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Dimanche 5 juillet 2009

Notre ami Simon Blumental - que beaucoup de républicains et de défenseurs de la laïcité connaissent - s'est éteint aujourd'hui. Lui le militant sincère, le combattant infatigable et l'homme de convictions a mené son ultime bataille contre cette terrible maladie qui l'avait quelque peu éloigné de la société civile au cours de ces dernières années.

Je ne suis pas particulièrement doué lorsqu'il s'agit de rendre hommage et je ne saurais certainement pas trouver les mots pour parler de cet ami, de ce grand frère avec lequel je partageais tant de valeurs. Militant antifasciste, contre tous les fascismes, je l'avais connu au début des années 1990 quand les démocrates, les femmes, les journalistes et les intellectuels algériens se faisaient massacrer par les hordes sauvages du GIA. Il avait tenu à marquer son soutien à cette société algérienne meurtrie et à laquelle il était très attaché. Il créa alors « Algérie ensemble », une association de solidarité avec tous ceux que l'islamisme voulait assassinait. Et c'est un dernier clin d'œil qu'il a voulu faire à cette Algérie qu'il aimait tant en nous quittant un 5 juillet, le jour de la fête nationale algérienne.

Avec l'Algérie, Simon Blumental avait une longue histoire. Anticolonialiste, cet ancien syndicaliste communiste, membre des réseaux des "porteurs de valise", emprisonné en pleine guerre d'Algérie, n'a pourtant pas eu la reconnaissance qu'il aurait dû avoir de la part des différents dirigeants algériens qui se sont succédé depuis l'indépendance. Seuls Mohamed Boudiaf, assassiné après cinq mois de présidence, et dont il était l'ami personnel, et quelques autres responsables - peu nombreux - sauront le traiter à sa juste valeur. Au début des années 1980, il fut même refoulé de l'aéroport d'Alger sur ordre du pouvoir de l'époque. Mais l'homme qui ne connaissait ni les rancunes ni les revanches saura pardonner toutes ces « idioties », comme il les qualifiait, et me répétait qu'il était d'abord l'ami des Algériens et notamment des démocrates d'entre eux.  

Il faudrait des pages et des pages, probablement des livres, pour raconter Simon Blumental et son parcours extraordinaire. Je ne le ferai pas pour respecter sa pudeur légendaire et la discrétion qui a de tout temps été la sienne. Je voulais à travers ses quelques lignes informer ses amis et ceux qui l'ont connu, aimé et côtoyé et ceux qui, comme moi, ont une admiration pour cet homme formidable. Je tenais aussi présenter mes sincères condoléances à l'ensemble de sa famille, notamment à ses enfants, à ses petits-enfants, à ses frères et sœurs et à Anna Blumental, son épouse, qui a su être toujours là, à ses côtés dans les bons et mauvais moments et surtout lors de ces dernières années quand il se battait contre cette terrible maladie qui l'a emportée.

Repose en paix, l'ami. Repose en paix, grand frère !
Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Vendredi 3 juillet 2009

J'avais évoqué dans mon précédent article le cas de ce « chercheur » du CNRS qui souhaite se faire passer pour le capitaine Dreyfus. Et de certains de ses « amis » qui se prennent pour des Zola en tentant de remuer ciel et terre pour qu'aucune sanction ne lui soit infligée en raison de manquements professionnels qui l'ont mené vers le conseil de discipline. Alors, qu'en est-il exactement ? D'abord, posons le sujet calmement, sereinement et méthodiquement. Je vous tranquillise, il n'y a aucune affaire Dreyfus au CNRS. Rassurons-nous, le « chercheur » objet du scandale n'ira pas croupir sur l'île du Diable en Guyane. Son contradicteur n'est pas le colonel Henry, mais un fonctionnaire qui, selon toute évidence, n'a fait que son travail. Et parmi les soutiens de notre « chercheur », il n'y a ni Zola, ni le sénateur Trarieux ni le colonel Picquart. Détendons-nous, l'affaire est fort heureusement beaucoup plus simple que celle qui avait tenu la France en haleine entre 1894 et 1906. De quoi s'agit-il donc ?

L'histoire est limpide et je vais essayer de vous la conter. Depuis quelques années, d'aucuns ont remarqué que le CNRS, ou plus précisément certains de ses laboratoires, ceux travaillant sur les questions de l'islam ou de l'islamisme, étaient pris en otage par un groupe de « chercheurs » et « d'universitaires », censés pourtant faire preuve de neutralité, de froideur, de distance, d'honnêteté, de recul et d'approche scientifique, et qui s'adonnaient en réalité, le plus souvent, à des travaux apologétiques en faveur de l'islam politique et en faveur de l'intégrisme. Mais il n'y a pas que cela : notre « chercheur » et certains de ses amis sont allés jusqu'à entretenir des liens privilégiés avec quelques chapelles françaises des Frères musulmans tout en dénigrant les musulmans progressistes les jetant vers la lame des tueurs fanatiques en les qualifiant « d'islamophobes ». D'ailleurs, dans l'un de ses livres, notre « chercheur » avait dressé une belle liste de musulmans alimentant, de son point de vue, « l'islamophobie » et naturellement il me réservera une place de choix dans cette énumération digne justement de l'époque antidreyfusarde. Le « chercheur » me désigna, avec beaucoup d'autres, à la vindicte intégriste. Lui, l'homme intègre, honnête, neutre, universitaire froid adoptant une méthode scientifique avançant sous la couverture d'une prestigieuse demeure comme le CNRS décida alors, que nous étions bons pour la fatwa et l'excommunication. Ce « chercheur » qui se fait passer aujourd'hui pour Dreyfus a fait ce que tout antidreyfusard aurait fait à la fin du 19e siècle. Il nous a désignés comme des « traîtres ». Jugement équivalant à une condamnation à mort dans l'esprit de tout islamiste et cela, notre « chercheur » ne pouvait l'ignorer.

Alors que les procès et les intimidations sont une arme que beaucoup des amis de notre « chercheur » utilisent à la moindre critique qu'ils reçoivent, j'avais refusé à l'époque de poursuivre l'individu et je ne lui avais même pas répondu ni exigé un droit de réponse. Chez moi, c'est là un principe sacré que d'éviter de traîner mes détracteurs devant les tribunaux, y compris quand je suis diffamé par eux. Plus tard, il fera circuler une rumeur selon laquelle je serais lié aux services secrets algériens. Et quand des journalistes qui enquêtaient sur mon parcours, lui poseront la question « avez-vous des preuves ? », il affirmera face à la caméra, toute honte bue, « Non je n'ai pas de preuves mais on me l'a dit ». Voilà un « chercheur » atypique qui se forge des convictions sur la base de « on me l'a dit » et qui doit certainement lire très souvent certains blogs-poubelles pour rechercher ses vérités de « chercheurs ». Mais passons. Il n'est pas question ici de parler de ses compétences. Après tout, en République, on a le droit d'être nul et de mauvaise foi.

D'un autre côté, l'un des supporters indéfectibles de notre « chercheur » avait déclaré à propos de l'affaire Robert Redeker que ce dernier aurait cherché à « chatouiller la fatwa » à travers ses écrits et ses positions. On peut ne pas aimer les opinions d'un philosophe, on peut ne pas apprécier le travail d'un intellectuel, on peut aussi le trouver totalement ignorant. Mais tout de même, lorsqu'un homme se voit obliger de quitter son emploi, sa maison, vivre en clandestinité sous protection policière permanente pour éviter les menaces qui pèsent sur lui, une certaine décence voudrait - et je ne parlerai que de la décence - qu'on lui foute la paix, qu'on ne jouisse pas en l'enfonçant. Parce qu'en affirmant cela, cet autre « chercheur » souhaitait au fond de lui-même que Redeker se prenne une balle dans la tête. Je l'évoque clairement, penser que Redeker a « chatouillé la fatwa », c'est dire avec la subtilité du « chercheur », ce qu'un voyou formulerait ainsi : « bien fait pour sa gueule, il l'a bien cherché. Donc, qu'il crève ! »

Voilà pourquoi je parle d'indécence quand j'évoque les méfaits de ce genre de « chercheurs ». Ils sont les dépositaires d'une pensée qu'ils souhaitent voir dominer sur le débat public et qui nous interdirait de formuler la moindre critique sur l'islam et l'intégrisme musulman, qui nous empêcheraient d'être impertinents à l'égard des barbus et virulents en direction de ces infâmes qui instrumentalisent la religion à des fins politiques.

Je ne serais donc qu'un vulgaire « islamophobe ». Certains Ayatollahs du CNRS ont décidé ainsi. Depuis plus de vingt ans, je n'ai cessé de répéter que les musulmans étaient les premières victimes de l'islamisme et pour avoir dit ça, je serais un « islamophobe » ? Ai-je saccagé des mosquées ? Brûlé des exemplaires du Coran ? Ai-je profané des tombes musulmanes ? Non ! Rien de tout cela. Durant toute ma carrière, je n'ai fait que dénoncer l'obscurantisme qui gangrène ma religion, condamner le terrorisme qui tue en son nom, critiquer les groupes, les sectes ou les courants qui l'instrumentalisent, fustiger les idéologues qui endoctrinent des jeunes en utilisant l'islam et malgré tout, il eut fallu que je vienne me réfugier en France pour échapper à la barbarie des islamistes et aux injustices du pouvoir algérien pour me faire traiter par un « chercheur » du CNRS, s'il vous plaît, « d'islamophobe », alors que je suis né, que j'ai grandi et que je mourrai musulman. Lamentable ! Pauvre France, pauvre CNRS et pauvre « chercheur ».

Je vais maîtriser cette colère froide qui m'anime à l'évocation de ce sujet et poursuivre mon propos. Je ne veux surtout pas qu'on croie un instant que j'aurais un problème personnel avec ce « chercheur », enfin pas encore. Je ne le connais pas et j'avoue que j'aurais débattu avec lui s'il ne faisait pas partie d'une secte dont certains des membres sont d'une condescendance extraordinaire refusant toute contradiction, estimant que leur seule « vérité » fait foi et pensant probablement qu'un musulman émancipé des dogmes obscurantistes est forcément un suspect.

Quand je parle de l'islam, je sais de quoi je parle. Et quand je parle d'islamisme aussi. L'islam n'est pas seulement un sujet de thèse pour moi. Ce n'est pas juste une spécialité. J'ai consacré ma vie à essayer de comprendre la réalité de ma religion. Dire que l'islam ne pose aucun problème est un mensonge grossier. Affirmer que l'islam ne contient aucune contradiction est le fait d'une ignorance totale. Répéter que l'islam est uniquement une « Religion de paix, d'amour et de tolérance » est d'une bêtise rare. Et dire que celui qui écrit cela ou qui pointe certains sujets liés à l'islam serait un « islamophobe » est une saloperie et un symptôme d'une malhonnêteté intellectuelle qui dans le cas de notre « chercheur » mérite une sanction. En effet, je le dis brutalement, le CNRS gagnerait à remercier les idéologues qui, comme ce fameux « chercheur », ternissent son image. Je le dis calmement, gentiment et sans aucune animosité personnelle, quoique j'aie le droit puisque je suis aussi un « idiophobe »...Mais ça par contre, je le confirme, ce n'est pas une rumeur.                  

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Mardi 30 juin 2009

J'ai dû délaisser quelque peu ce blog au cours de ces deux derniers mois. Mais c'était pour la bonne cause, enfin je l'espère. Il fallait finaliser ma première BD - une expérience formidable - qui paraîtra le 10 septembre prochain. Son titre, « Ben Laden dévoilé », est dessinée par mon ami, Philippe Bercovici, qui a ce talent de croquer les personnages avec beaucoup de subtilité. Mais alors pourquoi une BD sur le chef d'Al-Qaïda ? J'avoue que c'était un projet qui avait germé dans ma tête en 2003 après l'enquête que j'avais menée au Pakistan et en Afghanistan pour la réalisation de l'ouvrage et du documentaire tous deux intitulés « Sur les traces de Ben Laden ». Les personnages que j'avais rencontrés, à l'instar de tous les islamistes, étaient, le pensais-je, de véritables acteurs de Bandes dessinées. Ces illuminés qui cherchent à nous terroriser se caricaturent en réalité à chaque phrase qu'ils prononcent, dans chaque attitude et à travers chaque posture. Il n'était pas dès lors très compliqué de reproduire ce qu'ils sont sous forme de dessins satiriques. Mais en réalité, ce projet a commencé à prendre forme après « l'affaire des caricatures » et des positions ridicules adoptées par ceux qui se sont autoproclamés les représentants exclusifs de l'islam, je parle de ces sectes sataniques qui se réclament tantôt du wahhabisme tantôt des Frères musulmans et de tant d'autres courants idéologiques qui ont préféré l'obscurantisme, l'ignorance et la bêtise comme ligne de conduite pensant ainsi plaire à Dieu en détruisant ce qu'il a créé.

« Ben Laden dévoilé » est une manière de comprendre la nature de l'islamisme, sa progression et le côté cynique qui caractérisent ceux qui ont choisi l'instrumentalisation politique de la religion comme mode d'action. Mais au-delà, c'est aussi une façon de rire de ceux qui cherchent à nous terroriser, c'est une façon d'assumer le nécessaire rapport de force avec ceux qui rêvent d'attenter à notre liberté d'expression, une sorte de réaffirmation des valeurs universelles à travers la dérision et la satire. Bref, cette BD se voudra une modeste contribution visant à dévoiler la réalité de l'idéologie islamiste et d'enlever la burka sur ces imposteurs qui se réclament de l'islam.

Parallèlement à ce travail, je devais entamer le tournage d'un documentaire qui sera finalisé d'ici la fin de l'année et l'écriture de deux ouvrages qui paraîtront au cours des mois à venir. Tous sur des sujets similaires. Naturellement, j'ai gardé un œil attentif sur l'actualité. Et, à ce sujet, deux ou trois points retiennent mon attention.

D'abord l'Iran. Il est important, de marquer son soutien aux démocrates iraniens qui veulent en finir avec cette République islamique qui a installé une pensée inique et moyenâgeuse. Une Révolution démocratique est possible. Les Iraniens sont capables de prendre leur destin en main, de braver le danger et de chasser ces ayatollahs, incarnation d'un fascisme vert, trop souvent ignoré. Nous devons - et malgré l'arrivée de la saison estivale - continuer à soutenir les progressistes dont le sort dépend aussi de notre capacité de mobilisation. Nous devons aussi exiger des démocraties un soutien assumé à ces mêmes démocrates qui, pour renverser l'obscurantisme, ont besoin des puissances occidentales. Celles-ci sont appelées à éviter les calculs étroits et égoïstes qui avaient d'ailleurs conduit l'Ayatollah Khomeiny à la tête de ce pays, dépositaire pourtant d'une grande civilisation. Ensuite, le niqab, ou ce que certains appellent, la burka. Je pense qu'un vrai débat national doit avoir lieu. Il s'agit avant tout de comprendre la nature idéologique du projet de société dont ce chiffon est le symbole. Il n'est pas question de discuter uniquement du côté esthétique, si j'ose dire, et de la pollution visuelle que provoquent ces ombres quand elles passent devant moi. D'ailleurs, je ne sais pas s'il faut parler d'elles au féminin ou au masculin parce que sous le niqab, il n'y a pas une femme ou un homme, il y a une chose. Il y a une dépersonnalisation de l'Être, son rejet de ce que nous sommes et son adhésion à un projet sectaire qui favorise l'auto-exclusion et l'exclusion. La burka ou le niqab ne sont pas juste des habits, mais des uniformes. Il ne s'agit pas de religion, mais d'idéologie. Nous devons donc débattre justement de cette fameuse idéologie qui incite ces choses, ou peut-être ces hommes, ou peut-être ces femmes, à ne plus exister tout en existant. Si la femelle qui se cache sous cet uniforme risque de « tenter » de bons croyants, ceux-ci n'ont qu'à se crever les yeux, ou à tout le moins, à se mettre un bandage pour ne pas être tentés par l'objet du péché. Ils peuvent aussi s'acheter des cannes blanches et marcher les yeux fermés, on les aidera certainement à traverser du côté de la modernité et de l'humanisme. Le niqab ne serait pas le symbole de la bêtise, nous dit-on. Ce ne serait pas un problème, non plus. Pourtant, la seule évocation d'un débat à ce sujet, incite les émules algériens de Ben Laden, à nous menacer - aujourd'hui même - de représailles. Naturellement, aucune de celles qui sont sous le niqab ne dénoncera ces menaces et leurs auteurs. Elles diront que c'est la République et les médias qui les stigmatisent. Nous sommes nombreux à connaître la chanson.

Enfin, un dernier point tout de même. Il concerne ce fameux militant qui se fait passer pour un « chercheur ». Je ne citerai pas son nom ici tant il est pour moi le symptôme d'une escroquerie intellectuelle qui dure depuis plusieurs années dans certains départements du CNRS. Je veux parler de ces militants, que dis-je, de ces idéologues qui se cachent sous la burka du chercheur pour mieux faire gober à la société leurs théories acquises aux thèses des Frères musulmans et des salafistes du Caire, de Genève et de Navarre. Démasqué, ce faux universitaire qui n'hésite pas à jeter l'anathème sur ses contradicteurs, crie au scandale, appelle quelques amis à la rescousse et nous sort un discours victimaire dont il est l'un des chantres. Des pétitionnaires sans envergure tentent de le repêcher, mais trop tard, le chercheur qui n'assume pas ses engagements finit toujours par se noyer dans des contradictions qu'on retrouvera facilement dans ses écrits et ses déclarations. J'avoue que je ne comprendrai jamais certains pseudo « islamologues » qui, pour plaire, tantôt au « frère » Tariq Ramadan tantôt à l'UOIF et pour avoir les grâces de tel régime obscurantiste ou de tel autre, sont capables de se délier de toute éthique, de toute rationalité et de toute honnêteté. Je ne sais pas si c'est l'appât du gain, un complexe néocolonial ou un racisme mal dissimulé qui les incitent à considérer que l'obscurantisme des salafistes est la modernité incarnée. Pour eux, les musulmans seraient probablement inaptes à apprécier les valeurs universelles et doivent donc demeurer dans leur obscurantisme crasse. Ceux qui ont prétendu que mon ami Robert Redeker aime « chatouiller la fatwa », ceux qui soutiennent que nous n'avions pas le droit de reproduire les caricatures danoises, ceux qui croient que l'UOIF sont de respectables « représentants » de l'islam de France et enfin ceux qui pensent que les musulmans progressistes sont de simples « islamophobes » vendus à l'Occident, tous ceux-là et d'autres n'ont rien à faire dans une prestigieuse maison comme le CNRS. Ils devraient aisément trouver une place comme « conseiller » auprès du Hezbollah ou du Hamas, d'Ahmadinejad ou de Ben Laden. Comme ce dernier, eux aussi sont dévoilés. Je le savais, l'été sera chaud !
Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Jeudi 23 avril 2009

Je reviens de Genève où j'étais parti assister à cette mascarade appelée « Conférence de Durban II ». Pendant plusieurs mois, des voix s'étaient élevées pour demander le boycott de ce non-événement qui restera tel un gros point noir sur le nez de ces démocraties, qui ne savent plus réaffirmer les valeurs qu'elles sont censées défendre et incarner.

Pourquoi affirmer une pareille chose alors qu'ici et là d'autres voix s'élèvent - et surtout au sein de la diplomatie européenne  - pour afficher une autosatisfaction et dire que l'Occident a remporté sa bataille face à cet Hitler du 21e siècle qu'est Ahmadinejad et devant ces États totalitaires qui, depuis quelques années, cherchent à imposer une vision du monde digne de la préhistoire ? Oui, je le sais, on nous répétera que lorsque le président iranien a dérapé les ambassadeurs et délégués européens ont quitté la salle. Très bien ! Mais cela n'est pas une position de principe, ce n'est même pas une posture, ce n'est pas autre chose qu'une « posturette » qui a alimenté le cirque que l'Iran et la Lybie - pour ne citer qu'eux - ont fait venir à Genève. Les jeunes de l'UEJF avait d'ailleurs bien fait de distribuer nez rouge et perruques de clowns tant il manquait à ce show après les équilibristes de la diplomatie, les phoques qui applaudissent au fascisme et les dresseurs de la bête islamiste quelques clowns pour rappeler que nous n'étions pas dans une instance respectable, mais bien dans un fête foraine. Un cirque où ceux qui étaient hostiles au président iranien et qui le montraient étaient « débadgés » et foutus à la porte de l'institution onusienne par un service d'ordre très prompt à réagir à la moindre manifestation de la part des défenseurs de la liberté, cependant que les barbus qui, accompagnés de quelques chèvres voilées avaient, eux le droit, de crier : « Iran ! Iran ! » tout en brandissant, dans une instrumentalisation obscène, les photos de cadavres palestiniens.

Naturellement, si nous avions fait de la surenchère et si nous avions voulu utiliser les images sanguinolentes des victimes du terrorisme islamiste ou encore celles du régime iranien, je pense qu'il n'y aurait pas eu suffisamment de mains pour porter les pancartes. Et si nous avions souhaité montrer des photos, nous aurions pu exhiber celles qui rappellent l'excision, la lapidation, les amputations, le sort réservé aux minorités sexuelles et religieuses dans plusieurs pays musulmans. Mais bon, nous ne l'avons pas fait parce que nous respectons la dignité humaine alors qu'eux ne respectent aucune vie. Même pas la leur ou celle de leurs propres enfants.

Ahmadinejad est venu chercher l'image du « choc des civilisations », mais il nous a démontré, qu'en réalité, nous vivions un choc des valeurs. Je dis ceci car j'ai rencontré dans les couloirs de l'ONU à Genève, ces dissidents Iraniens, profondément attachés à ces valeurs universelles qui animent les femmes et les hommes libres, qui étaient radicalement outrés par le message du président iranien et eux aussi, souhaitaient que les démocraties fassent front commun et boycottent littéralement ce rendez-vous avec le Diable.

Ahmadinejad est venu chercher l'image du « choc des civilisations ». Les États européens, qui n'ont pas voulu déserter la rencontre, lui ont offert ce cadeau. Il pourra désormais les remercier. « Se lever après le premier dérapage », telle était la consigne donnée par les plus hautes autorités françaises aux représentants de sa diplomatie. Or, une certaine cohérence aurait exigé que les diplomates européens se lèvent avant même l'arrivée du fou de Téhéran puisque ses « dérapages » racistes, antisémites, guerriers, bellicistes sont légions depuis son accession au pouvoir. Il fallait protester - en marquant une absence - avant la tenue de cette mascarade. D'autant plus que le « document russe » qui aura été finalement adopté est différend dans la forme, mais identique dans le fond à ce que nous craignions.

Comme le rappelle la spécialiste Malka Markovich « l'accent est ainsi mis sur les revendications des États islamiques, leur concept étant répété : islamophobie et antiarabisme, ce à quoi s'ajoute l'antisémitisme auquel ils donnent une nouvelle définition. Selon eux, l'on ne pourrait jamais leur faire grief d'antisémitisme puisqu'ils sont sémites ». De plus, ces mêmes États musulmans, alors qu'ils sont souvent eux-mêmes confrontés au terrorisme islamiste, ont tenu à faire préciser que « la diffamation des religions est susceptible d'engendrer la discorde sociale et des violations des droits de l'Homme ». En d'autres termes, ce n'est pas l'islamisme - ni certaines lectures de l'islam - qui engendre la barbarie et la sauvagerie, mais bien « la diffamation des religions ». En clair, si, depuis plusieurs siècles, des illuminés, tuent au nom de Dieu, c'est parce qu'ils se seraient sentis « diffamés » à travers leur croyance. Belle manière de justifier l'infâme et l'innommable ! Admirable façon aussi de rendre hommage aux victimes du terrorisme islamistes et à ceux qui subissent la violence exercée au nom de la religion musulmane !

En définitive, ils ont gagné. Oui ! Comme à Munich hier, les fascistes, à Genève aujourd'hui, ont réussi à berner les démocraties. Ahmadinejad a passé son message haineux et la condamnation du « délit de blasphème » est implicitement mentionnée dans un document de l'ONU. Et il paraît qu'ainsi les démocraties n'auront pas la guerre. Ce dont on est sûr, c'est que certaines ont déjà eu le déshonneur. Bravo !

Après tout, les démocrates ont pu se toucher le nombril et se bercer d'illusions. Ils sont sortis au moment du discours d'Ahmadinejad. Un courage digne des combattants des légions romaines. D'ailleurs moi-même j'ai de quoi caresser mon ego, j'ai pu faire directement au président iranien quelques « amabilités » et les yeux dans les yeux s'il vous plaît. Il m'a répondu avec le sourire. Normal ! Lui aussi savait que nous étions dans une mascarade. Un cirque dont le chapiteau fut érigé par les démocraties qu'il était venu insulter.  

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Jeudi 9 avril 2009

Aujourd'hui, c'est un jour de deuil pour les démocrates algériens. Le monarque Abdelaziz Bouteflika, qui manie le populisme aussi bien qu'un islamiste maniant le poignard a su hypnotiser une partie d'un électorat ne possédant aucune culture politique, écarter les opposants les plus sérieux en verrouillant les champs politiques et médiatiques et surtout en allant vers toutes les compromissions avec les tenants de l'islam politique.

Bouteflika est devenu par là même, l'exterminateur de la démocratie en Algérie. Élève assidu d'une école autoritaire qui lui a appris à bafouer toutes les règles démocratiques, le président-roi a fait ce qu'ont réalisé avant lui la plupart de ses amis tiers-mondistes. Il sera, à partir de ce 9 avril, président à vie d'une Algérie meurtrie par les islamo-fascistes et les nationalistes corrompus. L'armée et ses puissants services de renseignements applaudissent en silence à cette mascarade électorale tout en prenant part activement à la réalisation de tous les vœux du monarque qu'elle a, elle-même fait roi dès 1999, avant de se voir neutraliser par un président qui voulait tous les pouvoirs, les pleins pouvoirs pour lui, pour les membres de sa tribu et pour ses amis. L'Algérie n'est plus d'ailleurs dirigée par un pouvoir militaire, mais s'est progressivement transformée en un État militaro-policier qui par plusieurs tours de passe-passe est arrivé à donner à une dictature le visage d'une démocratie.

Parce qu'attention, il paraît que quelques libertés existent encore. La presse peut critiquer le président à condition qu'elle ne soit pas trop méchante avec lui sinon l'ANEP, la régie publicitaire de l'État se chargera de couper les vivres aux plus virulents ; l'islamisme, lui, n'est plus dans l'opposition puisqu'il est devenu idéologie d'État ; le terrorisme continue de frapper, mais tant qu'il touchera les petits soldats et les policiers de la base, Al-Qaïda peut poursuivre ses actions sans risquer de faire face à une grande offensive antiterroriste ; les démocrates peuvent continuer de gesticuler puisque le pouvoir s'entête dans sa politique de diabolisation et de marginalisation en cherchant à les confiner en Kabylie pour mieux exacerber le régionalisme.  

Et malgré tout ça, certains de ceux qui trouvent un intérêt avec le système disent que les « choses se sont améliorées » sous Bouteflika. Il est vrai que l'Algérie a réussi à rembourser sa dette publique et que ses finances se portent très bien. Le nier serait de la malhonnêteté intellectuelle. Mais il faut en même temps rappeler quelques vérités. Si l'Algérie est un pays riche, grâce à des réserves de change qui feraient rougir les plus grandes puissances économiques, la répartition de cette richesse ne touche que la clientèle du régime. Les plus défavorisés continuent de l'être. Et les jeunes préfèrent tenter des traversées clandestines pour rejoindre l'Europe et mourir en mer que de demeurer dans un pays qu'il ne leur offre aucune perspective d'avenir. Les salaires sont bas, le taux de chômage est effrayant, l'inflation ne cesse d'accroître, mais tant que ces problèmes ne touchent pas le clan présidentiel, tout va bien !

D'ailleurs ceux qui défendent le mieux le pouvoir algérien sont souvent, ceux-là mêmes qui croient tellement dans son système de santé qu'ils viennent se soigner en Europe, ceux qui défendent le système éducatif sont ceux qui envoient leurs enfants étudier en Occident et ceux qui se disent fiers de l'économie algérienne sont ceux qui ne consomment que des produits étrangers. Même la télévision algérienne, ils la trouvent géniale puisqu'ils ne regardent que les chaînes étrangères. Tout va bien en Algérie quand on vit, une partie de l'année, à l'étranger ou lorsqu'on a les moyens d'y aller régulièrement et de profiter du système mafieux et corrompu qui gère le pays.

Mais de plus, si l'économie algérienne va bien, il faut dire Merci à Messieurs Gaz et Pétrole. Ce sont eux les véritables responsables de l'économie. D'ailleurs, c'est grâce aux richesses du sous-sol que l'Algérie est arrivée à régler ses dettes publiques. Et si des opérateurs économiques étrangers sont présents à Alger, c'est tout simplement parce qu'ils savent que les maîtres locaux, s'ils n'ont pas d'idées, ils ont du gaz et donc de l'argent à dépenser. Alors comme dit un vieux dicton algérien, ils s'intègrent dans une logique qui veut que « les intelligents continueront à vivre tant qu'il y aura des imbéciles ». Raison pour laquelle, les grandes démocraties se sont intelligemment gardées de formuler la moindre critique devant les manœuvres antidémocratiques de Bouteflika et les imbécilités de ce dernier. Ils savent que grâce à lui, certaines de leurs entreprises continueront certainement à vivre. Cela s'appelle de la realpolitik.  

Je pense que beaucoup d'Algériens sont d'accord avec ce que je formule là comme inquiétude à l'égard de mon pays d'origine vis à vis duquel je me considère de plus en plus éloigné. Ils diront probablement avec beaucoup de fatalisme « Allah Ghaleb ! », à traduire par « Dieu l'a voulu ». Oui Dieu, peut-être, mais alors Dieu s'appelle à partir d'aujourd'hui Abdelaziz Bouteflika et il a scellé la destinée de la démocratie.    

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Lundi 6 avril 2009

Je ne sais pas à quoi sert-il de vivre en démocratie. C'est la réflexion que je ne puis m'empêcher d'avoir lorsque je vois ces images montrant certains Algériens de France (et d'ailleurs) se ruant vers les bureaux de vote pour « élire » le gagnant tout désigné, j'ai nommé le désormais président à vie : Sa Majesté Abdelaziz Bouteflika. Quelques-uns de ces électeurs sont binationaux, ils sont Français et Algériens, ils sont donc censés connaître la signification d'un suffrage universel, ses enjeux, son déroulement et sa finalité. Ils devraient savoir qu'une élection présidentielle doit mettre en scène plusieurs candidats défendant chacun un programme politique et, surtout ayant tous les mêmes chances de l'emporter. Ils devraient, tout de même, être au courant que tous les prétendants doivent participer à une campagne électorale, digne de ce nom, avoir le même accès aux médias, proposer un projet politique et le défendre. En somme, afin qu'elle soit démocratique, une élection se doit de garder une part de mystère, de suspens.

Or, rien de tout cela n'est réuni dans le cadre de la réélection prochaine et sans surprises d'Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier a modifié la Constitution qui le limitait à deux mandats seulement, il a verrouillé les champs politiques et médiatiques, a asservi une grande partie de la presse, tant et si bien qu'il a fait fuir tous les opposants sérieux qui prônent, à juste titre, le boycott. L'élu par avance se suffit ainsi de quelques lièvres, en réalité des nains politiques, dont l'unique rôle consiste à jouer complaisamment au faire-valoir, espérant recevoir demain une quelconque récompense de la part du maître sinon probablement de Dieu lui-même tant le président roi est désormais pour certains un envoyé de Dieu qui n'hésitera pas un instant à rendre sur le droit chemin les brebis égarées et même leurs bergers.

Comment dès lors, les Algériens vivant dans de grandes démocraties peuvent-ils ainsi participer à une mascarade dont le scénario a été écrit par le principal acteur et ses alliés militaires et politiques ? Sidérant !

L'absence de contestation chez une partie des Algériens de France me laisse sans voix. Participer à une élection algérienne, à fortiori comme celle-ci, leur procure-t-il une sensation de retour aux sources ? Ces électeurs qui, pour la plupart, ne savent plus s'ils sont algériens ou français savent-ils au moins qu'en prenant part à une telle supercherie, ils participent, en même temps, et de facto, à l'enterrement de tout espoir de voir un jour une démocratie s'ériger en Algérie ? Mais je pense qu'ils s'en foutent. Ils sont si loin des réalités algériennes, si détachés de celles-ci qu'ils ne réalisent pas le sens de leur démarche et leur irresponsabilité. Se rendre dans un isoloir d'un consulat est devenu pour eux une sorte de pèlerinage et rien d'autre. La plupart ont quitté ce pays en raison de la gouvernance désastreuse qui a primé depuis l'indépendance. La plupart n'y remettront pas les pieds définitivement, et je les comprends, pour tout l'or de Bouteflika. Participer à une telle mascarade doit certainement entretenir chez eux une illusion, celle qui leur fait oublier que si désormais l'Algérie n'est et ne sera jamais une démocratie, elle peut se targuer d'être un concurrent sérieux des plus grandes républiques bananières et son président même s'il est tout sauf un homme d'État peut désormais rêver de rester dans l'histoire comme Bokassa, Mugabe et Bongo.
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Dimanche 22 mars 2009
Habituellement, au cours du Sidaction, le petit ruban rouge qui orne notre petit écran durant le weekend disparaît lors de la retransmission de la messe et du culte protestant. Cette année, les dirigeants de France 2, à leur tête Patrice Duhamel, le nº 2 de la chaîne, ont décidé de maintenir le logo de la lutte contre le Sida. Visiblement, cette décision a été prise après les déclarations honteuses de Ratzinger sur le port du préservatif qui, selon lui, aggraverait le problème du Sida. Ah bon !

Selon les différentes informations qui circulent dans le Tout-Paris, la présence du petit ruban rouge au moment de la retransmission de la messe a déplu aux autorités religieuses chrétiennes. Et même le responsable de la production de l'émission le « Jour du Seigneur » a indiqué au nom de l'Église catholique que même s'ils sont « solidaires du Sidaction », ces chers prélats pensent que « la messe n'est pas un lieu opportun pour faire apparaître le logo ». Drôle de conception de la solidarité. En clair, ces intégristes nous disent nous « sommes solidaires » mais de très loin seulement.

Voilà un exemple supplémentaire qui nous montre que nous devons plus que jamais rester vigilants et rebouffer du curé s'il le faut tant ces religieux, tous cultes confondus, sont prêts à piétiner les principes de laïcité. En ce qui me concerne, je pense que ce n'est pas le logo qu'il faudra supprimer, mais bien l'émission « le jour du Seigneur » qui, je le crois, ne sert strictement à rien puisque ceux qui s'intéressent à la messe sont théoriquement à cette heure-ci dans une Église en train de méditer sur les préservatifs que devrait utiliser le Pape pour ne pas les contaminer avec toutes ses idioties !   

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Mardi 17 mars 2009

J'ai eu le plaisir d'apporter une modeste contribution à cet ouvrage collectif dirigé par Nadia Geerts paru en Belgique la semaine dernière aux Editions Luc Pire. Je me permets de le conseiller vivement.


Présentation de l'éditeur :

Qu’entend-on lorsqu’on parle de laïcité politique ? Qu’impliquerait l’inscription de ce principe de laïcité politique en Belgique dans les textes juridiques fondamentaux ? Pourquoi cette inscription est-elle urgente ? Quelles en seraient les conséquences pratiques pour l’école, pour les administrations et hôpitaux publics ? En quoi est-elle indissolublement liée aux principes d'égalité, de mixité sociale, culturelle et de genre, en droits comme en devoirs ? Entre le respect mutuel et le droit à la critique, entre la liberté d’exprimer ses convictions philosophiques et religieuses et la nécessité de partager un socle de principes collectifs communs, quelle voie construire pour mieux vivre ensemble ? C’est à toutes ces questions que souhaitent répondre les initiateurs du Réseau d’Actions pour la Promotion d’un Etat Laïque (R.A.P.P.E.L.). Direction d'ouvrage : Nadia Geerts Nadia Geerts, professeur de morale, est aussi l'un des piliers de RésistanceS, revue d'information et de lutte contre l'extrême droite. Agrégée de philosophie, militante républicaine et laïque, elle est aussi écrivain. Avec des contributions de Mohamed Sifaoui, Gisèle De Meur, Pierre Efratas, Guy Haarscher, Philipp Bekaert, Fatoumata Fathy Sidibé, Catherine François, Nadia Geerts, Charles Susanne, Michèle Peyrat, Lara Herbinia, Elie Cogan,Jamila Si M’hammed, Hugo Godoy, Georges Verzin, Claude Javeau, Chemsi Chéref-Khan.
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Mercredi 11 mars 2009

Un tribunal saoudien vient de condamner une ressortissante syrienne à quatre mois de prison, suivis d'une interdiction de séjour sur le territoire et à...quarante coups de fouets.

Cette ignoble criminelle, âgée de 75 ans, faut-il le préciser, a été condamnée pour avoir reçu dans sa maison, non pas le petit chaperon rouge, mais deux hommes avec lesquels elle n'a aucun lien de parenté. Selon la charia, un tel acte serait une atteinte aux bonnes mœurs. Naturellement, tout le monde comprendra que lorsqu'on laisse une mamie de 75 ans avec deux jeunes hommes, il peut se passer beaucoup de choses.

C'est le quotidien saoudien Al-Watan qui a révélé cette information. Selon ce journal, les problèmes de Khamisa Mohammed Sawadi, c'est le nom de la vieille dame que la police saoudienne soupçonne d'être une sorte de Madame Claude, ont commencé l'année dernière quand un agent de la police religieuse est entré dans sa maison et l'a surprise en pleine discussion avec deux hommes âgés de 24 ans. Ces derniers ont été d'ailleurs interpellés et condamnés, l'un à quatre mois de prison et 40 coups de fouet et l'autre à six mois de prison et 60 coups de fouet. Non qu'ils soient adeptes du sadomasochisme mais parce qu'ils auraient commis un péché au regard de Dieu.

Lors du procès, l'un des deux hommes a pourtant essayé de s'expliquer en affirmant que la vieille dame était comme une mère pour lui : elle l'aurait allaité. Mais le juge n'a rien voulu comprendre pensant probablement que si ce garçon avait l'habitude de tripoter les seins de la vieille dame, tout devenait alors possible. L'aveu a du certainement alourdir la peine puisque les religieux wahhabites n'aiment pas généralement ceux qui jouent avec les seins. D'ailleurs, pour en tripoter loin des regards indiscrets, les dignitaires saoudiens viennent généralement en Europe durant la saison estivale. On leur a dit certainement que la tétée était meilleure et qu'à "Durban II", on ne s'intéressait pas aux mensurations des femmes âgées de plus de soixante-dix ans.   

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Mardi 10 mars 2009

Je pense que tout le monde (ou presque) a entendu parler de l'histoire glauquissime de cette brésilienne de neuf ans qui est tombée enceinte à la suite d'un viol. C'est son beau-père qui abusait d'elle depuis l'âge de six ans. Cette « activité sexuelle » imposée à la petite innocente a provoqué une grossesse et la fillette, enceinte de jumeaux, a avorté sur décision médicale.

Jusque-là l'affaire était déjà suffisamment sordide. Mais ces religieux, ces « fous de Dieu », ces personnes qui ont voué leur vie à Satan ont voulu la rendre encore beaucoup plus sordide en décidant d'excommunier la mère de la petite fille et l'équipe médicale. Selon certains médias même la fillette l'aurait été également. Seul le violeur a échappé à leur colère. Explications : Il paraît que pour cette sainte église, le viol et moins grave que l'avortement. Et comment ! D'ailleurs, en matière de viol et de pédophilie, ces chers évêques et curés en savent quelque chose. Alors qu'en matière d'avortement, ils ne connaissent rien puisqu'ils ont fait vœu de chasteté et ne savent même pas comment l'on conçoit un enfant. La naissance de Jésus est la seule qui ne représente aucun mystère à leurs yeux.  

Le plus terrible dans ce drame c'est que l'excommunication s'est faite avec la bénédiction du Vatican. Comme quoi ! Au moment où Ratzinger lève l'excommunication de quatre évêques intégristes, dont un négationniste notoire, il applaudit à celle d'une victime âgée de neuf ans. J'ai de plus en plus de mal à croire que ce genre de religieux soient au service d'un Dieu, je pense plutôt qu'ils sont les bras droits du Diable !

Que dire de plus face à une telle affaire ? Rien. À part les traiter de cons, d'imbéciles, d'idiots et de fanatiques, je ne vois vraiment pas, quel débat philosophico-théologique une histoire pareille pourrait-elle susciter. Mais faut-il rappeler peut-être que Dieu a dit soit et le con fut !

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Vendredi 6 mars 2009

Les plus grands États démocratiques que sont, entre autres, la Lybie, l'Iran et Cuba ; les associations qui se sont illustrées dans la défense des droits de l'homme et des valeurs universelles comme l'Organisation de la Conférence Islamique, la Ligue arabe et les réseaux des Frères musulmans ; les humanistes les plus engagés tels Ahmadinedjad, Kadhafi et Castro nous concoctent une rencontre internationale contre le racisme, dite « Durban II », qui aura lieu à Genève du 20 au 24 avril.

Le projet de déclaration finale qui a commencé à circuler nous renseigne déjà sur l'étendue du génocide qui se prépare contre nos libertés, contre les démocraties et contre la raison. Et puisque la bon sens est ainsi injurié, bafoué, tué, alors allons-y !

La conférence veut sortir avec une condamnation d'Israël, accusé d'appliquer une politique d'« Apartheid ». Bien sûr ! C'est le seul pays de la région où des Arabes ont quelques droits donc il est normal de condamner cet État qui se permet d'être démocratique au milieu d'un océan de dictatures.

Pourquoi les Israéliens ont-ils osé instaurer une démocratie ? Pourquoi une telle provocation ? Permettre à des Arabes d'être élus démocratiquement, c'est condamnable, leur accorder une citoyenneté est scandaleux, permettre à la presse d'être libre est inacceptable. Ne pas faire élire ses dirigeants à 99,98% est répugnant. Ce sont là autant d'atteintes qu'il faut en effet condamner et ce sont là autant d'injures à l'égard des systèmes politiques érigés à quelques kilomètres de Tel-Aviv par Moubarak, Assad ou Nasrallah.

Oui ! C'est une insulte pour Kadhafi, Castro et Ahmadinedjad. Injure qu'il fallait en effet stigmatiser au nom des droits des dictateurs, des fascistes islamistes et des autoritaires à disposer de leur peuple en toute liberté. 

Oui ! Pour Kadhafi, Ahmadinejad et leurs amis, il n'y a rien à condamner, hormis Israël. Formidable trouvaille ! Personne n'est opprimé en Lybie, ni en Iran d'ailleurs. Les femmes sont toujours très libres et émancipées en Arabie Saoudite ; en Algérie, la démocratie permettra au président actuel de continuer à être président ; en Tunisie aussi, l'islamisme, ici et là, poursuivra son chemin et continuera à bouffer les crânes. Tout va bien, partout.

Castro n'est pas mort, il est fidèle au poste, il a juste désigné Raul, son propre frère pour lui succéder. Il n'y a rien à condamner du côté de La Havane, les cigares sont toujours aussi bons. Pas d'atteintes aux droits de l'homme non plus à Téhéran puisque ce sont davantage les droits de la femme que l'on bafoue pour quelques mèches qui s'échapperaient du voile. Les salopes ! Elles n'avaient qu'à bien se coiffer et à ne pas tenter les mollahs et leur libido.

En Afrique également, les dirigeants sont toujours aussi proches de leur peuple. Tellement proche que Mugabé a contaminé sa population en lui refilant le choléra. Mais tant que ce n'est pas la peste, tout va bien !

Tout va bien aussi en Somalie, les jeunes s'amusent. Ils s'éclatent et profitent de leur vie jusqu'à la mort ! Ils se sont tellement amusés avec leurs pistolets automatiques qu'ils ont réussi à prendre Mogadiscio et à y instaurer la loi de Dieu. Ah ! La fameuse charia. Qu'on n'y touche surtout pas. On ne doit pas condamner le Hamas qui s'en alimente pour jeter des homosexuels du troisième étage, en guise de divine punition. Après tout, des pédés c'est fait pour être enc...

Pas de condamnations non plus du Hamas, premier producteur d'unijambistes au monde. Tant qu'ils feront la peau à leurs « faux frères » du Fatah, il faut continuer à les encourager.  

La charia ? Elle est importante. On ne condamne surtout pas Al-Qaradhaoui et ses déclarations antisémites. Exterminer des juifs, c'est culturel pour l'Iran, le Hamas, les Frères musulmans, Ben Laden et leurs copains. Donc, on ne touche pas à la « culture » sinon nous risquerions de devenir des monstres, que dis-je, d'affreux « islamophobes ». La « culture » toujours, celle qui autorise des paysans de quarante, cinquante ou soixante ans, aussi gros que des cochons, de se marier avec des fillettes de dix ans. Pourquoi donc condamner une telle pratique puisqu'elle permet à d'émanciper les femmes dès leur plus jeune âge. Comme cette pré-adolescente Nojoud, qui avait tout pour être heureuse et qui a osé braver l'interdit et réclamer le divorce. C'est elle que le texte de Durban II se doit de condamner et non pas cette « culture » patriarcale qui permet de vendre sa propre fille, dès l'école primaire.

On ne condamne pas non plus la charia du soudanais Hassan Al-Bashir, elle l'a aidé à se débarrasser de quelques dizaines de milliers de darfouris, il faudra cependant condamner ces salauds d'Occidentaux qui espèrent le traduire devant la cour pénale internationale.     

Durban II veut également instaurer une « loi antiblasphème ». Non ! On ne touche pas à Moïse, Jésus et Mahomet. On ne touche pas aux fonds de commerce qui permettent aux religieux de remplir leurs chapelles. On ne doit plus rire des dogmes ni les critiquer. Les dogmes, contrairement à la vie humaine, sont sacrés. Et s'il ne faut jamais condamner un attentat, il faudra cela dit, condamner tous ceux qui condamnent les attentats.  

On ne devra plus rien dire sur les burkas, cette bâche nécessaire et vitale qui permet de cacher les plus laides d'entre les femmes et leur permettre d'être comme les autres, de simples ombres qui ne peuvent sortir qu'accompagnée de leur mâle dominant. Non on ne condamne pas cette couverture ni le voile d'ailleurs qui réduisent l'autre sexe à sa plus simple expression : un péché, l'incarnation du diable.

Et à propos du diable justement, il faudra même s'en allier, certains l'ont déjà fait, d'autres ont préféré lui vendre leur âme...

Aux participants de Durban II, je dis : Que la religion de vos Dieux soit maudite !

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Mardi 3 mars 2009

Le CRIF a enfin compris que l'UOIF n'est pas un interlocuteur valable. J'ai été souvent critique, par le passé, à l'égard de certaines positions de la direction de l'organisation communautaire, notamment pour son insistance à considérer les représentants, en France, de la pensée des Frères musulmans comme des gens sérieux à même d'être des partenaires républicains dans le dialogue, je me dois de reconnaître que la sortie et la clarification fort opportune de Richard Prasquier, lors du dîner du CRIF, m'a agréablement surpris et je me dois de le souligner.

La guerre contre les terroristes du Hamas a fait tomber plusieurs masques dont celui des enfants spirituels de Hassan Al-Banna qui excellent suffisamment dans le double discours et l'hypocrisie, au point de se faire complaisamment inviter non seulement à la table de la République par des élus ou des dirigeants politiques, mais aussi par des institutions républicaines et laïques. Le CRIF ne veut visiblement plus participer à ce jeu fort malsain et c'est tout à son honneur. L'UOIF est une organisation intégriste qu'il faut considérer comme telle et les républicains, de toutes les sensibilités, doivent avoir comme dénominateur commun une ligne claire et limpide à l'égard des tenants de la haine et de l'intolérance qui mettent à mal le sacro-saint principe du « vivre ensemble ». La pensée des Frères musulmans, relayée en France, outre par des organisations comme l'UOIF, par des « intellectuels » et des « penseurs », y compris non musulmans, doit obligatoirement être appréciée à sa juste valeur : une pensée extrémiste, antidémocratique, sexiste, antilaïque et, donc, antirépublicaine. On ne peut pas raisonnablement se permettre de discutailler avec les promoteurs d'une telle idéologie et laisser notre naïveté, ou notre volontarisme, nous imposer un compromis ou des compromissions avec les ennemis des valeurs défendues par tous ceux qui se reconnaissent dans l'esprit des Lumières. Parce que l'UOIF, n'est qu'un avatar, policé d'une pensée obscurantiste, il nous faut faire preuve de vigilance et nous décider, tous ensemble, à combattre les idées portées par des associations qui sont à la République, ce qu'est la guillotine aux droits de l'Homme.   

J'espère seulement que la position fort courageuse du CRIF servira d'exemple à toutes les associations et tous les partis politiques qui se reconnaissent dans les idéaux républicains, et qui n'ont été que trop longtemps dupés par les manœuvres de l'UOIF.     

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Samedi 28 février 2009

Il y'a Williamson le négationniste. Mais il y a aussi Al-Qaradhaoui l'antisémite. Le premier est évêque intégriste, le second est prédicateur salafiste. Tous deux, en ce mois de janvier 2009, ont montré leur aversion des Juifs. Mais si la sortie médiatique du premier a suscité, à juste titre, un tollé, le discours du second est passé inaperçu. Si l'Argentine pays accueillant l'homme d'église britannique a considéré l'ecclésiastique, persona non grata, le Qatar, monarchie qui donne refuge à l'idéologue des Frères musulmans, ne semble pas gêné par ses déclarations. Pourtant, le roi de ce petit État pétrolier prétend être l'ami de l'Occident, ses sujets investissent énormément en Europe, et particulièrement en France, son pays abrite une base militaire américaine et avait même accrédité un chargé d'affaires israélien. Mais ce n'est pas la première fois que le Qatar fait dans le double discours, et ce, devant des Occidentaux plus enclins à faire du business qu'à défendre des valeurs.

Il serait important de savoir, tout de même, ce qu'a dit Youssouf Al-Qaradhaoui. Devant lui, Richard Williamson fait office d'enfant de chœur. Dans un discours/prêche diffusé par la chaîne qatarie, Al-Jazira, l'idéologue salafiste, a voulu envoyer un « message aux juifs agresseurs, arrogants et vaniteux ». Il a rappelé au cours de plusieurs interventions que les « Juifs ont été punis en raison de leur comportement une première fois par les Babyloniens, une seconde fois par les Romains et enfin pat Hitler ».

Mais l'intégriste musulman, considéré aujourd'hui, y compris en Europe comme une référence théologique, a souhaité que la prochaine fois « la punition des juifs vienne par les mains des musulmans ». Al-Qaradhaoui a enfin avoué qu'il espérait qu'avant la fin de sa vie « Dieu lui permettrait d'aller sur le terrain du djihad en chaise roulante, s'il le faut, pour tirer sur les juifs, ennemis de Dieu, afin qu'ils ripostent avec une bombe pour que [il] j'achève [sa] ma vie en martyr ».

Ces paroles, vues et entendues par plusieurs personnes à travers le monde, me poussent à poser deux questions. Primo. Jusqu'à quand les Occidentaux laisseront-ils ce genre de messages passer sans réagir ?  Jusqu'à quand continueront-ils à adopter la politique de l'autruche, abandonnant leur jeunesse de confession musulmane aux mains de ces fascistes ? Secundo. Ne faut-il pas que des associations poursuivent cet individu devant les tribunaux européens afin qu'il cesse, au moins, d'être accueilli en Occident ?

Je pose ces questions parce que je connais la portée des discours d'Al-Qaradhaoui et leurs répercussions possibles sur les esprits les plus fragiles, les moins érudits et les plus perméables aux propos haineux. Il ne faut plus s'étonner de la montée de l'antisémitisme en France, lorsque des personnes considérées comme des « autorités religieuses » tiennent ce genre de prêches face au silence des institutions musulmanes françaises tels le CFCM ou la mosquée de Paris. Les deux ont obligation de condamner ouvertement et en médiatisant largement leur action, ce type de sermon et leur auteur. S'ils n'adoptent pas une telle position, c'est qu'ils sont définitivement complices, par leur passivité, des tenants de la haine.

Mais par ailleurs, les autorités officielles européennes ont le devoir de réagir. Al-Qaradhaoui est membre du « conseil européen de la fatwa » et reste une personnalité très écoutée sur le vieux continent. Ne rien faire, c'est, là aussi, se rendre complice de son action haineuse.

Il n'est plus possible, il n'est plus acceptable d'avoir une politique ferme et intransigeante à l'égard d'un intégriste et faire le sourd lorsqu'il s'agit d'un autre. Il n'est plus possible de considérer que les fanatiques musulmans ont tous les droits. 
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Vendredi 27 février 2009

Ainsi donc, le sieur Williamson se « confond » en excuses pour avoir tenu des propos négationnistes. Magnifique ! Oui, mais cela aurait été vraiment extraordinaire s'il s'était clairement et sincèrement excusé. En lisant sa déclaration, entre les lignes, j'ai l'impression qu'il s'est plutôt retenu pour ne pas réitérer ses paroles infamantes.

L'ecclésiastique ne nous révèle pas pour autant s'il est désormais convaincu que six millions de juifs ont, bel et bien, été tués par la bête nazie. Il ne nous dit pas, non plus, s'il a enfin réussi à avoir toutes les preuves, à lire tous les travaux d'historiens et si, en si peu de temps, il a pu, finalement, avoir accès à toutes les archives de la Seconde Guerre mondiale. Et si, toujours dans cet ordre d'idées, il va maintenant prêcher dans sa paroisse qu'il est mal de tenir des propos négationnistes et que c'est même contraire à la bonne morale chrétienne que de nier des malheurs et des vérités. Parce que rappelons tout de même, qu'il avait annoncé qu'il ne changerait pas d'avis avant d'avoir les preuves.

Mais que nous montre le pseudo revirement de Williamson ? L'hypocrisie de l'Église. Oui ! Ces excuses ne montrent pas autre chose que de l'hypocrisie. Car il est à parier que le religieux intégriste continue de penser en son for intérieur que la Shoah n'est ni plus ni moins qu'une création des Juifs qui chercheraient à se « victimiser ».

Analysons les excuses de l'évêque britannique. Il a déclaré : « si j'avais su auparavant le tort qu'ils [ses déclarations négationnistes] feraient, en particulier à l'Église, mais aussi aux survivants et aux proches des victimes de l'injustice sous le IIIe Reich, je ne les aurais pas tenus ». En commençant sa phrase par « si j'avais su... », il nous laisse voir que si, à l'avenir, il apprend que ses paroles ne choqueront personne, il ne manquera pas de les réitérer. En fait, ce qu'il ignorait, ce n'est pas qu'il est criminel de tenir des propos négationnistes, mais que ces mêmes propos suscitent l'émotion et la colère. Si tel n'était pas le cas, il aurait certainement insisté encore et encore sur le fait que la Shoah n'a jamais eu lieu ou qu'elle aurait, tout au plus, provoqué la mort de trois cent mille personnes.

Aussi, Williamson regrette-t-il, avant tout, le « tort » que ses déclarations ont fait « en particulier à l'Église ». J'aime bien le « en particulier » comme j'aime aussi la hiérarchisation. Il regrette d'abord le « tort » que les inepties qu'il a sorties ont engendré à sa chère paroisse, ensuite, subsidiairement, il regrette « aussi » le tort que cela a pu causer aux survivants et aux proches des victimes de l'injustice sous le IIIe Reich ». Et là, j'aime bien également le terme utilisé pour désigner les crimes nazis. « L'injustice » ! » C'est dire que pour Williamson, la barbarie hitlérienne n'est pas autre chose qu'une simple « injustice ». C'est grave une « injustice », mais ce n'est pas systématiquement criminel. Il est même des injustices qui ne sont pas punies par la loi. L'évêque a donc choisi l'euphémisme le plus insignifiant pour qualifier le plus grand génocide du 20e siècle.

Tout ceci me laisse penser que les « regrets » de Williamson lui ont été quasiment soutirés sous la torture. Ratzinger a dû le harceler au téléphone lui demandant de faire une déclaration qui ferait office d'excuses. Même Jésus a dû le sermonner du haut de sa croix. Mais au lieu de s'excuser vraiment, Williamson se moque du monde.

Ces religieux, de toute manière, ne sont pas capables d'autres choses que de faire dans l'hypocrisie. Je sais, en généralisant ainsi je suis certainement « injuste » mais c'est quand même moins grave qu'un crime nazi commis avec une complicité silencieuse de l'Église.


Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Samedi 21 février 2009

Mon ami Robert Redeker m'a envoyé hier un email pour me faire savoir qu'il a failli être agressé physiquement alors qu'il faisait ses courses dans un supermarché. Il a en outre été menacé par un individu qui fait partie de ces musulmans qui ont, à l'évidence, du mal à entendre la moindre critique sans s'empêcher de réagir avec impulsivité, agressivité et barbarie.

Il raconte : « A la sortie, un Maghrébin accompagné de sa femme, me reconnaît et m'interpelle. Il était grand, costaud, vêtu en sportif, le visage rond. Et il m'insulte, déchaîné, hors de lui,  devant tout le monde : « vous êtes Robert Redeker. Vous avez insulté l'islam. Vous êtes un connard. Vous êtes une crapule. Vous êtes un salaud. Heureusement que vous êtes protégé parce que sinon ça irait mal pour vous ». Il ajoutera dans son message : « Pendant que je m'éloignais vers ma voiture il [l'agresseur] hurlait : « facho, facho... ».

Nous devons tous en tant que républicains, citoyens d'un pays démocratique et laïque, assurer Robert Rodeker de notre soutien indéfectible. Et il sait qu'en ce qui me concerne, je ne le lâcherai jamais dans l'épreuve difficile qu'il traverse. Pour être moi-même soumis régulièrement à ce genre de pressions et pour avoir subi, des scènes similaires, pas plus tard que lundi dernier, je tiens à rappeler à tous ceux qui souhaitent nous terroriser par des menaces ou des agressions que leurs actions sont vaines. Ils ne font que nous conforter dans nos convictions et nous pousser à poursuivre notre combat contre ce fascisme qu'est l'islamisme.

La critique des dogmes et des religions est un droit dans une démocratie. La critique des idéologies extrémistes - et l'islam politique en fait partie - est un devoir pour chaque personne qui n'accepte pas de vivre sous le diktat des obscurantistes. Je veux que Robert Redeker - et bien que parfois je ne partage pas toutes ces analyses - puisse, en tant qu'intellectuel, en sa qualité de philosophe, mais surtout comme citoyen, continuer à réfléchir et à s'exprimer sur les questions qui préoccupent nos sociétés et l'islam est l'un des sujets essentiels. Je souhaite que cette religion - qui est aussi la mienne et non pas la propriété privée d'un quelconque mouvement sectaire - puisse être discutée, disputée, y compris dans la polémique s'il le faut.

Si certains musulmans acceptent de s'enfermer dans leur obscurantisme crasse, c'est leur problème. Mais qu'ils sachent que d'autres musulmans - et j'en fais partie - veulent et espèrent que cette religion qu'est l'islam puisse, un jour, faire son aggiornamento. Si certains non-musulmans veulent se montrer complaisants à l'égard de l'intégrisme qui gangrène l'islam, c'est leur problème aussi. Mais, de grâce, qu'ils ne viennent pas adopter de telles positions au nom d'un quelconque humanisme parce que leur paternalisme hérité de la vieille tradition coloniale n'a d'égal que la condescendance qu'ils affichent quand ils nous expliquent qu'en substance les musulmans seraient inaptes aux grands principes universels. Il faut, là aussi, qu'ils sachent que beaucoup de ces mêmes musulmans sont fatigués, lassés, dégoutés et désemparés en voyant leur religion représentée par les tenants du crime, de l'injure, de la menace et du terrorisme.

Alors, voilà mon cher Robert, je te l'ai dit en privé et je te le répète publiquement. Ne laisse pas ces imbéciles te décourager, te terroriser par qu'ils ne cherchent qu'à t'empêcher de parler au sein de la démocratie qui t'a enseigné les valeurs que tu as raison de défendre. Ne te laisse pas intimider par des débiles - comme celui qui t'a menacé - et continue à être ce que tu es. Ce type est un lâche, il a agi comme un lâche et il ne t'a injurié que parce que sa femme était à ses côtés. Tu sais, ce genre d'individus, ont tant de choses à prouver à leur épouse. Parce que lorsqu'ils sont chez eux, ils n'ont rien à montrer.

Naturellement, il faut prendre ces menaces au sérieux et rester vigilant. Ce sont des lâches, néanmoins, ils sont, tels des animaux, animés par des pulsions agressives. Cela dit, ta persévérance, l'expression de tes idées sont les meilleures réponses que tu puisses donner.   

PS : Pour ceux qui veulent envoyer un message de soutien à Robert Redeker, ils peuvent le contacter ICI.
Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Vendredi 20 février 2009

Il était inconnu sur la scène internationale avant les élections israéliennes, le voilà donc sorti du néant pour montrer un visage hideux d'une extrême droite dont le discours n'a rien à envier à celui des extrémistes skinheads qui écument l'Europe de l'Est. Vous l'aurez compris, je parle d'Avigdor Lieberman et de son parti ultranationaliste.

Nourri longtemps à la mamelle du Likoud, Lieberman et son populisme représentent, à mes yeux, l'autre danger qui guette Israël. Et je pense sincèrement qu'il est dix, cent, mille fois plus dangereux, pour l'avenir de son pays, que les deux millions d'arabes israéliens réunis.

Pourquoi ? Primo, son discours entache, sur la scène internationale, l'image d'un pays déjà très éprouvé par la propagande islamo-fasciste du Hamas et de ses alliés. Secundo. Il donne à ceux qu'il prétend combattre les arguments nécessaires qui leur feront dire qu'Israël serait, en définitif, un État extrémiste et xénophobe. Tertio. Il alimente déjà tous les antisémites, tous les intégristes qui s'engouffrent dans la moindre faille pour laisser libre court à leurs idées nauséabondes sous prétexte qu'ils ne font que répondre à Lieberman.

L'ancien videur de boîte de nuit est devenu, l'espace d'une élection, faiseur de roi et au centre de la politique israélienne. La gauche a raison de voir en lui ce « fasciste » qui fait peur aux arabes israéliens mais aussi à une bonne partie de l'opinion publique internationale. Mais en réalité, ce qui est arrivé en Israël est semblable à ce qui s'est passé en France en 2002, lorsque Le Pen est arrivé en second tour. Mais la comparaison s'arrête là. Hormis les cris de quelques intellectuels et de quelques médias, à part les craintes formulées ouvertement par une partie de la gauche, la société civile israélienne est restée très muette devant la honte qui vient de se produire et qui va certainement se matérialiser par l'entrée au gouvernement de quelques cadres d'Israël Beteinou, la formation politique de Lieberman. Ce parti est entrain de faire perdre son âme à Israël et aux principes fondateurs du sionisme. Et le silence aussi bien, celui des Israéliens que celui des associations communautaires juives de France et d'ailleurs, est inquiétant.

Inquiétant parce que l'acceptation d'un Lieberman dans le gouvernement ne manquera pas de fragiliser les camps de la paix. Inquiétant aussi parce que les associations communautaires juives doivent sortir de cet esprit de connivence malsaine à l'égard d'Israël. Je serai toujours le premier à les soutenir lorsque cet État auquel ils sont, légitimement, si attachés est injustement attaqué, je serai le premier à dénoncer l'antisémitisme lorsqu'il s'exprime mais je ne serai jamais silencieux face à des déclarations racistes tenues par un homme politique israélien et je serai le premier à réclamer, et de la société israélienne et des associations communautaires juives européennes, un positionnement clair devant l'innommable. Leur silence m'inquiète et m'incite à dire que la complaisance de certains ne risque pas, loin s'en faut, de servir Israël.

Avigdor Lieberman puise son électorat auprès des russophones dont la majorité a été bercé par les bras des extrêmes droites caucasiennes. Ils représentent aujourd'hui 15% de la population israélienne et restent, disons-le sans tabou, les principaux importateurs de la plupart des fléaux qui traversent la société israélienne. Présence d'une mafia russe très active, trafic de drogue, malversations financières - Lieberman lui-même fait d'ailleurs l'objet d'une enquête - proxénétisme et...idées nazis sont le fait de beaucoup d'israéliens d'origine caucasienne qui, en même temps, ont construit un véritable courant d'extrême droite qui risque de devenir, dans les années à venir, l'une des premières forces politiques du pays si ce n'est la première.

Le problème avec beaucoup de ces russophones, c'est qu'ils sont aussi juifs que je suis curé. D'ailleurs, et selon les propres chiffres du ministère israélien de l'intégration, sur un peu plus d'un million d'immigrants venant de la région du Caucase depuis le début des années 1990, plus de 300.000 n'étaient pas juifs. Pourquoi alors bénéficie-t-il de cette fameuse « loi du retour » ? Question légitime s'il en est d'autant plus que lorsqu'on remarque que les jeunes qui ont été condamnés en novembre dernier pour appartenance à un groupuscule néo-nazi, étaient tous originaires de l'ex-Union soviétique, lorsqu'on s'aperçoit que ceux qui tiennent des propos antisémites sont des caucasiens et non pas des Arabes israéliens, et enfin quand on s'aperçoit que les discours xénophobes et racistes de Lieberman sont soutenus par ces mêmes caucasiens, il y a lieu de se demander s'il n'est pas temps de voir les dirigeants israéliens se pencher sérieusement sur cet épineuse question et sur ce problème que posent beaucoup de russophones. Parce qu'en plus, le vivier des aspirants à l'immigration vers Israël est encore important dans les ex-Républiques soviétiques. Ils ne cherchent pas à aller vers ce pays par amour pour lui ni par « tradition biblique », encore moins pour être fidèle à des principes judaïques mais tout simplement pour des considérations purement économiques.

500.000 Juifs vivent aujourd'hui dans les différentes républiques baltiques. Beaucoup d'entre eux pourraient faire leur « alya » et gonfler les ranges des israéliens russophones. Et il est à parier qu'une bonne partie de ces nouveaux arrivants ne sera pas insensible aux discours de l'ancien videur de boîte de nuit. Ils arriveront avec des préjugés négatifs à l'égard des Arabes et alimenteront leurs « craintes » par les discours haineux des islamistes. Ne faudrait-il pas craindre dès à présent qu'Israël se transforme en pays replié sur lui-même et tenu par des xénophobes ? Je pense que la question mériterait d'être posée par les dirigeants politiques israéliens. Que peuvent-ils faire ? D'abord modifier une loi électorale, aujourd'hui dépassée qui permet à un courant représentant une forte minorité agissante de devenir un acteur incontournable dans la formation d'un gouvernement. Ensuite, se démarquer, de manière limpide, d'un discours qui est contraire aux valeurs fondamentales du sionisme et du judaïsme. Enfin, définir clairement ce qu'Israël doit être dans les trente ou quarante années à venir, une démocratie laïque ou un État théocratique et œuvrer pour réaliser cet objectif. Sans oublier naturellement la nécessaire réalisation d'une paix juste et équitable avec les Palestiniens laïques.

Ces point sont, me semblent-ils, autant de questions qui doivent être soulevées au sein de la société israélienne mais aussi débattues par les diasporas vivant à l'étranger. En tout état de cause, je pense profondément que le meilleur cadeau que pourraient faire les Israéliens au Hamas et à leurs supporters islamistes, serait de livrer Israël à Lieberman et à ses semblables.
Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Mardi 17 février 2009

Je ne suis pas un spécialiste de la Guadeloupe. Je n'y ai d'ailleurs jamais mis les pieds. Le seul département d'outre-mer que je connaisse, c'est l'ile de la Réunion. N'empêche, ce qui est en train de se passer là-bas montre que la situation est explosive. Les différents articles de presse que j'ai pu lire laissent penser qu'un malaise social est venu se greffer à un autre malaise d'ordre ethno-racial. Je trouve que les revendications salariales sont légitimes. Et je pense aussi que la République est défaillante, sinon absente, devant les problèmes que rencontrent les Français habitant les iles.

Je trouve aussi que les partis d'extrême gauche sont devenus des professionnels de la récupération politique. Je ne les ai jamais entendus parler des problèmes des Guadeloupéens et les voilà maintenant qu'ils entrent dans le bal pour effectuer leur petit tour de piste. Sarkozy, lui, a décidé de parler. Quelle innovation !

Je pense vraiment que des jours sombres nous attendent...Que faut-il faire ? J'attends vos avis. Mon ami Philippe T. répond par un dessin et vous ?


Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Lundi 16 février 2009

Des voix s'élèvent aux quatre coins du monde pour appeler les autorités israéliennes à rechercher, après la formation du nouveau cabinet, une solution négociée avec le Hamas. Une telle « demande » aurait été normale si l'adversaire était autre que cette organisation terroriste, ce mouvement intégriste ayant fait main basse sur Gaza. Je le dis ex abrupto : l'une des erreurs que pourrait faire tout gouvernement israélien serait de s'asseoir autour d'une table avec les dirigeants du Hamas.

Cette affirmation, je le précise, n'est ni la marque d'un jusqu'au-boutisme idiot ni le résultat d'une posture extrémiste et guerrière et je tiens à apporter l'argumentation la plus claire possible pour démontrer qu'une négociation avec les groupes islamistes palestiniens serait catastrophique non pas pour Israël seulement, mais pour nous tous. Ce serait dramatique pour tous ceux qui savent que l'islamisme, comme idéologie et en tant que projet politique, est désastreux pour les sociétés et un danger pour l'avenir de l'humanité, pour l'équilibre des relations internationales et pour la stabilité du monde.

Le Hamas, ne l'oublions pas, obéit à une pensée qui ne reconnaitra jamais - en tout cas jamais avec sincérité - la légitimité du peuple juif à disposer d'un État dans lequel ce même peuple pourra être majoritaire. Cette pensée, dans ses aspects les plus extrémistes, ne voit le « Juif » que dans un statut d'infériorité et d'humiliation. De plus, si la charte de la milice palestinienne appelle, on ne peut plus clairement, à la destruction d'Israël, la doctrine qui a inspiré cette fameuse charte est, nihiliste, à plus d'un titre, et diabolise toute « différence », y compris quand celle-ci s'exprime à l'intérieur même d'une société musulmane.

Nous tous, musulmans, juifs ou chrétiens ; athées ou agnostiques ; hommes ou femmes de bonne volonté, devons comprendre définitivement que nous sommes face à des organisations extrémistes et terroristes qui portent en elles un projet fasciste. Ce qualificatif n'est ni abusif ni excessif. Si en dehors de toute passion, de toute crispation et de toute subjectivité, l'on s'arrêtait un moment sur les caractéristiques de l'idéologie islamiste, celle-là même qui nourrit les fanatiques de Gaza, on se rendrait compte aisément que celle-ci n'a absolument rien à envier au nazisme et que, les différences entre elle et la pensée hitlérienne sont tellement minces qu'il faudrait un microscope pour les observer.

Si nous arrivons à nous mettre d'accord sur le caractère fasciste du Hamas - et des autres organisations abreuvées par l'islamisme -, nous pourrions convenir, dès lors, que jamais à travers l'Histoire un conflit opposant le monde libre au fascisme ne s'est terminé autour d'une table de négociations. Les fascismes, hormis lorsqu'ils sont considérablement affaiblis politiquement et militairement, ne sont pas prêts à la discussion puisqu'ils basent généralement toutes leurs théories sur la négation de l'autre, sur sa soumission voire sur son anéantissement. Et c'est le cas, des idéologues du Hamas qui considère l'Autre, le Juif, l'Israélien, le sioniste, et ce quand bien même serait-il plus puissant, comme un être inférieur, étant donné qu'il subirait, un jour, la « colère divine », et donc ils pensent cet « Autre » comme une entité non respectable, négligeable à l'égard de laquelle aucun engagement ne devra être tenu. Aussi, même si le Hamas engage-t-il avec Israël une discussion via l'Égypte, il ne faudra voir là qu'une ruse, un stratagème visant à gagner du temps, à se remettre d'aplomb. L'idéologie islamiste préconise d'ailleurs de « signer une trêve avec l'ennemi lorsque la victoire n'est pas immédiatement possible ». Elle enseigne aussi que la trêve doit permettre de préparer une nouvelle bataille.

Par conséquent, il n'est pas choquant de dire que, de toute manière, cette guerre contre cet extrémisme ne saura être close par une négociation, mais elle connaîtra son épilogue par un vainqueur et un vaincu. Ce fut le cas par le passé devant d'autres fascismes et ce sera aussi le cas, à l'avenir, avec ce fascisme là.

Le côté mythique et mystique, les aspects irrationnels qui caractérisent les mouvements salafistes et l'amalgame savamment entretenu par ces mêmes extrémistes entre ce qui a trait à la spiritualité et ce qui a un lien avec le politique sont aussi des éléments qui singularisent les courants extrémistes auxquels nous faisons face. Ces éléments leur confèrent, par ailleurs, une complexité qui rend la compréhension, surtout celle du non-initié, encore plus ardue. Parce qu'outre le fait qu'elle instrumentalise la religion, la mouvance islamiste maîtrise également l'utilisation et la manipulation des techniques modernes et classiques de la politique et ses animateurs savent jouer des différents instruments qui existent et se jouer notamment des médias et des Organisations de défense des droits de l'Homme.

Aussi, la première raison qui me pousse à rejeter ipso facto toute discussion avec le Hamas est alimentée par le fait qu'on ne peut pas discuter, négocier et traiter sur une base sérieuse et dans un cadre de confiance minimum avec un mouvement fasciste quel qu'il soit. Mais par ailleurs, il faudra certainement se surpasser et adopter le mode de pensée de ces mouvements extrémistes pour mieux les cerner. Nous serons incapables d'assimiler leurs visées avec une grille de lecture rationnelle, moderne reposant sur les valeurs universelles et celles de la civilisation occidentale.

Mais ce n'est pas là, l'unique argument. L'autre est d'ordre purement stratégique. Il est important de garder à l'esprit - et c'est ainsi que le Hamas doit être apprécié - que le parti dirigé aujourd'hui par Ismaël Haniyeh et Khaled Machaal s'inscrit dans une stratégie globale alimentée par un fanatisme religieux véhiculé à la fois par des idéologues, tels Aymen Al-Zawahiri, des organisations terroristes comme Al-Qaïda ou des États comme l'Iran. Et même si des divergences inter-islamistes peuvent miner les relations entre sunnites et chiites et même si Al-Qaïda et ses leaders ne portent pas dans leur cœur l'Iran et ses mollahs, il n'en demeure pas moins que tous sont d'accord sur l'essentiel : la destruction d'Israël. Objectif devenu stratégique pour l'ensemble des mouvements islamistes.

Israël est, en effet, le sujet qui met tous les islamistes d'accord. Qu'ils soient sunnites ou chiites, qu'ils soient salafistes djihadistes ou issus de la pensée dite « réformiste » des Frères musulmans, qu'ils soient pragmatiques ou excités, ils ont tous un seul dénominateur commun : Israël doit disparaître. Et il est inutile de se bercer d'illusions, ils ne renonceront jamais à ce « macabre projet » tant celui-ci est profondément ancré dans l'idéologie qui les caractérise. C'est dire, si un islamiste rejette sincèrement l'idée de la «  destruction d'Israël », c'est qu'il n'est plus un islamiste. Et ce ne sera pas le cas du Hamas.

Tout ceci pour rappeler que toute victoire, aussi minime soit-elle, remportée par le Hamas, sera une victoire pour tous les groupes islamistes. Mais au-delà, si les islamistes palestiniens obtiennent des concessions de la part d'Israël, cela amènera les fanatiques à montrer que leur discours haineux, que leur idéologie fasciste et que leurs actions terroristes sont les seuls qui permettent l'obtention de résultats concrets et par conséquent, la moindre concession accordée à ces islamistes ne manquera pas de légitimer l'ensemble de leur entreprise et tout leur mouvement. Observons deux cas similaires et récents qui ont été comptabilisés, comme des « victoires », par deux milices islamistes, l'une sunnite, l'autre chiite.

Première séquence : retrait unilatéral d'Israël du Liban Sud. Le Hezbollah travestit la réalité, présente ce retrait comme une défaite des Israéliens, continue sa guerre d'usure, kidnappe des soldats, provoque la guerre de 2006 et gagne en popularité et en légitimité.

Deuxième séquence : retrait unilatéral d'Israël de la bande de Gaza. Le Hamas travestit, là aussi, la réalité, annonce sa victoire, affirme qu'il continuera sa guerre d'usure, kidnappe le soldat Guilat Shalit, provoque la guerre de 2008 et gagne en popularité et en légitimité.       

Dans les deux cas de figure, Israël a cru naïvement qu'il pourrait calmer les visées guerrières de ces deux organisations terroristes et dans les deux cas, Israël a compris l'ampleur de son erreur et l'hostilité du Hezbollah comme celle du Hamas ne s'arrêtera pas. Et dans les deux cas, les organisations terroristes ont gagné la bataille de l'image et la guerre médiatique non sans créer autour d'eux des mouvements de solidarité, parfois des plus inattendus, tant auprès des opinions publiques que de certains États.

Tout ceci a lieu au moment où le gouvernement israélien ne semble pas prêt à faire les nécessaires concessions à la partie qui a choisi la voie du dialogue et des discussions comme démarche exclusive pour la résolution du conflit. Je parle évidemment de l'Autorité palestinienne. Alors que des voix s'élèvent pour appeler à une négociation avec les extrémistes, ces mêmes voix devraient exiger, de la part des responsables israéliens, une plus grande souplesse et une quête de résultats concrets dans les pourparlers avec Mahmoud Abbas. Parce qu'il est important, vital de combattre les islamistes du Hamas tout en permettant aux laïques du Fatah de réaliser des dividendes politiques qui seront brandis tels des trophées devant une population palestinienne de plus en plus, légitimement, impatiente et cibler par le chant des sirènes intégristes.

Le dernier argument que je citerai ici est d'ordre moral. Il serait désastreux, terrible, suicidaire et totalement irresponsable de la part des Israéliens s'ils provoquent une situation qui montrera une image où le « modéré », le civilisé, celui qui s'inscrit dans la légalité n'obtenant rien, cependant qu'une négociation avec l'extrémiste, le barbare, celui qui estime qu'il est légitime d'assassiner volontairement des centaines d'innocents pour terroriser l'adversaire, concrétisant des résultats. Une telle image si elle venait à se produire tuerait définitivement la voix de la raison dans le monde arabo-musulman et permettrait à des mouvements fascistes, incarnés dans ce cas par le Hamas, de gagner en respectabilité et en légitimité.

Si Israël négocie avec ces terroristes, il anéantira toutes les bonnes volontés qui existent, ici et là, et affaiblira, par ailleurs, tous ceux qui pensent que la guerre contre l'idéologie islamiste et le terrorisme qui la caractérise, constitue une lutte pour l'humanisme et la fraternité.

Si ces trois arguments ne sont pas suffisants, je suis prêt à en livrer d'autres. Mais l'essentiel, je le crois, c'est d'expliquer aux opinions publiques qu'une négociation avec le Hamas si elle ne conduira jamais à une paix globale et durable, elle donnera plus de vitalité et de légitimité à des mouvements extrémistes qui considèrent Israël comme une étape incontournable dans un projet visant à instaurer le fanatisme comme le diktat qui devra dominer le monde. Négocier avec le Hamas ne ramènera pas la paix. Jamais ! Mais provoquera certainement plus de guerres en Israël et ailleurs.
Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Jeudi 12 février 2009

« Ou va l'Algérie ? », c'était le titre qu'avait utilisé Mohamed Boudiaf, en 1963, pour son livre qui, au lendemain de l'indépendance, posait une question cruciale sur le projet de société qui allait être choisi pour ce pays qui sortait d'une colonisation de 132 ans.

Près de cinq décennies après le recouvrement de la « souveraineté nationale », cette question, tout comme l'ouvrage de Mohamed Boudiaf, est toujours d'actualité. L'Algérie est le pays qui aura, en un demi-siècle, tout essayé sans avoir pu penser, encore moins appliquer, le seul projet qui l'aurait emmené vers la modernité et le progrès : la construction d'un État laïque, républicain et démocratique. Vingt-sept ans (1962 - 1989) de nationalisme arabe exacerbé guidant un dirigisme économique, une pensée unique et inique et un autoritarisme exercé par un parti et sa police politique qui ont favorisé un enfermement intellectuel dont on connait les résultats. Trois ans d'ouverture démocratique (1989 - 1992) qui ont permis une petite respiration très vite étouffée par une montée fulgurante d'un fascisme islamiste qui a été, en définitive, le prologue d'une longue histoire qui allait se raconter aux quatre coins du monde à travers une barbarie innommable qui n'a d'égal que l'idéologie rétrograde qui l'alimente. Sept années (1992-1999) de terrorisme barbare et de répression, parfois aveugle, qui ont traumatisé pour toujours toute une génération. Dix années (1999-2009) de règne tribal assuré par Abdelaziz Bouteflika, l'homme du passé qui, en deux mandats, a été incapable de construire un début d'avenir pour une population livrée de plus à plus à la gabegie et au clientélisme d'un pouvoir qui n'a plus rien à envier aux pires régimes autoritaires africains.

À 72 ans, atteint d'une maladie incurable, usé et dépassé par les exigences du 21e siècle, Abdelaziz Bouteflika piétine, malgré tout, et devant le silence complice de la Communauté internationale, la Constitution algérienne, la taille à la mesure de ses ambitions personnelles et s'en va, toute honte bue, annoncer sa candidature afin qu'il puisse succéder à lui-même le 7 avril prochain. L'Algérie est tombée très bas. Les pays les plus sous-développés avancent, mais l'État algérien se complaît dans une régression qui, à l'évidence, n'a plus aucune limite. Une fois de plus, les Algériens seront injuriés. Ils l'ont été durant plusieurs élections quand ils durent accepter des résultats électoraux à la Staline. Ils l'ont été pendant toutes ces « consultations populaires » où leur voix n'a compté que pour faire grimper le taux de participation. Le seul chiffre qui représente une inconnue aujourd'hui pour le plébiscite annoncé du 7 avril prochain est justement ce taux de participation. Les Algériens - et notamment les victimes du terrorisme et leurs familles - ont été injuriés aussi lorsque ce même Bouteflika s'est substitué à la justice pour amnistier, sans jugement, des criminels et les absoudre de leur barbarie et ce, au nom d'une pseudo politique de « réconciliation nationale ».

Quel gâchis ! L'Algérie est un pays maudit. Non pas en raison des nombreuses catastrophes qui se sont abattues sur lui, mais maudit par les dirigeants qui ont entre leurs mains les destinées de cet État. Ce sont des gens qui se sont distingués par une incompétence rare et souvent par une malhonnêteté tout aussi rare. Ils sont capables de transformer l'or en cuivre, mais certainement pas de réaliser le contraire. La régression va donc continuer. Elle est désormais à vie...        

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Lundi 9 février 2009

Décidemment, il n'y a quasiment rien de comparable entre Ratzinger et son prédécesseur Jean-Paul II. Ce qui a été fait par ce dernier dans le but d'encourager et d'apaiser le dialogue interreligieux mais aussi avec les autres Églises Chrétiennes, est entrain d'être gommé par Benoît XVI. Ses tergiversations devant la déplorable sortie médiatique d'un Williamson  qui ne cesse des réaffirmer ses idées négationnistes, viennent s'ajouter au bras d'honneur répétés du successeur de Jean-Paul II aux principales avancées opérées par le Concile du Vatican II et à sa précédente sortie, pour le moins très inopportune et très approximative, sur Mahomet. A tout ceci, il faut évidemment rappeler sa volonté de béatifier Pie XII dont le rôle, fort silencieux, durant la seconde guerre mondiale et face à l'extermination des Juifs restera une tâche indélébile dans l'histoire de l'Église dont l'image est déjà déplorable devant son incapacité à évoluer sur des questions modernes et humanistes et celles liées aux libertés individuelles.

Résumons : Depuis son arrivée au « Saint-Siège », le « Saint-Pape » a donc estimé que Pie XII est un chic type, quasiment un résistant ; que Mahomet est un barbare irraisonné et irrationnel alors que l'Église, bien évidemment, a toujours fait preuve de rationalité et de sagesse, notamment durant l'inquisition ; que Williamson est juste un ecclésiastique qui ne détient aucune preuve sur l'existence de la shoah ; que la « laïcité positive » est une excellente idée de son cher fidèle Nicolas Sarkozy ; que la Messe en Latin est une bonne idée qui permettra de faire ressusciter les langues mortes ; que la réhabilitation d'intégristes ne vise qu'à unifier l'Église ; que l'activisme de l'Opus Deï n'est qu'un chahut d'illuminés ; bref autant de « détails » qui ne semblent pas déranger, outre mesure, Benoît XVI dont la démarche semble pourtant s'inscrire dans une cohérence qui ne peut être que celle d'un intégriste pur et dur.

J'étais prêt à lui pardonner sa participation aux jeunesses hitlériennes puisqu'il n'avait que seize ans lorsque la guerre prit fin et douze ans lorsqu'il embrassa la croix gammée. Son engagement juvénile dans les hordes à peine pubères du Führer pouvait s'expliquer par le contexte de l'époque où il était effectivement difficile d'échapper à l'endoctrinement nazi. Mais, son parcours en tant que Pape montre que nous avons face à nous un intégriste qui sera incapable de réaliser un quelconque miracle ni dans le dialogue interreligieux encore moins dans le nécessaire progrès que doit accomplir l'Église.

Alors en ce qui me concerne, je n'hésite pas à dire : « Ratzinger hinaus mit dir ! ». Et vous ? Vous en pensez quoi ?

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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