ce soit du côté des Israéliens ou de celui des Palestiniens. Ces aspects ont toujours entravé les discussions et les négociations (...) L'utilisation de la force comme seule politique ne mènera certainement pas vers une solution et risque, au contraire, de radicaliser davantage les positions des uns et des autres. Pour autant, il est évident qu'Israël doit continuer à se défendre contre les terroristes, mais en évitant, dans cette lutte, de leur amalgamer les civils.
Le rôle des États-Unis comme celui des Européens consiste à faire accepter aux deux parties une sorte de longue trêve au cours de laquelle des négociations sérieuses doivent être engagées. Naturellement, il y aura des attentats parce que les islamistes voudront saboter, d'une manière ou d'une autre, toute initiative qui pouvait aboutir à une solution. Devant un tel cas de figure, les gouvernements israélien, américain et européens doivent travailler avec les forces laïques du côté palestinien en renforçant ces dernières, en les crédibilisant aux yeux de leur population, en leur donnant les moyens nécessaires pour lutter contre les terroristes sans que cela conduise à une guerre civile. Une intervention de l'ONU dans les territoires palestiniens permettra peut-être de créer une zone tampon qui éviterait un contact direct entre les terroristes et l'armée israélienne, ou à tout le moins qui rendrait plus difficile ce genre de face à face.
Mais au-delà de l'aspect militaire, il est nécessaire de lancer une action sociale qui couperait l'herbe sous les pieds des islamistes du Hamas. Créer des projets économiques, résorber le chômage, permettre à la population de recouvrer une dignité, lui montrer qu'elle n'est pas esseulée dans sa misère quotidienne, empêcher le Hamas de contrôler les secteurs de l'éducation, de l'information et de la culture, moderniser le système scolaire et universitaire en accordant par exemple des bourses d'études aux jeunes Palestiniens, bref, créer une dynamique qui montre à cette partie de la population, aujourd'hui abreuvée d'idéologie islamiste, que le terrorisme n'est pas une voie à suivre.
Le problème majeur est que ce type de projets est actuellement initié par des islamistes financés par l'Iran ou la Syrie et conditionnés par l'idée qu'il n'y aura « jamais de paix sans la destruction d'Israël ». L'enseignement prodigué aux enfants palestiniens est, à ce sujet, terrifiant : dès la maternelle, leur sont inculqués les principes « du martyre » et de la « guerre sainte » (...) Ce n'est là qu'une ébauche de solutions. Elles ne pourront être mises en œuvre que s'il existe, de part et d'autre, mais aussi du côté de la communauté internationale, une réelle prise de conscience du fait que le terrorisme islamiste ne sera certes pas vaincu par un règlement de la question israélo-palestinienne, mais en sortira considérablement affaibli ».
Voilà donc ce que j'aurais pu écrire, si je ne l'avais pas déjà fait. Et à ces mots, à ces phrases, à ce texte, je n'ôterai aujourd'hui aucune lettre, aucune virgule et aucune syllabe.
Si j'avais à rajouter quelques idées, je dirais que la guerre qui oppose les terroristes islamistes du Hamas et l'État israélien nous livre effectivement, depuis deux semaines, des images insoutenables. Ces images sont tout simplement insupportables. Mais si j'affirme sans ambages, quitte à être définitivement en rupture avec le monde arabo-musulman, que l'idéologie intégriste et ceux qui adhèrent à cette pensée rétrograde sont, à mon sens, les premiers responsables du drame qui se déroule sous nos yeux au Proche-Orient, il serait injuste de ne pas formuler certaines critiques à l'égard de la méthode choisie par le gouvernement israélien pour finir avec les attentats perpétrés par le Hamas. J'ai toujours condamné les opérations suicides et toutes les actions terroristes que mènent depuis plusieurs années les différentes factions islamistes palestiniennes en direction de la population israélienne. C'est là pour moi une position de principe et une cohérence qui refusent de penser, comme le font certains, que le terrorisme est condamnable lorsqu'il frappe en Occident ou dans des pays arab-islamiques et qu'il deviendrait légitime et juste quand il prendrait pour cible des civils israéliens.
Cela étant, quitte à me répéter, il est inconcevable de dire qu'un État, démocratique de surcroit, aurait le droit de bafouer les règles et les lois internationales même lorsque sa sécurité est en danger. C'est la raison pour laquelle, je considère que le gouvernement israélien est en train de se battre contre le Hamas tout en l'alimentant ainsi que l'ensemble des islamistes. Ce que les stratèges de Tel-Aviv ne saisissent visiblement pas, c'est qu'ils nourrissent, à travers leur violente offensive sur Gaza, ce discours intégriste que je ne cesserai de combattre. À voir d'ailleurs comment les plus éminents idéologues islamistes, Youssef Al-Qaradhaoui ou Aymen Al-Zawahiri à leur tête, sautent sur l'occasion pour tenter de mobiliser leurs troupes et en recruter de nouveaux adeptes. A voir aussi la timidité, somme toute compréhensible, de toutes les franges progressistes au sein de monde arabo-musulman et y compris en Europe. Cette guerre, j'en suis convaincu, outre le fait qu'elle servira à jeter toutes les initiatives de paix aux calendes grecques aura permis aussi à l'intégrisme d'emporter, aux yeux des opinions publiques musulmanes, une éclatante victoire. L'islamisme s'est toujours nourri de séquences comme celles que nous sommes en train de vivre depuis près de deux semaines. Israël, malheureusement, n'a pas, à l'évidence, intégré cette réalité dans sa réflexion d'avant-guerre.
Je ne cesse de le répéter. Le terrorisme islamiste ne sera jamais vaincu à travers la seule action militaire, et ce, même si je considère que celle-ci est souvent nécessaire lorsqu'on fait face à un fascisme. Mais qu'a fait Israël, qu'a fait l'Occident et qu'ont fait les pays musulmans pour venir à bout de ce fléau - appelez-le comme vous voulez - qu'est le salafisme, qu'est l'islamisme, qu'est l'intégrisme, qu'est le fanatisme ? Rien. Systématiquement, l'action militaire ponctuelle prend le dessus sur les offensives politiques et idéologiques qui devraient être menées. Les grandes démocraties composent avec l'islamisme quand celui-ci opère ses replis stratégiques et ne le combat militairement que lorsqu'il représente une menace imminente. C'est là un véritable serpent qui se mord la queue. Et même pour Gaza, nous verrons comment tôt ou tard, l'armée israélienne devra mettre fin à son opération, nous verrons que même victorieuse, Israël sortira vaincue au plan politique et au niveau médiatique et nous verrons aussi comment les fanatiques du Hamas, et à travers eux les intégristes du monde entier, vont transformer leur très probable défaire militaire en victoire politique. Mais ce n'est pas tout. Nous verrons aussi comment à terme les islamistes palestiniens vont se reconstruire, comment vont-ils dans un, deux, trois ou dix ans représenter, une fois de plus, une menace pour Israël. Nous assisterons alors à une nouvelle guerre, à de nouvelles scènes d'horreur et de nouvelles manifestations enflammées et passionnées qui accroîtront le fossé existant déjà entre Israël et l'Occident d'une part et le monde arabo-musulman d'autre part. Et, une fois de plus, les islamistes qui, dans l'intervalle, n'auront pas été combattus politiquement rentabiliseront, à leur profit, un énième conflit.
L'absence de stratégie claire et globale de lutte contre l'intégrisme musulman est celle qui va nous mener tout droit vers un pourrissement international qui, lui-même, risque, à terme, de faire naître une véritable guerre de civilisation. J'ai toujours été en désaccord avec la théorie de Samuel Huntington, mais je crains que la lâcheté des uns, l'irresponsabilité des autres et la détermination des fanatiques finissent par créer une situation inextricable. Je me refuse de croire dans la thèse du « conflit de civilisation » et je n'aime pas entendre des discours ayant des relents de « guerre de religion ». Cependant, ce que j'observe - et cette dernière guerre le montre avec acuité - c'est un conflit de valeurs. D'un côté un État moderne et civilisé qui pleure son premier blessé, d'un autre côté des troupes fascistes qui magnifient la mort de leurs propres enfants et qui souhaitent la leur. Je vois d'un côté une société attachée à la vie et d'un autre des terroristes aspirant à la mort. Je vois une société démocratique, certes avec ses lacunes, et un groupe de barbares qui a pris en otage Gaza et sa population en les piégeant. Aucun F16, aucune action militaire, aucune armée, y compris la plus puissante, ne pourra venir à bout, à elle seule et sans politique cohérente et courageuse, de ceux dont l'idéologie dicte cette phrase, très prisée par les islamistes, et qui, dès que je l'entends, me fait bondir : « Nous aimons la mort comme vous aimez la vie ». Israël doit comprendre que si son ennemi préfère la mort à la vie, elle ne doit pas lui accorder systématiquement ce « privilège » qui ne manquera pas de légitimer son discours.
Et si, à l'issue de cette offensive militaire, Israël accepte de discuter avec les barbares du Hamas, là nous pourrons dire que l'islamisme aura définitivement gagné au Proche-Orient. Ce serait catastrophique pour Israël, mais pour l'ensemble des pays démocratiques et des courants progressistes. Mais en ces temps de guerre, j'espère seulement me tromper comme j'espère que le camp de la paix et de la raison finisse par triompher...
J'observe les esprits s'enflammer de plus en plus durant cette guerre qui oppose Israël aux fanatiques du Hamas. Je comprends que l'émotion l'emporte sur la raison. Je le comprends d'autant
plus lorsque je vois le traitement médiatique que réservent les chaînes arabes, et notamment Al-Jazira, à ce conflit. Mais cette situation, qui devient de plus en plus inquiétante, me pousse à
poser un certain nombre de questions à ceux qui laissent libre court à leurs émotions dégoulinantes ou encore pire à la haine qu'ils n'arrivent plus à dissimuler. Où étaient tous ces musulmans
qui ont tant de compassion pour les enfants de Gaza et pour les terroristes qui les ont conduits vers la guerre, ou étaient-ils, dis-je, quand Grozny était littéralement rasée par l'armée russe,
cependant que les femmes tchétchènes étaient violées à ciel ouvert par les soldats de Poutine et lorsque les morts se comptaient quotidiennement par centaines ? Mais où étaient-ils bon sang
de Bon Dieu ? Mais où étaient Besancenot, Buffet, Mélenchon ? Où étaient ces femmes voilées et les autres qui arborent fièrement aujourd'hui le keffieh palestinien ?
Ou étaient ces casseurs, ces jeunes fougueux et déchaînés, ces vielles dames qui s'exhibent aujourd'hui la larme à l'œil quand il fallait dénoncer les crimes, que dis-je, le génocide perpétré par le régime fasciste du soudanais Hassan Omar Al-Bashir contre des populations Darfouris, démunies, désarmées et sans défense. Mais où étaient Besancenot, Buffet, Mélenchon ? Où étaient-ils ? Personne ne leur a dit qu'un crime contre l'humanité se commettait, sous le ciel fanatisé du Soudan ? Où étaient ces jeunes et ces moins jeunes, tous ces promeneurs du samedi, lorsqu'avec SOS Racisme et Urgence Darfour et quelques autres associations, nous avions marché pour condamner le crime de l'État soudanais. Nous nous étions alors retrouvés à proximité de l'Ambassade du Soudan et nous étions tout au plus deux cents personnes. Les Tariq Ramadan, ses adeptes et leurs camarades avaient certainement des courses à faire ce jour-là. Je préfère croire cela, que de penser un instant que tous ces marcheurs du samedi ont plus de compassion pour l'enfant de Gaza que pour l'enfant du Darfour. Peut-être que le musulman qui obéit aux ordres et à l'idéologie du Hamas et défendable alors que le musulman tchétchène habitant Grozny, ne comprenant probablement rien à la chose politique, doit être liquidé dans l'indifférence collective par les hommes de Poutine.
Mais encore, ou étaient tous ces marcheurs du samedi lorsque les Algériens se faisaient découper en petits morceaux par les monstres du GIA et égorgés tels des moutons par les disciples d'Ali Benhadj ? Mais où étaient Besancenot, Buffet, Mélenchon ? Où étaient-ils ? Je me rappelle que certains accusaient alors les victimes algériennes d'être à la solde du régime en place donc légitimement « découpable » en morceaux. D'autres se disaient encore que peut-être le GIA n'était finalement que le fruit d'un complot, d'une manipulation, que l'islamisme ne tuait point, nulle part. D'ailleurs, beaucoup continuent de penser que l'islamisme est une doctrine sympathique qui ne ferait pas de mal à une mouche. Que tout ce terrorisme islamiste qui veut imposer son diktat est une création des « Juifs, des Américains et de beaucoup d'autres salauds ». Je crois même que c'est ce que pensent des politiques comme les très laïcs Besancenot, Buffet et Mélenchon. Sinon que font-ils en marchant aux côtés d'islamistes, de communautaristes, de tribalistes, d'antisémites et de pleurnichards professionnels. Parce que ce qui m'étonne aussi - et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je qualifie certains marcheurs du samedi de « pleurnichards professionnels » - ce qui m'étonne dis-je comment peut-on s'émouvoir lorsqu'est tué un enfant ayant telle religion et ne pas ressentir d'émotion lorsque un autre enfant ayant telle autre religion subi le même sort ? Pourquoi tous ces musulmans qui marchent aujourd'hui les yeux exorbités, la bave sur le menton, tous crocs dehors, n'ont-ils jamais voulu marcher au lendemain d'un attentat terroriste ? Pourquoi n'ont-ils pas marché lorsque des islamistes tuaient d'autres musulmans ? Pourquoi n'ont-ils pas marché après le 11 septembre, Madrid ou Londres ? Mais où étaient-ils lorsque les talibans exécutaient des femmes dans des stades ? Pourquoi, à chaque fois, que je les entends, c'est pour écouter leurs lamentations disant qu'ils appartiennent à une « religion opprimée » ? Pourquoi ne dénoncent-ils jamais, avec de telles marches, ceux qui oppriment au nom de cette même religion ? Pourquoi sont-ils plus virulents, plus haineux et, parfois, plus violents que les Palestiniens et les Jordaniens que je connais ? Pourquoi il y a si peu de dignité dans l'expression de leur émotion sincère ou supposée ? Mais que cache donc cette compassion sélective ? Que cache-t-elle ? Mettons les pieds dans le plat. Le conflit israélo-palestinien serait-il finalement un abcès de fixation qui est entretenu, et notamment par les pays musulmans, pour attiser toutes les haines ? Serait-ce l'appartenance religieuse de l'autre belligérant, Israël en l'occurrence, qui pose problème ? Serait-ce par antisémitisme ? Où serait-ce tout simplement un samedi après midi de défoulement utilisé tel un exutoire pour exprimer une malvie, des frustrations, pour s'élever contre une absence de libido ou que sais-je encore ?
Je vais révéler le fond de ma pensée. Je pense que plusieurs marcheurs du samedi défilent davantage contre Israël que pour la Palestine. Beaucoup d'entre eux ne marchent pas parce qu'ils adoreraient les Palestiniens, mais parce qu'ils ont une détestation idéologique pour tout ce qui est juif et pour tout ce qui a trait à Israël. Et je pense même - passez-moi l'expression - que la plupart n'ont rien à foutre des Palestiniens. Parce qu'en définitive si ces marcheurs du samedi étaient si humanistes que cela, je pense que je les aurais croisés dans des manifestations en faveur du Darfour ou des Tchétchènes, et dans celles organisées en signe de solidarité avec les victimes algériennes de l'islamisme et dans toutes les marches dénonçant le terrorisme des fascistes intégristes. Ils se seraient peut-être élevés contre la violence exercée par le Hamas, non pas contre les Israéliens, mais contre leurs propres frères du Fatah.
Rassurez-vous, je ne suis pas ravi de voir des civils mourir à Gaza. Cela me désole profondément, mais je ne veux pas que soit occultée la responsabilité du Hamas qui a créé les conditions de la guerre puisque tout en sachant qu'il ne ferait pas le poids militairement, il a provoqué cette guerre au mépris des vies humaines dont il avait la responsabilité tout ceci au nom de cette idéologie qui magnifie la mort et le martyre. Arrêtez alors de nous raconter une histoire à l'envers et révéler le fond de votre pensée que nous voyons d'ailleurs parfaitement dans les slogans que vous portez...À tous les promeneurs du samedi, bon dimanche...
Voici la version Allemande de ce texte...(Merci à
J.L)
Den Samstagsspaziergängern und ihren Kumpels aus einer gewissen Linken
Ich sehe wie die Gemüter sich im Laufe dieses Krieges zwischen Israel und den Hamas- Fanatikern immer mehr
erhitzen. Ich verstehe, daß die Erregung Oberhand über die Vernunft gewinnt; es wundert mich nicht, denn ich sehe, wie die arabischen Fernsehanstalten, insbesondere Al-Jazira, diesen Konflikt
aufbereiten. Die zunehmend Besorgnis erregende Lage veranlaßt mich, denen einige Fragen zu stellen, die ihren triefenden Emotionen, schlimmer noch, dem Haß, den sie nicht mehr verbergen, freien
Lauf lassen. Wo waren all die Muslime, die mit den Kindern aus Gaza und mit den Terroristen, die sie in den Krieg geführt haben, so sehr mitfühlen, wo waren sie etwa, als Grosny von der
russischen Armee buchstäblich plattgemacht wurde, als tschetschenische Frauen von Putins Soldaten unter freiem Himmel vergewaltigt wurden und die Zahl der Todesopfer täglich in die Hunderte ging?
Wo waren sie, verflucht noch mal? Wo waren da Besancenot, Buffet, Mélenchon (1)? Wo waren alle diese verschleierten Frauen und jene, die heute voller Stolz das Palästinensertuch tragen?
Wo waren die Straßenkämpfer, die wilden entfesselten Jugendlichen und die mit Rührungsträne im Auge auftretenden Damen, als es darum ging, die Verbrechen, nein, den Völkermord an der hilf- und
schutzlosen Darfur-Bevölkerung durch das faschistische Regime des Sudanesen Hassan Omar Al-Bashir anzuprangern? Wo waren da Besancenot, Buffet, Mélenchon? Wo waren sie? Hat niemand ihnen gesagt,
daß unter dem fanatisierten Himmel des Sudans ein Verbrechen gegen die Menschlichkeit geschieht? Wo waren diese jungen und weniger jungen Leute, all diese Samstagsspaziergänger, als wir zusammen
mit SOS Racisme, Urgence Darfour und einigen anderen Organisationen demonstrierten, um gegen das Verbrechen des sudanesischen Staates zu protestieren? Als wir uns damals bei der sudanesischen
Botschaft trafen, waren wir höchstens zweihundert. Die Tariq Ramadans und ihre Gefolgschaft hatten an diesem Tag einzukaufen, nehme ich an - das ist mir lieber, als nur einen Augenblick glauben
zu müssen, daß alle diese Samstagsspaziergänger Mitleid mit dem Kind in Gaza, doch nicht mit dem Kind in Darfur empfinden. Offensichtlich verdient der Moslem, der den Befehlen und der Ideologie
der Hamas gehorcht, Aufmerksamkeit; der tschetschenische Moslem aus Grosny aber, womöglich ein Unpolitischer, darf, von Putins Männern liquidiert, in allgemeiner Gleichgültigkeit untergehen.
Aber, noch einmal, wo waren all diese Samstagsmarschierer, als die Algerier von den GIA-Bestien zerstückelt und von den Ali Benhadj-Schülern wie Schafe abgeschlachtet wurden? Wo waren da
Besancenot, Buffet, Mélenchon? Wo waren sie? Ich erinnere mich, daß einige die algerischen Opfer beschuldigten, mit dem herrschenden Regime zusammenzuarbeiten, weshalb sie also „legitimer Weise
zerstückelt" würden. Andere sagten sich, daß die GIA ein Verschwörungsprodukt, eine Manipulation sei, da der Islam nicht tötet, an keinem Ort, nirgends. Im übrigen denken viele immer noch, daß
der Islamismus eine freundliche Lehre sei, die keiner Fliege was zu Leide täte; dieser ganze islamische Terror, der alle anderen unterwerfen will, wäre eine Erfindung der „Juden, der Amerikaner
und vieler anderer Schweinehunde". Ich könnte mir sogar vorstellen, daß die sehr weltlichen Genossen Besancenot, Buffet und Mélenchon ebenso denken. Was hätten sie sonst an der Seite der
Islamisten, der Integrationsunwilligen, der Stammesbeschwörer, der Antisemiten und der professionellen Klagemänner zu suchen? Denn, was mich wundert - und aus diesem Grunde nenne ich manche
Samstagsmarschierer „professionelle Klagemänner" -, was mich also wundert ist dies: Wie kann man von dem Tod eines Kindes bewegt sein und von dem eines anderen unberührt bleiben, je nach seiner
Religionszugehörigkeit? Warum haben dieselben Muslime, die heute mit hervorquellenden Augen, speichelfeuchtem Kinn und gefletschten Zähnen marschieren, niemals nach einem Terroranschlag
demonstriert? Warum sind sie nie auf die Straße gegangen, als Islamisten andere Muslime töteten? Warum sind sie nach dem 11. September, nach Madrid und London nicht aufgestanden? Wo waren sie
denn, als die Taliban in den Stadien Frauen hinrichteten? Warum muß ich sie immerfort darüber klagen hören, daß sie zu einer „unterdrückten Religion" gehören? Warum prangern sie niemals
diejenigen an, die im Namen ebendieser Religion unterdrücken? Warum sind sie in Europa schärfer, haßerfüllter und gewalttätiger als manche Palästinenser und Jordanier vor Ort? Warum ist so wenig
Würde im Ausdruck ihrer Betroffenheit? Was verbirgt denn ihr selektives Mitgefühl? Was verbirgt es?
Treten wir ins Fettnäpfchen! Kann es sein, daß der jüdisch-palästinensische Konflikt nichts ist als eine Fixierung, die vor allem durch muslimische Länder erzeugt wird, um allen Haß zu binden?
Kann es sein, daß die Religionszugehörigkeit des Gegners, in diesem Fall Israels, das eigentliche Problem darstellt? Ist das etwa Antisemitismus? Oder sollte ein Samstagnachmittag lediglich der
Entladung dienen, um Unbehagen am Leben, Frustrationen, Mangel an Libido und, was weiß ich noch, abzureagieren?
Ich will meine innersten Gedanken darlegen. Ich denke, daß manche Samstagsmarschierer mehr gegen Israel als für Palästina demonstrieren. Viele von ihnen laufen nicht mit, weil ihnen die
Palästinenser ans Herz gewachsen wären, sondern weil sie eine metaphysische Abscheu für alles Jüdische empfinden und für alles, was mit Israel zusammenhängt. Ich denke sogar, daß den meisten die
Palästinenser - verzeihen Sie den Ausdruck - am Arsch vorbeigehen. Denn wären am Ende diese Samstagsmarschierer so humanistisch wie sie tun, so hätte ich sie vermutlich auf Darfur- oder
Tschetscheniendemos gesehen, bei Solidaritätskundgebungen für algerische Islamistenopfer, eben auf allen Veranstaltungen, die sich gegen den Terror faschistischer Fanatiker richten. Und wenn
ihnen die Palästinenser tatsächlich am Herzen lägen, wären sie da nicht gegen die Gewalt der Hamas gegen ihre Fatah-Brüder - nicht gegen die Israelis - aufgestanden?
Beruhigen Sie sich, ich juble nicht, wenn zivile Opfer in Gaza sterben. Es schmerzt mich tief. Aber ich will nicht, daß man die Verantwortung der Hamas an diesem Krieg verschweigt, den sie
herbeigeschossen hat, obwohl sie wissen mußte, daß sie militärisch nicht würde mithalten können; diesen Krieg hat sie in Verachtung der Menschen heraufbeschworen, für die sie verantwortlich war,
das Ganze im Namen einer Tod und Märtyrertum verherrlichenden Ideologie. Hört also auf, uns eine verquere Geschichte zu erzählen, hört auf zu lügen, eure wirklichen Gedanken erkennen wir an euren
Parolen... Allen Samstagsspaziergängern einen guten Sonntag...
À la suite de la publication de mes deux précédents articles, j'ai reçu un nombre très important de messages. Entre commentaires, courriels et autres SMS, il y eut près de 300 réactions en deux jours. Je remercie d'abord tous ceux qui ont voulu exprimer un sentiment, une critique, un encouragement ; ceux qui se sont manifestés par un petit mot de sympathie ou de soutien ; et je tiens à dire à ceux qui révèlent une opinion contraire à la mienne qu'ils seront toujours les bienvenus sur ce blog. Ici, ils seront, de toute manière, mieux traités que sur des sites ou forums islamistes où il leur sera plus difficile d'écrire un avis contradictoire à l'idéologie des fanatiques. Enfin, j'ai du modéré très précisément dix-neuf messages qui contenaient tantôt des menaces ou des injures, tantôt des propos racistes ou antisémites. Mais ceux-là sont tellement insignifiants que je ne m'y attarderai pas.
Autre constat rassurant, si beaucoup d'intervenants se sont déclarés juifs ou israéliens, d'autres se disent musulmans, chrétiens, athées ou agnostiques, sachant qu'une telle précision, si elle ne me gêne point, m'est totalement indifférente. Elle montre néanmoins qu'il est permis d'espérer encore et que, malgré, des différences réelles ou supposées, des personnes peuvent se respecter et avoir les mêmes aspirations : en premier lieu la paix.
Après réflexion, je me suis dit qu'il fallait continuer le débat sur la guerre entre Israël et le Hamas et j'avais envie d'aller plus loin dans l'exposition de ma pensée. N'étant pas de ceux qui s'expriment en des termes ambigus et adoptent des positions empruntes de double langage, je souhaite qu'on puisse comprendre quelles sont les raisons profondes qui me poussent à défendre des idées qui, je le conçois, ont beaucoup de mal à passer auprès des masses arabo-musulmanes. C'est un peu le sujet de mon prochain ouvrage, mais je prends le risque de le déflorer quelque peu tant il me semble primordial de participer à l'important débat qui doit exister dans la sérénité autour de cet interminable conflit israélo-palestinien en général et concernant ce drame que nous suivons en direct depuis près de trois semaines.
Premièrement. Je tiens à dire que je suis, moi aussi, très ému, très touché et très en colère lorsque je vois des enfants mourir. Si les auteurs de certains messages fort injustes estiment que le sort des civils de Gaza me réjouit, ils se trompent lourdement. Mais j'espère pouvoir garder un esprit distancié et un nécessaire recul pour tenter d'apprécier la situation avec un maximum de justesse. Je ne sais pas si j'y suis arrivé. Je ne soutiens pas que j'ai raison à tout prix. Mais je n'ai pas envie de tricher. Je le dis sans ambages, n'en déplaise aux fanatiques de tous poils, j'ai écrit avec conviction et sincérité. Je refuse de fonder mes idées sur la base de l'émotion ou encore en les intégrant dans une opinion dominante dans la société. J'ai toujours fonctionné ainsi et je continuerai. Je sais qu'il aurait été plus facile, plus simple et certainement moins contraignant de laisser libre court à mon émotion, de réagir de manière manichéenne, de suivre le climat ambiant, de chanter avec ceux qui scandent des slogans inacceptables, d'applaudir à l'antisémitisme, de défiler sous la bannière des fascistes du Hamas et du Hezbollah et d'être dans une complaisance et dans une connivence communautariste ou religieuse qui m'insupportent. Je suis musulman, ma position déplait à beaucoup de musulmans, soit ! Je suis arabe, ma position déplaît à beaucoup d'Arabes, soit ! Je suis d'origine algérienne et ma position déplait à la majorité des Algériens, soit ! Et enfin je suis un homme de gauche et ma position déplaît à beaucoup de gens de gauche re-soit ! Celui qui croit que dans une démocratie, un intellectuel, un écrivain ou un journaliste est là pour plaire devrait revoir les fondamentaux de ses convictions démocratiques. Les sociétés modernes, les grandes civilisations, les grandes idées humanistes et les plus grandes nations ne se sont pas construites dans un esprit de connivence collective. Elles ne se sont pas fortifiées grâce à des gourous qui dictent la pensée ni grâce à des Ayatollahs. Ce sont les intellectuels, les penseurs, les philosophes, les journalistes, les écrivains, les hommes de culture, les sociétés civiles, etc. qui grâce à leur esprit critique ont participé à hisser leur société vers le haut, à faire bouger les choses, à créer les débats et, en définitive, à faire évoluer la réflexion et la pensée.
Mon problème, réside dans le fait que, dans leur ensemble, les sociétés arabo-musulmanes - y compris celles communautarisées sous cette forme en Occident - préfèrent, en général, vivre, non pas affranchies des dogmes, de la religion, des doctrines, des Ayatollahs, des idéologues et des imams, mais sous la coupe de ces derniers qui leur dicte la pensée qu'ils doivent avoir. Raison pour laquelle que ce soit en France, dans les autres pays européens ou encore dans les pays musulmans, des citoyens sont globalement prisonniers, pire certains d'entre eux sont tels des moutons suivant un berger égaré, des béni-oui-oui incapables de se libérer du diktat intellectuel qui leur est imposé depuis des lustres. Hier, Nasser et le nationalisme arabe étaient à la mode, ils étaient tous nassériens et tous nationalistes. Aujourd'hui, Ben Laden et l'islamisme sont à la mode, beaucoup sont benladenistes et adhèrent à la pensée intégriste. Si demain Raël ou l'Église de scientologie sont à la mode, ils seront raëliens et adeptes de la scientologie à la fois. Dans ces sociétés, et il est dommage que cela se prolonge y compris au sein des « communautés » musulmanes vivant en Europe, on ne critique pas le dogme, le père, Dieu, la doctrine, le Prophète, les textes, l'autorité religieuse ; on se solidarise aveuglément avec les Palestiniens sous ce slogan idiot relayé depuis des années : « Avec la Palestine agressée ou agresseur » ; on n'existe généralement qu'au travers de ce qui est dicté par des gardiens du Temple souvent illégitime et autoproclamés. J'ai décidé pour ma part, il y a bien longtemps de sortir de cette prison qui a ankylosé les musulmans. Ni Dieu, ni les textes ; ni la Palestine ni le Prophète ne sont des tabous. Tout peut-être discuter. Tout !
L'imam a dit on marche, on marche ; l'idéologue estime qu'il faut crier, on crie ; l'Ayatollah a juré de rayer Israël de la carte, on raye Israël de la carte ; Al-Jazira a affirmé : « crime de guerre à Gaza », « crime de guerre à Gaza ». Voilà la vérité de beaucoup de musulmans aujourd'hui. Manipulables à souhait par le premier charlatan du coin. Beaucoup de mes « coreligionnaires » - et cela me désole - sont devenus autant de cerveaux disponibles pour absorber la haine, accepter la violence et cultiver l'intolérance, toutes distillées par des idéologues animés de desseins obscurantistes. Comment expliquer sinon que chaque manifestation que je vois dans les pays arabes - et même en Europe - se termine souvent par des actes de vandalisme et se déroule très souvent dans le brouhaha de propos haineux. L'émotion a, elle seule, ne peut pas tout expliquer. On peut exprimer une colère, y compris en silence. Ce n'est pas en jetant l'anathème sur un peuple, en scandant des insultes débiles ; ce n'est pas en brûlant des lieux de culte et en s'attaquant à la première kippa qui passe ; ce n'est pas en déversant son fiel et en se donnant en spectacle qu'on servira la « cause palestinienne ».
Deuxièmement. Pour revenir au sujet qui nous préoccupe, pourquoi ai-je appelé dès 2006 à travers un livre que j'avais écrit qu'il fallait, tout en lançant une guerre ouverte au Hamas, négocier sérieusement avec l'Autorité Palestinienne légitime, lui permettre d'avoir des résultats concrets, ce qui la renforcerait politiquement et, au-delà de l'aspect militaire, qu'il était nécessaire aussi de lancer une action sociale qui couperait l'herbe sous les pieds des islamistes du Hamas. J'avais alors précisé également qu'Israël ne devait surtout pas amalgamer combattant de cette organisation terroriste et civils. Si, j'ai formulé ce souhait, c'est en gardant en tête que la réalisation de la paix au Proche-Orient permettra de fragiliser le mouvement islamiste international. Ce n'est pas pour rien que Ben Laden, Zawahiri et leurs émules focalisent leurs discours sur ce conflit si particulier et si complexe. Alors qu'il s'agit là d'un conflit politique, il existe une doctrine qui s'est propagée aux quatre coins de la Planète et qui tente de lui donner un caractère exclusivement religieux. Non ! Il ne s'agit pas d'une guerre de religion, mais bien d'un conflit politique, faut-il le rappeler encore une fois.
Dans ce monde globalisé, nous ne pouvons pas, non plus, réduire un tel problème à une simple dimension régionale. Certes, dans l'absolue il s'agit d'un conflit régional, néanmoins il possède une portée internationale insoupçonnée. Il est utilisé comme abcès de fixation par des régimes arabo-musulmans, illégitimes et corrompus ; il est manipulé par les islamistes pour des considérations idéologiques et de stratégie de recrutement et de mobilisation et enfin il est miné par des partenaires occidentaux qui ont souvent fait preuve d'un égoïsme et d'un cynisme politique exagéré.
Tout en répétant que toutes les victimes civiles doivent être épargnées, c'est là un devoir et une obligation que l'État israélien doit respecter, j'attends néanmoins de voir que cette guerre permettra le démantèlement définitif du Hamas en tant que mouvement fasciste, soutenu par un État tout aussi fasciste, l'Iran en l'occurrence. J'espère qu'à l'issue de cette guerre, des négociations sérieuses vont reprendre avec l'Autorité palestinienne. Mais j'espère surtout qu'Israël jouera le jeu et fera les nécessaires concessions qui seront celles de la paix définitive. J'attendrai enfin de voir la communauté internationale soutenir l'Autorité palestinienne qui doit immuniser la population contre la maladie de l'intégrisme et toute tentation obscurantiste.
Alors oui, je soutiens cette offensive pour des raisons pragmatiques. Je ne suis pas Israélien, je ne suis pas juif. Je suis de confession musulmane et si je m'indigne devant la mort d'un enfant palestinien, je m'indigne tout autant de la mort d'un enfant israélien. Et si certains n'arrivent pas à le comprendre, et bien tant pis !
Je soutiendrai toute guerre qui est lancée contre un mouvement terroriste. Et je comprendrai toute offensive qui sera déclarée à l'intégrisme musulman. J'attends d'ailleurs que des mesures politiques concrètes soient menées à l'échelle internationale pour venir à bout de ce fléau qui ronge les musulmans et l'ensemble de la planète. Alors dans cet ordre d'idée, je dirai qu'Israël avait le devoir et l'obligation vis-à-vis de sa société de venir à bout du Hamas. Les islamistes doivent comprendre, y compris par la force quand il le faut, que les actions terroristes ne les mèneront nulle part !
Troisièmement. La réaction de certains « marcheurs du samedi » m'insupporte parce que je n'aime pas l'antisémitisme. Un commentaire posté hier par une jeune fille me révélait que cette personne avait quitté la marche au bout de quelques minutes tant la haine antisémite exprimée était immense.
Comme le racisme, cet autre fléau est une honte pour l'humanité entière. Détrompons-nous, la Shoah n'était pas le crime d'Hitler uniquement, c'était aussi un crime qui a montré les failles de notre humanité. Alors quand j'entends aujourd'hui des extrémistes essayer de faire bégayer l'histoire, je réagis. Je réagis de la même manière lorsqu'il s'agit d'un Noir, d'un Arabe, d'un Juif, d'un Asiatique ou d'un Indien. On me qualifie de « juif » voire de « sale juif » via certains messages lorsque je m'élève contre l'antisémitisme. Quelle absurdité ! Pourquoi ne me traite-t-on pas de « noir » ou de « sale noir » lorsque je défends un Africain ? Pourquoi personne ne me dit-il « arabe » ou « sale arabe » lorsque je m'élève contre un acte raciste ? Je pense comprendre les raisons enfouies dans le subconscient collectif de certains antisémites. Le « Juif » ne doit être défendu que par un autre Juif. On s'est habitué à laisser l'histoire essayer de se répéter. Alors le « Juif » serait-il indéfendable ? Pas pour moi en tout cas. Toute personne doit être défendue face aux fascismes.
Je ne comprends pas non plus cet affreux amalgame que certains fanatiques tentent de faire en essayer de mixer la situation au Proche-Orient avec la société française. Les Juifs de France ont le droit d'avoir de la sympathie ou même de soutenir Israël comme les musulmans ont le droit d'avoir de la sympathie et soutenir la cause palestinienne. Mais certainement pas le Hamas.
Est suspect, à mes yeux, celui qui, qu'il soit musulman ou pas, soutient cette organisation terroriste, criminelle, premier ennemi des Palestiniens. Celui qui le fait de manière irréfléchie et épidermique, guidée par sa seule émotion, gagnerait à prendre du recul et à se documenter sur l'histoire des Frères musulmans, celle du Hamas, celle du cheikh Yassine et sur celle de l'islam politique en général. Celui qui agit inconsciemment devrait relire la charte de ce groupe terroriste. Je suis prêt à la lui communiquer et probablement que je le ferai sur ce blog d'ici peu.
Donc, oui je le crois profondément quand j'écris dans mon précédent article : « je pense que plusieurs marcheurs du samedi défilent davantage contre Israël que pour la Palestine. Beaucoup d'entre eux ne marchent pas parce qu'ils adoreraient les Palestiniens, mais parce qu'ils ont une détestation idéologique pour tout ce qui est juif et pour tout ce qui a trait à Israël. » J'ai vérifié que j'avais raison après avoir lu et entendu ici et là certains commentaires de « marcheurs du samedi ».
J'aurais certainement l'occasion de revenir sur ce conflit, mais je voulais à travers ce texte compléter une
pensée qui, à mes yeux, devait être clarifiée davantage. En tout cas pour certains qui, à l'évidence, n'ont rien compris de ce que j'ai pu écrire par le passé.
Enfin une dernière réflexion. Mais vraiment une toute dernière dite de manière triviale. Mais pourquoi la mort est semée, les guerres éclatent, la famine se propage, les femmes et les minorités religieuses sont opprimées et j'en passe, pourquoi tout ceci se produit à chaque fois que des islamistes contrôlent ou tentent de contrôler un territoire ? C'est, certainement la faute d'Israël me diront certains...
Pétition
« L'ONU contre les droits de l'homme »
Date 28 février 2008 (date modification 20 décembre 2008)
Texte parue une première fois dans Le Monde, 28 fév. 08
L'année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme par l'ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d'années, par ses dérives, l'ONU s'est caricaturée.
A Durban, en Afrique du Sud, s'est tenue en 2001 la Conférence mondiale contre le racisme, à l'initiative des Nations unies, dans la ville même où Gandhi avait commencé à exercer son métier d'avocat. C'est au nom des droits des peuples que furent scandés des "mort à l'Amérique !" et "mort à Israël !" ; et c'est au nom du relativisme culturel qu'on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes.
Alarmée par les graves dysfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa Commission des droits de l'homme, l'ONU inaugurait en juin 2006 un tout nouveau Conseil des droits de l'homme (CDH), censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd'hui, le constat est plus qu'amer : c'est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban 2, qui se tiendra en 2009. Plus gravement encore, l'élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d'une nouvelle et très particulière "déclaration des droits de l'homme", la mise à mort de l'universalité des droits.
Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s'y constituent, les discours qui s'y tiennent, les textes qui s'y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d'expression, légitiment l'oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales.
Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l'encontre de ses principes fondateurs. Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l'acte et les violences de demain. Une triple alliance composée de la Conférence des organisations islamiques (OCI), représentée jusqu'à ce jour par le Pakistan, du Mouvement des non-alignés, où Cuba, le Venezuela et l'Iran ont un rôle central, et de la Chine - avec la complaisance cynique de la Russie - œuvre ainsi à la mise en place d'une véritable révolution prétendument "multiculturelle". Ainsi, le rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, Doudou Diène, déclare d'ores et déjà qu'énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste et que la loi française contre le port des signes religieux à l'école participe du racisme antimusulman, renommé "islamophobie occidentale".
La confusion des esprits est à son comble quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion. C'est une menace radicale contre la liberté de penser qui est en train d'être cautionnée par l'ONU. En assimilant au racisme toute critique des dérives de ceux qui parlent au nom de l'islam, parce que supposée relever d'attitudes néocolonialistes, les porte-parole de cette nouvelle alliance serrent un peu plus le garrot qu'ils ont passé au cou de leurs propres peuples et sapent les fondements d'une civilité très chèrement acquise en Europe depuis les guerres de religion. En septembre 2007, la haut-commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, participait à une conférence à Téhéran consacrée aux "droits de l'homme et (à) la diversité culturelle". Portant le voile, comme la loi de la République islamique l'exige, la haut-commissaire a été le témoin passif de l'énoncé des principes à venir, ainsi résumés : "offense aux valeurs religieuses considérée comme raciste".
Bien pire, dès le lendemain de cette visite, vingt et un Iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C'est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d'Israël, pays membre de l'ONU, créé par cette dernière. Interrogée sur son silence, la haut-commissaire a justifié sa passivité par le respect de la loi iranienne, auquel, en tant que juriste, elle s'estimait tenue, et par souci de "ne pas offenser ses hôtes". Charbonnier est maître chez soi... C'est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d'opportunité, à la tribune de la Société des nations en 1933, pour se soustraire à toute critique d'une institution internationale impuissante, mais dont les principes n'étaient au moins pas dévoyés comme ceux de l'ONU aujourd'hui.
Les grands crimes politiques ont toujours eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l'acte. De Mein Kampf à Radio Mille Collines, de Staline à Pol Pot, les exemples abondent pour confirmer la nécessaire extermination de l'ennemi du peuple au nom de la race, au nom de l'émancipation des masses laborieuses ou au nom d'un ordre supposé divin. Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues "d'avenir radieux" ont ouvert grande la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c'est bien au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l'histoire fut commis.
Face à cette stratégie, les démocraties, d'abord soucieuses de leur balance commerciale, font preuve d'une extraordinaire passivité. Que pèse le sort du peuple tibétain face aux enjeux des exportations vers la Chine ? Quel est le prix de la liberté pour Ayaan Hirsi Ali, ex-députée néerlandaise, menacée de mort, après l'assassinat en 2004 de son ami le réalisateur Théo Van Gogh, accusé d'avoir blasphémé l'islam dans le film Soumission ? Les exemples s'additionnent qui, de Taslima Nasreen à Salman Rushdie, de Robert Redeker à Mohamed Sifaoui, apportent la preuve que l'intégrisme islamiste impose sa loi par la terreur. Combien d'Algériens, de femmes au Maghreb, au Proche-Orient, en Turquie, au Pakistan ont déjà payé du prix de leur vie le refus de se soumettre à l'obscurantisme religieux ?
Si, par malheur, l'ONU devait consacrer l'imposition de tels critères, si le blasphème devait être assimilé à du racisme, si le droit à la critique de la religion devait être mis hors la loi, si la loi religieuse devait s'inscrire dans les normes internationales, ce serait une régression aux conséquences désastreuses, et une perversion radicale de toute notre tradition de lutte contre le racisme, qui n'a pu et ne peut se développer que dans la liberté de conscience la plus absolue.
L'Assemblée générale de décembre 2007 a déjà entériné des textes condamnant des formes d'expression considérées comme diffamatoires de l'islam. L'enjeu est clair, il est mondial : c'est de la défense des libertés de l'individu qu'il est question.
Soit les démocraties se ressaisissent, à l'exemple du Canada, qui vient d'annoncer son refus de participer à la conférence de Durban 2, estimant qu'elle risquait d'être "marquée par des expressions d'intolérance et d'antisémitisme", et cessent de s'abstenir ou de voter des résolutions contraires à l'idéal universel de 1948, soit l'obscurantisme religieux et son cortège de crimes politiques triompheront, sous les bons auspices des Nations unies. Et lorsque les paroles de haine seront transformées en actes, nul ne pourra dire : "Nous ne savions pas."
Premiers signataires : Elisabeth Badinter, Adrien Barrot, Patrice Billaud, Pascal Bruckner, Jean-Claude Buhrer, Chala Chafiq, Georges Charpak, Christian Charrière-Bournazel, Bernard Debré, Chahdortt Djavann, Jacques Dugowson, Frédéric Encel, Alain Finkielkraut, Elisabeth de Fontenay, Patrick Gaubert, Claude Goasguen, Thierry Jonquet, Liliane Kandel, Patrick Kessel, Catherine Kintzler, Claude Lanzmann, Michel Laval, Barbara Lefevbre, Corinne Lepage, Malka Marcovich, Albert Memmi, Jean-Philippe Moinet, Jean-Claude Pecker, Philippe Schmidt, Alain Seksig, Mohamed Sifaoui, Antoine Spire, Pierre-André Taguieff, Jacques Tarnero, Michèle Tribalat, Michèle Vianes, Elie Wiesel, Michel Zaoui.
Lisez cette traduction (de Josiane Sbiro) d'un article paru sur le très sérieux quotidien italien Corriere della sera
« C'est ainsi que les hommes du Hamas nous ont utilisés comme boucliers »
Les habitants de Gaza accusent les militants islamistes : « ils nous ordonnaient d'abandonner les maisons et de les protéger »
De notre envoyé spécial.
GAZA. « Partez, filez d'ici ! Vous voulez que les Israéliens nous tuent tous ? Vous voulez voir mourir sous les bombes nos enfants ? Enlevez d'ici vos armes et vos missiles » hurlaient les habitants des quartiers de Gaza contre les militants du Hamas et leurs alliés du Jihad Islamique. Les plus courageux s'étaient organisés et avaient barricadé la porte d'accès de leurs appartements, fermé aussi les entrées des immeubles et bloqué en hâte les escaliers pour les étages les plus hauts. Mais la guérilla n'écoutait personne. «Traîtres. Collaborateurs d'Israël. Espions du Fatah, lâches.» Les soldats de la guerre sainte vous puniront. Et dans toutes les maisons vous mourrez tous, comme nous. En combattant les juifs sionistes nous sommes tous destinés au paradis, vous n'êtes pas heureux de mourir ensemble ? » Et ainsi hurlant, furieux, ils abattaient portes et fenêtres, se cachaient dans les étages les plus élevés, dans les jardins, utilisaient les ambulances, se barricadaient près des hôpitaux, des écoles des édifices de l'ONU.
Dans les cas extrêmes, ils tiraient sur qui cherchait à bloquer la rue pour sauver sa propre famille, ou les abattaient sauvagement. « Les miliciens du Hamas cherchaient de bons emplacements pour provoquer les Israéliens. C'étaient même de jeunes enfants de 16 ou 17 ans armés de mitrailleuses. Ils ne pouvaient rien contre un tank ou un jet. Ils se savaient beaucoup plus faibles. Mais ils voulaient que cela se passe dans nos maisons pour les faire accuser ensuite de crimes de guerre » soutient Abou Issa âgé de 42 ans, habitant le quartier de Tel AWA. « Pratiquement tous les immeubles les plus hauts de Gaza qui ont été frappés de bombes israéliennes, comme le Dodmoush, Andalous, Jawarah, Siussi et tant d'autres, avaient sur les toits des rampes de lancement ou des points d'observation du Hamas. Ils en avaient même placé près du grand dépôt de l'ONU parti ensuite en fumée, et la même chose valait pour les villages le long de la ligne de frontière qui fut ensuite la plus dévastée par la furie punitive des sionistes » lui fait écho sa cousine, Um Abdallah, 48 ans. Usage d'entente familiale. Mais ils fournissaient des détails bien circonstanciés. Il aurait été difficile de récuser ces témoignages. Ici en général, triomphe la peur du Hamas et s'imposent les tabous idéologiques alimentés par un siècle de guerre avec « l'ennemi sioniste ».
Quiconque raconte une version différente imposée de la « mukwama » (la résistance) est automatiquement un collaborateur et risque sa vie. Y contribue le récent affrontement fratricide entre le Hamas et l'OLP. Si Israël et l'Egypte avaient permis aux journalistes d'entrer, cela aurait été plus facile. Ces lieux sont totalement minés par le Hamas. « Ce n'est pas nouveau au Proche-Orient, entre les sociétés arabes, manque la tradition culturelle des Droits Humains. Cela arrivait sous le régime d'Arafat qui persécutait et censurait la presse. Avec le Hamas c'est pire, » soutient Eyad Sarraj, psychiatre réputé de Gaza City.
Et c'est un autre chiffre qui apparaît toujours plus évident en visitant les cliniques, les hôpitaux et les familles des victimes du feu israélien. En vérité leur nombre semble moins élevé que 1300 morts, outre les 5000 blessés dénombrés par les hommes du Hamas, et répercutés par les officiels de l'ONU et de la Croix Rouge locale.
« Le nombre de morts ne devrait pas dépasser 500 ou 600.Pour la plupart des jeunes entre 17 et 23 ans, recruté dans les filets du Hamas qui les a littéralement envoyés au massacre », nous dit un médecin de l'hôpital Shiffa qui ne veut absolument pas être cité et y risque sa vie. Un chiffre confirmé pourtant même par les journalistes locaux : « Nous l'avons déjà signalé aux chefs du Hamas. Pourquoi ils persistent à gonfler le nombre de victimes ? Ils espèrent entre autre, que les autorités officielles occidentales les officialiseront sans vérification. La vérité pourrait pourtant surgir. Cela pourrait comme à Djénine en 2002. Initialement on parlait de 1500 morts. Il s'avéra qu'ils n'étaient que 54 parmi lesquels 45 au moins morts en combattant.
Comment sont vérifiés ces chiffres ? « Prenons le cas du massacre de la famille Al Samoun du quartier Zeitoun. Quand les bombes ont frappé leurs habitations, ils ont annoncé qu'il y avait eu 31 morts. Et c'est ainsi que c'est enregistré auprès des officiels du Ministère de la santé contrôlé par le Hamas. Puis, quand les corps sot effectivement récupérés, la somme totale est ramenée à 62 et c'est ainsi que tous les bilans ont été conclus, » explique Masoda Al Samoun de 24 ans. Elle ajoute un détail intéressant : « pour mélanger les pistes s'y étaient mis les escouades spéciales israéliennes. Leurs hommes étaient travestis en guerriers du Hamas, avec le bandeau vert lié sur le front et l'inscription habituelle : il n'y a pas d'autres dieu qu'Allah, et Mahomet est son prophète. Ils se mêlaient aux combattants pour créer le Chaos. Nous ne cessions de leur crier de partir, nous craignions les représailles. Plus tard nous avons compris qu'il s'agissait d'Israéliens. » Il suffit de visiter quelques hôpitaux pour comprendre que les comptes ne correspondent pas. Beaucoup de lits sont libres à l'hôpital européen de Raffah , un de ceux qui devraient être le plus envahi de victimes de la « guerre des tunnels israélienne » Il en va de même pour le « Nasser » de Khan Yunes. Seuls 5 lits des 150 de l'hôpital privé Al-Amal sont occupés. A Gaza city le Wafa construit grâce aux dons caritatifs de l'Arabie Saoudite, du Quatar et des autres pays du golfe a été évacué et bombardé par les israéliens fin décembre.
L'institution est réputée être une place forte du Hamas, là viennent se cacher ses combattants engagés dans la guerre contre le Fatah en 2007. Les autres ont investi Al Qods bombardé à son tour la seconde quinzaine de janvier.
A propos de ces faits, Magah al Rachmah 25 ans habitant à moins de quelques dizaines d e mètres des quatre grands immeubles du complexe sanitaire aujourd'hui sérieusement endommagé, « les hommes du Hamas s'y étaient réfugiés surtout dans les offices administratifs de Al Qods. Ils utilisaient les ambulances et avaient contraint ambulanciers et infirmières a leur fournir des uniformes avec les signes distinctifs de paramédicaux, on pouvait ainsi les confondre, et ils pouvaient mieux échapper aux recherche des israéliens ». Tout ceci a réduit gravement le nombre de lits disponibles dans les institutions sanitaires d e Gaza. D'autre part, le Shifah est le plus grand hôpital de la ville est bien loin d'avoir révélé tous ses secrets. Ses souterrains sembleraient densément occupés. « Le Hamas y avaient caché des salles de survie et les salles d'interrogatoire pour les prisonniers du Fatah, et ceux de la gauche laïque, qui avaient été évacués de la prison bombardée de Saraja », disent les militants du Front Démocratique de la Palestine.
C'était une guerre intestine dans la guerre entre le Fatah et le Hamas. Les organisations humanitaires locales, pour la plupart rattachées à l'OLP, racontent « des dizaines d'exécutions, des cas de torture, surtout durant les trois dernières semaines » perpétrées par le Hamas. Un des cas les plus connus, est celui de Ahmad Shakhura, 47 ans, habitant de Khan Younes et frère de Khaled, bras droit de Dahlan (ancien chef des services d e Sécurité d'Arafat toujours en exil) qui a été kidnappé sur ordre du chef de la police secrète locale du Hamas, Abu Abdallah Al Kidra, sauvagement torturé, on lui aurait arrache l'œil gauche, et il aurait enfin été tué le 15 janvier.
Décidemment, il n'y a quasiment rien de comparable entre Ratzinger et son prédécesseur Jean-Paul II. Ce qui a été fait par ce dernier dans le but d'encourager et d'apaiser le dialogue
interreligieux mais aussi avec les autres Églises Chrétiennes, est entrain d'être gommé par Benoît XVI. Ses tergiversations devant la déplorable sortie médiatique d'un Williamson qui ne
cesse des réaffirmer ses idées négationnistes, viennent s'ajouter au bras d'honneur répétés du successeur de Jean-Paul II aux principales avancées opérées par le Concile du Vatican II et à sa
précédente sortie, pour le moins très inopportune et très approximative, sur Mahomet. A tout ceci, il faut évidemment rappeler sa volonté de béatifier Pie XII dont le rôle, fort silencieux,
durant la seconde guerre mondiale et face à l'extermination des Juifs restera une tâche indélébile dans l'histoire de l'Église dont l'image est déjà déplorable devant son incapacité à évoluer sur
des questions modernes et humanistes et celles liées aux libertés individuelles.
Résumons : Depuis son arrivée au « Saint-Siège », le « Saint-Pape » a donc estimé que Pie XII est un chic type, quasiment un résistant ; que Mahomet est un barbare irraisonné et irrationnel alors que l'Église, bien évidemment, a toujours fait preuve de rationalité et de sagesse, notamment durant l'inquisition ; que Williamson est juste un ecclésiastique qui ne détient aucune preuve sur l'existence de la shoah ; que la « laïcité positive » est une excellente idée de son cher fidèle Nicolas Sarkozy ; que la Messe en Latin est une bonne idée qui permettra de faire ressusciter les langues mortes ; que la réhabilitation d'intégristes ne vise qu'à unifier l'Église ; que l'activisme de l'Opus Deï n'est qu'un chahut d'illuminés ; bref autant de « détails » qui ne semblent pas déranger, outre mesure, Benoît XVI dont la démarche semble pourtant s'inscrire dans une cohérence qui ne peut être que celle d'un intégriste pur et dur.
J'étais prêt à lui pardonner sa participation aux jeunesses hitlériennes puisqu'il n'avait que seize ans lorsque
la guerre prit fin et douze ans lorsqu'il embrassa la croix gammée. Son engagement juvénile dans les hordes à peine pubères du Führer pouvait s'expliquer par le contexte de l'époque où il était
effectivement difficile d'échapper à l'endoctrinement nazi. Mais, son parcours en tant que Pape montre que nous avons face à nous un intégriste qui sera incapable de réaliser un quelconque
miracle ni dans le dialogue interreligieux encore moins dans le nécessaire progrès que doit accomplir l'Église.
Alors en ce qui me concerne, je n'hésite pas à dire : « Ratzinger hinaus mit dir ! ». Et vous ?
Vous en pensez quoi ?
« Ou va l'Algérie ? », c'était le titre qu'avait utilisé Mohamed Boudiaf, en 1963, pour son livre qui, au lendemain de l'indépendance, posait une question cruciale sur le
projet de société qui allait être choisi pour ce pays qui sortait d'une colonisation de 132 ans.
Près de cinq décennies après le recouvrement de la « souveraineté nationale », cette question, tout comme l'ouvrage de Mohamed Boudiaf, est toujours d'actualité. L'Algérie est le pays qui aura, en un demi-siècle, tout essayé sans avoir pu penser, encore moins appliquer, le seul projet qui l'aurait emmené vers la modernité et le progrès : la construction d'un État laïque, républicain et démocratique. Vingt-sept ans (1962 - 1989) de nationalisme arabe exacerbé guidant un dirigisme économique, une pensée unique et inique et un autoritarisme exercé par un parti et sa police politique qui ont favorisé un enfermement intellectuel dont on connait les résultats. Trois ans d'ouverture démocratique (1989 - 1992) qui ont permis une petite respiration très vite étouffée par une montée fulgurante d'un fascisme islamiste qui a été, en définitive, le prologue d'une longue histoire qui allait se raconter aux quatre coins du monde à travers une barbarie innommable qui n'a d'égal que l'idéologie rétrograde qui l'alimente. Sept années (1992-1999) de terrorisme barbare et de répression, parfois aveugle, qui ont traumatisé pour toujours toute une génération. Dix années (1999-2009) de règne tribal assuré par Abdelaziz Bouteflika, l'homme du passé qui, en deux mandats, a été incapable de construire un début d'avenir pour une population livrée de plus à plus à la gabegie et au clientélisme d'un pouvoir qui n'a plus rien à envier aux pires régimes autoritaires africains.
À 72 ans, atteint d'une maladie incurable, usé et dépassé par les exigences du 21e siècle, Abdelaziz Bouteflika piétine, malgré tout, et devant le silence complice de la Communauté internationale, la Constitution algérienne, la taille à la mesure de ses ambitions personnelles et s'en va, toute honte bue, annoncer sa candidature afin qu'il puisse succéder à lui-même le 7 avril prochain. L'Algérie est tombée très bas. Les pays les plus sous-développés avancent, mais l'État algérien se complaît dans une régression qui, à l'évidence, n'a plus aucune limite. Une fois de plus, les Algériens seront injuriés. Ils l'ont été durant plusieurs élections quand ils durent accepter des résultats électoraux à la Staline. Ils l'ont été pendant toutes ces « consultations populaires » où leur voix n'a compté que pour faire grimper le taux de participation. Le seul chiffre qui représente une inconnue aujourd'hui pour le plébiscite annoncé du 7 avril prochain est justement ce taux de participation. Les Algériens - et notamment les victimes du terrorisme et leurs familles - ont été injuriés aussi lorsque ce même Bouteflika s'est substitué à la justice pour amnistier, sans jugement, des criminels et les absoudre de leur barbarie et ce, au nom d'une pseudo politique de « réconciliation nationale ».
Quel gâchis ! L'Algérie est un pays maudit. Non pas en raison des nombreuses catastrophes qui se sont abattues sur lui, mais maudit par les dirigeants qui ont entre leurs mains les destinées de cet État. Ce sont des gens qui se sont distingués par une incompétence rare et souvent par une malhonnêteté tout aussi rare. Ils sont capables de transformer l'or en cuivre, mais certainement pas de réaliser le contraire. La régression va donc continuer. Elle est désormais à vie...
Des
voix s'élèvent aux quatre coins du monde pour appeler les autorités israéliennes à rechercher, après la formation du nouveau cabinet, une solution négociée avec le Hamas. Une telle
« demande » aurait été normale si l'adversaire était autre que cette organisation terroriste, ce mouvement intégriste ayant fait main basse sur Gaza. Je le dis ex
abrupto : l'une des erreurs que pourrait faire tout gouvernement israélien serait de s'asseoir autour d'une table avec les dirigeants du Hamas.
Cette affirmation, je le précise, n'est ni la marque d'un jusqu'au-boutisme idiot ni le résultat d'une posture extrémiste et guerrière et je tiens à apporter l'argumentation la plus claire possible pour démontrer qu'une négociation avec les groupes islamistes palestiniens serait catastrophique non pas pour Israël seulement, mais pour nous tous. Ce serait dramatique pour tous ceux qui savent que l'islamisme, comme idéologie et en tant que projet politique, est désastreux pour les sociétés et un danger pour l'avenir de l'humanité, pour l'équilibre des relations internationales et pour la stabilité du monde.
Le Hamas, ne l'oublions pas, obéit à une pensée qui ne reconnaitra jamais - en tout cas jamais avec sincérité - la légitimité du peuple juif à disposer d'un État dans lequel ce même peuple pourra être majoritaire. Cette pensée, dans ses aspects les plus extrémistes, ne voit le « Juif » que dans un statut d'infériorité et d'humiliation. De plus, si la charte de la milice palestinienne appelle, on ne peut plus clairement, à la destruction d'Israël, la doctrine qui a inspiré cette fameuse charte est, nihiliste, à plus d'un titre, et diabolise toute « différence », y compris quand celle-ci s'exprime à l'intérieur même d'une société musulmane.
Nous tous, musulmans, juifs ou chrétiens ; athées ou agnostiques ; hommes ou femmes de bonne volonté, devons comprendre définitivement que nous sommes face à des organisations extrémistes et terroristes qui portent en elles un projet fasciste. Ce qualificatif n'est ni abusif ni excessif. Si en dehors de toute passion, de toute crispation et de toute subjectivité, l'on s'arrêtait un moment sur les caractéristiques de l'idéologie islamiste, celle-là même qui nourrit les fanatiques de Gaza, on se rendrait compte aisément que celle-ci n'a absolument rien à envier au nazisme et que, les différences entre elle et la pensée hitlérienne sont tellement minces qu'il faudrait un microscope pour les observer.
Si nous arrivons à nous mettre d'accord sur le caractère fasciste du Hamas - et des autres organisations abreuvées par l'islamisme -, nous pourrions convenir, dès lors, que jamais à travers l'Histoire un conflit opposant le monde libre au fascisme ne s'est terminé autour d'une table de négociations. Les fascismes, hormis lorsqu'ils sont considérablement affaiblis politiquement et militairement, ne sont pas prêts à la discussion puisqu'ils basent généralement toutes leurs théories sur la négation de l'autre, sur sa soumission voire sur son anéantissement. Et c'est le cas, des idéologues du Hamas qui considère l'Autre, le Juif, l'Israélien, le sioniste, et ce quand bien même serait-il plus puissant, comme un être inférieur, étant donné qu'il subirait, un jour, la « colère divine », et donc ils pensent cet « Autre » comme une entité non respectable, négligeable à l'égard de laquelle aucun engagement ne devra être tenu. Aussi, même si le Hamas engage-t-il avec Israël une discussion via l'Égypte, il ne faudra voir là qu'une ruse, un stratagème visant à gagner du temps, à se remettre d'aplomb. L'idéologie islamiste préconise d'ailleurs de « signer une trêve avec l'ennemi lorsque la victoire n'est pas immédiatement possible ». Elle enseigne aussi que la trêve doit permettre de préparer une nouvelle bataille.
Par conséquent, il n'est pas choquant de dire que, de toute manière, cette guerre contre cet extrémisme ne saura être close par une négociation, mais elle connaîtra son épilogue par un vainqueur et un vaincu. Ce fut le cas par le passé devant d'autres fascismes et ce sera aussi le cas, à l'avenir, avec ce fascisme là.
Le côté mythique et mystique, les aspects irrationnels qui caractérisent les mouvements salafistes et l'amalgame savamment entretenu par ces mêmes extrémistes entre ce qui a trait à la spiritualité et ce qui a un lien avec le politique sont aussi des éléments qui singularisent les courants extrémistes auxquels nous faisons face. Ces éléments leur confèrent, par ailleurs, une complexité qui rend la compréhension, surtout celle du non-initié, encore plus ardue. Parce qu'outre le fait qu'elle instrumentalise la religion, la mouvance islamiste maîtrise également l'utilisation et la manipulation des techniques modernes et classiques de la politique et ses animateurs savent jouer des différents instruments qui existent et se jouer notamment des médias et des Organisations de défense des droits de l'Homme.
Aussi, la première raison qui me pousse à rejeter ipso facto toute discussion avec le Hamas est alimentée par le fait qu'on ne peut pas discuter, négocier et traiter sur une base sérieuse et dans un cadre de confiance minimum avec un mouvement fasciste quel qu'il soit. Mais par ailleurs, il faudra certainement se surpasser et adopter le mode de pensée de ces mouvements extrémistes pour mieux les cerner. Nous serons incapables d'assimiler leurs visées avec une grille de lecture rationnelle, moderne reposant sur les valeurs universelles et celles de la civilisation occidentale.
Mais ce n'est pas là, l'unique argument. L'autre est d'ordre purement stratégique. Il est important de garder à l'esprit - et c'est ainsi que le Hamas doit être apprécié - que le parti dirigé aujourd'hui par Ismaël Haniyeh et Khaled Machaal s'inscrit dans une stratégie globale alimentée par un fanatisme religieux véhiculé à la fois par des idéologues, tels Aymen Al-Zawahiri, des organisations terroristes comme Al-Qaïda ou des États comme l'Iran. Et même si des divergences inter-islamistes peuvent miner les relations entre sunnites et chiites et même si Al-Qaïda et ses leaders ne portent pas dans leur cœur l'Iran et ses mollahs, il n'en demeure pas moins que tous sont d'accord sur l'essentiel : la destruction d'Israël. Objectif devenu stratégique pour l'ensemble des mouvements islamistes.
Israël est, en effet, le sujet qui met tous les islamistes d'accord. Qu'ils soient sunnites ou chiites, qu'ils soient salafistes djihadistes ou issus de la pensée dite « réformiste » des Frères musulmans, qu'ils soient pragmatiques ou excités, ils ont tous un seul dénominateur commun : Israël doit disparaître. Et il est inutile de se bercer d'illusions, ils ne renonceront jamais à ce « macabre projet » tant celui-ci est profondément ancré dans l'idéologie qui les caractérise. C'est dire, si un islamiste rejette sincèrement l'idée de la « destruction d'Israël », c'est qu'il n'est plus un islamiste. Et ce ne sera pas le cas du Hamas.
Tout ceci pour rappeler que toute victoire, aussi minime soit-elle, remportée par le Hamas, sera une victoire pour tous les groupes islamistes. Mais au-delà, si les islamistes palestiniens obtiennent des concessions de la part d'Israël, cela amènera les fanatiques à montrer que leur discours haineux, que leur idéologie fasciste et que leurs actions terroristes sont les seuls qui permettent l'obtention de résultats concrets et par conséquent, la moindre concession accordée à ces islamistes ne manquera pas de légitimer l'ensemble de leur entreprise et tout leur mouvement. Observons deux cas similaires et récents qui ont été comptabilisés, comme des « victoires », par deux milices islamistes, l'une sunnite, l'autre chiite.
Première séquence : retrait unilatéral d'Israël du Liban Sud. Le Hezbollah travestit la réalité, présente ce retrait comme une défaite des Israéliens, continue sa guerre d'usure, kidnappe des soldats, provoque la guerre de 2006 et gagne en popularité et en légitimité.
Deuxième séquence : retrait unilatéral d'Israël de la bande de Gaza. Le Hamas travestit, là aussi, la réalité, annonce sa victoire, affirme qu'il continuera sa guerre d'usure, kidnappe le soldat Guilat Shalit, provoque la guerre de 2008 et gagne en popularité et en légitimité.
Dans les deux cas de figure, Israël a cru naïvement qu'il pourrait calmer les visées guerrières de ces deux organisations terroristes et dans les deux cas, Israël a compris l'ampleur de son erreur et l'hostilité du Hezbollah comme celle du Hamas ne s'arrêtera pas. Et dans les deux cas, les organisations terroristes ont gagné la bataille de l'image et la guerre médiatique non sans créer autour d'eux des mouvements de solidarité, parfois des plus inattendus, tant auprès des opinions publiques que de certains États.
Tout ceci a lieu au moment où le gouvernement israélien ne semble pas prêt à faire les nécessaires concessions à la partie qui a choisi la voie du dialogue et des discussions comme démarche exclusive pour la résolution du conflit. Je parle évidemment de l'Autorité palestinienne. Alors que des voix s'élèvent pour appeler à une négociation avec les extrémistes, ces mêmes voix devraient exiger, de la part des responsables israéliens, une plus grande souplesse et une quête de résultats concrets dans les pourparlers avec Mahmoud Abbas. Parce qu'il est important, vital de combattre les islamistes du Hamas tout en permettant aux laïques du Fatah de réaliser des dividendes politiques qui seront brandis tels des trophées devant une population palestinienne de plus en plus, légitimement, impatiente et cibler par le chant des sirènes intégristes.
Le dernier argument que je citerai ici est d'ordre moral. Il serait désastreux, terrible, suicidaire et totalement irresponsable de la part des Israéliens s'ils provoquent une situation qui montrera une image où le « modéré », le civilisé, celui qui s'inscrit dans la légalité n'obtenant rien, cependant qu'une négociation avec l'extrémiste, le barbare, celui qui estime qu'il est légitime d'assassiner volontairement des centaines d'innocents pour terroriser l'adversaire, concrétisant des résultats. Une telle image si elle venait à se produire tuerait définitivement la voix de la raison dans le monde arabo-musulman et permettrait à des mouvements fascistes, incarnés dans ce cas par le Hamas, de gagner en respectabilité et en légitimité.
Si Israël négocie avec ces terroristes, il anéantira toutes les bonnes volontés qui existent, ici et là, et affaiblira, par ailleurs, tous ceux qui pensent que la guerre contre l'idéologie islamiste et le terrorisme qui la caractérise, constitue une lutte pour l'humanisme et la fraternité.
Je ne suis pas un spécialiste de la Guadeloupe. Je n'y ai d'ailleurs jamais mis les pieds. Le seul département d'outre-mer que je connaisse, c'est l'ile de la Réunion. N'empêche, ce qui est
en train de se passer là-bas montre que la situation est explosive. Les différents articles de presse que j'ai pu lire laissent penser qu'un malaise social est venu se greffer à un autre malaise
d'ordre ethno-racial. Je trouve que les revendications salariales sont légitimes. Et je pense aussi que la République est défaillante, sinon absente, devant les problèmes que rencontrent les
Français habitant les iles.
Je trouve aussi que les partis d'extrême gauche sont devenus des professionnels de la récupération politique. Je ne les ai jamais entendus parler des problèmes des Guadeloupéens et les voilà maintenant qu'ils entrent dans le bal pour effectuer leur petit tour de piste. Sarkozy, lui, a décidé de parler. Quelle innovation !
Je pense vraiment que des jours sombres nous attendent...Que faut-il faire ? J'attends vos avis. Mon ami Philippe T. répond par un dessin et vous ?
Il
était inconnu sur la scène internationale avant les élections israéliennes, le voilà donc sorti du néant pour montrer un visage hideux d'une extrême droite dont le discours n'a rien à envier à
celui des extrémistes skinheads qui écument l'Europe de l'Est. Vous l'aurez compris, je parle d'Avigdor Lieberman et de son parti ultranationaliste.
Nourri longtemps à la mamelle du Likoud, Lieberman et son populisme représentent, à mes yeux, l'autre danger qui guette Israël. Et je pense sincèrement qu'il est dix, cent, mille fois plus dangereux, pour l'avenir de son pays, que les deux millions d'arabes israéliens réunis.
Pourquoi ? Primo, son discours entache, sur la scène internationale, l'image d'un pays déjà très éprouvé par la propagande islamo-fasciste du Hamas et de ses alliés. Secundo. Il donne à ceux qu'il prétend combattre les arguments nécessaires qui leur feront dire qu'Israël serait, en définitif, un État extrémiste et xénophobe. Tertio. Il alimente déjà tous les antisémites, tous les intégristes qui s'engouffrent dans la moindre faille pour laisser libre court à leurs idées nauséabondes sous prétexte qu'ils ne font que répondre à Lieberman.
L'ancien videur de boîte de nuit est devenu, l'espace d'une élection, faiseur de roi et au centre de la politique israélienne. La gauche a raison de voir en lui ce « fasciste » qui fait peur aux arabes israéliens mais aussi à une bonne partie de l'opinion publique internationale. Mais en réalité, ce qui est arrivé en Israël est semblable à ce qui s'est passé en France en 2002, lorsque Le Pen est arrivé en second tour. Mais la comparaison s'arrête là. Hormis les cris de quelques intellectuels et de quelques médias, à part les craintes formulées ouvertement par une partie de la gauche, la société civile israélienne est restée très muette devant la honte qui vient de se produire et qui va certainement se matérialiser par l'entrée au gouvernement de quelques cadres d'Israël Beteinou, la formation politique de Lieberman. Ce parti est entrain de faire perdre son âme à Israël et aux principes fondateurs du sionisme. Et le silence aussi bien, celui des Israéliens que celui des associations communautaires juives de France et d'ailleurs, est inquiétant.
Inquiétant parce que l'acceptation d'un Lieberman dans le gouvernement ne manquera pas de fragiliser les camps de la paix. Inquiétant aussi parce que les associations communautaires juives doivent sortir de cet esprit de connivence malsaine à l'égard d'Israël. Je serai toujours le premier à les soutenir lorsque cet État auquel ils sont, légitimement, si attachés est injustement attaqué, je serai le premier à dénoncer l'antisémitisme lorsqu'il s'exprime mais je ne serai jamais silencieux face à des déclarations racistes tenues par un homme politique israélien et je serai le premier à réclamer, et de la société israélienne et des associations communautaires juives européennes, un positionnement clair devant l'innommable. Leur silence m'inquiète et m'incite à dire que la complaisance de certains ne risque pas, loin s'en faut, de servir Israël.
Avigdor Lieberman puise son électorat auprès des russophones dont la majorité a été bercé par les bras des extrêmes droites caucasiennes. Ils représentent aujourd'hui 15% de la population israélienne et restent, disons-le sans tabou, les principaux importateurs de la plupart des fléaux qui traversent la société israélienne. Présence d'une mafia russe très active, trafic de drogue, malversations financières - Lieberman lui-même fait d'ailleurs l'objet d'une enquête - proxénétisme et...idées nazis sont le fait de beaucoup d'israéliens d'origine caucasienne qui, en même temps, ont construit un véritable courant d'extrême droite qui risque de devenir, dans les années à venir, l'une des premières forces politiques du pays si ce n'est la première.
Le problème avec beaucoup de ces russophones, c'est qu'ils sont aussi juifs que je suis curé. D'ailleurs, et selon les propres chiffres du ministère israélien de l'intégration, sur un peu plus d'un million d'immigrants venant de la région du Caucase depuis le début des années 1990, plus de 300.000 n'étaient pas juifs. Pourquoi alors bénéficie-t-il de cette fameuse « loi du retour » ? Question légitime s'il en est d'autant plus que lorsqu'on remarque que les jeunes qui ont été condamnés en novembre dernier pour appartenance à un groupuscule néo-nazi, étaient tous originaires de l'ex-Union soviétique, lorsqu'on s'aperçoit que ceux qui tiennent des propos antisémites sont des caucasiens et non pas des Arabes israéliens, et enfin quand on s'aperçoit que les discours xénophobes et racistes de Lieberman sont soutenus par ces mêmes caucasiens, il y a lieu de se demander s'il n'est pas temps de voir les dirigeants israéliens se pencher sérieusement sur cet épineuse question et sur ce problème que posent beaucoup de russophones. Parce qu'en plus, le vivier des aspirants à l'immigration vers Israël est encore important dans les ex-Républiques soviétiques. Ils ne cherchent pas à aller vers ce pays par amour pour lui ni par « tradition biblique », encore moins pour être fidèle à des principes judaïques mais tout simplement pour des considérations purement économiques.
500.000 Juifs vivent aujourd'hui dans les différentes républiques baltiques. Beaucoup d'entre eux pourraient faire leur « alya » et gonfler les ranges des israéliens russophones. Et il est à parier qu'une bonne partie de ces nouveaux arrivants ne sera pas insensible aux discours de l'ancien videur de boîte de nuit. Ils arriveront avec des préjugés négatifs à l'égard des Arabes et alimenteront leurs « craintes » par les discours haineux des islamistes. Ne faudrait-il pas craindre dès à présent qu'Israël se transforme en pays replié sur lui-même et tenu par des xénophobes ? Je pense que la question mériterait d'être posée par les dirigeants politiques israéliens. Que peuvent-ils faire ? D'abord modifier une loi électorale, aujourd'hui dépassée qui permet à un courant représentant une forte minorité agissante de devenir un acteur incontournable dans la formation d'un gouvernement. Ensuite, se démarquer, de manière limpide, d'un discours qui est contraire aux valeurs fondamentales du sionisme et du judaïsme. Enfin, définir clairement ce qu'Israël doit être dans les trente ou quarante années à venir, une démocratie laïque ou un État théocratique et œuvrer pour réaliser cet objectif. Sans oublier naturellement la nécessaire réalisation d'une paix juste et équitable avec les Palestiniens laïques.
Mon
ami Robert Redeker m'a envoyé hier un email pour me faire savoir qu'il a failli être agressé physiquement alors qu'il faisait ses courses dans un supermarché. Il a en outre été menacé par un
individu qui fait partie de ces musulmans qui ont, à l'évidence, du mal à entendre la moindre critique sans s'empêcher de réagir avec impulsivité, agressivité et barbarie.
Il raconte : « A la sortie, un Maghrébin accompagné de sa femme, me reconnaît et m'interpelle. Il était grand, costaud, vêtu en sportif, le visage rond. Et il m'insulte, déchaîné, hors de lui, devant tout le monde : « vous êtes Robert Redeker. Vous avez insulté l'islam. Vous êtes un connard. Vous êtes une crapule. Vous êtes un salaud. Heureusement que vous êtes protégé parce que sinon ça irait mal pour vous ». Il ajoutera dans son message : « Pendant que je m'éloignais vers ma voiture il [l'agresseur] hurlait : « facho, facho... ».
Nous devons tous en tant que républicains, citoyens d'un pays démocratique et laïque, assurer Robert Rodeker de notre soutien indéfectible. Et il sait qu'en ce qui me concerne, je ne le lâcherai jamais dans l'épreuve difficile qu'il traverse. Pour être moi-même soumis régulièrement à ce genre de pressions et pour avoir subi, des scènes similaires, pas plus tard que lundi dernier, je tiens à rappeler à tous ceux qui souhaitent nous terroriser par des menaces ou des agressions que leurs actions sont vaines. Ils ne font que nous conforter dans nos convictions et nous pousser à poursuivre notre combat contre ce fascisme qu'est l'islamisme.
La critique des dogmes et des religions est un droit dans une démocratie. La critique des idéologies extrémistes - et l'islam politique en fait partie - est un devoir pour chaque personne qui n'accepte pas de vivre sous le diktat des obscurantistes. Je veux que Robert Redeker - et bien que parfois je ne partage pas toutes ces analyses - puisse, en tant qu'intellectuel, en sa qualité de philosophe, mais surtout comme citoyen, continuer à réfléchir et à s'exprimer sur les questions qui préoccupent nos sociétés et l'islam est l'un des sujets essentiels. Je souhaite que cette religion - qui est aussi la mienne et non pas la propriété privée d'un quelconque mouvement sectaire - puisse être discutée, disputée, y compris dans la polémique s'il le faut.
Si certains musulmans acceptent de s'enfermer dans leur obscurantisme crasse, c'est leur problème. Mais qu'ils sachent que d'autres musulmans - et j'en fais partie - veulent et espèrent que cette religion qu'est l'islam puisse, un jour, faire son aggiornamento. Si certains non-musulmans veulent se montrer complaisants à l'égard de l'intégrisme qui gangrène l'islam, c'est leur problème aussi. Mais, de grâce, qu'ils ne viennent pas adopter de telles positions au nom d'un quelconque humanisme parce que leur paternalisme hérité de la vieille tradition coloniale n'a d'égal que la condescendance qu'ils affichent quand ils nous expliquent qu'en substance les musulmans seraient inaptes aux grands principes universels. Il faut, là aussi, qu'ils sachent que beaucoup de ces mêmes musulmans sont fatigués, lassés, dégoutés et désemparés en voyant leur religion représentée par les tenants du crime, de l'injure, de la menace et du terrorisme.
Alors, voilà mon cher Robert, je te l'ai dit en privé et je te le répète publiquement. Ne laisse pas ces imbéciles te décourager, te terroriser par qu'ils ne cherchent qu'à t'empêcher de parler au sein de la démocratie qui t'a enseigné les valeurs que tu as raison de défendre. Ne te laisse pas intimider par des débiles - comme celui qui t'a menacé - et continue à être ce que tu es. Ce type est un lâche, il a agi comme un lâche et il ne t'a injurié que parce que sa femme était à ses côtés. Tu sais, ce genre d'individus, ont tant de choses à prouver à leur épouse. Parce que lorsqu'ils sont chez eux, ils n'ont rien à montrer.
Ainsi donc, le sieur Williamson se « confond » en excuses pour avoir tenu des propos négationnistes. Magnifique ! Oui, mais cela aurait été vraiment extraordinaire s'il s'était clairement et sincèrement excusé. En lisant sa déclaration, entre les lignes, j'ai l'impression qu'il s'est plutôt retenu pour ne pas réitérer ses paroles infamantes.
L'ecclésiastique ne nous révèle pas pour autant s'il est désormais convaincu que six millions de juifs ont, bel et bien, été tués par la bête nazie. Il ne nous dit pas, non plus, s'il a enfin réussi à avoir toutes les preuves, à lire tous les travaux d'historiens et si, en si peu de temps, il a pu, finalement, avoir accès à toutes les archives de la Seconde Guerre mondiale. Et si, toujours dans cet ordre d'idées, il va maintenant prêcher dans sa paroisse qu'il est mal de tenir des propos négationnistes et que c'est même contraire à la bonne morale chrétienne que de nier des malheurs et des vérités. Parce que rappelons tout de même, qu'il avait annoncé qu'il ne changerait pas d'avis avant d'avoir les preuves.
Mais que nous montre le pseudo revirement de Williamson ? L'hypocrisie de l'Église. Oui ! Ces excuses ne montrent pas autre chose que de l'hypocrisie. Car il est à parier que le religieux intégriste continue de penser en son for intérieur que la Shoah n'est ni plus ni moins qu'une création des Juifs qui chercheraient à se « victimiser ».
Analysons les excuses de l'évêque britannique. Il a déclaré : « si j'avais su auparavant le tort qu'ils [ses déclarations négationnistes] feraient, en particulier à l'Église, mais aussi aux survivants et aux proches des victimes de l'injustice sous le IIIe Reich, je ne les aurais pas tenus ». En commençant sa phrase par « si j'avais su... », il nous laisse voir que si, à l'avenir, il apprend que ses paroles ne choqueront personne, il ne manquera pas de les réitérer. En fait, ce qu'il ignorait, ce n'est pas qu'il est criminel de tenir des propos négationnistes, mais que ces mêmes propos suscitent l'émotion et la colère. Si tel n'était pas le cas, il aurait certainement insisté encore et encore sur le fait que la Shoah n'a jamais eu lieu ou qu'elle aurait, tout au plus, provoqué la mort de trois cent mille personnes.
Aussi, Williamson regrette-t-il, avant tout, le « tort » que ses déclarations ont fait « en particulier à l'Église ». J'aime bien le « en particulier » comme j'aime aussi la hiérarchisation. Il regrette d'abord le « tort » que les inepties qu'il a sorties ont engendré à sa chère paroisse, ensuite, subsidiairement, il regrette « aussi » le tort que cela a pu causer aux survivants et aux proches des victimes de l'injustice sous le IIIe Reich ». Et là, j'aime bien également le terme utilisé pour désigner les crimes nazis. « L'injustice » ! » C'est dire que pour Williamson, la barbarie hitlérienne n'est pas autre chose qu'une simple « injustice ». C'est grave une « injustice », mais ce n'est pas systématiquement criminel. Il est même des injustices qui ne sont pas punies par la loi. L'évêque a donc choisi l'euphémisme le plus insignifiant pour qualifier le plus grand génocide du 20e siècle.
Tout ceci me laisse penser que les « regrets » de Williamson lui ont été quasiment soutirés sous la torture. Ratzinger a dû le harceler au téléphone lui demandant de faire une déclaration qui ferait office d'excuses. Même Jésus a dû le sermonner du haut de sa croix. Mais au lieu de s'excuser vraiment, Williamson se moque du monde.
Ces religieux, de toute manière, ne sont pas capables d'autres choses que de faire dans l'hypocrisie. Je sais, en généralisant ainsi je suis certainement « injuste » mais c'est quand même moins grave qu'un crime nazi commis avec une complicité silencieuse de l'Église.
Il y'a Williamson le négationniste. Mais il y a aussi Al-Qaradhaoui l'antisémite. Le premier est évêque intégriste, le second est prédicateur salafiste. Tous deux, en ce mois de janvier 2009, ont montré leur aversion des Juifs. Mais si la sortie médiatique du premier a suscité, à juste titre, un tollé, le discours du second est passé inaperçu. Si l'Argentine pays accueillant l'homme d'église britannique a considéré l'ecclésiastique, persona non grata, le Qatar, monarchie qui donne refuge à l'idéologue des Frères musulmans, ne semble pas gêné par ses déclarations. Pourtant, le roi de ce petit État pétrolier prétend être l'ami de l'Occident, ses sujets investissent énormément en Europe, et particulièrement en France, son pays abrite une base militaire américaine et avait même accrédité un chargé d'affaires israélien. Mais ce n'est pas la première fois que le Qatar fait dans le double discours, et ce, devant des Occidentaux plus enclins à faire du business qu'à défendre des valeurs.
Il serait important de savoir, tout de même, ce qu'a dit Youssouf Al-Qaradhaoui. Devant lui, Richard Williamson fait office d'enfant de chœur. Dans un discours/prêche diffusé par la chaîne qatarie, Al-Jazira, l'idéologue salafiste, a voulu envoyer un « message aux juifs agresseurs, arrogants et vaniteux ». Il a rappelé au cours de plusieurs interventions que les « Juifs ont été punis en raison de leur comportement une première fois par les Babyloniens, une seconde fois par les Romains et enfin pat Hitler ».
Mais l'intégriste musulman, considéré aujourd'hui, y compris en Europe comme une référence théologique, a souhaité que la prochaine fois « la punition des juifs vienne par les mains des musulmans ». Al-Qaradhaoui a enfin avoué qu'il espérait qu'avant la fin de sa vie « Dieu lui permettrait d'aller sur le terrain du djihad en chaise roulante, s'il le faut, pour tirer sur les juifs, ennemis de Dieu, afin qu'ils ripostent avec une bombe pour que [il] j'achève [sa] ma vie en martyr ».
Ces paroles, vues et entendues par plusieurs personnes à travers le monde, me poussent à poser deux questions. Primo. Jusqu'à quand les Occidentaux laisseront-ils ce genre de messages passer sans réagir ? Jusqu'à quand continueront-ils à adopter la politique de l'autruche, abandonnant leur jeunesse de confession musulmane aux mains de ces fascistes ? Secundo. Ne faut-il pas que des associations poursuivent cet individu devant les tribunaux européens afin qu'il cesse, au moins, d'être accueilli en Occident ?
Je pose ces questions parce que je connais la portée des discours d'Al-Qaradhaoui et leurs répercussions possibles sur les esprits les plus fragiles, les moins érudits et les plus perméables aux propos haineux. Il ne faut plus s'étonner de la montée de l'antisémitisme en France, lorsque des personnes considérées comme des « autorités religieuses » tiennent ce genre de prêches face au silence des institutions musulmanes françaises tels le CFCM ou la mosquée de Paris. Les deux ont obligation de condamner ouvertement et en médiatisant largement leur action, ce type de sermon et leur auteur. S'ils n'adoptent pas une telle position, c'est qu'ils sont définitivement complices, par leur passivité, des tenants de la haine.
Mais par ailleurs, les autorités officielles européennes ont le devoir de réagir. Al-Qaradhaoui est membre du « conseil européen de la fatwa » et reste une personnalité très écoutée sur le vieux continent. Ne rien faire, c'est, là aussi, se rendre complice de son action haineuse.
Le CRIF
a enfin compris que l'UOIF n'est pas un interlocuteur valable. J'ai été souvent critique, par le passé, à l'égard de certaines positions de la direction de l'organisation communautaire, notamment
pour son insistance à considérer les représentants, en France, de la pensée des Frères musulmans comme des gens sérieux à même d'être des partenaires républicains dans le dialogue, je me dois de
reconnaître que la sortie et la clarification fort opportune de Richard Prasquier, lors du dîner du CRIF, m'a agréablement surpris et je me dois de le souligner.
La guerre contre les terroristes du Hamas a fait tomber plusieurs masques dont celui des enfants spirituels de Hassan Al-Banna qui excellent suffisamment dans le double discours et l'hypocrisie, au point de se faire complaisamment inviter non seulement à la table de la République par des élus ou des dirigeants politiques, mais aussi par des institutions républicaines et laïques. Le CRIF ne veut visiblement plus participer à ce jeu fort malsain et c'est tout à son honneur. L'UOIF est une organisation intégriste qu'il faut considérer comme telle et les républicains, de toutes les sensibilités, doivent avoir comme dénominateur commun une ligne claire et limpide à l'égard des tenants de la haine et de l'intolérance qui mettent à mal le sacro-saint principe du « vivre ensemble ». La pensée des Frères musulmans, relayée en France, outre par des organisations comme l'UOIF, par des « intellectuels » et des « penseurs », y compris non musulmans, doit obligatoirement être appréciée à sa juste valeur : une pensée extrémiste, antidémocratique, sexiste, antilaïque et, donc, antirépublicaine. On ne peut pas raisonnablement se permettre de discutailler avec les promoteurs d'une telle idéologie et laisser notre naïveté, ou notre volontarisme, nous imposer un compromis ou des compromissions avec les ennemis des valeurs défendues par tous ceux qui se reconnaissent dans l'esprit des Lumières. Parce que l'UOIF, n'est qu'un avatar, policé d'une pensée obscurantiste, il nous faut faire preuve de vigilance et nous décider, tous ensemble, à combattre les idées portées par des associations qui sont à la République, ce qu'est la guillotine aux droits de l'Homme.
J'espère seulement que la position fort courageuse du CRIF servira d'exemple à toutes les associations et tous les partis politiques qui se reconnaissent dans les idéaux républicains, et qui n'ont été que trop longtemps dupés par les manœuvres de l'UOIF.
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