Blog de Mohamed  Sifaoui

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- Des opinions qui refusent la compromission -


Interview à propos de l'Etat-DRS sur Le Matin.dz

Publié par mohamed sifaoui sur 3 Janvier 2012, 11:35am

Catégories : #mohamed-sifaoui

Cover_DRS2.jpegExtraits de l'interview, en deux parties, accordée au journal Le Matin.dz à propos de mon prochain ouvrage : Histoire secrète de l'Algérie indépendante ou L'Etat-DRS.

 

Première partie (Le Matin.dz)

 

Le Matindz : Moins d’une année après votre livre "Bouteflika, ses parrains et ses larbins", vous publiez, le 19 janvier prochain aux éditions Nouveau Monde, un livre enquête sur le DRS, les services de renseignement algériens. Comment avez-vous pu enquêter sur une telle structure alors que nous savons qu’il s’agit de l’un des services les plus opaques au monde ? 

 

Mohamed Sifaoui : En vérité, mon enquête n’a pas porté spécifiquement sur le DRS. Il y a de cela quatre ans, lorsque j’ai commencé à comprendre qu’Abdelaziz Bouteflika allait, avec le soutien du général Mohamed Mediène et les hauts officiers de l’armée, briguer un troisième mandat, malgré ses échecs et l’état de déliquescence du pays, j’ai décidé d’abord d’exprimer clairement ma position devant un pouvoir qui continue de s’approprier les rênes du pays de manière antidémocratique, donc illégitime et ensuite de faire mon travail de journaliste et d’informer les Algériens et l’opinion internationale sur la réalité de ce régime qui, depuis l’indépendance, n’a eu de cesse d’avoir recours au bricolage et à la manipulation pour pérenniser un système à la fois archaïque, incompétent, mais, également, de plus en plus, corrompu qui est incontestablement, par son incapacité à construite un État moderne, générateur d’islamisme, d’intolérance et de terrorisme. J’ai donc décidé de rencontrer et d’interviewer, de manière formelle ou informelle, des responsables et des cadres algériens, civils et militaires, des observateurs étrangers et des diplomates, enfin tous ceux qui étaient susceptibles de m’apporter des éléments d’un puzzle qu’il me fallait essayer de reconstituer. J’ai engagé ce travail, à vrai dire, avec un regard neuf. Il fallait revisiter également les travaux des historiens sérieux et faire parler tous ceux qui avaient des éléments à communiquer sur différents segments de l’histoire algérienne ou plus particulièrement sur l’histoire du pouvoir algérien.

Au cours de cette longue investigation, j’ai pu rencontrer quelques officiers du DRS, certains à la retraite et d’autres en activité. Ils m’ont parlé sous couvert de l’anonymat. Ce qui m’a frappé, c’est que de plus en plus de cadres des services, connus pourtant pour leur mutisme et leur discrétion, se sont progressivement mis, depuis 2008, à exprimer un certain mécontentement. J’ai senti, chez plusieurs d’entre eux, parfois de la déception et d’autre fois de l’amertume au regard des choix qui ont été ceux de la haute hiérarchie et qui, à l’évidence, sont loin de faire l’unanimité. Leurs témoignages sont importants et je les juge très crédibles, car contrairement à certains officiers ayant fait, notamment durant les années 1990, de pseudo "révélations fracassantes", ceux que j’ai interviewés n’ont d’une part, aucune sympathie pour l’islam politique et ne pourrons donc être traités d’islamistes, d’autre part, ils n’ont pas déserté à la suite d’une sanction, d’une frustration ou d’un différend avec un supérieur, comme ce fut le cas avec certains "dissidents" s’étant déjà exprimés et ne sont pas dans une démarche d’aigris avec une logique de "tous pourris". Ils m’ont d’ailleurs livré de graves informations que j’ai pu souvent recouper tantôt auprès de sources algériennes tantôt grâce à l’aide de quelques sources occidentales.

 

Pour lire la suite sur le site Le Matin.dz cliquez ici.

 

Seconde partie (Forum Free Algérie)

 

Le Matindz : Vos accusations à l’égard des généraux sont graves. Pouvez-vous étayer ?

 

Mohamed Sifaoui : Ce sont les faits qui sont graves. Le lecteur se fera sa propre idée en lisant le livre. Prenons le cas de Mohamed Boudiaf, par exemple. Les détails qui m’ont été fournis ne laissent aucun doute sur le fait que la thèse de l’"acte isolée" est une vue de l’esprit comme celles des simples "négligences". Il y a d’abord le contexte. Selon les témoignages, plusieurs officiers supérieurs mettaient des entraves à l’action de Boudiaf. Ce dernier n’était pas totalement maître de la situation et, à l’évidence, plusieurs officiers supérieurs avaient regretté d’avoir fait appel à lui. Ensuite, il y a ce fameux 29 juin 1992. Les "décideurs", comme on les appelle, ont tout fait pour que la vérité ne soit jamais connue. Il y a eu plus que des "négligences" ce jour-là. D’ailleurs, dans un pays normal, les chefs de la sécurité auraient démissionné le jour-même. En Algérie, quel que soit le crime, soit c’est l’impunité assurée soit on fait payer des lampistes.

Quatre noms reviennent dans les témoignages : Khaled Nezzar, Mohamed Mediène, Smaïl Lamari et Larbi Belkheïr. Je crois que la société civile, et je pense notamment à ces pseudos-hommes de lois qui se sont empressés à apporter leur soutien à Khaled Nezzar après sa convocation par la justice suisse, la société civile, disais-je, en tout cas les gens de bonne volonté et ceux parmi les Algériens qui ont encore une conscience, devraient exiger une nouvelle enquête sur l’affaire Boudiaf et un nouveau procès de Lambarek Boumaarafi. Un président qui a redonné de l’espoir aux Algériens et particulièrement aux jeunes a été assassiné. À travers Boudiaf, c’est tout un peuple qui a été visé par cet acte criminel. Nous devons par conséquent exiger que toute la lumière soit faite. Il y va de notre honneur en tant qu’Algériens. 

 

Ne craignez-vous pas d’avoir été manipulé par ces officiers ou anciens officiers qui vous ont livrés des témoignages ? 

 

Non ! Cela est impossible. D’abord parce que je ne vois pas comment plusieurs personnes pourraient me manipuler alors que j’ai recueilli leurs témoignages séparément pendant plus de trois ans. Ensuite, comment peut-on me manipuler alors que je n’avais rien dit à propos de mes intentions. En d’autres termes, lorsque j’ai commencé à interviewer les différentes sources, moi-même je ne savais pas comment j’allais exploiter toutes ces informations. Je ne savais pas s’il fallait se suffire d’un article, réaliser un documentaire ou écrire un livre. Ce n’est qu’à la fin que je me suis rendu compte que la masse d’informations récoltées me permet de publier plusieurs ouvrages. J’ai choisi l’écrit, car il n’y a pas mieux pour aller dans le détail. J’ai décidé d’écrire une série de livres qu’à partir de l’année 2010. Enfin, au regard de la complexité du sujet, j’ai pris mon temps pour vérifier toutes les informations, quasiment une à une. J’en avais livré quelques-unes dans le précédent ouvrage Bouteflika, ses parrains et ses larbins, et vous avez remarqué que les informations contenues dans ce livre sont vraies et d’ailleurs elles n’ont jamais été démenties.  

 

Pour lire la suite sur le site du Forum Free Algérie, cliquez ici.    

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Abdelkader Bensnouci 09/01/2012


J'ai lu votre interview. Elle est très claire, mais j'ai envie d'approfondir le sujet en voyant comment vous traitez dans votre livre la période Chadli qui m'intéresse beaucoup, donc je lirai et
je vous dirai. Jee travaillais dans un ministère important à l'époque. Je vous salue M Sifaoui parce que vous être un agitateur de débats et vous savez faire bouger les lignes. Si tous les
intellectuels algériens étaient comme vous et ne se suffisaient pas de leur carrière le pays se serait porté beaucoup mieux

Abdelkader Bensnouci 09/01/2012


J'ai lu votre interview. Elle est très claire, mais j'ai envie d'approfondir le sujet en voyant comment vous traitez dans votre livre la période Chadli qui m'intéresse beaucoup, donc je lirai et
je vous dirai. Jee travaillais dans un ministère important à l'époque. Je vous salue M Sifaoui parce que vous être un agitateur de débats et vous savez faire bouger les lignes. Si tous les
intellectuels algériens étaient comme vous et ne se suffisaient pas de leur carrière le pays se serait porté beaucoup mieux

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