A très bientôt.
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Partager
Le Blog de Mohamed Sifaoui
Journaliste, Ecrivain et Réalisateur.






Dans les pays où elle existe, la laïcité est désormais menacée, certes par les islamistes, mais aussi par tous les intégrismes et leurs suppôts prêts à toutes les concessions et soumissions.
La laïcité, dans ses fondements les plus profonds, est un principe universel. La séparation du religieux et du politique représente un progrès de l’humanité vers le respect de l’individu, de ses libres choix, de ses croyances ou de son absence de croyance, et de son droit d’en changer. La primauté de la citoyenneté sur l’appartenance communautaire (ethnique, religieuse) demeure la condition indépassable du vivre ensemble.
La laïcité se voit attaquée à la fois par tous les fanatismes religieux et les fanatiques d’une dérégulation du mondequi, sous couvert de loi du marché, vise à asservir les plus faibles
L’intégrisme islamique, est cependant le plus élaboré, le plus meurtrier et le plus menaçant sur le marché des idéologies mondialisées.
L’islamisme, en tant que projet de société, a de nombreux masques, dont celui du néo-communautarisme Or, le communautarisme, dans la mesure où il essentialise les différences, fait le lit du racisme, du sectarisme, de l’intolérance, et remplace le nécessaire combat contre les injustices sociales par une lutte ethno-religio-raciste. Les castes communautaristes enferment l’individu dans le carcan du repli et de la haine des autres .Elles sanctuarisent les ghettos et ravivent les vieux démons.
Ainsi, le communautarisme islamiste a réactivé l’antisémitisme dans les « quartiers » et les banlieues françaises en invoquant le douloureux prétexte de la situation au Proche-Orient. En réalité, pour les fanatismes, le conflit israélo-palestinien n’est qu’un faux nez qui justifie toutes les violences et couvre des racismes à masque religieux.
Les défenseurs des islamistes se gargarisent de l’existence, dans l’Histoire, d’un islam des Lumières. En omettant de préciser que les tenants de cet islam-là sont toujours marginalisés, persécutés, voire décimés, pour des raisons politiques ou philosophiques.
Il n’en demeure pas moins que les populations sous lois musulmanes aspirent, elles aussi, à une liberté et à une démocratie incompatibles avec une hégémonie religieuse. Véritable laboratoire d’expérimentation dans la stratégie de Reconquête de l’islamisme politique, l’Algérie a payé d’un lourd tribut de sang sa résistance au fascisme islamiste. Et nombreux sont aujourd’hui celles et ceux qui, à
travers le monde, refusent de plier sous la botte totalitaire.
D’évidence, la résistance dans un seul pays ne suffit plus. D’autant que l’islamisme, fils bâtard d’une mondialisation « néo-libérale », a décrété l’occident « Terre de témoignage », c’est-à-dire de conquête. Dans un monde interdépendant, il est désormais impossible de séparer la liberté
de conscience en pays musulmans de la notion universelle de laïcité, et de celle d’égalité entre les hommes et les femmes.
Une mobilisation mondiale est donc indispensable. C’est pourquoi nous entreprenons d’apporter notre contribution pour fédérer tous ceux et toutes celles qui ont compris que pour lutter contre des organisations mondiales intégristes, la réponse doit être une organisation laïque universelle. C’est le vœu exprimé, à travers le monde, par des femmes et des hommes de toutes origines
Cette entreprise doit être à la mesure du défi qui nous est lancé, et sera une œuvre qui s’inscrira dans la construction et la durée.
Une Rencontre internationale se tiendra à Paris les 10 et 11 février 2007, pour poser un premier (et important) jalon de ce long chemin.
Un APPEL, qui déjà rejoint et répond à plusieurs initiatives, est actuellement en préparation, qui proposera les fondations de ce mouvement :
· Contre tous les racismes, sans distinction, et les intégrismes
· Pour l’égalité des droits quelle que soit l’origine
· Contre toutes les discriminations ethniques, sociales ou sexuelles
· Pour les libertés de conscience et d’expression
· Et POUR L’AMITIE ENTRE LES PEUPLES.
Un collectif d’initiative s’est créé à Paris, le 27 septembre 2006, impulsé par des militants de Tousensemble (AlgériEnsemble), et de l’UFAL et de divers amis (notamment d’Algérie), collectif qui, bien sûr, reste en cours d’élargissement. Nous en rendrons compte dans les tout prochains jours.
Vous pouvez le contacter notamment en écrivant à AlgeriEnsemble@wanadoo.fr ou contacts@laicity.info ou
Collectif d’initiative laïcity c/o UFAL – 27, rue de la Réunion – 75020 PARIS - France
Mais qu’en pense le musulman que je continue d’être ? La question mérite d’être posée.
Je peux être en total désaccord avec Robert Redeker – et ce n’est pas le cas – et le soutenir. C’est d’abord pour moi une position de principe. Mais au-delà, il y a une autre raison, de fond celle-ci, qui me conforte dans le fait qu’il est impératif, vital, et peut-être surtout pour un musulman, de soutenir Robert Redeker.
Dans son article publié par Le Figaro, le philosophe pose une question fondamentale : « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre ? ». Fondamentale cette question l’est parce que les sociétés, musulmanes ou occidentales, rejetant l’islamisme ainsi que les dirigeants des pays musulmans ou ceux des pays démocratiques ne savent toujours pas quelle attitude adopter face à ce fascisme, qu’est l’islamisme. Force est de constater, en effet, que lorsqu’ils ne sont pas pétrifiés par le phénomène, les dirigeants européens notamment, mais aussi certains « intellectuels », s’accommodent assez facilement de l’intégrisme musulman. Pour peu qu’il soit jugé, par eux, comme « modéré », il n’y a plus alors aucun problème. Pour peu que leur interlocuteur taille sa barbe, laisse tomber la djellaba pour le costard cravate et prétend honnir Ben Laden, cela suffit à certains pour adouber et cautionner les pourfendeurs des principes laïcs.
Lorsqu’un islamiste « modéré » exige d’un maire l’aménagement de plages horaires pour les femmes dans les piscines, il tente de saper les fondements même de la République. Et lorsque le maire accède à sa demande il se rend forcément complice d’un acte ignoble contre la laïcité : faire passer la « loi de Dieu » avant celle des hommes. Lorsqu’un responsable politique soutient une attaque en justice contre la liberté d’expression – comme cela a été le cas lors de l’affaire des caricatures – il se rend complice, là aussi, d’un travail de sape visant un principe fondamental d’une démocratie : la liberté de la presse et le droit – oui le droit – de critiquer les religions et les dogmes, toutes les religions et tous les dogmes.
Ainsi, de ce point de vue, Robert Redeker avait raison de poser sa question à l’opinion publique.
Mais on nous dira qu’il n’avait pas à « insulter » le Prophète. Ou est l’insulte contre Mahomet ? Critiquer, quand bien même d’une manière erronée voire injuste, un Prophète ou bien tuer au nom de ce même Prophète ? Ou est l’insulte contre le Coran ? Dire que le Livre sacré des musulmans est d’une « inouïe violence » ou tuer, lapider et excommunier au nom de ce même Livre pour le rendre d’une inouïe violence. Ou est l’insulte contre l’islam ? Dire que le Pèlerinage à la Mecque met « en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie », ou faire de la Mecque la base de lancement de cette idéologie barbare qu’est le salafisme. Ou est l’insulte contre les musulmans ? Leur ouvrir le débat qu’ils n’osent pas aborder eux-mêmes, ou constater la violence et la sauvagerie qui s’abat sur les sociétés devant le silence assourdissant des « dignitaires musulmans ». Ou est l’insulte ? Une tribune d’un professeur de philosophie ou les menaces de mort qui ne cessent de s’abattre sur lui mais aussi sur tout ceux qui osent aujourd’hui critiquer l’islam, condamner l’islamisme et dénoncer le terrorisme ?
J’aimerais bien que les musulmans, notamment les religieux, qu’ils soient de la Mosquée de Paris ou de l’UOIF, qu’il soient en djellaba ou en costard cravate, j’aimerais bien qu’ils me donnent une explication claire, cohérente et logique qui me permettrait de dormir en paix et de comprendre leur silence au lendemain des attentats de Londres, Madrid, New York, Charm Echeïkh, Istanbul, Alger, Casablanca, Bali, Djerba et j’en passe. Pourquoi sont-ils si silencieux lorsque des « illuminés », nous dit-on, menacent Redeker et si prompts à poursuivre en justice Charlie Hebdo pour un simple coup de crayon ? Pourquoi organisent-ils, ou laissent-ils s’organiser, des manifestations pour le voile et devenir subitement boiteux lorsqu’il s’agit de manifester contre la barbarie terroriste qui s’applique au nom de l’islam donc en leur nom aussi ? Il est temps de rompre avec les thèses bien-pensantes. Les « musulmans modérés » ou plutôt les musulmans laïcs existent. Mais ils n’existent vraiment que lorsqu’ils exprimeront leur condamnation claire et limpide à l’égard de l’intégrisme qui tue, menace, lapide, harcèle, intimide, viole, pille, violente tout en préférant l’obscurantisme à la lumière, l’archaïsme à la modernité et la mort à la vie.
Si je devais faire un reproche à Robert Redeker, il n’y en aurait qu’un et il n’y en a qu’un. Je pense que le philosophe n’a pas le droit de se cacher, n’a pas le droit de délaisser son travail et n’a pas le droit d’avoir peur. Robert Redeker est dans son droit, ce n’est pas à lui de se cacher, c’est aux criminels islamistes. Robert Redeker n’a pas à avoir peur, ce sont les tueurs fanatiques qui devraient comprendre, une fois pour toute, que les femmes et les hommes libres, les musulmans laïcs et tout ceux qui restent attachés aux principes démocratiques et républicains ne comptent pas céder devant leurs lâches intimidations. Des Redeker, il y en a et il y en aura partout. Il y en a en Algérie, il y en a au Maroc mais aussi en France, au Danemark, en Grande-Bretagne, au Pakistan ou en Égypte. Et la résistance à l’obscurantisme ne doit pas cesser. Elle ne cessera d’ailleurs pas. A ce propos, le ministre égyptien de la culture vient d’annoncer que « le port du voile est une régression », ceci au moment où deux députés français comptent proposer des « lois contre le blasphème ». Quel paradoxe, sacré bon Dieu !
Au lendemain de la polémique sur les caricatures de Mahomet et de l’enquête journalistique que j’ai effectuée sur cette même affaire, une obscure association, dirigée par un certain Zaoui Saada a décidé de porter plainte contre moi pour « délits de provocation », « injure à la mémoire du Prophète », « injures et diffamation raciale » et j’en passe. Visiblement, ce personnage n’avait rien de mieux à faire. La 17e chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris qui sait reconnaître les poursuites abusives ne s’y est pas trompée. Dans son jugement du 5 décembre dernier, le Tribunal a déclaré « nulle la citation directe » initiée par cette obscure association et le personnage qui l’anime et « condamne Saada Zaoui à payer la somme de sept cent cinquante Euros (750€) à titre de dommages et intérêts ».
Cette décision est naturellement susceptible d’appel. Je ne manquerai pas d’informer les lecteurs sur les suites de cette affaire…
Je soutiens totalement et sans réserves l’hebdomadaire satirique qui, de mon point de vue, a eu raison de, publier les caricatures, exprimer sa solidarité avec le quotidien danois, le Jyllands Posten, et réaffirmer les principes de liberté d’expression et de laïcité.
J’ai accepté d’être cité, par Charlie Hebdo, comme témoin dans cette affaire afin de ne pas permettre aux tenants de l’intégrisme et de l’obscurantisme et à ceux qui font le jeu du fanatisme, derrière le « costume » de la modération, d’induire en erreur l’opinion publique et le tribunal. Ces derniers veulent faire glisser les débats sur le terrain du « racisme ». Or, critiquer une religion n’est pas, selon les lois françaises, un acte raciste. Et d’ailleurs, ce n’est pas le message véhiculé par Charlie Hebdo puisque l’hebdomadaire a voulu stigmatiser, d’abord et avant tout, les extrémistes qui se réclament de la religion musulmane. A ce propos, traiter les islamistes (et tous les autres extrémistes) de « cons » est un acte républicain. Continuons donc d’appeler les « cons » par leur nom, c’est la raison pour laquelle musulmans comme non musulmans, rejetant les intégrismes, doivent tous réitérer leur attachement à la liberté de la presse et à la liberté d’opinion.
Les témoins :
Élisabeth Badinter, Philosophe.
Caroline Fourest, Essayiste.
Denis Jeambar, Pdg du Seuil.
Taslima Nasreen, Poète.
Flemming Rose, Rédacteur en chef du Jyllands Posten.
François Bayrou, Candidat UDF à l’élection présidentielle.
Nasser Khader, Député danois.
Dominique Sopo, Président de SOS Racisme.
Antoine Sfeir, Directeur des Cahiers de l’Orient.
François Hollande, Premier secrétaire du PS.
Daniel Leconte, Journaliste, Producteur.
Abdelwahab Meddeb, écrivain.
Claude Lanzmann, Directeur de la revue Les Temps modernes.
Mohamed Sifaoui, Journaliste, Ecrivain.
| Septembre 2010 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | 30 | |||||||
|
||||||||||
Commentaires