Vendredi 23 mars 2007
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La décision du tribunal de grande instance de Paris de relaxer l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et son directeur de la publication Philippe Val à la suite du « procès médiéval » qui leur a été intenté par la Grande Mosquée de Paris, l’UOIF et la Ligue islamique mondiale, est venue rappeler que dans le pays de Voltaire et de Condorcet, il est heureusement encore possible de rire des religions et des dogmes comme il est encore possible de critiquer, stigmatiser voire combattre les idéologies fascistes qui, tout en instrumentalisant dogmes et religions, commettent crimes et actes de barbaries en leur nom. Une réalité que la Mosquée de Paris et notamment son recteur ne veulent malheureusement plus voir, encore moins les intégristes de l’UOIF qui continuent à vouloir induire en erreur aussi bien les autorités françaises que l’opinion publique en surfant d’une manière abjecte sur le discours victimaire qui vise à exacerber les passions. Mais je ne vais pas rappeler ici le caractère sournois et la démarche cynique d’intégristes – je parle de l’UOIF - qui n’arrivent à duper que ceux qui se laissent tromper par leur discours prétendument « modéré » et se refusent de voir le véritable visage des enfants spirituels d’Al-Qaradhaoui, ce fasciste, intégriste, criminel qui continue à justifier l’infâme et à propager le salafisme, cette idéologie fasciste qui continue de légitimer le meurtre de femmes et d’enfants. Parce qu’il ne faut surtout pas l’oublier : Al-Qaradhaoui est à l’UOIF ce qu’est Raël aux raéliens, un gourou, un idéologue, jouant avec le mythique et le mystique pour endoctriner, convaincre et légitimer l’ignoble.
Cela étant dit, ce qui m’intéresse aujourd’hui, c’est l’ambiguïté de la Grande Mosquée de Paris et de son recteur. Et pour cause, Dalil Boubakeur et son institution ont contribué à brouiller l’image des musulmans de France aux yeux de l’opinion nationale. En effet, en choisissant de faire ce que font habituellement les intégristes, y compris les associations extrémistes catholiques proches du Front national, c’est-à-dire poursuivre un journal satirique pour un simple coup de crayon, le recteur de la Grande Mosquée de Paris a rendu service aux intégristes de France et de Navarre mais certainement pas à l’ensemble des musulmans, notamment ceux qui restent fermement attachés aux principes de la liberté d’expression. Jusque-là, je pensais naïvement, et je n’étais pas le seul, que Dalil Boubakeur était « l’otage des intégristes ». Je crois aujourd’hui que cet « otage » est envahi par le syndrome de Stockholm et qu’il a peut-être finalement choisi, par calculs personnels ou politiques, de faire ami-ami avec les intégristes. Comment penser le contraire quand je sais qu’il aurait gagné à s’inspirer des déclarations de son ami Jacques Chirac notamment quand ce dernier rappelle : « Depuis les débuts de mon engagement, j'ai toujours été d'une intransigeance absolue vis-à-vis de l'extrémisme ». On ne peut pas affirmer aujourd’hui que Dalil Boubakeur a choisi « l’intransigeance absolue » vis-à-vis des islamistes puisqu’il ne cesse de donner l’impression qu’il se complaît dans ce rôle de « cache-barbe » qu’il continue de jouer au sein du CFCM.
Coopté à la tête de ce magma qu’est cette « institution » censée « représenter les musulmans de France », il n’a jamais montrer, du moins publiquement, une quelconque gêne face à ce rôle malsain qu’on lui fait jouer. Naturellement, lorsque Chirac et Sarokozy lancent l’UMP, ce grand rassemblement de la droite républicaine, ils se gardent bien d’y inclure – et ils ont eu raison – les représentants de l’extrême droite mais lorsqu’ils demandent à Boubakeur de diriger le CFCM ni lui ni eux ne sont gênés de faire co-exister au sein de la même association « modérés » et « radicaux », « prosélytes » et « laïques », « partisans de l’islam traditionnel » et défenseurs de l’obscurantisme. Du coup, le CFCM est devenu un fourre-tout servant à donner une respectabilité aux intégristes mais aussi à cacher finalement, à l’opinion publique, leur existence. Du moment que le CFCM est dirigé par un « modéré », on peut donc dormir tranquille et endormir tranquillement la société. C’est ce que certains ont du se dire dans les couloirs de la République.
Je pense néanmoins que la supercherie a suffisamment duré. Les amalgames existent quand on invite les extrémistes à s’asseoir aux côtés de ceux qui ne le sont pas. Détrompons-nous : l’extrémisme n’est pas soluble dans la République, l’extrémisme irradie la République, risque de la contaminer. L’islamisme est une maladie endémique qu’il faut traiter, isoler et neutraliser, politiquement et idéologiquement s’entend. Tous les dirigeants politiques à travers le monde qui ont cherché à domestiquer l’islamisme ont fini par se faire domestiquer par l’islamisme. Cette vérité axiomatique devrait faire réfléchir tout ceux qui continuent à flirter avec les défenseurs de ce fascisme vert.
Pour toutes ces raisons – mais aussi pour d’autres que je ne vais citer ici – Dalil Boubakeur gagnerait à faire imploser le CFCM en démissionnant de sa présidence. Je pense sincèrement que c’est le meilleur service qu’il puisse rendre à l’image de l’islam et aux musulmans de France. Et si cette décision devait être prise, il doit la prendre ici et maintenant parce qu’après, il est possible qu’il sera trop tard…
Mohamed Sifaoui.
Par mohamed sifaoui
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