Le blog de Mohamed Sifaoui http://www.mohamed-sifaoui.com/ 2006-10-23T11:07:33Z over-blog.com Atom 1.0 Generator http://accel6.fdata.over-blog.com/99/00/00/01/img/avatar.png Les opinions d'un musulman laïque et démocrate qui refuse la compromission avec l'islamisme. http://www.mohamed-sifaoui.com/article-18345243.html Une réflexion pour répondre aux commentaires. 2008-04-01T14:30:39Z 2008-04-01T14:23:00Z mohamed sifaoui http://www.over-blog.com/profil/blogueur-291026.html
Des musulmans, certains d'entre eux rejetant l'islamisme en bloc, m'écrivent pour dire leur « indignation » face à ma décision de diffuser sur ce blog le film Fitna du député populiste néerlandais Geert Wilders. Depuis vendredi dernier, j'ai reçu plus de 2000 messages. Certains encourageants, d'autres critiquant avec courtoisie ma démarche sans parler des insultes et des messages haineux preuve de la faiblesse de leurs auteurs. Il est vrai que je n'ai jamais soutenu des représentants de l'extrême droite quoi qu'ils fassent. Je préfère de loin les combattre. Cette fois-ci, j'ai effectivement dérogé à une règle que je m'étais fixée. Pourquoi ? Tout simplement pour remettre les islamistes et les tenants de l'islam politique mais aussi mes coreligionnaires musulmans qui pratiquent leur foi en toute sérénité face à leurs responsabilités. Le film de Geert Wilders, comme d'autres critiques - parfois injustifiées - contre les symboles de la religion musulmane et les musulmans eux-mêmes n'est pas l'illustration d'une attaque gratuite mais elle est la conséquence directe des agissements criminels des islamistes et du silence assourdissant devant l'innommable de certains musulmans. Une réflexion me vient à l'esprit : Les Allemands n'étaient pas tous des nazis. Les canons soviétiques et les bombardements alliés n'ont pourtant pas épargné ceux qui étaient opposés à Hitler. Et les Allemands ont longtemps souffert - parfois ils continuent de souffrir - de l'image laissée par le nazisme. Afin de ne pas continuer à souffrir de l'image donnée de l'islam pas les fanatiques islamistes, les musulmans n'ont qu'a se débarrasser de l'hydre intégriste, de se démarquer clairement du terrorisme et de rejeter ceux qui veulent instrumentaliser l'islam à des fins polico-idéologiques. Geert Wilders est un populiste, un hideux militant d'extrême droite qui surfe sur la vague de l'intolérance et du racisme mais il n'est pas le principal ennemi des musulmans. Les premiers ennemis des musulmans et de l'islam ont pour nom Oussama Ben Laden, Hassan Al-Benna, Youssef Al-Qaradhaoui, Aymen Al-Zawahiri, Sayed Qutb, Amine Al-Husseini, les salafistes saoudiens, égyptiens ou maghrébins, les talibans, les idéologues pakistanais ou indonésiens, et la liste est malheureusement encore trop longue. Ce sont ces salauds qui ont alimenté et qui continuent d'alimenter les extrêmes droites et les racistes. Pour la énième fois, j'espère que les musulmans arrêtent de pleurnichez sur leur sort, s'éloignent du discours victimaire et se débarrassent enfin de tous ces Hitler hirsutes qui se réclament de leur religion. C'est le seul mal que je leur souhaite.
http://www.mohamed-sifaoui.com/article-18301180.html Lettre à mes ennemis intégristes. 2008-03-31T13:25:37Z 2008-03-31T13:12:00Z mohamed sifaoui http://www.over-blog.com/profil/blogueur-291026.html
J'ai reçu de nombreux messages à la suite de la diffusion sur ce blog du film Fitna. Si certains commentaires sont tout à fait acceptables et certaines critiques recevables, d'autres dénotent d'un obscurantisme et d'une débilité extraordinaire chez ceux-là même qui prétendent défendre l'islam et les musulmans. Je me dois de répondre même si je reste convaincu qu'il n'y a aucun débat possible, aucune discussion possible et aucun compromis à rechercher avec les tenants de la haine et de l'intolérance. D'abord, je soutiens par principe la diffusion de ce film parce que je n'y vois pas de problèmes majeurs. Pourtant, je n'ai ni respect ni considération pour le réalisateur de ce court métrage et je ne partage pas les idées populistes de ce représentant de l'extrême droite qu'est Geert Wilders. J'avoue que je le trouve idiot et totalement ignorant sur les questions liées à l'islam et aux musulmans. Si je soutiens la diffusion de ce film, c'est tout simplement pour rappeler qu'en démocratie même les idiots, même les représentants de l'extrême droite ont droit à la parole et peuvent véhiculer les pires insanités tant qu'ils respectent la loi. Certains passages de ce film me blessent mais je le diffuse quand même parce qu'en démocratie, il nous faut accepter d'entendre des choses désagréables et d'écouter y compris ce qui risque de nous froisser. Ce que je reproche à ce film c'est l'amalgame affreux qu'il fait en laissant croire que derrière chaque musulman se cache un terroriste, derrière chaque musulman se cache un intégriste. Je lui reproche d'alimenter implicitement le choc des civilisations et d'occulter que des musulmanes et des musulmans se sont toujours battus contre l'islamisme au prix de leur vie et de leur sécurité. Pour le reste, n'est-il pas vrai que vous-mêmes, ennemis intégristes, vous nous bassinez depuis des lustres avec des versets coraniques pour tenter de justifier vos attentats ignobles ? N'est-il pas vrai que vous nous ressassez sans cesse des paroles prophétiques pour nous expliquer qu'il faut tuer les homosexuels, oppresser les femmes, décapiter les juifs, déchiqueter les chrétiens, découper en petites lamelles les athées et réduire à néant les « apostats, renonciateurs et autres mauvais musulmans » ? N'est-il pas vrai que vous brandissez le Coran dès qu'on vous brandit de simples caricatures ? N'est-il pas vrai que vous opposez les paroles de vos débiles idéologues aux paroles des plus grands philosophes ? N'est-il pas vrai que lorsque vous voyez le stylo d'un journaliste vous sortez le couteau de l'égorgeur ? N'est-il pas vrai que lorsqu'on vous parle de paix, vous parlez de guerre ? N'est-il pas vrai que lorsqu'on évoque la fraternité entre les peuples, vous nous parlez de djihad ? N'est-il pas vrai encore que lorsque certains vous ménagent par lâcheté, vous cherchez à dominer le monde ? N'est-il pas vrai qu'à chaque fois qu'on vous parle de paix, vous nous parlez de guerre ? Et n'est-il pas vrai enfin que vous êtes, ennemis intégristes, ceux qui ont sali l'islam, terni l'image du Prophète et engagé les musulmans dans une spirale de haine et de violence ? Savez-vous faire autre chose que menacer, insulter, terroriser, tuer et lapider ? Savez-vous réfléchir sans qu'un idéologue illettré et détestable ne vienne vous dicter votre conduite et vous envoyer vers l'abîme et la mort ? Savez-vous développer des arguments, une réflexion sans adopter le discours victimaire ? Malheureusement non ! La plupart d'entre vous, la majorité, ne sont pas dans cet état d'esprit. Alors oui ! Geert Wilders n'est probablement qu'un vulgaire raciste mais c'est vous qui l'avez alimenté. Son film est conçu grâce (ou à cause) de votre matière première. Vous êtes les fournisseurs officiels du racisme et de l'amalgame. Vous êtes ceux qui inspirent aujourd'hui ceux qui veulent jeter le doute sur les musulmans. Vous récoltez - et vous faites récolter à l'ensemble des musulmans - ce que vous avez semé. La haine de l'extrême droite répond à la haine de l'islamisme. Les idées nauséabondes répondent à d'autres idées encore plus nauséabondes. Vous devez l'accepter : l'islam est traité désormais comme le sont les autres religions. Il est critiqué par les uns, violemment attaqué par les autres et rejeté ici et là, y compris par des musulmans. Je pense que le plus souvent, c'est VOTRE conception, votre lecture, votre instrumentalisation de l'islam qui sont mises à l'index. Vous avez voulu que l'islam occupe l'espace public alors soit il occupera l'espace public. Mais vous ne pouvez plus fixer les règles du jeu. Encore moins en démocratie. En occupant l'espace public, l'islam sera attaqué, critiqué, décortiqué, parfois à juste titre, d'autre fois injustement. C'est la règle du jeu. Elle a été fixé par des sociétés séculaires qui ont connu leur guerre des religions, qui ont connu leurs intégrismes, qui ont souffert de l'inquisition et du curé et qui ont finit tantôt par le bouffer, tantôt par le renvoyer dans sa chapelle. Alors puisque l'islam est désormais entré dans l'espace public, je serai le premier - et certainement pas le seul - à bouffer de l'imam, surtout s'il est intégriste, et à renvoyer le religieux vers sa mosquée. Vous verrez que le jour où vous remettrez l'islam dans la sphère privée et le jour où vous pratiquerez votre religion de manière apaisée, sans excitation ni débilité, sans archaïsme ni instrumentalisation. Le jour où vous demanderez à vos idéologues d'arrêter leur connerie, à vos tueurs de cesser leurs massacres, à vos lâches terroristes d'arrêter leurs menaces. Ce jour-là, vous verrez qu'on ne dira plus que vous êtes des êtres ignobles et plus personne ne s'attaquera à l'islam. Et je ne chercherai plus à vous bouffer parce que je suis musulman et je ne suis pas - pour tout dire - un très grand amateur de porc...  
http://www.mohamed-sifaoui.com/article-18190326.html Fitna 2008-03-28T10:05:39Z 2008-03-28T09:28:00Z mohamed sifaoui http://www.over-blog.com/profil/blogueur-291026.html
Je vous propose de visionner le film Fitna réalisé par le député néerlandais Geert Wilders. Ce court-métrage qui a suscité la polémique avant même sa diffusion ne comporte, quoi qu'en dise les intégristes, aucun message raciste. Il est, de mon point de vue, conforme à l'image que donnent d'eux mêmes ces affreux intégristes qui se réclament de l'islam, ces tueurs barbares, ces islamistes incapables de vivre dans un monde moderne. Ce qui personnellement me choque, m'attriste et me révolte, ce n'est pas le film de Geert Wilders, loin s'en faut, mais les images de haine et d'horreur provoquées par les fascistes salafistes, ceux d'Arabie saoudite, d'Egypte ou d'ailleurs, ce qui me choque et me révolte c'est l'image de cette affreuse chose qu'on appelle Ahmadinedjad et qui cherche à entrainer les Iraniens et le monde vers le chaos, ce qui m'attriste et me révolte, ce sont les images de ces enfants auxquels des idéologues de la mort apprennent la haine de l'autre, ce qui me choque et me révolte, ce sont les images de ces cadavres fauchés par la folie meurtrière de ces soldats du diable qui se réclament de Dieu. Cela étant dit, le film de Geert Wilders occulte un aspect important. Il oublie sciemment de mentionner que les premières victimes de la barbarie islamistes sont musulmanes. Il oublie de souligner que nous ne sommes pas dans une guerre de civilisation mais dans une guerre qui oppose LA civilisation qui contient ceux qui se reconnaissent dans les valeurs universelles et les idées humanistes à la barbarie représentée par ces êtres infâmes, ces nazis des temps modernes, ces rebus des sociétés : je parle de tous les islamistes. Ce film entretient par ailleurs un mauvais amalgame lorsqu'il met à l'index l'ensemble des musulmans européens les présentant implicitement comme un danger potentiel. C'est certainement le côté populiste et le positionnement politique de son auteur qui le pousse à propager ces idées. Hormis ces deux points, j'avoue que je soutiens totalement le contenu de ce film qui rappelle le danger intégriste et qui met en évidence la lacheté de beaucoup de dirigeants européens. En effet, les autorités néerlandaises et d'autres ont cherché à censurer ce film. Un autre scandale s'il en est, puisque certains veulent laisser les intégristes nous imposer leur diktat. Il est nécessaire de lutter contre les intégristes mais il est tout aussi nécessaire de lutter contre les positions munichoises prises par ceux qui veulent ménager les intégristes.
http://www.mohamed-sifaoui.com/article-17685793.html Débat sur les relations entre Israël et les pays arabes. 2008-03-14T12:10:14Z 2008-03-14T12:04:00Z mohamed sifaoui http://www.over-blog.com/profil/blogueur-291026.html
Je participerai ce samedi 15 mars de 11h00 à 12h30 à une conférence-débat organisée par les éditions Autrement et la revue Le meilleur des mondes sur le thème ISRAËL ET LES ARABES, UNE NOUVELLE GÉOPOLITIQUE ? Cette rencontre aura lieu au salon du livre, salle Samuel Joseph AGNON Intervenants : Michel Abitbol, Jacques Bendelac, Frédéric Encel, Mohamed Sifaoui et Michel Taubmann Modérateur : Michaël Prazan   Michel Abitbol est un africaniste et orientaliste de renommée mondiale, spécialisé dans l’étude des relations judéo-arabes. Il est professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem. Il a publié de nombreux ouvrages, dont Les Deux Terres Promises - Les Juifs de France et le Sionisme (1897-1945 (Olivier Orban, 1989) et le plus récent Les Amnésiques – Juifs et Arabes à l’ombre du conflit du Proche-Orient (Perrin, 2005).     Jacques Bendelac est chercheur en sciences sociales à Jérusalem. Il a obtenu son doctorat d’État en économie à l’université de Paris et il a enseigné dans les universités françaises et israéliennes. Il a publié, entre autres ouvrages, La Nouvelle Société israélienne (Page après Page, 2006) et L’Économie palestinienne (L’Harmattan, 1999). Il vient de publier aux Editions Autrement Les Arabes d’Israël, entre intégration et rupture.     Diplômé de Sciences-Po et docteur en géopolitique, Frédéric Encel est professeur de relations internationales à l’École supérieure de gestion (ESG) habilité à diriger des recherches (HDR). Chercheur à l’Institut français de géopolitique, ce spécialiste reconnu d’Israël enseigne en outre à l’Institut d’études politiques de Paris. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés au Proche-Orient, dont Géopolitique de Jérusalem (avec François Thual, nouvelle édition, Flammarion, 2008). Il vient de publier aux Éditions Autrement Atlas géopolitique d’Israël, aspects d’une démocratie en guerre.   Michel Taubmann est journaliste et directeur de la revue Le Meilleur des mondes. Il est notamment La Bombe et le Coran. Une biographie du président iranien Mahmoud Ahmadinejad (éditions du moment, 2008).   Le débat sera animé par Michaël Prazan, journaliste et écrivain.  
http://www.mohamed-sifaoui.com/article-17612394.html "L'indispensable manuel de survie en sarkozie" 2008-03-12T13:30:40Z 2008-03-12T12:57:00Z mohamed sifaoui http://www.over-blog.com/profil/blogueur-291026.html
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C’est une catastrophe, un malheur et une malédiction qui viennent de s’abattre sur la culture universelle : Le sultanat d’Oman, l’Arabie Saoudite, l’Iran, le Yémen ainsi que d’autres pays arabo-musulmans boycottent le salon du livre de Paris. Le public français n’aura donc pas l’occasion d’apprécier les grandes œuvres littéraires produites par ces pays. Quel dommage ! Naturellement, c'est pour rire - parce qu'il vaut mieux en rire qu'en pleurer - que j'écris ce qui précède. Quand on connaît l'apport des intellectuels iraniens version Ahmadinejad ou celui des Saoudiens abreuvés au Wahabbisme ou encore celui des intellectuels algériens sympathisants de Bouteflika, on ne peut que se réjouir de l'absence de ces pays. Si j'avais ce pouvoir, j'aurais fait d'Israël l'invité d'honneur chaque année, juste pour constater l'absence des représentants de ces ennemis de la démocratie dans les couloirs du salon. Ces pays – dont les dirigeants boycottent par ailleurs la démocratie, les droits de l’Homme, l’intelligence, le travail, l’honnêteté, le respect de leurs administrés, le bon sens, la bonne gouvernance, etc – ont décidé d’adopter cette attitude pour protester contre le « titre d’invité d’honneur accordé à Israël » par les organisateurs du salon. Pour dire – et écrire – les choses sérieusement, je pense que le boycott de cette manifestation est tout simplement ridicule. D’autant plus ridicule qu’il intervient dans un contexte où le dialogue, l’échange et les rencontres doivent prévaloir sur la politique de la chaise vide prônée d’ailleurs par les États arabes depuis des lustres. Pensent-ils sérieusement qu’en adoptant une telle attitude, ils vont faire avancer la cause palestinienne et amener Israël à revoir sa politique ? Ces dirigeants arabes ont toujours préféré la posture à la politique. D’ailleurs savent-ils faire autre chose qu’adopter des postures ? Je ne cautionne pas la politique israélienne – et notamment celle qui préconise exclusivement l’approche militaire pour lutter contre les assassins barbares du Hamas et des autres groupes terroristes – mais je pense que le terrorisme qui frappe ce pays ne diffère en rien – dans la forme et dans le fond – à celui qui sévit en Algérie, en Égypte ou au Maroc. Le Hamas, nourrit par cette idéologie fasciste qu’est le salafisme, soutenu par des États islamo-fascistes comme l’Iran doit être combattu avec la plus grande fermeté. Un pays comme le Maroc, par exemple, ne peut pas applaudir au terrorisme version Hamas quand celui-ci sévit à Tel Aviv et combattre celui d’Al-Qaïda dans les pays du Maghreb lorsqu’il sévit à Rabat. Les deux terrorismes sont alimentés par la même idéologie nihiliste et visent des objectifs similaires : destruction de l’État d’Israël pour l’un, désintégration du Maroc (et des autres pays musulmans) en tant qu’État pour l’autre afin de l’intégrer dans une oumma qui s’étendrait de Casablanca à Djakarta. En étant cohérent, on ne peut pas reprocher à Israël de lutter contre les barbares du Hamas quand on sait que tous les pays doivent lutter contre le terrorisme islamiste. Ce qu’il faut reprocher à Israël, c’est la méthode. En effet, on ne lutte pas contre le Hamas – ou contre une autre organisation terroriste – en bombardant des civils. On ne lutte pas contre le Hamas en causant la mort de nourrissons. Et on ne lutte pas contre le Hamas en le rendant, de facto, plus populaire et donc en le consacrant indirectement comme le « résistant » crédible et le défenseur exclusif de la cause palestinienne tout en affaiblissant l’Autorité de Mahmoud Abbas. La méthode choisie par l’armée israélienne doit être condamnée parce qu’elle est dangereuse dans le sens où elle fragilise les démocrates arabo-musulmans qui se battent pour une solution négociée et une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens. Cette méthode doit être condamnée parce qu’elle n’est pas digne d’un État de droit ni digne d’un État démocratique. Israël a le droit de se défendre mais pas en usant et en abusant d’avions de chasse pour larguer des missiles sur des zones habitées par des civils. Le sang froid et la maîtrise de soi doivent prévaloir sur les réactions intempestives. Lorsqu’un État se rabaisse à utiliser la loi du talion contre une vulgaire organisation terroriste, il prend le risque de bafouer ses propres valeurs et de légitimer l’action des assassins. Les Israéliens sont conscients mais se laissent entraîner quand même dans ce piège tendu par le Hamas dont les membres, nous le savons, se cachent lâchement parmi les civils pour justement pousser Israël à commettre l’irréparable et frapper sans distinction civils et terroristes. Le bombardement acharné ne sert pas le processus de paix, n’affaiblit pas les terroristes mais sanctionne lourdement des populations civils qui, en plus des privations dues à l’embargo et des vexations quotidiennes au niveau des cheek point, doivent subir le sang et les larmes. Israël n’a pas compris qu’elle facilite ainsi l’action des sergents recruteurs du Hamas et, au-delà, celle des idéologues de l’islamisme internationale. Des rencontres lors du salon du livre auraient permis de débattre avec les intellectuels israéliens de ces questions.   Je trouve que la décision des pays arabes est tout simplement lâche et certainement improductive. J’aurais en effet préféré que ces pays donnent l’occasion à leurs intellectuels et à leurs écrivains de débattre avec leurs confrères israéliens, de les rencontrer et d’échanger, y compris de polémiquer – pourquoi pas – avec eux. Mais au final, je finis par croire qu’en réalité les dirigeants arabo-musulmans n’ont aucun intérêt à voir le conflit israélo-palestinien se résoudre. Le faire perdurer sert – quoi qu’on en dise – leurs intérêts étroits et occupent leurs sociétés. En utilisant ce conflit comme abcès de fixation, ils s’assurent au moins que ces dernières n’auront pas l’esprit suffisamment libre pour revendiquer une meilleure gouvernance.
http://www.mohamed-sifaoui.com/article-17132224.html L'affaire des caricatures de Mahomet revient sur la scène. 2008-02-28T01:20:14Z 2008-02-28T00:54:00Z mohamed sifaoui http://www.over-blog.com/profil/blogueur-291026.html
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L'année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme par l'ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d'années, par ses dérives, l'ONU s'est caricaturée. A Durban, en Afrique du Sud, s'est tenue en 2001 la Conférence mondiale contre le racisme, à l'initiative des Nations unies, dans la ville même où Gandhi avait commencé à exercer son métier d'avocat. C'est au nom des droits des peuples que furent scandés des "mort à l'Amérique !" et "mort à Israël !" ; et c'est au nom du relativisme culturel qu'on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes. Alarmée par les graves dysfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa Commission des droits de l'homme, l'ONU inaugurait en juin 2006 un tout nouveau Conseil des droits de l'homme (CDH), censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd'hui, le constat est plus qu'amer : c'est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban 2, qui se tiendra en 2009. Plus gravement encore, l'élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d'une nouvelle et très particulière "déclaration des droits de l'homme", la mise à mort de l'universalité des droits. Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s'y constituent, les discours qui s'y tiennent, les textes qui s'y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d'expression, légitiment l'oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales. Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l'encontre de ses principes fondateurs. Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l'acte et les violences de demain. Une triple alliance composée de la Conférence des organisations islamiques (OCI), représentée jusqu'à ce jour par le Pakistan, du Mouvement des non-alignés, où Cuba, le Venezuela et l'Iran ont un rôle central, et de la Chine - avec la complaisance cynique de la Russie - oeuvre ainsi à la mise en place d'une véritable révolution prétendument "multiculturelle". Ainsi, le rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, Doudou Diène, déclare d'ores et déjà qu'énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste et que la loi française contre le port des signes religieux à l'école participe du racisme antimusulman, renommé "islamophobie occidentale". La confusion des esprits est à son comble quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion. C'est une menace radicale contre la liberté de penser qui est en train d'être cautionnée par l'ONU. En assimilant au racisme toute critique des dérives de ceux qui parlent au nom de l'islam, parce que supposée relever d'attitudes néocolonialistes, les porte-parole de cette nouvelle alliance serrent un peu plus le garrot qu'ils ont passé au cou de leurs propres peuples et sapent les fondements d'une civilité très chèrement acquise en Europe depuis les guerres de religion. En septembre 2007, la haut-commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, participait à une conférence à Téhéran consacrée aux "droits de l'homme et (à) la diversité culturelle". Portant le voile, comme la loi de la République islamique l'exige, la haut-commissaire a été le témoin passif de l'énoncé des principes à venir, ainsi résumés : "offense aux valeurs religieuses considérée comme raciste". Bien pire, dès le lendemain de cette visite, vingt et un Iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C'est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d'Israël, pays membre de l'ONU, créé par cette dernière. Interrogée sur son silence, la haut-commissaire a justifié sa passivité par le respect de la loi iranienne, auquel, en tant que juriste, elle s'estimait tenue, et par souci de "ne pas offenser ses hôtes". Charbonnier est maître chez soi... C'est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d'opportunité, à la tribune de la Société des nations en 1933, pour se soustraire à toute critique d'une institution internationale impuissante, mais dont les principes n'étaient au moins pas dévoyés comme ceux de l'ONU aujourd'hui. Les grands crimes politiques ont toujours eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l'acte. De Mein Kampf à Radio Mille Collines, de Staline à Pol Pot, les exemples abondent pour confirmer la nécessaire extermination de l'ennemi du peuple au nom de la race, au nom de l'émancipation des masses laborieuses ou au nom d'un ordre supposé divin. Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues "d'avenir radieux" ont ouvert grande la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c'est bien au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l'histoire fut commis. Face à cette stratégie, les démocraties, d'abord soucieuses de leur balance commerciale, font preuve d'une extraordinaire passivité. Que pèse le sort du peuple tibétain face aux enjeux des exportations vers la Chine ? Quel est le prix de la liberté pour Ayaan Hirsi Ali, ex-députée néerlandaise, menacée de mort, après l'assassinat en 2004 de son ami le réalisateur Théo Van Gogh, accusé d'avoir blasphémé l'islam dans le film Soumission ? Les exemples s'additionnent qui, de Taslima Nasreen à Salman Rushdie, de Robert Redeker à Mohamed Sifaoui, apportent la preuve que l'intégrisme islamiste impose sa loi par la terreur. Combien d'Algériens, de femmes au Maghreb, au Proche-Orient, en Turquie, au Pakistan ont déjà payé du prix de leur vie le refus de se soumettre à l'obscurantisme religieux ? Si, par malheur, l'ONU devait consacrer l'imposition de tels critères, si le blasphème devait être assimilé à du racisme, si le droit à la critique de la religion devait être mis hors la loi, si la loi religieuse devait s'inscrire dans les normes internationales, ce serait une régression aux conséquences désastreuses, et une perversion radicale de toute notre tradition de lutte contre le racisme, qui n'a pu et ne peut se développer que dans la liberté de conscience la plus absolue. L'Assemblée générale de décembre 2007 a déjà entériné des textes condamnant des formes d'expression considérées comme diffamatoires de l'islam. L'enjeu est clair, il est mondial : c'est de la défense des libertés de l'individu qu'il est question. Soit les démocraties se ressaisissent, à l'exemple du Canada, qui vient d'annoncer son refus de participer à la conférence de Durban 2, estimant qu'elle risquait d'être "marquée par des expressions d'intolérance et d'antisémitisme", et cessent de s'abstenir ou de voter des résolutions contraires à l'idéal universel de 1948, soit l'obscurantisme religieux et son cortège de crimes politiques triompheront, sous les bons auspices des Nations unies. Et lorsque les paroles de haine seront transformées en actes, nul ne pourra dire : "Nous ne savions pas. Premiers signataires : Elisabeth Badinter, Adrien Barrot, Patrice Billaud, Pascal Bruckner, Jean-Claude Buhrer, Chala Chafiq, Georges Charpak, Christian Charrière-Bournazel, Bernard Debré, Chahdortt Djavann, Jacques Dugowson, Frédéric Encel, Alain Finkielkraut, Elisabeth de Fontenay, Patrick Gaubert, Claude Goasguen, Thierry Jonquet, Liliane Kandel, Patrick Kessel, Catherine Kintzler, Claude Lanzmann, Michel Laval, Barbara Lefevbre, Corinne Lepage, Malka Marcovich, Albert Memmi, Jean-Philippe Moinet, Jean-Claude Pecker, Philippe Schmidt, Alain Seksig, Mohamed Sifaoui, Antoine Spire, Pierre-André Taguieff, Jacques Tarnero, Michèle Tribalat, Michèle Vianes,Elie Wiesel, Michel Zaoui. Post-scriptum : Je considère que ce texte est totalement conforme à la nature du combat que les forces laïques doivent mener. Une lutte contre les intégrismes - et non pas comme le souhaiteraient certains une guerre contre les religions - accompagnée d'une réitération des princpes de liberté d'opinion et de conscience. Liberté de critiquer les dogmes et les religions sans que cela ne soit assimilé à du racisme mais tout en restant vigilant sur le fait que des racistes peuvent utiliser ce prétexte (la liberté de critiquer les dogmes) pour faire passer leurs idées nauséabondes. Signatures de soutien à ce texte par e-mail à licra@licra.org. Liste complète des signataires sur www.licra.org.  
http://www.mohamed-sifaoui.com/article-17055988.html Se battre pour la "laïcité à la française" ? Oui ! Mais avec qui ? Et Comment ? 2008-02-26T01:00:16Z 2008-02-25T23:58:00Z mohamed sifaoui http://www.over-blog.com/profil/blogueur-291026.html
Aussi noble soit-il, un « combat » irréfléchi, non encadré par une stratégie et non inscrit dans celle-ci devient de fait, une gesticulation. Et par essence, une gesticulation est condamnée à demeurer ce qu’elle est : un tir nul et sans conséquences, une détonation à blanc. Et quand bien même, cette détonation donnerait lieu à un feu d’artifice, celui-ci ne servira qu’à amuser la galerie. Il se trouve que c’est de cela qu’il s’agit dans le débat qui m’oppose désormais à une partie du camp laïc. Le constat que je fais en observant le comportement des uns, en écoutant les déclarations des autres et en décortiquant les écrits des uns et des autres, me laisse penser que certains de mes amis ne savent plus à quel saint (laïc) se vouer mais surtout quelle démarche choisir et quelle stratégie adopter. Ils ne savent plus s’il faut lancer une bataille contre les religions au nom d’un farouche anticléricalisme ou s’il est nécessaire de réitérer leur engagement en faveur d’une non négociable « laïcité à la française ». Il faut admettre, je le pense, que ce sont là deux batailles différentes et qu’il faut choisir entre l’une et l’autre et non pas engager la première tout en pensant qu’on mène la seconde. Les combattants de la laïcité, dont je salue la sincérité, en ce qui concerne la majorité d’entre eux, sont, en plus de la gesticulation qui les caractérise désormais, empêtrés dans des divisions qui servent, inéluctablement ceux qu’ils sont censés combattre, je pense aux intégristes religieux mais aussi à des religieux institutionnalisés qui ne rêvent que d’une seule chose : faire subir, via des pouvoirs publics complaisants, à la loi 1905 quelques « aménagements » qui leur permettraient d’occuper plus d’espace sur la place publique.    Après la publication sur ce blog de quelques réflexions qui se veulent sincères et somme toute fraternelles, certains ont cru que j’avais lancé une sorte de « fatwa », déclaré le « djihad », armé ma ceinture explosive et que, peut-être, serais-je même atteint subitement par je ne sais quelle maladie mentale qui me pousserait à me jeter corps et âme dans les bras de l’infâme, à « m’indigéniser », à renoncer à ce que j’ai toujours été et à me transformer en ardent défenseur de la religion – et de l’islam principalement – et pourquoi pas des islamistes eux-mêmes. Je vous rassure, il n’en est rien. Ces déductions rapides et infondées ; cette arrogance et cette suffisance qui poussent certains démocrates à crier au scandale dès que l’un des leurs exprime un désaccord sur un point précis ; ces êtres atteints, pour certains, de relents néo-colonialistes qui estiment qu’un maghrébin ne doit pas sortir de la case délimitée par des frontières savamment tracées par ces mêmes bourgeois(es) non assumés qui croient que celui qui ne pensent pas comme eux pense forcément mal. Toutes ces méthodes, cette manière de concevoir le débat, d’envisager le combat, de vivre la démocratie, je l’avoue, m’insupportent. Cela peut paraître prétentieux. Je m’en excuse donc d'avance. Mais je tiens quand même à le dire. Je ne suis – et je ne veux être – ni un Azouz Begag qui se laisse caresser la tête dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale par un Villepin Premier Ministre ; ni une Fadéla Amara stressée qui se complaît à se laisser consoler par un Borloo tout compatissant devant un Président annonçant son « plan banlieue » ; ni – encore moins – une Rachida Dati dont la seule pensée consiste à répéter, à la virgule près, ce que les faiseurs (et défaiseurs) de rois (et de reines) ont dit la veille ; ni un quelconque « petit rebeu » alibi pour une certaine gauche qui, généralement, se refuse tout rapport non paternaliste avec des personnes issues de l’immigration. Je le dis franchement : je ne suis pas ce maghrébin qui se laisserait dicter sa conduite et ses positions, ses écrits et ses convictions par je ne sais quel maître (ou maîtresse) à penser. Je l’ai refusé en Algérie et je le refuserai en France : je ne serai l’instrument d’aucune chapelle quelque soit sa couleur et ses objectifs ni d’aucune personnalité quelque soit l’estime et le respect que je pourrais avoir pour elle. Les uns et les autres doivent comprendre que s’il existe des Maghrébins qui se laissent aller au paternalisme, il existe d’autres citoyens d’origine étrangère qui ne conçoivent toute relation que dans un esprit de partenariat respectueux et égalitaire. Je ne suis pas – non plus – de ces « indigènes de la République » qui s’enferment dans le discours victimaire et dans l’éternelle lamentation, de ces « dieudonnistes », esclaves d’une pensée tout aussi victimaires, complexées par ce que l’on a fait d’eux hier et par ce qu’ils ont fait d’eux-mêmes aujourd’hui, encore moins de ces islamistes envahissants qui se laissent aller à des discours fascisants ou à des pratiques moyenâgeuses pour se trouver une identité. Je reste profondément enraciner dans les valeurs universelles et ma seule pensée s’inspire de celles-ci. Cela devait être dit (et écrit). Mais il est tout aussi important, pour moi, d’aborder également cette épineuse question du combat pour la laïcité. A ce propos, je ne vois effectivement aucune stratégie mais j’observe, par ailleurs, beaucoup de gesticulations. Je m’explique. Il est, je le répète, deux combats qui sont totalement différent. Le premier est résolument anticlérical, le second est inscrit, d’un côté, dans la défense de la laïcité et notamment dans la préservation, en l’état, de la loi 1905, et intégré, d’un autre côté, dans une démarche profondément anti-intégriste. La réflexion que j’ai voulu lancer consiste à définir quelles étaient aujourd’hui nos priorités. Est-ce l’anticléricalisme, j’ose le mot, bête et méchant, qui consiste à voir derrière chaque soutane, sous chaque voile et chaque kippa un danger potentiel ? Ou alors les intégrismes – dont l’islamisme constitue indéniablement la tête de pont – et leurs visées obscurantistes, leurs objectifs anti-laïcs, abreuvés de discours présidentiels fort discutables, inscrits dans une stratégie qui risque de mettre en péril le pacte républicain pour lui substituer un communautarisme dégoutant basé sur le multiculturalisme et un relativisme culturel qui aura raison, si on laisse faire, de la lettre et de l’esprit de loi 1905 ? Aurions-nous intérêt à alimenter, même inconsciemment, un « choc des civilisations », une surenchère entre les religions et à opposer les croyants aux athées et aux agnostiques, ce qui ne tardera pas à se muer en surenchère entre intégristes ? Et aurions-nous intérêt à créer, au final, une confrontation entre croyants et incroyants ? Je ne le pense pas. Je ne le crois pas d’autant plus que j’ai déjà croisé des athées qui ne m’ont montré aucun intérêt pour la laïcité et des croyants profondément attachés à celle-ci. Quand j’entends dire que dans des grand-messes de « laïques convaincus », on se laisse aller à des réflexions du type « ô que c’est bien de se retrouver entre mécréants », je dois avouer que je ne peux m’empêcher de constater que certains veulent justement, dans le seul but d’assouvir, avec beaucoup de passions, leurs propres fantasmes, nous embarquer dans des aventures dans lesquelles ils joueront le rôle de ces guides amateurs de haute montagne qui finissent souvent par emmener ceux qui prennent le risque de les suivre tout droit vers les avalanches. Raison pour laquelle, il faut absolument que le camp laïc se re-concentre sur l’objectif : l’intégrisme musulman et plus globalement, je dirais, tous les intégrismes. Ce camp laïc gagnerait à s’élargir aux croyants comme aux non-croyants, à renoncer au sectarisme, à s’éloigner des gesticulations, à s’éviter la suffisance et à dialoguer en son sein pour trouver les bonnes méthodes, la bonne démarche et, par conséquent, l’efficacité qui doit être la sienne. Il faut, de mon point de vue, adopter cette attitude d’autant plus qu’en face nous avons des groupes unis, déterminés, décidés et qui savent faire preuve d’efficacité, tout ceci dans le cadre d’une stratégie. Or, justement nous avons besoin d’avoir la nôtre. Et celle-ci ne doit pas être confinée dans quelques arrondissements parisiens comme c’est souvent le cas. Il ne s’agit pas de réunir, dans le quartier latin, des convaincus pour leur ressasser ce qu’ils ont envie d’entendre, il ne s’agit pas, même s’il faut les soutenir, de porter sur les fonts-baptismaux ceux qui font de la « menace de mort » un fond de commerce, il ne s’agit pas, non plus, de faire de l’apparition télévisée une fin en soi et l’accomplissement d’un acte de résistance. Il ne faut pas croire qu’en laissant les nouveaux prophètes de l’anticléricalisme répandre leur venin, souvent par méconnaissance criante, on se bat pour la laïcité et contre l’intégrisme. J’ai cru comprendre que notre ami Pierre Cassen du site « Riposte laïque » a été vexé par ma précédente sortie. Qu’il en excuse ma franchise. Mais tout de même, ouvrir son site, sous prétexte du débat démocratique, à un derviche-tourneur de l’ignorance qui ne sait faire autre chose que déverser sa haine pathologique de l’islam en usant de « démonstrations mathématiques » qui prêteraient à rire en d’autres circonstances me pousse à me poser effectivement quelques questions. Comment l’athée, le laïque et le militant sincère Pierre Cassen peut-il accepter d’être flanqué d'un lieutenant qui non seulement ne possède aucun bagage théologique ni légitimité qui serait puisée dans un long parcours militant, comment notre ami dont nous connaissons la ténacité peut-il, dis-je, accepter d’être flanqué justement d’un nouveau prophète qui nous propose un « nouvel islam » alors que nous n’avons pas encore réglé la question de l’ancien ? Comment peut-il laisser écrire des insanités sur son site sous la plume haîneuse d'un déçu de l'islam, se solidariser avec une dame qui a enfreint les lois de la République et condamnée par le tribunal de cette même République - certes elle était opposée à une femme voilée -, se retrouver dans ce même soutien aux côtés des villiéristes, et, en même temps, s'émouvoir de constater que je ne partage pas cette façon de faire ? Si Pierre Cassen veut se sectariser se sera sans moi. S'il n'est pas capable de comprendre qu'un démocrate n'est pas celui qui applaudit ses amis lorsqu'il estime que ceux-ci ont tort et n'est pas celui qui attaque ses adversaires et ses ennemis lorsque ceux-là ont raison, c'est que nous n'avons pas la même conception de la démocratie. Il faut passer à autre chose. Cessons les attaques stériles et les démarches sectaires qui nourrissent nos adversaires communs au lieu de les affaiblir. Il faut, par ailleurs, imaginer des actions pédagogiques dans les quartiers difficiles, créer un travail de terrain en direction des jeunes, concevoir des opérations de sensibilisation de l’opinion, y compris en terrain « hostile », multiplier les rencontres avec les partis politiques, les syndicats, les étudiants etc. Il faudrait créer « tout ça » au lieu de se lancer dans de ridicules attaques contre les religions. Je ne dis pas qu’il faille renoncer à notre liberté de parole, à la critique des dogmes ou aux débats sur les textes religieux. Il faut au contraire le faire mais avec ceux qui ont la compétence d’apporter des arguments, de dégager une réflexion, de susciter un vrai débat. L’insulte pour l’insulte n’apporte absolument rien. Or, je le répète encore une fois, lancer ou s’approprier des envolées du type « l’islam est une religion arriérée, totalitaire et violente » sans même poser le débat me gène – non pas parce qu’il est question de l’islam – parce qu’on part d’un postulat idéologiquement suspect qui ne repose sur aucune démonstration historico-théologique sérieuse. Du moins, aucune démonstration n’a été faite pour prouver que l’islam serait plus « arriéré, totalitaire et violent » que les autres religions. A ce jeu, je dirais qu’avec l’inquisition, c’est plutôt le catholicisme qui a donné la preuve historique de mériter la première place de l’arriération de par les aspects violents et totalitaires de cette époque. Provocation volontaire s’il en fallait, pour dire qu’il faut éviter d’ouvrir ce genre de débats. La mobilistaion des laïques a cédé sa place aux divisions et aux problèmes de personnes, le travail de fond s'est éclipsé devant les actions superficielles. Pour peu que celles-ci soient hautement médiatisées, elles donnent l'impression d'être d'une redoutable efficacité. Supercherie !  
http://www.mohamed-sifaoui.com/article-16809654.html Les intégristes veulent nous faire taire, y compris sur le Net. 2008-02-19T12:20:06Z 2008-02-19T11:56:00Z mohamed sifaoui http://www.over-blog.com/profil/blogueur-291026.html