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mohamed-sifaoui

Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 09:19

Cover DRS2Je vous propose de découvrir ou de revoir l'inétgralité de l'émission diffusée par Berbère TV vendredi dernier autour de l'Etat-DRS, thème abordé par mon dernier livre "Histoire secrète de l'Algérie indépendante". Un débat qui a suscité énormément de réactions. N'hésitez pas à laisser vos commentaires et vos avis...

 

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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 10:24

Cover DRS2Ce vendredi soir, dès 20 heures, la chaîne Berbère TV organise une émission spéciale autour de mon livre "Histoire secrète de l'Algérie indépendante, l'Etat-DRS". L'objectif étant de casser ce tabou est de débattre de la police politique algérienne ouvertement tant cet outil continue de représenter le coeur du système politique algérien.

Pour voir toutes les fréquences de Berbère TV (cable et satellite) cliquez ici.


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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 09:28

Cover DRS2J'étais, vendredi dernier, sur Beur FM pour parler de mon dernier livre "Histoire secrète de l'Algérie indépendante, l'Etat-DRS".

 

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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 16:53

Cover DRS2À l’invitation des militants du Rassemblement pour la Culture et de la Démocratie (RCD), j’ai participé au siège de la section parisienne du parti à une conférence-débat pour présenter mon dernier ouvrage « L’histoire secrète de l’Algérie indépendante, l’État-DRS », en librairie dès ce jeudi 19 janvier.
Voici des extraits de cet échange diffusés sur la chaîne Berbère TV.

Pour acheter le livre en format ebook : cliquer ici.
Pour acheter le livre pour Ipad et Iphone : cliquer ici.
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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 12:07

CouvKadhafiHD.jpgLe livre que je suis en train de lire actuellement : Bien rédigé, plaisant, on apprend énormément de choses sur le dictateur libyen. C'est sans nul doute le livre le plus complet et le mieux documenté sur Kadhafi.

J'ai connu Hélène Bravin, la consoeur ayant rédigé cet ouvrage lors de mon enquête sur les services algériens. C'est une journaliste que je cite dans mon livre "Histoire secrète de l'Algérie indépendante : l'Etat - DRS". Elle avait été violemment agressé en Algérie, dans l'indifférence générale, par les hommes du DRS après une interview qu'elle avait réalisée avec le président assassiné Mohamed Boudiaf. Les hommes du général Toufik voulait à l'époque récupérer la cassette de l'interview. 

Je reviendrai sur le sujet dans quelques jours.

 

 

Présentation de l'éditeur.

 

20 octobre 2011. Mouammar Kadhafi vient de mourir. En Libye, des tirs de joie retentissent, saluant la fin de quarante-deux ans de dictature. À Syrte et à Tripoli, on assiste à des scènes de liesse. Le Guide meurt en homme haï.

En renversant le roi Idris en 1969, le jeune officier rêvait pourtant de faire passer la Libye de l’ère moyenâgeuse à celle de la modernité en donnant le pouvoir au peuple et en fusionnant avec des pays voisins pour créer, enfin, une grande puissance économique et politique arabe. Il aura finalement laissé son système et ses projets se noyer dans l’anarchie, s’enfonçant lui-même dans la tyrannie.

Du jeune bédouin pauvre au dictateur impitoyable des dernières années, Hélène Bravin brosse le portrait d’un homme à la fois idéaliste et opportuniste, féodal et moderne, civilisé et barbare. Un homme qui aura réussi à se maintenir au pouvoir pendant plus de quarante ans, malgré les incroyables obstacles et échecs rencontrés, avant de finir traqué par l’OTAN et les insurgés libyens. L’incarnation moderne d’un personnage shakespearien.

 

 

 

Hélène Bravin est journaliste, spécialiste dans les questions politiques et économiques liées au Maghreb. Elle a collaboré à différents journaux français et internationaux (Le Quotidien de Paris, Le journal de Genève…), des lettres confidentielles (Maghreb confidentiel, TTU Monde Arabe…) et France 3. Elle fait aussi de la veille stratégique pour des multinationales.

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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 11:50
La Désintégration, le film sur lequel j'ai eu le plaisir de travailler, aux côtés du réalisateur Philippe Faucon sera en salle le 15 février prochain. Cette fiction qui s'inspire de faits réels tente d'expliquer les processus d'endoctrinement de l'islamisme djihadiste. Pour voir le casting et avoir plus d'informations, voir le site Ecran large.

 

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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 21:10

Cover DRS2En exclusivité et pour contourner la censure des autorités algériennes, mon dernier livre "Histoire secrète de l'Algérie indépendante, l'Etat-DRS", en librairie le 19 janvier, est mis, dès ce soir, en vente en format ebook sur le site de mon éditeur et, au cours de la semaine, sur d'autres librairies en ligne. Ceci afin que les Algériens et l'opinion publique puissent connaître la nature réelle de l'Etat-DRS, la personnalité et le fonctionnement du général Toufik et en clair la réalité de ce système qui dirige l'Algérie depuis cinquante ans.

Cliquez ici pour : Acheter le livre en format ebook.

Cliquez ici pour : Commander le livre auprès de l'éditeur.

Cliquez ici pour : Acheter le livre sur Ebookstore (pour Iphone et Ipad).

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 01:08

Cover DRS2-    Abbane, Ramdane :
-    Abbas, Ferhat :
-    Abbi, Abdelaziz alias Okacha :
-    Abdallah, George Ibrahim :
-    Abdelghani, Mohamed Benahmed :
-    Abdeldjalil, Mustapha :
-    Abdelhamid, Dina :
-    Abdelnasser, Djamel (Voir le président Nasser).
-    Abderrahim, Kamel :
-    Abderrahmane, Kamel :
-    Abdesslam, Belaïd :
-    Abid, Saïd :
-    Abou El Walid :
-    Abou Qatada Al-Filistini :
-    Addour, Smaïl :
-    Aït Ahmed, Hocine :
-    Aït Hamouda, Amirouche alias colonel Amirouche :
-    Aït Issad Philippe alias Philippe « Le dingue » :
-    Aït Mekidèche, El Hachemi :
-    Aït Messaoudène, Saïd :
-    Aït Mesbah, Azzedine alias Abdelhamid :
-    Al Banna, Hassan :
-    Al Ghazali, Mohamed :
-    Allahoum, Abdelmadjid :
-    Al-Zawahiri, Aymen :
-    Amellou, Abdelmalek :
-    Amirat, Allaoua :
-    Amirat, Slimane :
-    Amzal, Kamel :
-    Aouacheria, Mohamed :
-    Aouchiche, Abdelmadjid :
-    Assouli, Mahfoud alias Abou El-Moundhir
-    Athamnia, Yacine :
-    Attaïlia, Mohamed alias Le manchot :
-    Badache, Chawki alias Abou Al-Qassim :
-    Belhouchet, Abdallah :
-    Belkaïd, Aboubakr :
-    Belkhadem, Abdelaziz :
-    Belkheïr, Larbi :
-    Belouisa, Nassereddine alias Hamou :
-    Belouizdad, Othmane :
-    Benabdelmalek, Ramdane :
-    Benabderrahmane, Amine :
-    Benaïcha, Ahmed :
-    Benali, Belaïd alias Alili :
-    Ben Bella, Ahmed :
-    Benbitour, Ahmed :
-    Ben Boulaïd, Mostefa :
-    Bencherchali, M’hamed :
-    Bencherif, Abdelkader :
-    Bencherif, Ahmed :
-    Benchicou, Mohamed :
-    Benchiha, Kada :
-    Bendjedid, Chadli :
-    Bendjelti, Hassan alias Abderrazek :
-    Bendjemaa, Amar :
-    Bendjoudi, Hocine :
-    Benflis, Ali :
-    Benguedda, Ali alias P’tit Smaïl
-    Benhadj, Ali :
-    Benhamouda, Abdelhak :
-    Ben Hamza Abdallah alias Djamel :
-    Ben Khedda, Benyoucef :
-    Benloucif, Mustapha :
-    Benmaalem, Hocine :
-    Bensalah, Abdelkader :
-    Ben Salem, Abderrahmane :
-    Ben Tobbal, Lakhdar :
-    Benyellès, Rachid :
-    Benzerrouk, Mabrouk :
-    Benzine, Abdelhamid :
-    Bernert, Philippe :
-    Berrouane, Abderrahmane :
-    Bessaïeh, Boualem :
-    Betchine, Ahmed :
-    Betchine, Mohamed :
-    Bitat, Rabah :
-    Bonnet, Yves :
-    Borman, Franck :
-    Bouadjadj, Zoubir :
-    Bouali, Saïd :
-    Bouchaïb, Ahmed :
-    Boudghène, Benali (Voir Colonel Lotfi).
-    Boudiaf Fatiha :
-    Boudiaf, Mohamed :
-    Boudiaf, Nasser :
-    Bouharid, Mohamed Tayeb :
-    Boukemiche, Farid :
-    Boukhalfa, Rachid alias Abou Doha :
-    Boukharouba, Mohamed (voir Houari Boumediène).
-    Boukharouba, Saïd :
-    Boumaarafi, Lambarek :
-    Boumaza, Bachir :
-    Boumaza, Ouali alias Tayeb :
-    Boumediène Houari :
-    Bouragaa, Lakhdar :
-    Bourges, Hervé :
-    Boussouf Abdelhafid :
-    Bouteflika, Abdelaziz :
-    Bouyali, Mustapha :
-    Brahimi, Abdelhamid :
-    Bravin, Hélène :
-    Bruguière, Jean-Louis :
-    Bush, George Senior :
-    Caclamanos, Jean :
-    Chaabani, Mohamed :
-    Chabou, Moulay Abdelkader :
-    Chagra Abdelkader alias Meftah :
-    Chaoui, Toufik :
-    Chagra, Abdelkader alias Meftah :
-    Chelloufi, Mustapha :
-    Cherouk, Abdelhafid :
-    Chérif, Belkacem :
-    Chérif, Mahmoud :
-    Chouchane, Ahmed :
-    Choukri, Mustapha :
-    Colin de Verdière, Hubert :
-    Dahlab, Saad :
-    Dahmous, Mohamed :
-    Dakhmouche, Youcef :
-    Debaghine, Lamine :
-    Derriche, Lyes :
-    Dib, Fethi :
-    Didouche, Mourad :
-    Djaballah, Abdallah Saad :
-    Djebbar, Ahmed :
-    Djebbar, M’henna :
-    Djennouhat, Ahmed :
-    Dlimi, Ahmed :
-    Draïa, Ahmed :
-    Droukdel, Abdelmalek alias Abou Mossab Abdelwadoud :
-    Ducci, Pietro :
-    Dumas, Roland :
-    Eduardo Moha :
-    El Ibrahimi, Ahmed Taleb :
-    El Oualdi, Abdelhamid Mohamed :
-    El-Oued, Ahmed alias Abou Ahmed :
-    Farès, Abderrahmane :
-    Fathallah, Youcef :
-    (Colonel) Fawzi :
-    Ferradj, Abdelkader :
-    Fettal, Mustapha :
-    Ford, Robert S. :
-    Genoud, François :
-    Ghannouchi, Rached (de son vrai nom Rached Kheriji)
-    Ghezaiel, Benabbès :
-    Ghozali, Sid-Ahmed :
-    Guéant, Claude :
-    Guellal, Chérif :
-    Guenaïzia, Abdelmalek :
-    Guennez, Mahmoud :
-    Habachi, Abdesslam :
-    Hachani, Abdelkader :
-    Haddam, Tidjeni :
-    Hadj Ali, Bachir :
-    Hadjerès, El Hachemi :
-    Hamadache, M’hamed :
-    Hamrouche, Mouloud :
-    Hamdani, Smaïl :
-    Hanoune, Louisa :
-    Harbi, Mohamed :
-    Haroun, Ali :
-    Haroun, Mohamed :
-    Hasseni, Mohamed Ziane :
-    Hassan II :
-    Hassani, Abdelkrim :
-    Hassani, Rachid :
-    Hattab, Abdelkader :
-    Hattab, Hassan :
-    Hidjeb, Mohamed Salah (voir Salah Vespa).
-    Hoffman, Sliman :
-    Kabariti, Abdelkarim :
-    Kaci, Lounès :
-    Kafi, Ali :
-    Kaïd, Ahmed :
-    Kadhafi, Mouammar :
-    Kebilene, Sofiane :
-    Khalef, Abdallah (voir Kasdi Merbah) :
-    Khalef, Abdelaziz :
-    Khalef, Hakim :
-    Khalifa, Laroussi :
-    Khalifa, Rafik :
-    Khediri, El Hadi :
-    Khelladi, Mohamed :
-    Khellaf, Abdelaziz :
-    Khellil, Chakib :
-    Khemène, Abdelkader :
-    Khemisti, Mohamed :
-    Kherfi, Abdelkader alias Ahmed.
-    Khider, Mohamed :
-    Krim, Belkacem :
-    Krim, Rachid :
-    Laalali Rachid alias El Hadj Attafi :
-    Lahouel, Kaddour :
-    Lamara, Abdelwaheb :
-    Lamari Mohamed :
-    Lamari Smaïn alias El Hadj Smaïl :
-    Lacheraf, Mostefa :
-    Lagaillarde, Pierre :
-    Lahrèche, Bachir alias Kamel :
-    Lakehal-Ayat, Medjedoub :
-    Lakehal, Mustapha :
-    Lamouri, Mohamed :
-    Laoudi, Achour :
-    Le Vert, Laurence :
-    Lhaouari, Omar :
-    Lamoudi, Abdelkader :
-    Lazhar, Amar :
-    Malek, Rédha :
-    Matoub, Lounès :
-    McHenry, Donald :
-    Mechat, Adel :
-    Mechati, Mohamed :
-    Mecili, André Ali :
-    Medeghri, Ahmed :
-    Medjber, Mohamed :
-    Mediène, Mohamed alias Toufik :
-    Megueddem, Mohamed :
-    Mehri, Abdelhamid :
-    Mekhloufi, Saïd :
-    Mekri Noureddine alias Mahfoud :
-    Mellah, Rachid :
-    Mellouk, Farid :
-    Ménage, Gilles :
-    Menasra, Abdelmadjid :
-    Meraou, Djillali alias Si Salah :
-    Merbah, Kasdi :
-    Merzougui, Mohamed :
-    Mesbah, Mohamed Chafik :
-    Messadia, Mohamed Chérif :
-    Messahel, Abdelkader alias Daddy :
-    Messali, Hadj :
-    Messaoudi, Aïssa alias Tayeb Al-Afghani :
-    Mezrag, Madani :
-    Metref, Belaïd :
-    Mohamed V :
-    Mokkeddem, Mohamed alias Anis Rahmani :
-    Morice, André :
-    Mouâouiya :
-    Moubarak, Mohamed Hosni :
-    Nahnah, Mahfoud :
-    Nasri, Abdelaziz :
-    Nasser (Président) :
-    Nekkache, Mohamed Sghir :
-    Nezzar, Khaled :
-    Nouaouria, Ahmed :
-    Ouaguenoune, Hocine :
-    Ouamrane, Amar :
-    Ouelhadj, Mohand :
-    Oufkir, Mohamed :
-    Ould Aoudia, Amokrane :
-    Ould Daddah, Mokhtar :
-    Ould Kablia, Daho :
-    Ouraghi, Mouloud :
-    Ouyahia, Ahmed :
-    Pasqua, Charles :
-    Peyrolles, Gilles-Sidney :
-    Puchert, Georg :
-    R’guibi, Mohamed (voir Eduardo Moha).
-    Rachid Casa (voir Messaoud Zeghar).
-    (Général) El Hadj Rafik.
-    Rahal, Yahia :
-    Rahim, Khélifa :
-    Rebaïne, Ali Fawzi :
-    Ressam, Ahmed :
-    Rezgui, Kamel alias Chergui :
-    Ricard, Jean-François :
-    Roche (Les frères) :
-    Rockefeller, David :
-    Rondot, Philippe :
-    Rouaï, Mohamed :
-    Roussillat, Robert :
-    Roy, Charles :
-    Sadi, Saïd :
-    Saïdi Fodhil alias Abdelhamid :
-    Sahnoun, Ahmed :
-    Salan, Raoul :
-    Samraoui, Mohamed :
-    Setmeriem Nasser, Mustapha alias Abou Mossaab Al-Souri :
-    Sifi, Mokdad :
-    Soares, Mário :
-    Soltani, Abdelatif :
-    Soltani, Bouguerra :
-    Souidani, Boudjemaa :
-    Souidi, Sofiane :
-    Soustelle, Jacques :
-    Susini, Jean-Jacques :
-    Tabti, Rachid :
-    Tahri, Zoubir alias Hadj Zoubir :
-    Taright, Abdelmadjid :
-    Tartag, Othmane alias Bachir :
-    Taya, Mouâouiya Ould Sid-Ahmed :
-    Temmar, Abdelhamid :
-    Telidji, Ali :
-    Thiel, Gilbert :
-    Touati, Mohamed :
-    Toufik (Voir Mohamed Mediène).
-    Tounsi, Ali alias Al-Ghaouti :
-    Yadi El Ouassini, Mohamed :
-    Yahiaoui, Mohamed Salah :
-    Veil, Simone :
-    Vera, Rafael :
-    Wako, Amos :
-    Waldenström, Jan G :
-    Warin, Roger-Paul alias Roger Wybot :
-    Welsh, David :
-    Zabana, Ahmed :
-    Zbiri, Tahar :
-    Zeghar, Messaoud :
-    Zenadi, Mohamed El Hadi :
-    Zerari, Rabah alias commandant Azzedine :
-    Zerfaoui, Abderrazek :
-    Zerhouni, Ahmed alias Ferhat :
-    Zerhouni, Mohamed Benamar :
-    Zerhouni, Noureddine alias Yazid :
-    Zeroual, Liamine :
-    Zertal, Mahmoud :
-    Zighoud, Youcef :
-    Zitouni, Djamel :
-    Zouabri, Antar alias Abou Talha :
-    Zouaghi, Abderrahim :

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 09:50

Bonnes-feuilles.jpgDans les salons feutrés de la République, en ce début 1992, la panique s'installe. Faut-il laisser le FIS passer ?! Une partie majoritaire du commandement militaire, appuyée par des opinions dans le civil, s'engage à barrer la route aux islamistes. Mohamed Sifaoui, dans son dernier ouvrage que vous ne trouverez pas en Algérie, relate cet épisode. Extraits en exclusivité de Histoire secrète de l'Algérie indépendante ou l'Etat DRS*, qui paraîtra en France mi-janvier.

 

"… Le 16 octobre 1991. Larbi Belkheïr, secrétaire général à la Présidence, devient ministre de l’Intérieur. Il fait désormais partie du clan dont les membres ne veulent surtout pas voir le FIS prendre le pouvoir. Si sa nomination à ce poste intervient à deux mois du scrutin, c’est parce que tout simplement le régime se prépare à faire face à la crise qui se profile, en constituant un groupe homogène et soudé. C’est Belkheïr – promu général quelques semaines avant les élections législatives – qui doit, en cas de victoire du FIS, gérer, auprès des autorités civiles, le dispositif mis en place. A l’évidence, son arrivée à la tête du ministère de l’Intérieur est loin d’être fortuite. Les militaires sont prêts, voire décidés à aller au clash avec les islamistes, et pour ce faire, ils essayent de mettre tous les atouts de leur côté. L’analyse qu’ils font est la suivante : primo, il est hors de question que l’Algérie se transforme en théocratie. Secundo, ils ne veulent plus accepter le FIS, qui n’aurait jamais dû être légalisé, comme un acteur de la vie politique. Par conséquent, il faut le laisser remporter les élections et mettre Chadli Bendjedid devant ses responsabilités. Au cas où ce dernier refuserait de dissoudre le FIS, il devra partir.
L’idée fait son chemin depuis plusieurs mois au sein de l’état-major de l’armée. Les officiers supérieurs ne comprennent pas l’attitude du Président qui, de l’avis de tous, est «psychologiquement démissionnaire depuis les événements d’Octobre 1988».

C’est dire que Khaled Nezzar et Mohamed Mediène, ainsi que leurs collègues, ne veulent pas revivre l’aventure de juin 1991 quand le chef du gouvernement, Mouloud Hamrouche, son ministre de l’Intérieur et son équipe développaient une voix discordante avec celle de l’institution militaire, allant jusqu’à accepter une éventuelle cohabitation avec le FIS. Désormais, le groupe qui est aux commandes s’accorde sur la nécessité de faire barrage aux islamistes. L’état-major, d’un côté, est soudé autour de Khaled Nezzar ; le DRS, de l’autre, forme une ossature homogène sous la direction de Mohamed Mediène ; et l’Exécutif de Sid Ahmed Ghozali est composé de membres fondamentalement opposés au «projet islamiste». Si le pouvoir réel est entre les mains de l’armée, il est néanmoins constitué de ces trois pôles. Le FLN, représenté par Abdelhamid Mehri, est hors jeu. Prônant une ligne molle et prête à s’accommoder du FIS, la formation qui a incarné le régime depuis l’indépendance se retrouve, pour la première fois, en dehors de celui-ci.
Restent les partis démocrates, les membres de la société civile et les personnalités composant celle-ci. Après avoir sondé tous les courants, l’armée sent qu’un large front, composé de féministes, de laïques et de démocrates, peut se constituer en cas de victoire du FIS et appeler, le cas échéant, à l’arrêt du processus électoral.

Les services vont s’appuyer, entre autres, sur la puissante centrale syndicale, l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), et notamment sur son dirigeant, le très populaire Abdelhak Benhamouda qui rassure les généraux. Son organisation «assumera ses responsabilités en cas de victoire des islamistes».
Globalement, la société est scindée entre «sympathisants du FIS», militants d’une cinquantaine de partis incapables de former une coalition et ceux qui observent de loin le débat politique, n’espérant qu’une chose : voir leur pays retrouver une stabilité.
Les islamistes savent qu’ils ont toutes les chances de remporter le scrutin devant des formations démocratiques divisées et un pouvoir honni et rejeté par la population. La nouvelle direction du parti qui avait entretenu le mystère sur sa participation annonce finalement, le 14 décembre, que le FIS prendra part aux élections dont le premier tour est prévu douze jours plus tard, le 26 décembre. La date du second round est, quant à elle, fixée pour le 16 janvier 1992.

Le temps des incertitudes

A la veille des législatives, les communes détenues par le FIS ont fait en sorte de ne pas envoyer leur carte à 900 000 électeurs supposés non acquis aux thèses islamistes. Le pouvoir laisse faire. Le 23 décembre, à trois jours du premier tour, il permet également aux intégristes d’organiser un meeting gigantesque au «stade olympique du 5 Juillet» à Alger.
Il y a 100 000 personnes venues de tout le territoire national. Ils répondent en chœur à des appels au djihad lancés ouvertement par le fils d’Ali Benhadj, alors âgé de moins d’une dizaine d’années, ovationné par tous les dirigeants du FIS.

Le jour J, c’est un tremblement de terre qui secoue toute la classe politique ainsi que la société algérienne. L’abstention est de 41%, et même si le FIS a perdu près de 1,2 million de voix par rapport aux élections municipales de juin 1990, il obtient des scores extraordinaires. Les islamistes enlèvent, en effet, dès le premier tour, 188 sièges et sont certains d’avoir la majorité absolue au second. Seuls le FFS (25 sièges) de Hocine Aït Ahmed et le FLN (15 sièges) sont arrivés plus ou moins à tirer leur épingle du jeu. Les militants du FIS se sont certes rendus coupables d’actes frauduleux, ont procédé à des intimidations et ont joué sur la crédulité des électeurs, provoquant le dépôt de 341 recours auprès du Conseil constitutionnel, mais il était juridiquement impossible de remettre en question l’ensemble de l’élection. Il fallait par conséquent adopter une autre démarche. Les généraux les plus influents se réunissent à la demande du ministre de la Défense Khaled Nezzar. Il y a là Abdelmalek Guenaïzia, le chef d’état-major, totalement effacé, Mohamed Lamari, l’ombrageux commandant des forces terrestres, Abdelmadjid Taright, le commandant de la Marine qui fait partie, avec Mohamed Touati, le conseiller aux affaires politiques au sein de l’armée, des hommes les plus réfléchis et les moins impulsifs de l’institution militaire. L’un et l’autre sont considérés comme des «cerveaux» et leurs collègues écoutent avec attention leur exposé de la situation. Il y a aussi Benabbès Ghezaiel, le commandant de la gendarmerie, rustre et autoritaire, ainsi que quelques chefs de région militaire. Mais il y a aussi le fameux «homme au cigare», Mohamed Mediène, le patron du DRS, silencieux dans un coin, écoutant les uns et les autres.

Les officiers ont tous pris la parole, tour à tour, sauf lui. «Il a fait comme d’habitude, nous dira un ancien officier supérieur présent ce jour-là, il s’est éclipsé pour soi-disant aller aux toilettes. En réalité, il ne voulait pas exprimer sa position publiquement pour ne pas avoir à endosser l’arrêt du processus électoral bien qu’il fût d’accord avec la démarche.» Le général Toufik aurait donc quitté la salle de réunion et à son retour, il aurait lancé : «Je suis d’accord avec la décision que vous avez prise.» Il savait en fait pour avoir sondé préalablement, en direct ou à distance, les officiers supérieurs, que l’écrasante majorité d’entre eux était en faveur de l’arrêt du processus électoral et qu’ils souhaitaient quasiment tous le départ de Chadli Bendjedid. D’ailleurs, fait nouveau, une pétition circulait déjà au ministère de la Défense, appelant les généraux à «assumer leurs responsabilités».
Trois jours plus tard, le 30 décembre, est créé le Comité national pour la sauvegarde de l’Algérie (CNSA). Il regroupe le syndicat UGTA, dirigé par le charismatique Abdelhak Benhamouda, des partis politiques, des associations et des personnalités de la société civile. La majorité des éditorialistes réclament une intervention de l’armée. Plusieurs voix souhaitent ouvertement l’arrêt des élections.
Il est évident que la situation peut paraître paradoxale puisque la plupart de ceux qui, dans la société civile, se sont battus pour la démocratie et contre le régime se voient forcés d’appeler les militaires afin de faire cesser un processus démocratique. Seuls le FFS d’Aït Ahmed et le FLN, dirigé par Abdelhamid Mehri, exigent la poursuite des élections. Chacun y va de ses arguments : les premiers, partisans de l’annulation des élections, estiment que la démocratie ne peut s’accommoder de «partis totalitaires» ayant promis l’abrogation de celle-ci au cas où ils arriveraient au pouvoir et les seconds, défenseurs de la poursuite du processus électoral, pensent qu’une démocratie «protégée par des chars n’en est pas une».

Abdelkader Hachani, président de l’«exécutif provisoire» du FIS, annonçait même la possibilité d’une cohabitation avec Bendjedid. Celui-ci ne compte pas lâcher son fauteuil. Il a tenu, dès le 24 décembre, à deux jours du scrutin, une conférence de presse au cours de laquelle il a affirmé qu’il serait prêt à cohabiter avec les islamistes. Lui et Hachani se rencontrent. Une première fois ouvertement, une autre fois secrètement.
Hocine Aït Ahmed appelle à une marche, le 2 janvier 1992, pour la «sauvegarde de la démocratie». Entre 300 000 et 600 000 personnes se rassemblent à Alger dans une totale confusion. Ils se revendiquent tous du «courant démocratique», mais les uns veulent une annulation des élections et les autres leur poursuite.
Au-delà des polémiques d’ordre idéologique et politique, il est clair que cette situation, voulue également par l’armée et ses services, a permis la création d’une bipolarisation entre ceux qui étaient disposés à accepter l’émergence d’une République théocratique et ceux qui pensaient que les militaires devaient jouer un rôle constitutionnel pour sauver la démocratie naissante et la République.
Avec du recul, il est évident que si la victoire du FIS n’a pas été planifiée, elle a été, à tout le moins, souhaitée. Mais en vérité, l’institution militaire ne comptait pas «jouer un rôle constitutionnel pour sauver la démocratie naissante et la République», bien que ce fût là son discours officiel. Elle voulait mettre l’ensemble de la société devant un dilemme : choisir entre les intégristes et les militaires. Les premiers voulant tuer la démocratie en instaurant un système totalitaire, les seconds cherchant à faire ériger une démocratie de façade et remettre en place, tout en le pérennisant, le système qui avait prévalu depuis l’indépendance.

Les démocrates ayant appelé l’armée au secours étaient évidemment naïfs au point de croire que celle-ci se retirerait des affaires politiques après avoir éloigné le spectre de la théocratie. Vingt ans après cette intervention, la situation demeure instable sur le plan politique, et la démocratie apparaît comme un vœu pieux. L’armée et les services ont favorisé l’installation d’un islamisme d’Etat qu’ils contrôlent. Le projet de société qui est appliqué s’inspire largement d’une charia expurgée des aspects pouvant mettre en danger le pouvoir. Il s’agit incontestablement d’un système ultraconservateur drapé dans un costume de modernité. Et pour cause : la liberté de conscience n’est pas respectée (des minorités religieuses sont régulièrement stigmatisées, voire harcelées). Ne parlons même pas des minorités sexuelles qui ne sont pas reconnues. En matière d’égalité entre les sexes, l’Algérie est l’un des pays arabes les plus archaïques. Des valeurs comme la laïcité sont vilipendées. Le racisme et l’antisémitisme sont banalisés. La société algérienne, par la faute de ses dirigeants, est en phase de perdre son âme méditerranéenne. Elle est désormais porteuse d’une sous-culture, une sorte de pâle copie, des us et coutumes du Moyen-Orient.

L’institution militaire et ses services ont repris les choses en main dès 1992. Ils ont acquis une «nouvelle légitimité» en s’autoproclamant «sauveurs de l’Algérie». Aux yeux de la société comme pour l’opinion internationale, ils devenaient le «rempart face au fanatisme». Naturellement, les premiers à faire les frais de cette logique sont les démocrates, car au lieu de barrer la route aux islamistes et de remettre sur les rails le train de la démocratie, les militaires ont préféré entretenir le pays dans une situation de précarité, sans se mettre pour autant en danger, afin de justifier leur présence aux commandes.
Toute la question est de savoir aujourd’hui si les officiers supérieurs avaient peur pour l’Algérie ou pour eux-mêmes. Là aussi, et sans aller vers le procès d’intention, on peut affirmer qu’une conjonction des deux n’est pas à écarter. Il existe évidemment au sein de l’armée algérienne des responsables honnêtes ayant agi probablement «par patriotisme», mais il en existe d’autres qui ont fait prévaloir d’abord leurs intérêts personnels. Il est évident qu’un cadre démocratique amènerait plusieurs officiers à rendre des comptes au sujet de plusieurs questions relatives à la corruption ou aux crimes politiques. C’est donc très certainement le patriotisme des uns, conjugué aux calculs des autres, qui a créé cette homogénéité de l’institution militaire.
A partir du 27 décembre 1992, l’armée est donc décidée à passer à l’action. Selon un témoin aux affaires de l’époque, les militaires «n’ont pas procédé à un coup d’Etat au sens classique du terme, mais ils étaient prêts à aller vers cette éventualité».

 

Pour lire la suite du quotidien El Watan, cliquez ici.

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 08:44

Cover DRS2L'exilé de Kenitra

(…) Khaled Nezzar, Mohamed Mediène et Ali Haroun, pour ne citer qu’eux, ont décidé de contacter, dès le mois de décembre, Mohamed Boudiaf, figure historique de la guerre de libération, exilé au Maroc. C’est Ali Haroun, un ancien responsable de la Fédération de France du FLN qui est chargé de lui proposer de prendre la tête d’une instance, le Haut Comité d’État (HCE), qui serait créé après le départ du président. (…)

Tiré de son exil marocain, Mohamed Boudiaf avait été contacté d’abord par Ali Haroun qui ira le rencontrer à Kenitra, ensuite par des officiers du DRS en poste au Maroc. Ils ont, pendant plusieurs jours, essayé de le convaincre de rentrer en Algérie pour succéder à Chadli Bendjedid.


 

Eloigner le général Lamari

Mohamed Boudiaf ne change rien. Tous les hauts gradés de l’armée gardent leur fonction. Il demande néanmoins à Khaled Nezzar d’éloigner Mohamed Lamari, alors commandant des forces terrestres. Cette information est néanmoins démentie par un ancien conseiller de Boudiaf que nous avons interrogé.

Selon lui, la décision d’écarter momentanément Lamari a été prise par Khaled Nezzar en personne. Pour quelle raison ? On l’ignore. Toujours est-il que le ministre de la Défense ne limoge pas le concerné, mais le nomme comme « conseiller » au sein de son propre cabinet. Une mise au placard de quelques mois puisque le même général Lamari reviendra par la grande porte au lendemain de l’assassinat de Mohamed Boudiaf. (..)



Annaba 29 juin 1992

(…) C’est lors d’un périple à l’est du pays que le président Mohamed Boudiaf est assassiné le 29 juin 1992, moins de six mois après sa prise de fonction. Officiellement, le tireur s’appelle Lambarek Boumaarafi. Il est membre du Groupe d’intervention spéciale, le GIS, un bras armé du DRS. L’exécution, comme pour J.F. Kennedy une trentaine d’années plus tôt, se déroule en public, elle est filmée (…)



Boudiaf touché à la tête

(…) Mohamed Boudiaf est entre la vie et la mort. Il est blessé à la jambe. C’est l’effet de la grenade. Mais les impacts les plus graves l’ont touché à la tête. Alors que l’annonce de sa mort sera faite une heure et demie plus tard, vers 13 heures, son décès sera constaté à Alger par les médecins de l’hôpital militaire d’Aïn Naadja à 17 h 15.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, non seulement on annoncera sa disparition avant que celle-ci ne devienne effective, mais en plus il a été le dernier blessé à être évacué vers les urgences, de surcroît dans une ambulance non médicalisée et sans la présence d’un médecin. (…)

Finalement, Mohamed Boudiaf arrive vers 17 heures aux urgences dudit hôpital (hôpital militaire d’Aïn Naadja, NDL), soit 5 heures et demi après l’attentat. Les médecins ne peuvent alors que constater sa mort clinique. Drôle de prise en charge d’un président sur lequel on vient de tirer !(…)



La thèse de l'acte isolé

Depuis la mort de Boudiaf, le pouvoir fait tout pour que seule la thèse de l’« acte isolé » soit retenue. Pourtant, toutes les accusations sont dirigées vers la Sécurité militaire et ses principaux responsables : Mohamed Mediène et Smaïn Lamari. Larbi Belkheïr, ministre de l’Intérieur, et Khaled Nezzar, ministre de la Défense, sont également régulièrement désignés comme d’éventuels « commanditaires ».

Naturellement, aucune preuve n’est venue étayer cette thèse.

Cela étant dit, si les preuves n’existent pas, une série de faits avérés forment un faisceau de présomptions assez lourd qui accuse directement l’ensemble des responsables de l’époque. Qu’en est-il ?



Boudiaf le grain de sable

Selon lui, Boudiaf était le « grain de sable qui a failli remettre en question la composition du système ». Comment ?

Cette « gorge profonde » rappelle que Boudiaf était en train de créer un parti politique, le Rassemblement patriotique national (RPN1), à travers une composante de la société civile qu’il souhaitait choisir avec ses plus proches collaborateurs. Ce projet vise alors « l’assainissement des moeurs politiques » par

l’édification d’un État de droit, d’une économie moderne en opposition à une économie de rente et la mise en place effective d’un climat démocratique. (…)



Le Sahara occidental

Ensuite, poursuit notre source, le deuxième point de désaccord avec l’establishment résidait autour de la « question du Sahara occidental ». Il aurait « heurté les militaires et certains caciques » en laissant entendre qu’il fallait se délester de cette question qu’il jugeait « secondaire ».

Enfin, son idée consistait aussi à écarter, à terme, les principaux officiers supérieurs et reprendre le contrôle des services pour les mettre sous le commandement, non pas du ministère de la Défense, mais de la présidence. Sans oublier qu’il était résolument décidé à lutter contre la corruption. Mohamed Boudiaf a été le premier à utiliser le terme « mafia politico-financière ».

« Mafia politico-financière »

(…)Cette même source poursuit : « Smaïn Lamari et certains de ses hommes ont endoctriné Boumaarafi . Ils l’ont profilé, pour reprendre la formule consacrée, en lui faisant croire que Mohamed Boudiaf était dangereux pour le pays », avant de conclure : « il n’y avait pas que lui à Annaba. Ils étaient trois chargés de la même mission. D’ailleurs, Boumaarafi devait être tué ce jour-là par l’un de ses collègues. Et pour dire vrai, je ne suis pas certain qu’il soit le tireur ou, en tout cas, le seul tireur ».

 

 

La disparition de la mystérieuse cassettte

Cette liste d’indices qui accusent le « pouvoir » est loin d’être exhaustive. Plusieurs témoignages montrent que le climat entre Boudiaf et le régime, auquel il n’a jamais appartenu en réalité, était très tendu depuis mars 1992.

Il y a eu d’abord un incident très peu relayé. Il concerne une journaliste française : Hélène Bravin. Cette dernière, pigiste à l’époque, notamment pour le quotidien régional Sud-Ouest, arrive à décrocher une interview d’une heure avec le président.

Les journalistes étrangers sont surveillés de très près en Algérie. Les services de sécurité apprennent que « Boudiaf a dit des choses très graves et qu’il va ouvrir plusieurs dossiers ». Les hommes de Smaïn Lamari décident donc de récupérer l’enregistrement en sa possession.



Passage à tabac à l'Aurassi

En un premier temps, des « émissaires » lui sont envoyés. On lui propose même de l’argent en contrepartie de la fameuse cassette, mais Hélène Bravin ne cède pas. Elle tient son scoop et hors de question qu’elle remette son bien, d’autant plus que le président Boudiaf était consentant et qu’il lui avait accordé une heure de son temps.

Après une dizaine de jours de « négociations amiables », les services décident de passer à l’action. Ils lui tendent un piège au niveau d’El-Aurassi, un hôtel de standing fréquenté par les membres de la nomenklatura.

Là, deux hommes s’approchent d’elle, lui mettent un pistolet sous les yeux, l’aspergent de gaz lacrymogène, la traînent sur une quinzaine de mètres dans les escaliers qui mènent vers le parking de l’hôtel, lui assènent quelques coups et récupèrent son sac. Les agresseurs se dirigent sans trop se presser vers leur véhicule avant de démarrer en trombe.

La journaliste essaie de reprendre ses esprits. Elle ouvre, tant bien que mal, les yeux et tente de relever la plaque minéralogique. Mais peine perdue, la voiture – toute neuve – n’a pas de plaque d’immatriculation.



Menaces

Elle quittera Alger sous la protection d’un gendarme délégué par l’ambassade de France, sans avoir eu le fi n mot de l’histoire. À Paris, elle se sent suivie. Des hommes de l’ambassade d’Algérie appellent certains journaux pour affirmer qu’elle n’aurait jamais interviewé le président.

Elle reçoit des menaces, bref, un cauchemar qui dure plusieurs semaines. Trois mois après son retour d’Alger, elle apprend à la télévision que Mohamed

Boudiaf a été assassiné. « J’étais certaine, après l’interview, qu’ils allaient le pousser à la démission, mais j’étais loin de me douter qu’ils iraient jusque-là », nous dira-t-elle le jour où nous l’avons rencontrée. (…)



Boudiaf au Maroc

Au cours du mois de mai, Mohamed Boudiaf devait se rendre au Maroc pour assister aux fiançailles de Tayeb, l’un de ses fils. Quelques jours plus tard, lorsqu’on lui rapporte la nouvelle, Mohamed Mediène, le chef du DRS, lui fait savoir, à travers des messagers, qu’il serait « préférable d’annuler ce voyage ».

Le président est furieux. « Qui est-il pour m’interdire de voyager ! ? », se serait-il exclamé devant quelques proches. Évidemment, il n’est pas du genre à se laisser dicter sa conduite. Il décide, malgré tout, d’aller au Maroc.

Une tribune dans la presse

À trois jours de ce voyage, l’un de ses conseillers, en discussion avec un patron de la presse publique, apprend de celui-ci qu’une « tribune, signée par une haute autorité de l’armée, va réitérer la position de l’Algérie au sujet du Sahara occidental ». Le message est clair. Les généraux qui pensent que Boudiaf va rencontrer Hassan II durant sa visite privée au Maroc décident de rappeler la « position algérienne ».

Ainsi, le président sera mis en porte-à-faux et quels que soient les engagements qu’il pourrait prendre, ceux-ci seront, de fait, soumis préalablement à l’appréciation des vrais décideurs, les officiers supérieurs de l’armée.



Boudiaf furieux

Mohamed Boudiaf l’apprend. Il est furieux, mais sa colère ne transparaît pas. Il se contente de dire autour de lui : « S’ils [les responsables de l’armée] font ça, je ne reviendrai pas ! »

Le message est passé. Mohamed Boudiaf effectuera son voyage au Maroc et la tribune ne paraîtra jamais. En tout cas, pas de son vivant. Au cours de notre enquête, nous avons appris que celle-ci avait été rédigée par Mohamed Touati sur demande de Khaled Nezzar et de Mohamed Mediène. (..)

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 11:35

Cover_DRS2.jpegExtraits de l'interview, en deux parties, accordée au journal Le Matin.dz à propos de mon prochain ouvrage : Histoire secrète de l'Algérie indépendante ou L'Etat-DRS.

 

Première partie (Le Matin.dz)

 

Le Matindz : Moins d’une année après votre livre "Bouteflika, ses parrains et ses larbins", vous publiez, le 19 janvier prochain aux éditions Nouveau Monde, un livre enquête sur le DRS, les services de renseignement algériens. Comment avez-vous pu enquêter sur une telle structure alors que nous savons qu’il s’agit de l’un des services les plus opaques au monde ? 

 

Mohamed Sifaoui : En vérité, mon enquête n’a pas porté spécifiquement sur le DRS. Il y a de cela quatre ans, lorsque j’ai commencé à comprendre qu’Abdelaziz Bouteflika allait, avec le soutien du général Mohamed Mediène et les hauts officiers de l’armée, briguer un troisième mandat, malgré ses échecs et l’état de déliquescence du pays, j’ai décidé d’abord d’exprimer clairement ma position devant un pouvoir qui continue de s’approprier les rênes du pays de manière antidémocratique, donc illégitime et ensuite de faire mon travail de journaliste et d’informer les Algériens et l’opinion internationale sur la réalité de ce régime qui, depuis l’indépendance, n’a eu de cesse d’avoir recours au bricolage et à la manipulation pour pérenniser un système à la fois archaïque, incompétent, mais, également, de plus en plus, corrompu qui est incontestablement, par son incapacité à construite un État moderne, générateur d’islamisme, d’intolérance et de terrorisme. J’ai donc décidé de rencontrer et d’interviewer, de manière formelle ou informelle, des responsables et des cadres algériens, civils et militaires, des observateurs étrangers et des diplomates, enfin tous ceux qui étaient susceptibles de m’apporter des éléments d’un puzzle qu’il me fallait essayer de reconstituer. J’ai engagé ce travail, à vrai dire, avec un regard neuf. Il fallait revisiter également les travaux des historiens sérieux et faire parler tous ceux qui avaient des éléments à communiquer sur différents segments de l’histoire algérienne ou plus particulièrement sur l’histoire du pouvoir algérien.

Au cours de cette longue investigation, j’ai pu rencontrer quelques officiers du DRS, certains à la retraite et d’autres en activité. Ils m’ont parlé sous couvert de l’anonymat. Ce qui m’a frappé, c’est que de plus en plus de cadres des services, connus pourtant pour leur mutisme et leur discrétion, se sont progressivement mis, depuis 2008, à exprimer un certain mécontentement. J’ai senti, chez plusieurs d’entre eux, parfois de la déception et d’autre fois de l’amertume au regard des choix qui ont été ceux de la haute hiérarchie et qui, à l’évidence, sont loin de faire l’unanimité. Leurs témoignages sont importants et je les juge très crédibles, car contrairement à certains officiers ayant fait, notamment durant les années 1990, de pseudo "révélations fracassantes", ceux que j’ai interviewés n’ont d’une part, aucune sympathie pour l’islam politique et ne pourrons donc être traités d’islamistes, d’autre part, ils n’ont pas déserté à la suite d’une sanction, d’une frustration ou d’un différend avec un supérieur, comme ce fut le cas avec certains "dissidents" s’étant déjà exprimés et ne sont pas dans une démarche d’aigris avec une logique de "tous pourris". Ils m’ont d’ailleurs livré de graves informations que j’ai pu souvent recouper tantôt auprès de sources algériennes tantôt grâce à l’aide de quelques sources occidentales.

 

Pour lire la suite sur le site Le Matin.dz cliquez ici.

 

Seconde partie (Forum Free Algérie)

 

Le Matindz : Vos accusations à l’égard des généraux sont graves. Pouvez-vous étayer ?

 

Mohamed Sifaoui : Ce sont les faits qui sont graves. Le lecteur se fera sa propre idée en lisant le livre. Prenons le cas de Mohamed Boudiaf, par exemple. Les détails qui m’ont été fournis ne laissent aucun doute sur le fait que la thèse de l’"acte isolée" est une vue de l’esprit comme celles des simples "négligences". Il y a d’abord le contexte. Selon les témoignages, plusieurs officiers supérieurs mettaient des entraves à l’action de Boudiaf. Ce dernier n’était pas totalement maître de la situation et, à l’évidence, plusieurs officiers supérieurs avaient regretté d’avoir fait appel à lui. Ensuite, il y a ce fameux 29 juin 1992. Les "décideurs", comme on les appelle, ont tout fait pour que la vérité ne soit jamais connue. Il y a eu plus que des "négligences" ce jour-là. D’ailleurs, dans un pays normal, les chefs de la sécurité auraient démissionné le jour-même. En Algérie, quel que soit le crime, soit c’est l’impunité assurée soit on fait payer des lampistes.

Quatre noms reviennent dans les témoignages : Khaled Nezzar, Mohamed Mediène, Smaïl Lamari et Larbi Belkheïr. Je crois que la société civile, et je pense notamment à ces pseudos-hommes de lois qui se sont empressés à apporter leur soutien à Khaled Nezzar après sa convocation par la justice suisse, la société civile, disais-je, en tout cas les gens de bonne volonté et ceux parmi les Algériens qui ont encore une conscience, devraient exiger une nouvelle enquête sur l’affaire Boudiaf et un nouveau procès de Lambarek Boumaarafi. Un président qui a redonné de l’espoir aux Algériens et particulièrement aux jeunes a été assassiné. À travers Boudiaf, c’est tout un peuple qui a été visé par cet acte criminel. Nous devons par conséquent exiger que toute la lumière soit faite. Il y va de notre honneur en tant qu’Algériens. 

 

Ne craignez-vous pas d’avoir été manipulé par ces officiers ou anciens officiers qui vous ont livrés des témoignages ? 

 

Non ! Cela est impossible. D’abord parce que je ne vois pas comment plusieurs personnes pourraient me manipuler alors que j’ai recueilli leurs témoignages séparément pendant plus de trois ans. Ensuite, comment peut-on me manipuler alors que je n’avais rien dit à propos de mes intentions. En d’autres termes, lorsque j’ai commencé à interviewer les différentes sources, moi-même je ne savais pas comment j’allais exploiter toutes ces informations. Je ne savais pas s’il fallait se suffire d’un article, réaliser un documentaire ou écrire un livre. Ce n’est qu’à la fin que je me suis rendu compte que la masse d’informations récoltées me permet de publier plusieurs ouvrages. J’ai choisi l’écrit, car il n’y a pas mieux pour aller dans le détail. J’ai décidé d’écrire une série de livres qu’à partir de l’année 2010. Enfin, au regard de la complexité du sujet, j’ai pris mon temps pour vérifier toutes les informations, quasiment une à une. J’en avais livré quelques-unes dans le précédent ouvrage Bouteflika, ses parrains et ses larbins, et vous avez remarqué que les informations contenues dans ce livre sont vraies et d’ailleurs elles n’ont jamais été démenties.  

 

Pour lire la suite sur le site du Forum Free Algérie, cliquez ici.    

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Samedi 31 décembre 2011 6 31 /12 /Déc /2011 17:05

integristes-et-alcool.jpgJe vous souhaite à tous une très bonne année 2012. Et elle sera importante !

 

En France, continuons de nous battre contre ces idées puantes qu’incarnent aujourd’hui, sous un vernis prétendument républicain, Marine Le Pen et ses adeptes. Les racismes ne sont pas vaincus, tant s’en faut. C’est désormais la mode : les racistes, les xénophobes et les tenants de la haine avancent souvent masqué en tentant d’instrumentaliser des principes universels dont ils sont les premiers ennemis.

En cette année d’élections, exigeons une politique plus juste, plus équitable et un retour à l’économie réelle, mais aussi moins de protections pour les plus favorisés et plus de solidarité à l’égard des plus démunis. En cette période de crise économique, c’est l’individu qui doit être remis au centre de la politique et non pas les banques et les spéculateurs.

 

S’agissant du « monde arabe », nous devons soutenir ceux qui aspirent à un changement démocratique et demeurer vigilants quant à la montée de ces partis islamistes dits « modérés » dont semblent s’accommoder plusieurs capitales occidentales. La démocratisation effective de cette sphère qui s’étend de Casablanca à Ryad est le seul vrai rempart contre les idéologies extrémistes. Les autocrates ayant poussé des sociétés au désespoir et une jeunesse à l’exil doivent nécessairement partir, y compris par la force lorsque cela s’avérera nécessaire.

 

L’Algérie enfin. Comment pourrais-je ne pas en parler ? Ce pays fêtera en 2012 le cinquantenaire de son indépendance. Le pays est en voie de déliquescence et le pouvoir tente, en usant de stratagèmes dépassés, de faire croire qu’il serait en train de se réformer. Au royaume de Bouteflika et de sa police politique, il s’agira de faire, en cette année 2012, le bilan d’un cuisant échec. Les démocrates algériens, au moment où le régime tente de pérenniser un système corrompu et incompétent, vivront incontestablement un tournant historique. Soit ils arrivent à se mobiliser pour incarner une véritable alternative, soit ils se laissent clientéliser par ce pouvoir qui sait acheter, y compris les consciences, et seront complices, devant l’histoire, de la dislocation d’un pays ou, à tout le moins, de la gabegie qui le ronge, soit ils adoptent une attitude fataliste pour cacher leur incapacité à créer les conditions nécessaires à même de donner naissance à une dynamique citoyenne.

 

Quoi qu’il en soit. Bonne année !

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 01:57

NezzarK.jpegEn Algérie, un groupe d’hommes (et de femmes) de lois dont quelques avocats viennent de donner la preuve à la planète entière que la justice algérienne est inféodée au régime et à ses symboles jusqu’à l’article 120 voire au-delà (rappelez-vous ce texte de loi qui, au temps du parti unique et inique, exigeait des citoyens une allégeance pleine et totale au FLN).

Une trentaine de robes noires, rouges, vertes enfin de magistrats ou quasi, des avocats ou simili, des juristes réels ou supposés (et avec eux le tutti quanti des titres plus ou moins pompeux, mais visiblement clientèle assidue du régime) se sont empressés, comme de bons petits soldats bien disciplinés, de signer une pétition en faveur du généralissime Khaled Nezzar appelant les responsables de l’État Algérien afin que ceux-ci prennent « toutes mesures dictées par les circonstances et prier le gouvernement de la Confédération Helvétique d’agir dans les délais opportuns, pour mettre un terme à une procédure que ne justifient ni la réalité des faits invoqués, ni les principes du droit international. »

Je ne commenterai pas le fond du dossier, mais le caractère ubuesque de la démarche, son inefficacité voire même son côté contreproductif.  

Voilà donc un groupe d’hommes (et de femmes) de lois qui pourtant voyagent souvent, utilisent internet, regardent les chaînes satellitaires et se disent, à temps partiel, défenseurs des principes démocratiques et censés être plutôt instruits qui poussent l’outrecuidance jusqu’à demander à Abdelaziz Bouteflika, le président algérien, d’appeler les autorités helvétiques afin que celles-ci interviennent auprès d’un procureur fédéral de la Confédération dans le but de faire cesser une procédure judiciaire où le mis en cause est le généralissime Khaled Nezzar. On aura tout vu !

Je ne sais pas si la plainte est fondée et il ne m’appartient pas de commenter un dossier sur lequel nous savons peu de choses. À vrai dire, je ne pense même pas que Khaled Nezzar ait un jour, en tant que ministre de la Défense, retroussé ses manches pour aller, lui-même, faire passer un mauvais quart d’heure à un détenu. Mais disons que le problème ne réside pas à ce niveau. Il se situe ailleurs.

Je m’explique : Parfois, il y a vraiment des choses qui ne tournent pas rond dans le royaume de Bouteflika et dans l’hémisphère du « Club des pins ». Soit ces braves pétitionnaires ont perdu la boule au point de penser qu’à Berne les choses fonctionnent comme à Alger, soit ils ont perdu le sens des réalités au point de croire qu’un juge ou qu’un procureur, partout à travers le monde, rédige son jugement ou son réquisitoire, comme on le fait dans ces pays antidémocratiques où la justice n’est pas indépendante, après avoir reçu un coup de téléphone d’une haute autorité, soit ils ont tout simplement perdu, y compris les valeurs que certains d’entre eux disent défendre au point de croire que le rôle d’un homme (ou d’une femme) de lois consiste à aller au secours d’un généralissime afin qu’il ne soit pas considéré comme un justiciable.

Il faudrait tout de même qu’on trouve une explication rationnelle à cette démarche, plus qu’inopportune venant de surcroît d’hommes (et de femmes) de lois qui montrent, ni plus ni moins, leur attachement à une justice à deux vitesses : la première pour des généraux, des ministres, des députés et la seconde, pour les autres, les sans-grades.

Parce que rappelons-le tout de même. Pour l’instant, le généralissime Nezzar a été tout simplement auditionné à la suite d’une plainte. Il n’est pas emprisonné, il n’est pas jugé, il n’est pas condamné, mais tout simplement convoqué. Il est par conséquent, au regard du droit, présumé innocent. Chose que les pétitionnaires – et surtout les hommes (et les femmes) de lois d’entre eux – n’ignorent probablement pas. Leur démarche montre en fait qu’on ne doit pas toucher à un généralissime. Qu’il ne faut surtout pas commettre de lèse-général. En fait, pour une certaine clientèle du régime, il ne faut même pas considéré que Khaled Nezzar est présumé innocent, car il serait, plus que tout autre justiciable, innocent tout court. Et qu’il serait innocent tout court, non pas parce qu’il s’appellerait Khaled Nezzar, mais parce qu’il est généralissime à la retraite de l’armée algérienne. Finalement, ces pétitionnaires qui défendent sinon un clan, leur propre carrière ; sinon une carrière, leurs intérêts étroits et personnels ; sinon des intérêts étroits et personnels, une position idiote ; finalement, disais-je, ces pétitionnaires nous ont livré en un texte, le bêtisier de toute une année.

Oui leur position est idiote. Et elle l’est d’autant plus qu’elle donne la preuve qu’en Algérie beaucoup de magistrats, d’avocats, de juges (et même un ancien magistrat à la Haye, Mohamed Bedjaoui), agissent en petits soldats prêts à faire courbette à un généralissime au risque de se ridiculiser et de ridiculiser l’ensemble de la justice algérienne au moment où le pouvoir de Bouteflika jure la main sur le cœur que cette justice algérienne est devenue indépendante depuis avant-hier. Oui, on l’a dit à la télévision d’État, elle est désormais totalement indépendante et ce, depuis le dernier discours du président algérien. Elle l’est tellement qu’en toute indépendance plusieurs bâtonniers, anciens bâtonniers, procureurs et anciens procureurs (et tous les autres) se sont empressés, en toute indépendance bien-sûr, à signer une pétition pour demander à la justice helvétique de ne plus être indépendante. Oui je sais, il vaut mieux en rire qu’en pleurer !   

 

L’autre point à soulever concerne cet amalgame qui est fait entre les souffrances infligées au peuple algérien par les terroristes islamistes et l’action judiciaire à laquelle doit faire face le généralissime Khaled Nezzar. Les pétitionnaires précisent par exemple que « le FIS a été, successivement, le géniteur de l’AIS (Armée Islamique du Salut), du GIA (Groupes Islamistes Armés) et du GSPC (Groupes Salafistes pour la Prédication et le Combat) qui se sont en définitive fondus dans l'AQMI (Al-Qaïda au Maghreb Islamique)… » Soit ! Je suis le premier à dénoncer les tenants de l’islam politique et leurs tentacules terroristes. Sauf qu’une question s’impose : Si le FIS est géniteur de l’AIS, qui a rendu la jeunesse algérienne perméable à l’idéologie du FIS ? Le pouvoir auquel a appartenu Nezzar. Qui a légalisé le FIS ? Le système dans lequel Nezzar occupait les plus hautes fonctions ? Qui a promis que l’arrêt du processus électoral devait protéger, entre autres, la démocratie ? L’armée dirigée à l’époque par le même Nezzar. Cette démocratie a-t-elle été protégée ? Non ! Qui a négocié avec les terroristes ? Le DRS, cette police politique omniprésente que Nezzar n’a jamais dénoncé et qui, depuis vingt-et-un est dirigée par le même ignare, manipulateur, lâche et incompétent qu’on a voulu mythifié le présentant tel un superman sans lequel l’Algérie tomberait en friche, car sans héritier mâle. Qui a amnistié les terroristes ? Le système auquel a appartenu toujours le même Nezzar. Qui a pour partenaire politique la branche dite « modéré » de ces mêmes terroristes ? Toujours ce même régime, soutenu d’ailleurs par certains des pétitionnaires. Et alors ? Que veulent-ils nous raconter ? Une autre histoire de l’Algérie ? Ils veulent eux-aussi falsifier la réalité de ce pays comme l’avait fait avant eux les Ben Bella et Boumediène avec l’histoire de la révolution ?

Premièrement, les militants du FIS, du GIA, de l’AIS et j’en passe qui ont infligé ces souffrances avérées ont été amnistiées par le pouvoir algérien et non pas par la justice suisse. D’ailleurs, soi-dit en passant, à bien regarder la loi concoctée par Bouteflika avec la complicité de l’armée et du DRS, je crois bien que ces hommes (et ces femmes) de lois n’ont plus le droit de qualifier les terroristes de terroristes. La loi algérienne a absout des criminels de leurs crimes, car le pouvoir politique en portant cette extraordinaire idée a voulu nous faire croire que personne n’est responsable de la tragédie algérienne. En fait, on a traduit dans des textes de lois, le fameux slogan fataliste « Allah Ghaleb » (C’est Dieu qui l’a voulu !) qui dédouane, déresponsabilise et absout. 

En d’autres termes, la loi amnistiante a passé les morts, les blessés, les disparus, les traumatisés et j’en passe, par « pertes et profits exceptionnels » et a empêché toute réelle réconciliation étant donné que la chose a été concoctée dans les laboratoires au mépris de l’avis du peuple et des victimes ainsi que de leurs proches. L’ensemble a été légalisé par un référendum où la fraude traditionnelle a sévit en amont et en aval. Sans oublier qu’une propagande bien huilée a expliqué aux Algériens que ceux qui seraient contre l’amnistie des criminels seraient les ennemis de la paix. Foutaise ! En réalité, les seuls ennemis de la paix et de la stabilité de l’Algérie sont ceux-là même qui ont voulu, à tout prix, que le crime soit banalisé et ceux qui n’ont pas donné à la justice l’occasion, au moins, de développer, malgré son manque d’indépendance, une pédagogie qui aurait expliqué à la fois aux tueurs et à la société qu’ôter la vie à un citoyen est une chose grave qui mérite sanction.

Des victimes tués ou blessés une deuxième fois avec la complaisance de certains de ces mêmes hommes (et femmes) de lois qui viennent aujourd’hui au secours du plus bavard officier de la grande muette alors qu’ils avaient, pour la plupart, là aussi en faisant courbette au régime, applaudi l’indécente mesure.

Deuxièmement, à l’évidence, si le pouvoir a pardonné les crimes commis par les islamistes, certains de ces mêmes islamistes n’ont visiblement pas amnistiés (en tout cas pas encore) les hommes (et les femmes) du pouvoir de leurs crimes réels ou supposés.

Alors de deux choses l’une, soit ce régime s’est fait arnaquer par les islamistes. Et c’est tant mieux pour sa gueule, pour dire les choses simplement. Soit un clan du régime a arnaqué un autre clan en s’alliant en douce avec les islamistes et autres tenants du fameux « qui tue qui ? » et là aussi que les uns et les autres aillent au Diable tant les uns et les autres sont comptables également de la déliquescence du pays. Soit enfin l’amnistie était, en réalité, la plus mauvaise idée de ces cinquante dernières années (et Dieu seul sait qu’il y en a eu de la part du pouvoir) et, par conséquent, ceux qui se sont tus devant une disposition aussi ignoble, n’ont qu’à en assumer les conséquences. Et pour cause : comment peut-on soustraire un tueur à la justice et laisser un crime impuni ? Au nom de quoi ? De qui ? Dans quel pays peut-on estimer qu’un tueur n’est plus un tueur car le pouvoir politique l’a promulgué ?

Le discours négationniste de Bouteflika, soutenu par l’armée et le DRS, a réhabilité des criminels (comme Madani Mezrag par exemple), qu’ils ne s’étonnent pas alors lorsque des suppôts, alliés ou proches de ces mêmes criminels les rendent comme seuls responsables de la tragédie algérienne.

Il ne subsiste aucun doute aujourd’hui dans mon esprit, au regard d’éléments nouveaux en ma possession, que le généralissime comme la plupart de ses collègues décideurs ont, à tout le moins, couvert de graves, voire de très graves atteintes aux droits de l’homme et autres assassinats politiques s'ils ne les ont pas eux-mêmes commandités.

Et qu’on ne vienne pas me raconter que je serais devenu un nouveau partisan du « qui tue qui ? » cherchant à dédouaner les islamistes. Pour moi les choses sont désormais claires. Les intégristes, enfantés par le FIS, sont des tueurs, mais cette armée qui était censée les combattre avec des moyens légaux, démocratiques et civilisés a été encouragée, par certains de ses chefs, à mener d’une part, une lutte antiterroriste qui n’a respecté aucune des conventions signées par l’Algérie au niveau internationale et, d’autres part, certains hauts responsables de l’armée, à commencer par le général Toufik et ses plus proches adjoints ont instrumentalisé le contexte pour régler quelques comptes politiques avec la complicité active ou passive du généralissime Khaled Nezzar et de quelques autres.

En réalité, les amis de Nezzar oublient que celui-ci, comme demain d’autres de ses collègues, subiront les conséquences directes d’une politique hasardeuse. Ce bricolage, à travers lequel le pouvoir montre l’étendue de son mépris à l’égard de la société civile et de l’ensemble des Algériens, finira par provoquer un effet boomerang. La convocation de Nezzar par la justice helvétique n’est, à mon avis, que le prélude d’une avalanche d’affaires qui s’abattra tout au tard sur tous ces apprentis sorciers qui sont prêts, pour défendre leurs petits intérêts, à disloquer tout un pays.   

En gros, la ligne suivie aujourd’hui consiste à expliquer que les islamistes de l’AIS n’ont quasiment tué personne, que les tueurs du GIA sont tous morts et ceux qui furent relaxés n’ont pas de sang sur les mains, qu’au CPMI, dirigé alors par Bachir Tartag personne n’a été liquidé, qu’au CTRI de Blida, dirigé par M’henna Djebbar, nulle trace de torture, que les troupes de Mohamed Lamari n’ont jamais enfreint la loi, que les subordonnées de Smaïl Lamari n’ont, eux non plus, jamais fait de mal à une mouche, enfin, il ne s’est rien passé en Algérie. Voyons donc ! Durant les années 1990, on a tous rêvé ou plutôt cauchemardé.

 

Enfin, une dernière chose. Tout de même. Certains pourraient se dire pourquoi, alors que j’avais moi-même apporté mon témoignage en faveur de Khaled Nezzar, en 2002, dans le procès qui l’opposait à un soldat bonimenteur, j’adopte aujourd’hui une telle position ? Primo, le contexte est différent. Il y a dix ans, il s’agissait d’un procès en diffamation où le généralissime et le soldat était face à face, d’égal à égal, d’homme à homme, allais-je dire, devant une juridiction indépendante. Il ne s’agissait pas de demander à une justice indépendante de ne pas auditionner un généralissime parce que c’est le généralissime.

Khaled Nezzar se souvient parfaitement qu’il a été traité comme toute autre partie civile dans un procès qui fut, quoi qu’on puisse en dire, équitable. Secundo, le procès en question remettait en cause le sujet relatif à l’arrêt du processus électoral d’où d’ailleurs, la présence en face de Hocine Aït Ahmed, par exemple, qui était venu défendre, entre autres, cette position. Mon témoignage, de l’époque en faveur de Nezzar, ne consistait pas à défendre le généralissime, mais un principe que je continue à ce jour de défendre : oui ! Il ne fallait pas laisser le FIS prendre le pouvoir. Mais oui, il fallait aussi, immédiatement après l’arrêt du processus électoral, engager une démocratisation effective du pays, la démocratie étant le seul vrai rempart contre les idéologies fascisantes, et non pas, permettre l’installation d’un régime autocratique qui, de surcroît, continue de s’allier avec les tenants de l’islam politique, ceux en tout cas qui ne mettent pas en danger le système. Et enfin, il ne fallait pas aller vers une compromission avec les islamistes en vue de domestiquer soi-disant ces mêmes islamistes. Alors qu’ils étaient vaincus militairement, il fallait les combattre idéologiquement. Or, au moment où l’islamisme était vaincu sur le terrain militaire, on l’a réhabilité sur le terrain politique. En réalité pour en faire un alibi politique. Et pire, on a, toujours avec ce petit esprit de petits bricoleurs, appliqué une partie de sa politique au point de faire de l’Algérie le pays le plus perméable à des segments importants de l’idéologie islamiste. Tertio, les témoins de Khaled Nezzar, à l’époque, comme ceux de la partie adverse, n’avaient à aucun moment, signé de pétition appelant la justice française à pencher d’un côté au lieu d’un autre. Les uns et les autres avaient, dans le cadre d’une polémique à caractère politique, défendu leurs points de vue. Enfin, j’avoue, car dans la vie il faut aussi savoir avouer ses erreurs : s’afficher aux côtés de Khaled Nezzar fut une faute. Une erreur monumentale que j’ai commise, car je ne disposais pas des informations aujourd’hui en ma possession. J’avais alors adopté une position politique pour défendre mes convictions et certainement pas pour aller au secours d’un symbole de ce régime nauséeux qui continue de martyriser les Algériens et de violer toute une nation.

Enfin, cette pétition aura eu le mérite au moins de nous dévoiler ceux qui, en Algérie, veulent un vrai changement et une réelle démocratisation du pays et ceux qui, comme ces pétitionnaires, se laissent complaisamment instrumentalisés dans des luttes claniques aussi absurdes que néfastes en attendant récompense comme toute clientèle qui ne se respecte pas…

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 21:38

khaled-nezzar.jpgAu début de l’année 2002, alors qu’une vive polémique m’opposait, à la fois, aux éditions La Découverte et au prétendu "auteur" du livre intitulé La Sale guerre, l’ex-sous-lieutenant de l’armée algérienne Habib Souaïdia, l’un de vos avocats m’avait contacté à Paris pour me demander si j’acceptais de témoigner en votre faveur dans un procès en diffamation que vous intentiez à cet "auteur".

J’avais alors, immédiatement et spontanément, malgré mon statut de réfugié politique, choisi de vous apporter mon soutien dans cette affaire. À l’époque, deux raisons avaient motivé ma décision. Primo, j’avais compris que l’enjeu de ce procès résidait, non pas dans une banale polémique liée au droit de la presse, mais autour de la question relative à l’arrêt du processus électoral en janvier 1992. Ayant été, à l’instar d’un certain nombre de militants démocrates, de journalistes engagés et d’intellectuels et autres acteurs de la société civile, personnellement favorable à cette démarche, que je considérais comme salvatrice, il était donc normal, pour moi, d’être à la fois cohérent et honnête intellectuellement. Je vous avais d’ailleurs publiquement rendu hommage, lors de ce procès, pour avoir pris, avec vos collègues, les mesures nécessaires qui ont empêché le Front islamique du salut (FIS) d’instaurer une théocratie en Algérie tout en vous rappelant ma détermination à continuer de fustiger ce régime qui s’entête à refuser toute démocratisation du pays non sans instrumentaliser, à son tour, le fait religieux.

Secundo, ayant été le témoin direct d’une manipulation éditoriale, opérée par les éditions La Découverte, je voulais également apporter ma version des faits dans le but de contribuer à la manifestation de la vérité. C’était donc là les seules et uniques raisons qui m’avaient incité à braver les différentes pressions que j’avais subies et à m’afficher à vos côtés, bien que vous représentiez ce système que je ne cesserai de honnir. À l’époque, je vous avais dit publiquement, une première fois dans l’enceinte même du tribunal et, à une seconde reprise lors d’un face à face que nous avions eu, vous et moi, que mon témoignage en votre faveur n’était motivé ni par une adhésion à la politique suivie par le régime que vous avez servi tout au long de votre carrière ni par une démarche courtisane, attitude malheureusement répandue en Algérie, et encore moins par une volonté de me rapprocher de ce pouvoir moribond constitué, le plus souvent, de personnages œuvrant davantage pour leur destin personnel que dans l’intérêt du pays et celui des Algériens.

Ma décision était, et j’espère que vous l’avez comprise ainsi, désintéressée, nourrie par de profondes convictions démocratiques et de nature strictement politique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, depuis ce procès, je n’ai pratiquement plus jamais cherché à vous contacter. Entre vous et moi, disons qu’il y a toujours eu un fleuve, non pas de sang, mais de différences idéologiques puisqu’à l’évidence, les valeurs que vous défendez au sein du système sont aux antipodes de ce qui a toujours motivé mes engagements. À l’époque, je m’en souviens et j’espère que vous aussi, vous m’aviez assuré que tous les chefs de l’armée algérienne étaient des républicains et qu’ils étaient innocents de tous les crimes qu’on leur imputait. Vous m’aviez également certifié que vous étiez un "légaliste" qui n’avait jamais enfreint les lois de la République algérienne. Ce fut, je le crois, l’essence des quelques échanges que nous avions eus, il y a de cela une dizaine d’années.

Monsieur Khaled Nezzar,

Lorsque vos collègues et vous-même, à l’époque ministre de la Défense, aviez pris la décision, avec le soutien de quelques démocrates et autres représentants de la société civile, d’arrêter le processus électoral, votre discours officiel prétendait que l’objectif de l’institution militaire visait à "sauver la démocratie" naissante d’un projet intégriste qui, objectivement parlant, mettait en danger la pérennité de l’État et menaçait, y compris, l’intégrité physique des citoyens.

Je suis de ceux qui se rendent compte vingt ans plus tard, qu’en réalité, vos collègues et vous-même n’étiez qu’accessoirement nourris par cette prétendue volonté de sauver la démocratie et que votre premier souci, peut-être bien le seul, consistait à aller surtout au secours d’un système de gouvernance rentier et arrogant, d’un régime autoritaire et antidémocratique. Pour ce faire, vous avez utilisé le danger islamiste, la crédulité de la société civile et la naïveté des progressistes pour fermer la parenthèse démocratique et pérenniser ce pouvoir corrompu, autocratique et falsificateur, incarné aujourd’hui par Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Gaïd Salah et Mohamed Mediène alias Toufik, pour ne citer qu’eux.  D’ailleurs, observez comment vingt ans plus tard, ce même régime, connu désormais pour son caractère inique et ses méthodes archaïques, continue d’être, à travers sa politique irresponsable, générateur d’islamistes et de terroristes. Observez comment après deux décennies de violence et 150 000 morts plus tard, ce pouvoir vieillissant s’apprête à livrer le pays aux fanatiques.

À la différence, vous y conviendrez, que ces intégristes qui vont hériter de l’Algérie sont différents des Abassi Madani et Ali Benhadj. En effet, ces islamistes dits "modérés", partenaires privilégiés du régime et de l’institution militaire, depuis plusieurs années, sont dangereux pour le peuple, pour la société, pour les principes démocratiques, pour les progressistes et pour les féministes, mais pas pour le "système" que vous continuez à soutenir.  Les Belkhadem, Soltani, Djaballah, Menasra et autres intégristes en costume, enfantés par le régime auquel vous n’avez cessé d’appartenir, ne sont dangereux ni pour vous-même ni pour vos collègues généraux et, comme vous le savez, ne remettront jamais en cause le système. C’est assurément ce qui explique votre silence à ce sujet.

Votre ancien acolyte Mohamed Mediène, vous ne l’ignorez pas, contrôle, à travers l’outil du DRS, ce champ politique qu’il tente de configurer (et aujourd’hui de reconfigurer) à sa guise avec la complicité d’un chef d’État, autocrate notoire, avide de pouvoir et désormais homme du passé et du passif. La plupart de vos collègues et vous-même n’ignorez pas non plus que les islamistes que vous avez choisi comme partenaires, je le reprécise, ne représentent aucun danger pour vos privilèges et ne vont pas contrarier la répartition de la rente puisqu’à l’évidence, ils en seront, eux aussi, des bénéficiaires.

À mes yeux, il s’agit là d’une double trahison. Celle opérée par ceux qui, comme vous, ont arrêté le processus électoral sans jamais dénoncer comme il se doit cette politique négationniste, appelée "Réconciliation nationale", entérinée par Abdelaziz Bouteflika, avec l’accord de l’armée, et qui a abouti à ce "quitus" donné à des assassins au mépris de la justice, des droits des victimes du terrorisme et de leur famille. Et celle opérée par vos successeurs visant à réhabiliter l’islam politique et à l’utiliser cyniquement tantôt comme "partenaire" tantôt comme "épouvantail" pour empêcher toute démocratisation effective du pays.

Finalement, l’islamisme a bon dos : il permet au système de se présenter comme une "alternative" à l’intégrisme aux yeux de la population algérienne et comme un "rempart" face au terrorisme devant les partenaires étrangers. C’est dire que cet islamisme que vous prétendez honnir, tout comme beaucoup de vos collègues généraux, est devenu, de fait, votre meilleur allié, votre alibi par excellence et votre sauf-conduit. Décidemment, le pouvoir algérien ne sait pas, ne veut pas tirer les enseignements de ses erreurs. Pire, celles-ci représentent en fait sa stratégie. N’ayant aucune légitimité démocratique ce système, reposant sur une police politique que vous n’avez jamais dénoncé, continue d’alimenter l’islamisme qui, en définitive, constitue sa seule légitimité.

Monsieur Khaled Nezzar,

Il y a quatre ans, exaspéré par la dérive tranquille entamée par le pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika, toujours avec la complicité de cette fameuse police politique, dirigée par votre ancien acolyte, le général Mohamed Mediène, j’ai décidé de mener une investigation journalistique afin d’essayer de comprendre pourquoi l’Algérie, pays pourtant aux multiples atouts, n’arrivait pas à sortir de son marasme. J’ai donc réalisé de longs entretiens à la fois avec des responsables algériens et des observateurs occidentaux, j’ai questionné certains de vos anciens collaborateurs, quelques-uns des caciques du régime, des fonctionnaires, des militaires, certains à la retraite, d’autres, toujours en activité, bref, j’ai réalisé, à partir de Paris, le travail qu’on ne peut pas faire lorsqu’on vit en Algérie. J’entends d’ici déjà, les cris d’orfraies lancés par vos amis et autres courtisans qui vont probablement crier au "complot franco-sionisto-impérialiste" en usant de tout le barnum langagier, devenu tradition des hommes du sérail et de leurs larbins, pour tenter de diaboliser les voix discordantes, mais n’ayez crainte, dites-leur que l’homme qui avait témoigné en votre faveur n’avait alors obéi qu’à sa conscience et qu’il en fait autant aujourd’hui.

Ce long travail de recherches, ponctué par une série d’ouvrages, le premier étant Bouteflika, ses parrains et ses larbins, le second, Histoire secrète de l’Algérie indépendante, l’Etat DRS (les autres seront publiés ultérieurement), ce travail, dis-je, m’a permis de comprendre le rôle joué par un certain nombre de responsables, civils et militaires, dans le drame qui continue de bouleverser l’Algérie. Mais ce travail m’a permis également de me rendre compte que vous n’êtes pas, je le dis clairement, exempt de reproches et, pour aller plus loin, que vous m’avez tout simplement menti, comme vous avez induit en erreur une partie de l’opinion publique et particulièrement les démocrates. (Cliquez pour Lire la suite sur www.lematindz.net)

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Dimanche 25 décembre 2011 7 25 /12 /Déc /2011 15:59

MCM.jpegJe lis de temps à autre sur les colonnes de journaux algériens les proses du colonel Mohamed Chafik Mesbah. Il s’agit de ce « savant » qui se présente comme un « retraité » des services de renseignement, très prompt à intervenir dans le débat public sous l’étiquette de Certes j’ai servi pendant plus de vingt ans la police politique de la dictature, certes j’ai servi des tyrans, une Sécurité militaire hostile au projet démocratique, mais au fond, je vous rassure, j’ai toujours été un grand démocrate ! 

 

Le « savant », comme tous les « savants » qui ne se respectent pas, écrit pour lui-même, pour quelques initiés du sérail, mais surtout pour les observateurs étrangers. Il est devenu en quelques années une « voix autorisée » à travers laquelle le DRS et singulièrement son patron, le général Mohamed Mediène, passent leurs messages.

Usant et abusant à la fois de formules alambiquées et de tournures prétendument « savantes », convoquant tantôt les penseurs (les vrais) tantôt les héros de la révolution, ses contributions ont tendance à raconter une Algérie qui n’existe ni dans la réalité ni même dans la fiction, mais qui figure, bel et bien, dans l’esprit de ces commissaires politiques qui veulent, depuis un demi siècle, nous faire passer des vautours pour des colombes et de grands dictateurs pour d’illustres progressistes.

Dans une récente sortie sur les colonnes du quotidien El Watan, le bonhomme, toujours aussi mal inspiré, mais alimenté par cette volonté de pérenniser un système nauséeux, a cru qu’il serait opportun de rendre hommage à Houari Boumediène, cet autocrate, spécialiste en coups d’État, en liquidation d’opposants et ami de la barbouzerie mondiale qui, avec Ahmed Ben Bella, a fait prendre à l’Algérie, au lendemain de l’indépendance, ce mauvais départ aux conséquences toujours visibles à ce jour. Sous la plume de Mesbah, l’adepte du pouvoir absolu qu’est Boumediène devient presque un grand démocrate ou plus précisément un démocrate que seule la mort a empêché d’en être un !

Le « savant », tout en affichant, à l’égard du peuple, ce mépris qu’on enseigne, assurément, dans les écoles de la Sécurité militaire est allé jusqu’à clamer que « Rien ne sert d’imposer aux peuples le bonheur malgré eux. Il suffit de les laisser exprimer, librement, leur choix. »

Mesbah a oublié une chose fondamentale ou alors lui, l’érudit, semble avoir mis sous le boisseau ses classiques et notamment ceux où Hannah Arendt rappelle l’endoctrinement des masses par ces régimes totalitaires (les dictateurs emploient les mêmes techniques) qui savent transformer des assassins en héros, des traîtres en loyaux, des médiocres en « savants », des très petits en très grands, des voleurs en honnêtes hommes, des personnages serviles en intellectuels intègres, etc. Et inversement. Il a préféré s’approprier l’une de ces formules détestables qui tentent de nous expliquer, en substance, qu’en définitive, les peuples n’ont que les malheurs qu’ils méritent. Mesbah oublie cependant de préciser que les Algériens, ce peuple qui a tant souffert sous le colonialisme français et sous celui de ses patrons, a eu, tout simplement les dirigeants qu’il ne méritait pas d’avoir. Il a oublié, en bon intellectuel organique, de condamner ces décideurs qui ont asservi l’Algérie au lieu de la servir.

Mohamed Chafik Mesbah laisse ainsi entendre, après l’avoir enseigné dans l’école de la Sécurité militaire, par lui créée, à travers cette phrase à priori anodine, au mieux que le peuple algérien serait masochiste, au pire qu’il serait inapte à la démocratie et donc, au bonheur. Le colonel, prétendument « retraité », oublie que ce peuple, endoctriné à travers l’action assurée par les services auxquels il n’a jamais cessé d’appartenir, ce peuple soumis à la propagande panarabisante de son idole Boumediène à travers son autre idole Ahmed Taleb el-Ibrahimi, ces Algériens qu’on veut abrutir aujourd’hui via l’école du non moins abruti, ministre de l’Éducation, Aboubakr Benbouzid, recruté par le DRS lorsqu’il était vice-recteur de l’université de Blida et depuis protégé par son général de patron Mohamed Mediène, cette jeunesse, dis-je, qu’on a empoisonné à coups de bigoterie et de déculturation veut non seulement son propre bonheur, mais celui de l’Algérie, contrairement aux maîtres de Mesbah qui, au sein de cette police politique, continuent de se jouer d’un pays transformé en dépotoir.

« Dès son accession aux fonctions de chef de l’Etat, le 19 juin 1965, Boumediene, en choisissant le docteur Ahmed Taleb Ibrahimi comme ministre de l’Education nationale, a fait le choix stratégique de privilégier l’Islam des Ulémas, « l’islam des lumières » pourrions-nous dire, contre celui des confréries, jugé facteur de régression et qu’il s’est efforcé de réduire ». Cette phrase du « savant » montre également sinon sa méconnaissance totale de l’histoire de son pays, sa volonté d’enjoliver la réalité quitte à la travestir. Primo, depuis quand les Ulémas algériens sont-ils des adeptes de  l’«islam des Lumières » ? Mesbah le falsificateur a oublié, consciemment, de mentionner trois points essentiels. Les Ulémas étaient des assimilationnistes et non pas des indépendantistes contrairement aux Confréries soufies qui, elles, ont enfanté Abdelkader, El-Mokrani et El-Haddad. D’autre part, les Ibn Badis et autres cheïkh Al-Ibrahimi s’inspiraient directement des Frères musulmans, cette école de pensée fondée en Égypte, en 1928, par Hassan al-Banna. En d’autres termes, ceux qu’il décrit comme des représentants de l’« islam des Lumières » n’étaient rien d’autre que des partisans d’un obscurantisme crasse dont s’inspireront d’ailleurs plus tard certains des cadres du Front Islamique du Salut (FIS) et notamment ces fameux djazaaristes auxquels il rend indirectement hommage, comme si des tueurs tels Madani Mezrag et Mohamed Saïd ou un hurluberlu intégriste tel Anouar Haddam pouvaient être décrits comme des partisans d’un « islam des Lumières ». Enfin, ce que Mesbah, qui n’est pas un chantre de l’honnêteté intellectuelle, oublie aussi de mentionner, c’est l’appartenance de son propre père à cette fameuse confrérie des Ulémas. Comment pouvait-il faire autrement ? Lui qui a une très haute opinion de lui-même, ne pouvait que se vivre tel un descendant direct de l’« islam des Lumières ». Il est à l’image de certains de ses patrons : adepte d’un islam qui tolèrerait l’affairisme, le clientélisme et les passe-droits.

À l’heure de la « Réconciliation nationale » qui a réhabilité des assassins, mesure décidée par ses chefs, et au moment où Bouteflika et le DRS s’apprêtent à livrer le pays à l’intégrisme (prétendument soft), il était normal que le « savant » vienne expliquer au royaume des aveugles que les djazaaristes seraient finalement des personnages fréquentables.

La dernière supercherie Mesbahienne réside enfin dans cet ultime mensonge : « Le souci de l’unité nationale l’habitait [Houari Boumediène] au point qu’il avait instruit les services de la présidence de la République de ne pas divulguer dans les biographies des responsables publics nommés leur lieu de naissance ». La Kabylie et ses enfants, présentés, à tort, depuis l’époque Ben Bella/Boumediène à ce jour, comme séditieuse, antinationale, antimusulmane apprécieront ce mensonge grossier, cette diffamation à l’égard de l’histoire, cette manipulation de la vérité. Boumediène qui interdisait aux habitants de plusieurs régions de l’Algérie de parler leur langue et leur dialecte, Boumediène qui niait des pans entiers de l’identité algérienne, Boumediène qui a privé toute une région, la Kabylie, de l’un de ses héros, Amirouche en l’occurrence, dont le cadavre a été dissimulé honteusement sous la brigade de gendarmerie du colonel Bencherif, Boumediène qui réprimait dans le sang les militants berbéristes, Boumediène enfin qui exacerbait le régionalisme est transformé sous la plume du « savant » organique en un dirigeant ayant le « souci de l’unité nationale ». Foutaise !

Dans vingt ans, Mesbah nous expliquera probablement que Bouteflika était un grand démocrate et que Mohamed Mediène un chantre des principes universels. L’histoire retiendra par contre que Mohamed Chafik Mesbah était un apologue, es-qualité, en service et au service des régimes ayant détruit l’Algérie.

En tout état de cause, je reviendrai longuement dans mon livre Histoire de l’Algérie indépendante : L’État-DRS sur le parcours, le profil et les missions de ce personnage qui ne cesse de tromper l’opinion publique.

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Jeudi 22 décembre 2011 4 22 /12 /Déc /2011 10:57

-2-2Je viens d'apprendre que le général Abdelkader Kherfi alias Ahmed, patron de la Direction de la Sécurité Intérieur (DSI) a été démis de ses fonctions. Pour rappel, ce général, considéré en Algérie comme l'un des plus grands affairistes du système, avait remplacé le sinistre Smaïn Lamari. Cette décision aurait été prise par Abdelaziz Bouteflika et le général Mohamed Mediène, chef du DRS.

Quoi qu'il en soit, de telles décisions, si elles sont, en effet, nécessaire ne doivent pas être l'arbre qui cache la forêt, car si l'officier Abdelkader Kherfi s'est rendu coupable de malversations financières, c'est aussi parce qu'il appartient à un système qui encourage cette corruption endémique, celle là même qui gangrène toutes les institutions algériennes. J'évoque d'ailleurs le cas de ce général, comme celui d'autres officiers, dans mon livre à paraître le 19 janvier prochain  l'Histoire secrète de l'Algérie indépendante ou l'Etat - DRS.

J'y reviendrai...

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 11:29

-2-2Présentation de l'éditeur :

 

En cette période de « révolutions » arabes et au moment du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie, ce pays continue d’être contrôlé par des services secrets omniprésents qui suscitent fantasmes et interrogations.

Cette enquête raconte pour la première fois l’histoire tumultueuse de la Sécurité militaire algérienne, (devenue en 1990 le Département du renseignement et de la sécurité - DRS), en mettant à nu certaines de ses pratiques : liens entretenus un temps par les services algériens avec des organisations terroristes (l’ETA) et avec des milieux du grand banditisme (le gang des Lyonnais), assassinats d’opposants (Khider, Krim, etc.), implication dans l’élimination du président Mohamed Boudiaf, tué le 29 juin 1992, dans la mort des moines de Tibhirine, etc.

Tout en rappelant les crimes des islamistes, l’auteur apporte, sans manichéisme, un regard nouveau sur la guerre civile ayant ensanglanté l’Algérie durant les années 1990.

Ce livre permet également de découvrir les dessous de la guerre que se livrent l’Algérie et le Maroc à propos du Sahara occidental, les détails sur l’assassinat, en 1987 à Paris d’André Ali Mecili, un avocat franco-algérien. Il revient sur la personnalité et le rôle des différents patrons de ces services : de Abdelhafid Boussouf, leur fondateur à Mohamed Mediène alias Toufik, qui les dirige depuis 1990.

Riche en révélations et témoignages inédits, cet ouvrage relate l’histoire des cinquante années d’une Algérie indépendante, sous l’emprise d’une police politique aussi opaque qu’omniprésente, qualifiée par beaucoup d’Algériens de « premier parti politique du pays ».

Résultat de plusieurs entretiens avec des responsables civils ou militaires, de rencontres avec d’anciens officiers des « services », cette enquête décrit le rôle joué par le renseignement militaire dans l’histoire du mouvement national algérien, et sur son utilisation par les hauts gradés comme instrument de pouvoir d’un régime autocratique qui a beaucoup de mal à s’ouvrir à la démocratie.

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Mardi 4 octobre 2011 2 04 /10 /Oct /2011 20:08

nahar2Je publie intégralement cette contribution de notre ami Mohamed Abassa qui défend un point de vue iconoclaste et rare. Je ne partage pas l'ensemble de son analyse, je n'aurais peut-être pas utilisé les mêmes mots, les mêmes termes, mais il est évident que le fond de cette contribution, qui pointe du doigt l'antisémitisme primaire qui gangrène la société algérienne par la faute de ses dirigeants islamo-nationalistes et affairistes incultes, est plus que nécessaire à véhiculer tant on ne peut passer sous silence la politique de la haine menée par la pouvoir qui tente, à travers son barnum langagier habituel, de détourner l'attention des Algériens afin qu'ils oublient la mauvaise gouvernance dont ils sont les premières victimes. Ce racisme ignoble qui se banalise par la faute de Bouteflika et de ses larbins est inacceptable pour tout algérien digne et il est inutile et irrecevable d'utiliser le conflit israélo-palestinien comme abcès de fixation ou prétexte pour légitimer les théories fumeuses et les idéologies nauséeuses développées par des torchons comme le quotidien arabophone Ennahar dirigé officiellement par le pseudonyme Anis Rahmani, un petit soldat à la solde de Mohamed Megueddem, le fameux "chargé de mission" de Bouteflika et symptôme d'un régime inculte, corrompu et haineux. M.S

 

Oui, je mourrai pour les juifs si…

 

Par Mohamed ABASSA

 

J’ai lu avec dégoût, mais sans surprise, les commentaires orduriers du quotidien arabophone « Ennahar » dont on connaît bien par ailleurs les penchants naturels pour le caniveau, la haine et l’appel au meurtre régulièrement lancé contre des hommes de progrès algériens. Ce journal s’étant déjà distingué par le passé dans sa UNE par l’appel au meurtre de l’auteur de « POUTAKHINE » première indignation et premier  cri de révolte littéraire des printemps arabes. Le propriétaire caché d’Ennahar avec son journal de vendus et de voyous, financé, distribué et soutenu par l’Etat algérien c'est-à-dire avec l’argent du contribuable, a appelé dans ses colonnes à la mise à mort de Mehdi El-DJEZAIRI, l’auteur de POUTAKHINE. Le plus cocasse dans l’histoire c’est que la journaliste du journal insulteur n’a jamais lu le livre. Pour mémoire, rappelons que ce quotidien a été créé en quelques jours, novembre 2007, pendant que d’autres attendaient et attendent toujours, depuis des années leur récépissé de dépôt de dossier indispensable à la création d’un titre. Simple hasard ou connivences criminelles entre mercenaires bien connus et propriétaires du pouvoir?   

Ce torchon de journal, visiblement animés par des multi récidivistes, journalistes corrompus jusqu’à l’os ; des baltaguis comme il se dit, a cru ou croyait devoir insulter M. Ghazi HIDOUCI en le traitant de Juif. Il n’a pas écrit « sale juif » comme on écrit habituellement « sale arabe », comme l’écrivaient habituellement les fascistes de l’extrême droite ou comme le suggèrent souvent les autres fascistes des droites de l’extrême ; islamistes compris. Non, il a tout simplement écrit de M. Hidouci qu’il était Juif. Et c’est suffisant à leurs yeux, suffisant que cette seule qualité de Juif, apparaisse comme une insulte et une infirmité incurable et disqualifiante à jamais. J’ai personnellement honte qu’un journal algérien ou supposé comme tel, puisse écrire ce genre de choses barbares sans qu’aucune institution, aucune autorité de la république, aucune association branchée sur les atteintes aux droits humains, aucune loi, sans qu’aucun journal de la presse commerciale privée, paré de vertus républicaines hautement affirmées, n’ait réagi, n’ait protesté contre cet attentat médiatique ignoble et odieusement raciste contre un authentique Algérien connu et reconnu. Qu’il soit Juif, Chrétien, athée ou agnostique, M. Hidouci fut un grand ministre, talentueux, honnête et compétent. Il voulait juste faire du bien à son pays ; l’Algérie. Les mafias locales d’alors et qui sévissent toujours au sein du pouvoir et auxquelles se rattache aujourd’hui le journal « Ennahar » ne lui ont donné ni le temps ni les moyens d’asseoir son projet économique. Qu’importent les convictions et les options économiques de M. Hidouci, peut-être avait-il tort, peut-être s’était-il trompé, l’essentiel, le plus important, est la conviction permanente qu’il avait de travailler pour le seul intérêt, le salut de son pays ; l’Algérie. Sa qualité ou sa non-qualité de Juif n’ont strictement rien à voir avec ses profondes convictions algériennes ; rien à voir avec son patriotisme d’Algérien accompli et propre. Qu’il fut Juif algérien ou rien d’autre, il était surtout Algérien de cœur et d’esprit comme le furent et le sont des millions et des milliers de juifs algériens, j’écrirai plutôt algériens juifs, n’était le chahut malencontreux de M. Crémieux ; l’imbécile. Il arrange bien les desseins odieux et criminels des islamistes. Lui, Crémieux,  a séparé les berbères, frères et sœurs d’origine en deux camps ennemis qu’on veut nous présenter comme ennemis irréductibles: des berbères juifs devenus subitement Français à part entière et, en face, des autres berbères, ni juifs ni chrétiens, décrétés Français à part ; Français colonisés et exclus de tout. L’horreur du premier apartheid organisé. Aussi la cassure du berceau historique qui porte des berbères juifs à se faire appeler Simon, Jean et Daniel, eux les Benhamou, les Bensaïd et les Zemmour, berbères de racines, berbères de cœur et de sang, à buriner et à latiniser leurs noms et prénoms. Juste pour appartenir et ressembler à la France coloniale, à la France supérieure des possédants. Ces juifs « améliorés » par rapport à leurs autres frères berbères, ont-ils pour autant gagné au change ? Ils ont certes gagné un statut de berbères latinisés et francisés mais, dans le fond, sur l’essentiel, ils ont surtout perdu leurs racines et leur berbérité historique. Origines honteuses ? Non, jamais. M. Zemmour, lui qui attribue à ses congénères berbères une prédisposition naturelle à la délinquance, peut-il étaler ici ses origines biologiques aryennes qu’il n’a pas ? Qu’il n’aura jamais. Biologiquement, il ne peut nier ses racines juives, berbères et algériennes. M. Crémieux, Adolphe, a fait de lui un Français de souche parfait ; un pur beur aux yeux bleus, tout comme de nombreux berbères. Il en jouit et se gosse de l’ignorer. M. Jean-François Copé aux consonances patronymiques bien plus et tellement françaises, lui qui bavarde et s’étale tant sur la pureté identitaire française qu’il se propose de sauver, peut-il lui aussi faire l’impasse sur ses multiples ascendances et descendances juive, roumaine, algérienne et Berbère. S’appeler Copé est déjà bien mieux que Copelovici ou Ghenassia, ces tares sémites indélébiles qui collent à la peau et dérangent le bien paraître. Autant s’appeler Jack, Nicolas ou André plutôt que Moïse, Shlomo ou Isaak.  Oui, M. Jean François Copé par sa mère et grand-mère, Djouher Soussi et Monique Ghanassia, est un authentique berbère juif. Tout autant, il est, à son corps défendant, descendant, cousin et parent d’une grande famille de grands révolutionnaires  juifs algériens, les Ghenaïssia de Ténès, Cherchell et Miliana. Il est aussi le petit cousin d’un grand petit Juif algérien, Pierre, Pierre Ghenaïssia, mort les armes à la main, dans le mont Chréa, près de Blida, pour l’indépendance de l’Algérie ; son pays. Il n’avait pas encore 18 ans. C’était le 22 février 1957. Jean François n’était pas encore né. Ils seront des cents et des mille de juifs algériens morts au combat, morts sous la torture pour la liberté et la libération de leurs autres frères Algériens colonisés ; musulmans pour la plupart que le décret Crémieux a laissés sur le carreau des sous-hommes. Il avait aussi, en face, des fascistes juifs algériens, des commandos de la territoriale, de la main rouge, qui massacraient froidement leurs frères musulmans soupçonnés de sympathie et de soutiens au FLN. Comme nos Harkis, ils étaient hélas nombreux et odieux. Je ne mourrai pas pour ceux-là. Ce sont les autres Juifs qui m’intéressent ; les Juifs de cœur, d’esprit et de paix. Ils sont la majorité. Cette réalité là, islamistes, arabo-Baathistes et sionistes n’aiment pas trop en parler. Ils la nient. Elle n’existe pas pour eux. C’est cela le  premier négationnisme que ni la loi Gayssot ni les lois algériennes ne sanctionnent à ce jour.

C’est pourquoi, les journaux islamo-arabo-baathistes tout comme les puissants relais médiatiques sionistes s’étalent à longueur de colonnes et de propos à entretenir l’irréductible et éternelle opposition entre Juifs et Arabes. Mais, s’est-on une seule fois posé la question, envisagé la possibilité qu’on pouvait être Arabe et Juif en même temps ? Algérien et Juif à la fois ? Palestinien et Juif comme on est Français et Juif, américain et Juif, Israélien et Arabe. Cette éventualité de fusion et de dissolution les uns en les autres, par les liens du cœur et du sang, effraient les extrêmes des deux camps : sionistes comme islamistes ont peur de ne plus se faire la guerre un jour, craignent surtout de pouvoir s’unir et s’aimer un jour. Ce jour arrivant, et il arrivera dans 10, 100 ou 1000 ans, on en finira définitivement avec les extrémismes, les haines et les guerres. Juifs, Arabes, Musulmans et athées de tous bords, faites l’amour, pas la guerre. Faites de nouveaux enfants beaux et pacifistes que vous serez deux à aimer, à protéger. C’est le seul moyen de bannir la guerre et les haines.    

 

Le poids de l’ignorance

 

Ceux qui ont voulu insulter et salir M. Hidouci comme  ils croient l’avoir fait en le traitant simplement de juif, aussi contre tous les autres patriotes algériens qui ont l’Algérie au cœur, sont d’abord des ignorants et de veules petites gens prêts et préparés à tout. Leur chef, nervi et corrupteur bien connu dans les milieux de la presse, a commencé sa carrière comme serveur de thé aux gants blancs après avoir été taxieur à la sauvette. Il atteindra sa gloire en se recyclant en rabatteur de prostituées de luxe offertes en même temps à un Président de la République en poste et à son propre beau frère comme à bien d’autres. C’est dans ce rôle de vaurien et de mafieux rabatteur professionnel, c'est-à-dire de chekkam de luxe, qu’il connaîtra l’épanouissement crapuleux et, aussi, son statut de petit Caligula pour s’offrir le rôle de cowboy de la République ; gifleur récidiviste de wali, de ministres et de syndicalistes. Pour asseoir son pouvoir et son prestige digne des mœurs dissolues des Borgia, il gérait un parc de 200 logements sociaux, 500 prostituées et 1000 Mds d’argent public pour corrompre, acheter et détruire tout ce qui pouvait s’opposer à son règne, à ses magouilles de malfrat travaillant pour le dernier clan dominant du pouvoir. Cet infâme et odieux personnage a même détourné une route qui dérangeait un peu le confort de sa maison privée. Ce personnage, inculte, analphabète et illettré est aujourd’hui bardé de diplômes universitaires sans avoir jamais fait d’études connues. Il est aussi actuellement le conseiller très spécial du Président de la RADP dont il gère avec la même dévotion et le même zèle, les oreilles, la braguette et l’agenda très spécial des rencontres galantes arrangées. Comme un porc, il ne sait pas vivre dans le propre et dans le clair. Il ne progresse que dans le sale et la saleté ; ses seules cultures qui lui donnent l’audace de ses agressions permanentes. Semble-t-il qu’il se brûlerait à présent les ailes à vouloir trop gagner, trop servir, en même temps, toujours et encore, les mêmes catins, les mêmes ragots, les mêmes saletés au Président et au dauphin payeur et très généreux avec l’argent public; le petit frère ; régent putatif, sans titre et sans rien. Commerce fort délicat et risqué par les temps qui courent. Les roches Tarpéiennes n’étant pas loin d’El-Mouradia ni du Tagarin. Saïd n’est pas Amine se suffisant d’un petit poste de consolation à l’étranger. Les temps changent ; les penchants et les mœurs présidentielles, aussi, ont changé et évoluent par défaut au rythme d’odeurs et de bruissements de fin de règne. Le pouvoir et ses hommes sont usés, fatigués, craintifs, finis. Les printemps arabes arrivent. Ici et là, les langues aussi se délient et se libèrent pour dire et dénoncer. Elles parlent sur Facebook et les autres réseaux sociaux. La presse s’ouvre à leurs cris d’indignés. Mac Dem, lui, ne changera jamais. Il restera toujours le rabatteur professionnel, sale et inconditionnel de tous les régimes pourris et corrompus du pouvoir algérien.  Avec son journal principal et ses autres titres affidés, il sévit toujours avec la bénédiction et le soutien financier de M. Bouteflika et de sa meute régnante. Il lui arrive aussi de subir des raclées en voulant atteindre et corrompre des hommes et des femmes à la droiture avérée comme, journalistes et écrivains exilés qui n’ont pas renoncé au combat contre l’arbitraire et l’injuste. Contre la saleté qu’il incarne et hors de laquelle il ne sait pas vivre ni exister. En nettoyant l’Algérie, cette racaille tombera d’elle-même.

Alors d’où nous vient cet horrible travers, cette inconduite amorale et sauvage à vouloir insulter, dégrader, humilier un être humain en évoquant seulement sa race, sa religion ou son ethnie ; Juif. Seules deux explications remontent à ma conscience et à ma mémoire pour comprendre cette horreur : l’ignorance et Crémieux.       

 

L’ignorance banalisée

 

Par les défaillances et les démissions cumulées de l’école, du lycée, de l’université, de la rue, de la mosquée, de la télévision et bien d’autres médiums, le peuple algérien ignore à ce jour ses grandes origines. Et pourtant, le judaïsme a été pendant plus d’un millénaire la première religion monothéiste des Algériens. Les Juifs berbères ont été les premiers laboureurs et les premiers semeurs de l’Algérie féconde, de l’Algérie prospère qui, bien après, des siècles après, attireront les convoitises romaines, chrétiennes et musulmanes.

Les dirigeants incultes d’ENNAHAR ignorent  que la première unité politique et militaire du grand Maghreb, de Tabarka à Agadir,  fut réalisée par une femme, El-Kahina, Dihya Tadmut, berbère zénète, juive, princesse, général, mère et épouse. Cette princesse juive, berbère et algérienne (une fille de Khenchela) a battu militairement Byzantins, Carthaginois, Romains et Arabes. Elle a  battu par deux fois le plus grand des généraux arabes, Hassan Ibnou-Nouaâman, conquérant du Maghreb. Mieux encore, cette grande dame juive et berbère combattra jusqu’à sa dernière goutte de sang. Mieux aussi et plus que sa vie, elle offrira ses deux fils, deux princes lionceaux, Ifran et Yezdia, et douze mille de ses meilleurs combattants berbères des Beni Ifren du bas Chélif , au général berbère Tareq Ibnou Zyad, le conquérant célèbre, beau, brave et majestueux qui a séduit cours et princesses de toute l’Europe moyenâgeuse. C’était les enfants d’une petite reine algérienne, berbère, juive et restée digne et supérieure jusqu’à sa mort. La tête tranchée offerte à son vainqueur Omeyade. Dans la hauteur et la dignité. L’école algérienne en parle si peu ou si mal.

Je traverse rapidement tous ces siècles où tous ces berbères juifs, par la sueur, par la science, la musique et la poésie, par l’amour de leurs racines berbères, ont fait, en association avec l’Islam, avec un Islam riche de ses ouvertures et de ses tolérances,  ces juifs-là, ces berbères ont fait de l’Andalousie, le plus grand rayonnement culturel que le monde ait jamais connu. A ce jour, l’Espagne contemporaine vit et survit de ce merveilleux patrimoine judéo-berbère et islamique.

Bien sûr que les fachos incultes de Mac EDDEM, d’ENNAHAR ignorent cela ou feignent de l’ignorer. Tout comme ils ignorent ces dizaines de milliers, je dirai de millions de juifs qui n’oublient pas, n’oublieront jamais leurs racines berbères. Même si un jour, un Juif Français, M. Issac Jacob Adolphe Crémieux, décide, seul, que les juifs algériens étaient des Français à part entière. Pas les autres. Nombreux étaient les juifs qui ont résisté à cette horrible corruption, à cette mutilation. Comme toujours, ils ont résisté sans rien gagner. Ils n’avaient gommé ni leur nom, ni leur prénom ni leurs racines juives et berbères. Et maintenant algériennes.

Jeter les juifs à la mer ?

C’est pourquoi, quand je lis parfois, dans certains  journaux arabes de certains régimes arabes pourris, protégés naturels des USA et par Israël des faucons,  soutenant ouvertement, qu’il faut jeter les juifs d’Israël à la mer, je m’en insurge et m’en révolte. Aucun homme ne peut jeter un autre homme à la mer parce qu’il lui a volé sa maison et ses droits, parce qu’il n’est pas d’accord avec lui, parce que quelqu’un domine et écrase l’autre, parce qu’il ne veut pas lui restituer ses droits historiques. Les frustrations et les révoltes seront forcément légitimes. Ce qui me porte naturellement à croire qu’aucun juif d’Israël, d’Algérie ou  d’ailleurs ne peut, ne doit être jeté à la mer ou à Autswichtz seulement parce qu’il est juif, seulement parce qu’il est musulman, athée, communiste ou opposant à un ordre injuste. Alors si, demain, il y a des appels islamistes, arabes ou africains à jeter les juifs à la mer, alors, moi, humble témoin de l’horreur, je prendrai le maquis guerrier pour soutenir et défendre les juifs jetables à la mer.  Je le ferai la paix dans l’âme ; ma conscience libérée. Comme l’ont fait les musulmans de la mosquée de Paris cachant et protégeant les résistants juifs de Paris et Strasbourg. Comme l’a fait le prince  Abdel Moumen d’Andalousie accueillant les juifs d’Europe pourchassés et persécutés par les bûchers de l’inquisition chrétienne. Abdel Moumen a sauvé cent mille juifs du bûcher ; qui lui rend hommage aujourd’hui ? Personne. On en retiendra juste les paroles de sa mère qui affirme sans raison que son fils  n’a pas su défendre en homme son royaume qu’il pleurera en  femme.

Je ne veux pas qu’on jette des juifs à la mer, quels qu’ils soient, même des sionistes massacrant à vue, sans discernement, des Palestiniens : enfants, mamans, papas, jeunes et vieux. La mort d’Arabes exclus et jetés de leur maison les comble et les rassure. Quel honneur gagnez-vous messieurs les sionistes à vaincre un peuple privé par vous de tout : d’air, de liberté, de pain, d’eau, d’électricité et de carburant vous, ces nouveaux nazis, dont les corps meurtris de vos pères, ont servi de savonnettes au régime d’Hitler. Souvenez-vous-en. Vous faites pire que vos tortionnaires d’hier. Pour cela, je vous combattrai. De même, je mourrai demain pour les Juifs s’ils devaient subir le même sort que ce que les sionistes font subir aux Palestiniens de Ghaza comme de Ramallah. Je serai là prêt à donner mes vieux os à votre mitraille ; à vos chiens. J’en mourrai tranquille et apaisé.

Alors, croyez-moi mes amis, pour les mêmes raisons qui me portent naturellement à me battre pour les juifs jetés à la mer, je me battrai tout autant pour ces palestiniens, dans leur totalité, jetés de leur terre, jetés de leur maison, de leurs droits, jetés de tout y compris de la petite considération d’être reconnus comme petits êtres humains ayant droit à la vie, droit à l’air, à l’eau et au pain. A Ghaza, par le canon et le béton, vous les sionistes,  privez des bébés, nourrissons et enfants de lait, d’eau, de nourriture et de médicaments. C’est un génocide.  M. Obama n’y voit rien et ne s’en révolte pas. Lui qui dit sa fierté de ne pas être descendant d’esclave, le voici devenir maintenant, lui-même, un vrai esclave ; l’esclave de l’establishment ; il devient l’esclave consentant du lobby militaro-industriel qui l’a fabriqué, qui l’a mis au pouvoir pour mieux sévir et mieux piller les peuples et pays dominés. Peut-il contrarier ou s’opposer aux ordres de l’AIPAC, lobby le plus puissant des USA aux seuls ordres d’Israël et des juifs sionistes ? M. Obama a peur de perdre la petite sucrerie qu’on lui a offerte en compensation du soutien total et inconditionnel à l’Etat juif et aux régimes arabes les plus arriérés et les plus rétrogrades de la planète ; Arabie Saoudite en tête.

 

Des complots impérialo-sionistes sur mesure ?

 

Dans ce contexte où se répandent à l’excès les extrémismes régnants, islamisme, arabo-Baathisme et sionisme, rien d’étonnant que la presse des Baltaguias algérienne, Ennahar  en tête,  aux ordres de qui nous avons déjà dit, s’inventent des complots impérialo-sionistes qui menaceraient l’intégrité, l’indépendance, la stabilité, les constantes nationales, le pétrole, l’Islam, la nation, les frontières et l’immense bonheur de vivre sous l’ère paradisiaque du régime de Bouteflika, du FLN de Belle Khadem et, bien entendu, l’inévitable DRS sans la vigilance duquel l’Algérie et l’Algérien ne sauraient vivre. Du vrai délire dans cette annonce débile où tous les ingrédients ont été assemblés pour faire de l’Algérie la cible guerrière de tous ses ennemis dormants : les juifs jaloux, les sionistes, les Français revanchards, le Mossad, la CIA, la DGSE, BHL, El-Watan, journal suppôt et complice du complot impérialo-sioniste, les comploteurs jaloux de la réussite algérienne, les opposants algériens suppôts et agents de l’étranger, les berbéristes, les communistes, les laïques, les syndicalistes autonomes, les indignés, les intellectuels indignés, le RCD, le FFS, les Kabyles, les Harragas, enfin tout ce qui bouge et incarne un peu la dignité algérienne. Ce discours sale et odieux est tenu impunément aujourd’hui par les journaux de Bouteflika avec, à leur tête, le plus crapuleux d’entre eux ; Ennahar El Jadid. Une vraie poubelle médiatique qui a atteint la pire des bassesses et de l’ignominie en appelant et poussant les jeunes Algérois à aller incendier et détruire l’imprimerie des journaux El-Watan, El-Khabar et Liberté ; les rares espaces restants qui restituent un peu le souffle populaire des révoltes et revendications nationales. C’est la seule vocation et volonté du régime et de ses nervis, Mac Eddem en tête, que de détruire et de faire taire les rares expressions démocratiques nationales qui s’opposent à la concertation mafieuse de la canaille et de la racaille associées. La marque de fabrique du cousu main du FLN régnant. C’est tout ce que ses hommes et femmes savent faire : diviser, comploter, interdire, emprisonner, exiler, tuer, empêcher le bien vivre et empêcher surtout  la vie. De vrais chiens. Et cette racaille là compte, maintenant plus que jamais, se maintenir, s’éterniser et s’accrocher ad vitam aeternam   au pouvoir avec ces mêmes méthodes, ce même holdup, ce même viol dont ils sont les seuls artisans depuis plus de 50 ans. Inassouvis et toujours insuffisamment repus, ils veulent que nous acceptions, que nous ne révoltions pas, que nous nous taisions pendant qu’ils dilapident et pillent impunément le pays. Du vrai banditisme politique. Alors, ignares et incultes comme ils sont, ils nous fabriquent des complots ourdis et des ennemis invisibles qui veulent détruire l’Algérie. Pour le moment, on constatera que les seuls ennemis visibles qui détruisent à vue d’œil l’Algérie, ce sont eux, les tenants exclusifs du pouvoir qu’ils squattent sans partage depuis un demi siècle. Mais jusqu’à quand mes frères ? Jusqu’à quand allons-nous accepter ce squat insupportable d’indus occupants du pouvoir dont les seules qualités connues sont l’inculture, l’amoralité et le pillage organisé des richesses nationales. Devrions-nous être de simples indignés face à ces agressions sauvages et récurrentes du pouvoir régnant ? Je vous en pose la question. Peut-être paraîtrai-je excessif en parlant trop fort et vrai ? Mais, de mon point de vue, le seul excès blâmable et condamnable est celui de se taire, de se la fermer, de ne rien dire, de ne pas dire aïe, arrêtez ! Vous nous faites mal.

Notre seule et plus grave douleur sera notre silence. Preuve volée de notre consentement. Ce que je ne ferai jamais. Quitte à en mourir.

M.A

Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Mercredi 28 septembre 2011 3 28 /09 /Sep /2011 15:00

nahar2.jpegEnnahar, ce torchon arabophone algérien, présenté, à tort, comme journal d’information, mène depuis quelques jours une campagne de désinformation contre El Watan, considéré, en Algérie et à l’étranger, comme l’un des quotidiens les plus sérieux, les plus crédibles et certainement l’un des plus professionnels du paysage médiatique local. Il est courant dans l’Algérie de Bouteflika, de voir des chiens errants aboyer après de nobles purs sangs. Dans un pays où le lâche est métamorphosé en héros national et où des héros de la cause nationale sont décrits comme des « traîtres », dans un pays où le corrompu a plus de respectabilité que l’honnête citoyen, dans un pays, disais-je, où les familles racées sont obligées de raser les murs tandis que les foutriquets et les descendants des traînées bombent le torse en paradant comme des coqs, il est normal qu’une feuille de chou de caniveau utilise le ton professoral pour faire la leçon à ceux qui, depuis leur une vingtaine se battent pour une République respectable, anti-intégriste, démocratique et progressiste.    

Usant et abusant de son lexique coutumier, rance et passéiste, Ennahar, dont l’orientation éditoriale incombe au très obscur intrigant Mohamed Megueddem, larbin de Bouteflika et du système de la pensée inique, attaque régulièrement, y compris ceux qui osent, ne serait-ce s’interroger sur la nécessaire démocratisation du pays. Pour délégitimer et diaboliser ceux qui réclament un changement pacifiste, Mohamed Megueddem, utilise, à travers une marionnette, les diatribes habituelles, celles-là mêmes qui avaient coûté la vie depuis les années 1950 à Abane Ramdane, le colonel Amirouche ou, plus récemment, à tous les démocrates algériens tombés sous les balles assassines de l'idéologie islamo-nationaliste au prétexte d’appartenance à l’étranger, de mécréance ou d’aliénation au « sionisme international ». À travers des accusations infondées, les plumes de ces serviteurs de la pensée islamo-nationaliste, trempées dans la médiocrité et dans la haine, veulent, non seulement la diabolisation de leurs adversaires démocrates, mais également leur mort.

Dans le cas d’Ennahar, c’est un plumitif, un arriviste jouant le rôle de porte-flingue et répondant au pseudonyme d’Anis Rahmani, de son vrai non Mohamed Mokkeddem, qui se charge de signer les articles calomnieux contre les détracteurs du régime, présentés, très souvent, comme les « ennemis de la Nation » et des « suppôts de l’étranger ».

Mohamed Mokkeddem – Mohamed Megueddem : certes ces deux noms se ressemblent, tout comme l’esprit malsain et la personnalité obséquieuse des deux larbins du système, mais il n’y a aucun lien de parenté entre le premier, gérant officiel d’Ennahar, et le second, chargé de mission à la présidence. L’un et l’autre représentent les faces d’une même pièce, une sorte de Dupont et Dupond à la sauce de Bordj Bou Arreridj, région dont sont originaires les deux comparses.    

Pourquoi un tel acharnement ?

Il est légitime en effet d’essayer de comprendre les raisons objectives qui incitent ces deux serviteurs zélés du pouvoir à agir de la sorte, car à ne pas s’y méprendre, le larbin peut parfois être beaucoup plus virulent que son propre maître et de ce point de vue, Ennahar ose ce que même les médias gouvernementaux officiels n’ont jamais osé. Pour expliquer un tel acharnement sur ceux qui réclament un changement démocratique, il faut regarder de plus près le parcours de ces deux freluquets du régime.

Le premier, Mohamed Megueddem, le fameux « chargé de mission » de Bouteflika, doit tout au système de la médiocratie. Le zozo n’était nullement prédestiné à fouler le sol de la présidence de la République. Dans un pays normal, il n’aurait même pas eu le droit d’occuper le poste de chaouch à la mairie de Bordj Bou Arreridj. Une simple enquête de moralité l’en aurait empêché. Il n’y a que le « miracle algérien » qui peut permettre à un ancien chauffeur de taxi clandestin, une sorte de roule-ta-bille ou de fait-tourner-ta-toupie, de devenir « conseiller » d’un chef d’État. À force d’intrigues, de roublardise et de manipulations, usant de connaissances et d’amitiés régionalistes, le petit zozo de Bordj Bou Arreridj, dont l’allure rappelle celle des proxénètes vieillissants, longtemps affublé dans les coulisses du pouvoir du titre de « ministre des prostitués », a réussi à gravir les échelons. Dans les années 1990, il rêvait du poste de Directeur général de la sûreté nationale (DGSN), rien que cela ! allant jusqu’à propager rumeurs et calomnies sur celui qui occupait le poste à l’époque (Ali Tounsi, assassiné depuis) pour essayer de lui succéder. Se réclamant ici et là de d"une accointance, réelle ou supposée, avec le général Toufik (patron du DRS), cet intrigant, qui possède au passage une carte de résidence qui lui permet de passer le plus clair de son temps à Paris, ou il se soigne (aux frais de qui ?), n’hésite pas à jeter l’anathème sur tous ceux qui critique ce système qui lui sert de mamelle.

Idem pour son larbin, Mohamed Mokkeddem, alias Anis Rahmani, gérant d’Ennahar. Le gringalet, journaliste sans envergure, sans épaisseur intellectuelle et sans cohérence idéologique se présentant comme « spécialiste du terrorisme » alors que sa « spécialité », il ne l’a tiré que dans les rapports et les informations généreusement offerts dans les casernes du DRS et de la police, devenant de fait le porte-voix des services spécialisés, il s’est fait l’économie de toute enquête de terrain. Les montagnes afghanes, les villes pakistanaises ou les vallées yéménites lui sont aussi coutumières qu’une soupe aux lardons. Et d’ailleurs, le bonhomme, se disant anti-terrorisme n’hésite pas à faire l’éloge de certains idéologues du salafisme et à être peu critique (voire pas du tout) à l’égard de ceux que le système Bouteflika affuble complaisamment du titre de « terroristes repentis ». Voyant systématiquement la « main de l’étranger » derrière Al-Qaïda, développant un antisémitisme primaire, car évidemment, à ses yeux, le sionisme est derrière chaque démocrate algérien et de facto, derrière chaque attentat islamiste, le pseudonommé Anis Rahmani a dépassé le seuil du ridicule, franchissant allègrement la frontière de l’indécence pour finir comme la honte de la presse algérienne. Lui aussi, comme son maître à penser, n’était pas prédestiné à s'ériger en « patron de presse ». Là aussi le « miracle algérien » a joué grâce à l’appui du parrain, qui lui a obtenu subventions déguisées en pages de publicité et donc, une manne financière inespérée qui a permis à Anis Rahmani de pénétrer le cercle très ouvert des arrivistes bedonnants et cholestérolés. Le DRS sait aider ceux qui lui font allégeance et permet aux incompétents aux ordres de devenir « l’élite médiatique » du pays. Un journal comme Ennahar, outre qu’il sert la propagande officielle du régime, participe à l’abrutissement des masses. Et c’est là où réside son rôle le plus important. Le pouvoir a tellement peur de subir ce qu’ont subi les Ben Ali, Moubarak et Kadhafi qu’il lui faut des relais qui ressassent à une partie de l’opinion, notamment la moins alphabétisée, la plus crédule, qu’il existerait un complot visant l’État algérien. Le journal se garde bien évidemment de rappeler que ce sont ces mêmes responsables qu’il ne cesse de servir et devant lesquels il multiplie courbette et baise-main, des frères Bouteflika à Chakib Khellil en passant par le chef de l’État-major Gaïd Salah, sont ceux qui ont pillé les richesses, réduit en cendres les espoirs de tout un peuple, légitimé l’islamisme et fait de l’Algérie l’un des pays les plus médiocres et les plus pathétiques au monde.

Alors oui, lorsqu'un quotidien comme El Watan organise un colloque sur les révolutions arabes et quand ce même quotidien annonce sa volonté de lancer une chaîne de télévision privée, il devient l’ennemi à diaboliser. Et comment diaboliser El Watan ? La recette est simple, classique, prévisible : on laisse croire que le « sioniste Bernard-Henri Lévy » serait à la manœuvre, ce même BHL qui était reçu à Alger dans les années 1990 par les hauts dignitaires algériens serait-il subitement devenu persona non grata ? « L’ami » de Chérif Rahmani, le ministre de l’Environnement, serait-il relégué, en l'espace de quelques soulèvements au rang des infréquentables ? Bref,… On voit « la main de l’étranger » et notamment des mains françaises et américaines dans l’initiative d’El Watan, cependant que ceux qui sont entre les mains des puissances étrangères sont ceux-là qui dirigent le pays… On annonce que des plans prévoyant un scénario à la libyenne serait en préparation, enfin, on ment, on calomnie, on injurie et on accuse afin que des vérités ne soient pas dites ou écoutées.

Oui, du côté d’Alger, il est de l’ordre du blasphématoire de réclamer une bonne gouvernance, une lutte contre la corruption endémique et l’instauration de la légitimité démocratique. Celle-là même qui balaierait tous les Dupont et Dupond de Bordj Bou Arréridj, de Tlemcen et d’Oudjda et qui jetterait les uns et les autres dans les poubelles les plus crasseuses de l’histoire.    

 

NB : Une petite illustration. Dans son édition du 28 septembre, et dans le cadre de l'abrutissement du peuple, le torchon Ennahar propageait une sorte de fatwa d'illuminés qui précisait que ce serait non conforme aux principes islamiques d'effectuer la prière avec les maillots des équipes de football du FC Barcelone ou du Réal Madrid (voir photo ci-dessous). Ces journaleux n'ont pas précisé s'il était islamiquement légal d'aller au Pélerinage à la Mecque tout en spoliant le peuple de ses droits et de vivre du produit du passe-droit et de la corruption...

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Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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Dimanche 25 septembre 2011 7 25 /09 /Sep /2011 13:47

Biya-1-.jpgLe président camerounais Paul Biya s’apprête à briguer, le 9 octobre 2011, un sixième mandat. Âgé de 78 ans, ce « grand ami de la France », au pouvoir depuis 1982, est incontestablement l’une des caricatures les mieux achevées des dirigeants assoiffés d'autoritarisme et l’une des meilleures illustrations des relations françafricaines. Régnant sur son pays d’une main de fer depuis trente ans, soupçonné de corruption et de détournement de fonds, peu regardant sur les questions relatives au respect des droits humains, le dictateur camerounais n’hésite pas à instrumentaliser la justice pour éliminer détracteurs, opposants et adversaires politiques. Jusque-là, rien de neuf sous le soleil africain et évidemment nous n’allons pas demandé à Nicolas Sarkozy de démocratiser de force tous ses amis autocrates comme il l’a fait récemment avec Kadhafi, sauf que nous sommes en droit de nous interroger sur certaines des promesses qu’il avait formulées, (en toute conscience, espérons-le !), à la veille de son élection. Il avait, par exemple, claironné, en avril 2007, que « Chaque fois qu’une femme sera martyrisée dans le monde, cette femme devra être reconnue comme citoyenne française et la France sera à ses côtés ».

Déclaration fort louable s’il en est, sauf que l’ancien candidat, devenu dans l’intervalle président de la République française, oublie parfois certains de ses engagements. Comment ne pas le penser quand on sait que Nicolas Sarkozy – et son gouvernement – refuse de contrarier ce grand ami de la France qu’est Paul Biya qui, pourtant, séquestre arbitrairement et dans des conditions barbares, depuis près de deux ans, Lydienne Yen-Eyoum (épouse Loyse), une avocate franco-camerounaise. Dans ce cas, pas besoin de la reconnaître comme « citoyenne française », elle l’est déjà, mais d’être à ses côtés et de tenir un engagement présidentiel pris devant les électeurs et devant l’opinion internationale.

En effet, cette Française d’origine camerounaise est sous les verrous depuis janvier 2010 dans l’indifférence quasi générale. Accusée de détournement de fonds (elle aurait touché des honoraires trop importants), elle a été interpellée dans le cadre de « l’opération épervier », lancée par le président camerounais pour, dit-on, lutter contre la corruption endémique qui gangrène son pays. Sauf qu’à l’évidence cette opération « mains propres » visait davantage à éliminer les adversaires politiques et leurs amis qu’à nettoyer les écuries d’Augias camerounais. Plusieurs rapports d’ONG en effet et autres articles de presse n’hésitent pas à évoquer les biens mal acquis par Paul Biya et par son clan et à rappeler que le Cameroun est l’un des régimes les plus corrompus au monde. Une mauvaise gouvernance relevée récemment dans un livre de la journaliste Fanny Pigeaud, ancienne correspondante de l’Agence France presse et de Libération au Cameroun. L’ouvrage, une enquête fort bien documentée, intitulé Au Cameroun de Paul Biya (Khartala, août 2011) précise que le président camerounais a mené le pays au plus bas de tous les classements économiques et sociaux ».

Quoi qu’il en soit, pour revenir au calvaire de l’avocate franco-camerounaise Lydienne Yen-Eyoum, il ne s’agit pas pour nous de préjuger de son innocence ou de sa culpabilité, mais il est évident que le régime de Paul Biya et sa justice ont de fait, piétiné leurs propres textes – et notamment l’article 221 du Code de procédure pénal – qui stipulent qu’une détention provisoire ne saurait aller au-delà de 18 mois. Or, cela fait près de 21 mois que la malheureuse est incarcérée dans des conditions inhumaines. Certes ces conditions sont moins barbares que celles qui avaient prévalu au lendemain de son arrestation, puisqu’à la suite des protestations formulées par ses avocats français Caroline Wassermann et Christian Charrière-Bournazel auprès de l’État camerounais, l’administration pénitentiaire a accepté, en mars 2011, que Michel Loyse, l’époux de Lydienne Yen-Eyoum, finance l’aménagement d’une nouvelle cellule dans la prison N'Konguendi de Yaoundé car, jusque-là, Lydienne Yen-Eyoum a vécu, durant plusieurs semaines, dans une cage de douze mètres carrés infestée de rats, de cafards et de serpents avec plus d’une quinzaine d’autres codétenues. Cela étant dit, malgré cette légère amélioration des conditions de détention, l’avocate franco-camerounaise n’est nullement incarcérée dans un cadre où le respect de la dignité humaine serait préservé.

C’est cette atteinte aux droits de l’homme qui a incité Me Wassermann et Charrière-Bournazel à déposer en juillet dernier, auprès des tribunaux français, une plainte avec constitution de partie civile contre Paul Biya et son ministre de la justice. Et c’est là où les choses se corsent ! Cette procédure a révélé les liens « étroits » qui existent entre la France de Sarkozy et le Cameroun du dictateur Biya. Le président français semble avoir une drôle d’approche à propos des questions relatives à la défense des droits de l’homme. Compassion sélective ? Non ! Cynisme politique, car, quoi qu’on puisse en dire, cette affaire montre que la défense des droits fondamentaux est utilisée par le pouvoir presque exclusivement comme levier politico-diplomatique et certainement pas comme une valeur absolue à défendre en toute circonstance. 

Et pour cause : En réaction à la procédure lancée par les avocats de Lydienne Yen-Eyoum, le parquet a estimé, en un premier temps, que cette plainte devait être classée sans suite arguant qu’au moment de son incarcération l’avocate camerounaise n’était pas encore de nationalité française (ah ! ces histoires de souche !), puisque Lydienne Yen-Eyoum a été naturalisée officiellement en septembre 2010, soit neuf mois après son arrestation. Évidemment, il fallait que le parquet trouve un prétexte, aussi fallacieux soit-il, mais c’était sans compter sur l’obstination de la juge d’instruction Sylvia Zimmermann (Rappelez-vous de la magistrate indépendante qui empoisonne la vie du gouvernement dans l’affaire Bettencourt et celle des fadettes de la DCRI et qui est dans le viseur de la sarkozie). Madame Zimmermann a estimé, en effet, qu’au regard du droit français, la plainte contre Biya était bel et bien recevable et a décidé d’engager une enquête sur des faits présumés de torture, de détention arbitraire et d’acte de barbarie. Ainsi, la magistrate ouvre-t-elle une instruction contre le monarque de Yaoundé et son ministre de la justice. Mais là, Fatalitas ! Le parquet, donc le ministère français de la justice, qui, généralement n’aime pas être contredit par des juges indépendants préfère faire appel de la décision de Sylvia Zimmermann et aller, à l'évidence, au secours du soldat Paul Biya. Et voilà que l’indépendance du parquet et plus globalement celle du système judiciaire français sont de facto remises au gout du jour à quelques mois de l’élection présidentielle de 2012.  

Résumons : nous avons d’un côté un pouvoir camerounais corrompu, incompétent, bafouant les droits de l’homme soutenu par la France de Sarkozy et de l’autre deux avocats (Caroline Wassermann et Christian Charière-Bournazel) déterminés à sauver leur cliente des griffes d’un Paul Biya, plus barbare que jamais, mais aussi une juge d’instruction (Sylvia Zimmermann) décidée à faire valoir le droit et la justice. Au centre de cette affaire, une femme, franco-camerounaise, qui attend avec impatience de quitter son enfer. La France, pays des droits de l’Homme risque de se transformer en pays des copains et des coquins (africains et arabes) et celui des mallettes et des intérêts économiques quand elle empêche des juges d’instruction de poursuivre des dirigeants ennemis des droits de l’Homme et quand on laisse une femme dans les cachots de l’arbitraire. Finalement, les promesses de campagne n’engagent que ceux qui les croient puisque dans le cas de Lydienne Yen-Eyoum, la France officielle n’a pas jugé utile, pour l’instant du moins, d’être du côté de celle qui souffre, mais du côté de celui qui fait souffrir…Entre l’histoire des mallettes et l’instrumentalisation du pouvoir judiciaire, le mandat de Nicolas Sarkozy n’aura pas été celui de la rupture avec la Françafrique, c’est le moins qu’on puisse dire. Affaire donc à suivre…

 

(Photo : Lydienne Yen-Eyoum épouse Loyse. Tous droits réservés)

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Par mohamed sifaoui - Publié dans : mohamed-sifaoui
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