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Le Blog de Mohamed Sifaoui






Aujourd'hui, c'est un jour de deuil pour les démocrates algériens. Le monarque Abdelaziz Bouteflika, qui manie le populisme aussi bien qu'un islamiste maniant le poignard a su hypnotiser
une partie d'un électorat ne possédant aucune culture politique, écarter les opposants les plus sérieux en verrouillant les champs politiques et médiatiques et surtout en allant vers toutes les
compromissions avec les tenants de l'islam politique.
Bouteflika est devenu par là même, l'exterminateur de la démocratie en Algérie. Élève assidu d'une école autoritaire qui lui a appris à bafouer toutes les règles démocratiques, le président-roi a fait ce qu'ont réalisé avant lui la plupart de ses amis tiers-mondistes. Il sera, à partir de ce 9 avril, président à vie d'une Algérie meurtrie par les islamo-fascistes et les nationalistes corrompus. L'armée et ses puissants services de renseignements applaudissent en silence à cette mascarade électorale tout en prenant part activement à la réalisation de tous les vœux du monarque qu'elle a, elle-même fait roi dès 1999, avant de se voir neutraliser par un président qui voulait tous les pouvoirs, les pleins pouvoirs pour lui, pour les membres de sa tribu et pour ses amis. L'Algérie n'est plus d'ailleurs dirigée par un pouvoir militaire, mais s'est progressivement transformée en un État militaro-policier qui par plusieurs tours de passe-passe est arrivé à donner à une dictature le visage d'une démocratie.
Parce qu'attention, il paraît que quelques libertés existent encore. La presse peut critiquer le président à condition qu'elle ne soit pas trop méchante avec lui sinon l'ANEP, la régie publicitaire de l'État se chargera de couper les vivres aux plus virulents ; l'islamisme, lui, n'est plus dans l'opposition puisqu'il est devenu idéologie d'État ; le terrorisme continue de frapper, mais tant qu'il touchera les petits soldats et les policiers de la base, Al-Qaïda peut poursuivre ses actions sans risquer de faire face à une grande offensive antiterroriste ; les démocrates peuvent continuer de gesticuler puisque le pouvoir s'entête dans sa politique de diabolisation et de marginalisation en cherchant à les confiner en Kabylie pour mieux exacerber le régionalisme.
Et malgré tout ça, certains de ceux qui trouvent un intérêt avec le système disent que les « choses se sont améliorées » sous Bouteflika. Il est vrai que l'Algérie a réussi à rembourser sa dette publique et que ses finances se portent très bien. Le nier serait de la malhonnêteté intellectuelle. Mais il faut en même temps rappeler quelques vérités. Si l'Algérie est un pays riche, grâce à des réserves de change qui feraient rougir les plus grandes puissances économiques, la répartition de cette richesse ne touche que la clientèle du régime. Les plus défavorisés continuent de l'être. Et les jeunes préfèrent tenter des traversées clandestines pour rejoindre l'Europe et mourir en mer que de demeurer dans un pays qu'il ne leur offre aucune perspective d'avenir. Les salaires sont bas, le taux de chômage est effrayant, l'inflation ne cesse d'accroître, mais tant que ces problèmes ne touchent pas le clan présidentiel, tout va bien !
D'ailleurs ceux qui défendent le mieux le pouvoir algérien sont souvent, ceux-là mêmes qui croient tellement dans son système de santé qu'ils viennent se soigner en Europe, ceux qui défendent le système éducatif sont ceux qui envoient leurs enfants étudier en Occident et ceux qui se disent fiers de l'économie algérienne sont ceux qui ne consomment que des produits étrangers. Même la télévision algérienne, ils la trouvent géniale puisqu'ils ne regardent que les chaînes étrangères. Tout va bien en Algérie quand on vit, une partie de l'année, à l'étranger ou lorsqu'on a les moyens d'y aller régulièrement et de profiter du système mafieux et corrompu qui gère le pays.
Mais de plus, si l'économie algérienne va bien, il faut dire Merci à Messieurs Gaz et Pétrole. Ce sont eux les véritables responsables de l'économie. D'ailleurs, c'est grâce aux richesses du sous-sol que l'Algérie est arrivée à régler ses dettes publiques. Et si des opérateurs économiques étrangers sont présents à Alger, c'est tout simplement parce qu'ils savent que les maîtres locaux, s'ils n'ont pas d'idées, ils ont du gaz et donc de l'argent à dépenser. Alors comme dit un vieux dicton algérien, ils s'intègrent dans une logique qui veut que « les intelligents continueront à vivre tant qu'il y aura des imbéciles ». Raison pour laquelle, les grandes démocraties se sont intelligemment gardées de formuler la moindre critique devant les manœuvres antidémocratiques de Bouteflika et les imbécilités de ce dernier. Ils savent que grâce à lui, certaines de leurs entreprises continueront certainement à vivre. Cela s'appelle de la realpolitik.
Je pense que beaucoup d'Algériens sont d'accord avec ce que je formule là comme inquiétude à l'égard de mon pays d'origine vis à vis duquel je me considère de plus en plus éloigné. Ils diront probablement avec beaucoup de fatalisme « Allah Ghaleb ! », à traduire par « Dieu l'a voulu ». Oui Dieu, peut-être, mais alors Dieu s'appelle à partir d'aujourd'hui Abdelaziz Bouteflika et il a scellé la destinée de la démocratie.
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Je ne suis pas d'accord avec vous sur le fait que Bouteflika ait toutes les clés du pouvoir entre ses mains mais tout à fait d'accord quand vous dites que simplement il pense au pétrole et au gaz, à la haine de la Kabylie et à l'islamisme pour diriger son pays, et à envoyer ses enfants en Occident pour etudier comme tous les Algériens...
Bouteflika est aussi au pouvoir parce qu'il a des armes entre les mains, et notamment parce que c'est le pion du gouvernement, et pas seulement parce qu'ils manquent la démocratie dans les esprits Algériens.
C'est en effet un système militaro-policier avant tout qui se sert de son histoire, la dictature et l'islamisme, pour laisser sa place à la peur de la corruption et du meurtre dans la conscience de tous les Algériens. Et à moins d'avoir moins de 15 ans, cette politique est forcément encore dans les mémoires. Il y a toujours la peur des dinosaures.
C'est pour engendrer une hypnose collective que le pouvoir continue de menacer et de pointer une arme sur son peuple, ce n'est peut être plus visible dans un semblant de démocratie, dans lequel les richesses sont de plus en plus visibles et abordables, mais cette hypnose du pouvoir reste bien ancrée dans les esprits. Et donc on ne peut pas reprocher ce désintéressement à la politique aux Algériens parce que bien que l'Occident soit présent dans les esprits, il y a cette menace qui vient bloquer tout raisonnement. Vous ne pouvez pas dire que les Algériens ne sont pas encore terrorisés chaque jour entre ce qu'ils ont vécu avec l'islamisme, les attentats du 11 septembre 2001, l'Irak, la Palestine, l'Afghanistan et le pouvoir en place. Il n'y a rien eu de fait pour soigner ses blessures: le gouvernement n'a rien fait à part donner une image de lui-même toujours aussi manipulatrice. On ne peut pas compter sur le gouvernement et ce depuis la réconciliation anti-terroriste avec la concorde de Bouteflika.
Pourquoi n'a t-il rien fait? Un poarce que le peuple avait besoin du gouvernement et deux, parce que le peuple est nourri par les membres du gouvernements, qui sont eux-mêmes continuellement rémunérés par les clients étrangers; et tant qu'il y aura quelque chose à vendre en Algérie, ca se passera comme ça, entre le terrorisme (d'état ou islamique) et l'économie. Pour vendre son pétrole et son gaz, les membres du gouvernement sont prêts à planter un couteau dans le dos des Algériens, comme un patron est prêt à licencier tous ses employés pour sauver ses bénéfices.
Donc quand vous pointez du doigt Bouteflika et les Algériens sur la démocratie, je pense que vous devriez plutôt pointer les clans de terroristes et de buzinessmans qui ont la main basse sur l'Algérie.
AsSalamAlikoum
Merci frère de combat.
T'as tout à fait raison.l'Algerie existe parce qu'elle a du petrol.Si demain y a plus de petrol alors ,quoi faire?.On a le petrole est tt,et on n'est meme pas arrivé à depasser le Maroc.Je me demande comment ils font sans petrole.Ils se debrouillent tous seuls.
Ils ont une monarchie et nous on a un presidence-roi.Je propose de changer la forme de l'Etat pour qu'elle puisse suivre cette évolution BOUTFLIKIENNE.
Bobonne
Nulle percée dans l'éternité ne pourra jamais dépasser celle que réussit l'homme par la pensée" El Maari
Dieu te garde !
Quelle verve, quel talent, quelle émotion...
Se souvenir. Compatir. Condamner. Préserver sa conscience des impuretés du présent, les lavant à l'eau amère et salée de nos larmes qui même si elles n'osent s'écouler de nos yeux, inondent nos coeurs.
Immondialisation économique, qu'attends-tu pour blêmir devant ta scélératesse? Ton visage fardé ne trompe que du lointain, mais à ton rivage, la nécrose vomitive nous saisi les entrailles. On t'appellait Lilith autrefois, et tes rois étaient légions. On t'appela Babylone, et ton signe est toujours le même: l'orgueil inassouvi. Quand viendra l'heure où tu t'affaissera, puissions-nous nous souvenir du sang des innocents, et ne pas joindre nos péchés à ceux des assassins par qui l'horreur perdure.
J`ai eu cette info au hasard du net conformer par vos positions et vos propos qui vont dans le sens des interets israeleens
Je recherche le terme en langue arabe (je sais qu'il existe, je l'ai simplement oublié) qui désigne le fait que les Arabes acceptent la dictature, tant que c'est un des leurs qui est au pouvoir. Car dans le cas de l'Algérie, il me semble que cette définition s'applique (presque) totalement. Et si on regarde l'Histoire, on s'aperçoit que cela s'applique d'autant mieux.
avez vous deja pensé au terrorisme en algerie de la manière suivante: un peuple vit PRESQUE sans problemes, ne pense a rien qu'au bonheur. on crée quelques probleme pour rompre cet equilibre, on invente un terrorisme bien armé ( on sait pas d'ou ou comment il a eu les moyens!!!), on fait semblant d'aider les algeriens à se debarrasser de ces terrorisme meme si cela veut dire qu'il y aura des victimes civiles, le terrorisme est vaincu, le peuple nous remercie, on assume le pouvoir sans rien faire.
je sais que je suis encore jeune pour dire ça mais c'est difficile de vivre en algerie 20 ans en parlant politique, c'est dur: en parler et savoir qu'on peut rien faire, ça ne donne que des infarctus du myocarde.