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Mardi 1 avril 2008

Des musulmans, certains d'entre eux rejetant l'islamisme en bloc, m'écrivent pour dire leur « indignation » face à ma décision de diffuser sur ce blog le film Fitna du député populiste néerlandais Geert Wilders. Depuis vendredi dernier, j'ai reçu plus de 2000 messages. Certains encourageants, d'autres critiquant avec courtoisie ma démarche sans parler des insultes et des messages haineux preuve de la faiblesse de leurs auteurs.
Il est vrai que je n'ai jamais soutenu des représentants de l'extrême droite quoi qu'ils fassent. Je préfère de loin les combattre. Cette fois-ci, j'ai effectivement dérogé à une règle que je m'étais fixée. Pourquoi ? Tout simplement pour remettre les islamistes et les tenants de l'islam politique mais aussi mes coreligionnaires musulmans qui pratiquent leur foi en toute sérénité face à leurs responsabilités. Le film de Geert Wilders, comme d'autres critiques - parfois injustifiées - contre les symboles de la religion musulmane et les musulmans eux-mêmes n'est pas l'illustration d'une attaque gratuite mais elle est la conséquence directe des agissements criminels des islamistes et du silence assourdissant devant l'innommable de certains musulmans.
Une réflexion me vient à l'esprit : Les Allemands n'étaient pas tous des nazis. Les canons soviétiques et les bombardements alliés n'ont pourtant pas épargné ceux qui étaient opposés à Hitler. Et les Allemands ont longtemps souffert - parfois ils continuent de souffrir - de l'image laissée par le nazisme. Afin de ne pas continuer à souffrir de l'image donnée de l'islam pas les fanatiques islamistes, les musulmans n'ont qu'a se débarrasser de l'hydre intégriste, de se démarquer clairement du terrorisme et de rejeter ceux qui veulent instrumentaliser l'islam à des fins polico-idéologiques. Geert Wilders est un populiste, un hideux militant d'extrême droite qui surfe sur la vague de l'intolérance et du racisme mais il n'est pas le principal ennemi des musulmans. Les premiers ennemis des musulmans et de l'islam ont pour nom Oussama Ben Laden, Hassan Al-Benna, Youssef Al-Qaradhaoui, Aymen Al-Zawahiri, Sayed Qutb, Amine Al-Husseini, les salafistes saoudiens, égyptiens ou maghrébins, les talibans, les idéologues pakistanais ou indonésiens, et la liste est malheureusement encore trop longue. Ce sont ces salauds qui ont alimenté et qui continuent d'alimenter les extrêmes droites et les racistes.
Pour la énième fois, j'espère que les musulmans arrêtent de pleurnichez sur leur sort, s'éloignent du discours victimaire et se débarrassent enfin de tous ces Hitler hirsutes qui se réclament de leur religion. C'est le seul mal que je leur souhaite.

par mohamed sifaoui publié dans : mohamed-sifaoui
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Lundi 31 mars 2008

J'ai reçu de nombreux messages à la suite de la diffusion sur ce blog du film Fitna. Si certains commentaires sont tout à fait acceptables et certaines critiques recevables, d'autres dénotent d'un obscurantisme et d'une débilité extraordinaire chez ceux-là même qui prétendent défendre l'islam et les musulmans. Je me dois de répondre même si je reste convaincu qu'il n'y a aucun débat possible, aucune discussion possible et aucun compromis à rechercher avec les tenants de la haine et de l'intolérance.
D'abord, je soutiens par principe la diffusion de ce film parce que je n'y vois pas de problèmes majeurs. Pourtant, je n'ai ni respect ni considération pour le réalisateur de ce court métrage et je ne partage pas les idées populistes de ce représentant de l'extrême droite qu'est Geert Wilders. J'avoue que je le trouve idiot et totalement ignorant sur les questions liées à l'islam et aux musulmans. Si je soutiens la diffusion de ce film, c'est tout simplement pour rappeler qu'en démocratie même les idiots, même les représentants de l'extrême droite ont droit à la parole et peuvent véhiculer les pires insanités tant qu'ils respectent la loi. Certains passages de ce film me blessent mais je le diffuse quand même parce qu'en démocratie, il nous faut accepter d'entendre des choses désagréables et d'écouter y compris ce qui risque de nous froisser.
Ce que je reproche à ce film c'est l'amalgame affreux qu'il fait en laissant croire que derrière chaque musulman se cache un terroriste, derrière chaque musulman se cache un intégriste. Je lui reproche d'alimenter implicitement le choc des civilisations et d'occulter que des musulmanes et des musulmans se sont toujours battus contre l'islamisme au prix de leur vie et de leur sécurité.
Pour le reste, n'est-il pas vrai que vous-mêmes, ennemis intégristes, vous nous bassinez depuis des lustres avec des versets coraniques pour tenter de justifier vos attentats ignobles ? N'est-il pas vrai que vous nous ressassez sans cesse des paroles prophétiques pour nous expliquer qu'il faut tuer les homosexuels, oppresser les femmes, décapiter les juifs, déchiqueter les chrétiens, découper en petites lamelles les athées et réduire à néant les « apostats, renonciateurs et autres mauvais musulmans » ? N'est-il pas vrai que vous brandissez le Coran dès qu'on vous brandit de simples caricatures ? N'est-il pas vrai que vous opposez les paroles de vos débiles idéologues aux paroles des plus grands philosophes ? N'est-il pas vrai que lorsque vous voyez le stylo d'un journaliste vous sortez le couteau de l'égorgeur ? N'est-il pas vrai que lorsqu'on vous parle de paix, vous parlez de guerre ? N'est-il pas vrai que lorsqu'on évoque la fraternité entre les peuples, vous nous parlez de djihad ? N'est-il pas vrai encore que lorsque certains vous ménagent par lâcheté, vous cherchez à dominer le monde ? N'est-il pas vrai qu'à chaque fois qu'on vous parle de paix, vous nous parlez de guerre ? Et n'est-il pas vrai enfin que vous êtes, ennemis intégristes, ceux qui ont sali l'islam, terni l'image du Prophète et engagé les musulmans dans une spirale de haine et de violence ?
Savez-vous faire autre chose que menacer, insulter, terroriser, tuer et lapider ? Savez-vous réfléchir sans qu'un idéologue illettré et détestable ne vienne vous dicter votre conduite et vous envoyer vers l'abîme et la mort ? Savez-vous développer des arguments, une réflexion sans adopter le discours victimaire ? Malheureusement non ! La plupart d'entre vous, la majorité, ne sont pas dans cet état d'esprit.
Alors oui ! Geert Wilders n'est probablement qu'un vulgaire raciste mais c'est vous qui l'avez alimenté. Son film est conçu grâce (ou à cause) de votre matière première. Vous êtes les fournisseurs officiels du racisme et de l'amalgame. Vous êtes ceux qui inspirent aujourd'hui ceux qui veulent jeter le doute sur les musulmans. Vous récoltez - et vous faites récolter à l'ensemble des musulmans - ce que vous avez semé. La haine de l'extrême droite répond à la haine de l'islamisme. Les idées nauséabondes répondent à d'autres idées encore plus nauséabondes.
Vous devez l'accepter : l'islam est traité désormais comme le sont les autres religions. Il est critiqué par les uns, violemment attaqué par les autres et rejeté ici et là, y compris par des musulmans. Je pense que le plus souvent, c'est VOTRE conception, votre lecture, votre instrumentalisation de l'islam qui sont mises à l'index. Vous avez voulu que l'islam occupe l'espace public alors soit il occupera l'espace public. Mais vous ne pouvez plus fixer les règles du jeu. Encore moins en démocratie. En occupant l'espace public, l'islam sera attaqué, critiqué, décortiqué, parfois à juste titre, d'autre fois injustement. C'est la règle du jeu. Elle a été fixé par des sociétés séculaires qui ont connu leur guerre des religions, qui ont connu leurs intégrismes, qui ont souffert de l'inquisition et du curé et qui ont finit tantôt par le bouffer, tantôt par le renvoyer dans sa chapelle. Alors puisque l'islam est désormais entré dans l'espace public, je serai le premier - et certainement pas le seul - à bouffer de l'imam, surtout s'il est intégriste, et à renvoyer le religieux vers sa mosquée.
Vous verrez que le jour où vous remettrez l'islam dans la sphère privée et le jour où vous pratiquerez votre religion de manière apaisée, sans excitation ni débilité, sans archaïsme ni instrumentalisation. Le jour où vous demanderez à vos idéologues d'arrêter leur connerie, à vos tueurs de cesser leurs massacres, à vos lâches terroristes d'arrêter leurs menaces. Ce jour-là, vous verrez qu'on ne dira plus que vous êtes des êtres ignobles et plus personne ne s'attaquera à l'islam. Et je ne chercherai plus à vous bouffer parce que je suis musulman et je ne suis pas - pour tout dire - un très grand amateur de porc...  

par mohamed sifaoui publié dans : mohamed-sifaoui
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Vendredi 28 mars 2008

Je vous propose de visionner le film Fitna réalisé par le député néerlandais Geert Wilders. Ce court-métrage qui a suscité la polémique avant même sa diffusion ne comporte, quoi qu'en dise les intégristes, aucun message raciste. Il est, de mon point de vue, conforme à l'image que donnent d'eux mêmes ces affreux intégristes qui se réclament de l'islam, ces tueurs barbares, ces islamistes incapables de vivre dans un monde moderne. Ce qui personnellement me choque, m'attriste et me révolte, ce n'est pas le film de Geert Wilders, loin s'en faut, mais les images de haine et d'horreur provoquées par les fascistes salafistes, ceux d'Arabie saoudite, d'Egypte ou d'ailleurs, ce qui me choque et me révolte c'est l'image de cette affreuse chose qu'on appelle Ahmadinedjad et qui cherche à entrainer les Iraniens et le monde vers le chaos, ce qui m'attriste et me révolte, ce sont les images de ces enfants auxquels des idéologues de la mort apprennent la haine de l'autre, ce qui me choque et me révolte, ce sont les images de ces cadavres fauchés par la folie meurtrière de ces soldats du diable qui se réclament de Dieu.
Cela étant dit, le film de Geert Wilders occulte un aspect important. Il oublie sciemment de mentionner que les premières victimes de la barbarie islamistes sont musulmanes. Il oublie de souligner que nous ne sommes pas dans une guerre de civilisation mais dans une guerre qui oppose LA civilisation qui contient ceux qui se reconnaissent dans les valeurs universelles et les idées humanistes à la barbarie représentée par ces êtres infâmes, ces nazis des temps modernes, ces rebus des sociétés : je parle de tous les islamistes. Ce film entretient par ailleurs un mauvais amalgame lorsqu'il met à l'index l'ensemble des musulmans européens les présentant implicitement comme un danger potentiel. C'est certainement le côté populiste et le positionnement politique de son auteur qui le pousse à propager ces idées. Hormis ces deux points, j'avoue que je soutiens totalement le contenu de ce film qui rappelle le danger intégriste et qui met en évidence la lacheté de beaucoup de dirigeants européens. En effet, les autorités néerlandaises et d'autres ont cherché à censurer ce film. Un autre scandale s'il en est, puisque certains veulent laisser les intégristes nous imposer leur diktat. Il est nécessaire de lutter contre les intégristes mais il est tout aussi nécessaire de lutter contre les positions munichoises prises par ceux qui veulent ménager les intégristes.

par mohamed sifaoui publié dans : mohamed-sifaoui
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Vendredi 14 mars 2008

Je participerai ce samedi 15 mars de 11h00 à 12h30 à une conférence-débat organisée par les éditions Autrement et la revue Le meilleur des mondes sur le thème ISRAËL ET LES ARABES, UNE NOUVELLE GÉOPOLITIQUE ?
Cette rencontre aura lieu au salon du livre, salle Samuel Joseph AGNON

Intervenants : Michel Abitbol, Jacques Bendelac, Frédéric Encel, Mohamed Sifaoui et Michel Taubmann
Modérateur : Michaël Prazan

 
Michel Abitbol est un africaniste et orientaliste de renommée mondiale, spécialisé dans l’étude des relations judéo-arabes.
Il est professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem. Il a publié de nombreux ouvrages, dont Les Deux Terres Promises - Les Juifs de France et le Sionisme (1897-1945 (Olivier Orban, 1989) et le plus récent Les Amnésiques – Juifs et Arabes à l’ombre du conflit du Proche-Orient (Perrin, 2005).
 
 
Jacques Bendelac est chercheur en sciences sociales à Jérusalem. Il a obtenu son doctorat d’État en économie à l’université de Paris et il a enseigné dans les universités françaises et israéliennes. Il a publié, entre autres ouvrages, La Nouvelle Société israélienne (Page après Page, 2006) et L’Économie palestinienne (L’Harmattan, 1999). Il vient de publier aux Editions Autrement Les Arabes d’Israël, entre intégration et rupture.
 
 
Diplômé de Sciences-Po et docteur en géopolitique, Frédéric Encel est professeur de relations internationales à l’École supérieure de gestion (ESG) habilité à diriger des recherches (HDR). Chercheur à l’Institut français de géopolitique, ce spécialiste reconnu d’Israël enseigne en outre à l’Institut d’études politiques de Paris. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés au Proche-Orient, dont Géopolitique de Jérusalem (avec François Thual, nouvelle édition, Flammarion, 2008). Il vient de publier aux Éditions Autrement Atlas géopolitique d’Israël, aspects d’une démocratie en guerre.
 

Michel Taubmann est journaliste et directeur de la revue Le Meilleur des mondes. Il est notamment La Bombe et le Coran. Une biographie du président iranien Mahmoud Ahmadinejad (éditions du moment, 2008).
 

Le débat sera animé par Michaël Prazan, journaliste et écrivain.

 
par mohamed sifaoui publié dans : mohamed-sifaoui
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Mercredi 12 mars 2008
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La toute jeune maison d'édition 12 Bis, vient de publier, en BD, le "DICO SARKO". Un livre, signé de CHARB, que je vous conseille vivement pour son humour caustique, subtile  et  décalé.
Quelques extraits pour vous donner envie de rire en ces temps  moroses.

Blum (Léon)
: (Paris, 1872 – Jouy-en-Josas, 1950). Homme d'État et écrivain français qui ignorait qu'il était sarkozyste. Voir Jaurès (Jean).

Bus
: n. m. Moyen de transport collectif qu'incendie la racaille pour permettre à TF1 de faire de l'audience et à la droite de faire des voix.

Décérébrer
: v. tr. Détendre les téléspectateurs après une journée de travail.

Humilier
: v. tr. Proposer à des personnes qu'on a battues à une élection de devenir ministre ou secrétaire d'État de son gouvernement.

Ministre : n. m. Attaché de presse du président de la République.

Prison
: n. f. Endroit qui revient le moins cher à la société pour loger les malades
mentaux.

Secte : n. f. Entreprise religieuse de la taille d'une PME qui permet de soulager les hôpitaux psychiatriques, les prisons, les écoles.

Taudis
: n. m. Studio avec kitchenette que les personnes qui gagnent moins de 3 000 euros par mois louent à Paris.
 
Télécommande : n. f. Instrument sur lequel le téléspectateur appuie pour passer d'une interview du Président à un reportage sur le Président. r d'une interview du Président à un reportage sur le Président.
par mohamed sifaoui publié dans : mohamed-sifaoui
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Lundi 10 mars 2008

C’est une catastrophe, un malheur et une malédiction qui viennent de s’abattre sur la culture universelle : Le sultanat d’Oman, l’Arabie Saoudite, l’Iran, le Yémen ainsi que d’autres pays arabo-musulmans boycottent le salon du livre de Paris. Le public français n’aura donc pas l’occasion d’apprécier les grandes œuvres littéraires produites par ces pays. Quel dommage !
Naturellement, c'est pour rire - parce qu'il vaut mieux en rire qu'en pleurer - que j'écris ce qui précède. Quand on connaît l'apport des intellectuels iraniens version Ahmadinejad ou celui des Saoudiens abreuvés au Wahabbisme ou encore celui des intellectuels algériens sympathisants de Bouteflika, on ne peut que se réjouir de l'absence de ces pays. Si j'avais ce pouvoir, j'aurais fait d'Israël l'invité d'honneur chaque année, juste pour constater l'absence des représentants de ces ennemis de la démocratie dans les couloirs du salon.
Ces pays – dont les dirigeants boycottent par ailleurs la démocratie, les droits de l’Homme, l’intelligence, le travail, l’honnêteté, le respect de leurs administrés, le bon sens, la bonne gouvernance, etc – ont décidé d’adopter cette attitude pour protester contre le « titre d’invité d’honneur accordé à Israël » par les organisateurs du salon.
Pour dire – et écrire – les choses sérieusement, je pense que le boycott de cette manifestation est tout simplement ridicule. D’autant plus ridicule qu’il intervient dans un contexte où le dialogue, l’échange et les rencontres doivent prévaloir sur la politique de la chaise vide prônée d’ailleurs par les États arabes depuis des lustres. Pensent-ils sérieusement qu’en adoptant une telle attitude, ils vont faire avancer la cause palestinienne et amener Israël à revoir sa politique ? Ces dirigeants arabes ont toujours préféré la posture à la politique. D’ailleurs savent-ils faire autre chose qu’adopter des postures ?

Je ne cautionne pas la politique israélienne – et notamment celle qui préconise exclusivement l’approche militaire pour lutter contre les assassins barbares du Hamas et des autres groupes terroristes – mais je pense que le terrorisme qui frappe ce pays ne diffère en rien – dans la forme et dans le fond – à celui qui sévit en Algérie, en Égypte ou au Maroc. Le Hamas, nourrit par cette idéologie fasciste qu’est le salafisme, soutenu par des États islamo-fascistes comme l’Iran doit être combattu avec la plus grande fermeté. Un pays comme le Maroc, par exemple, ne peut pas applaudir au terrorisme version Hamas quand celui-ci sévit à Tel Aviv et combattre celui d’Al-Qaïda dans les pays du Maghreb lorsqu’il sévit à Rabat. Les deux terrorismes sont alimentés par la même idéologie nihiliste et visent des objectifs similaires : destruction de l’État d’Israël pour l’un, désintégration du Maroc (et des autres pays musulmans) en tant qu’État pour l’autre afin de l’intégrer dans une oumma qui s’étendrait de Casablanca à Djakarta.

En étant cohérent, on ne peut pas reprocher à Israël de lutter contre les barbares du Hamas quand on sait que tous les pays doivent lutter contre le terrorisme islamiste. Ce qu’il faut reprocher à Israël, c’est la méthode.

En effet, on ne lutte pas contre le Hamas – ou contre une autre organisation terroriste – en bombardant des civils. On ne lutte pas contre le Hamas en causant la mort de nourrissons. Et on ne lutte pas contre le Hamas en le rendant, de facto, plus populaire et donc en le consacrant indirectement comme le « résistant » crédible et le défenseur exclusif de la cause palestinienne tout en affaiblissant l’Autorité de Mahmoud Abbas. La méthode choisie par l’armée israélienne doit être condamnée parce qu’elle est dangereuse dans le sens où elle fragilise les démocrates arabo-musulmans qui se battent pour une solution négociée et une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens. Cette méthode doit être condamnée parce qu’elle n’est pas digne d’un État de droit ni digne d’un État démocratique. Israël a le droit de se défendre mais pas en usant et en abusant d’avions de chasse pour larguer des missiles sur des zones habitées par des civils.

Le sang froid et la maîtrise de soi doivent prévaloir sur les réactions intempestives. Lorsqu’un État se rabaisse à utiliser la loi du talion contre une vulgaire organisation terroriste, il prend le risque de bafouer ses propres valeurs et de légitimer l’action des assassins. Les Israéliens sont conscients mais se laissent entraîner quand même dans ce piège tendu par le Hamas dont les membres, nous le savons, se cachent lâchement parmi les civils pour justement pousser Israël à commettre l’irréparable et frapper sans distinction civils et terroristes. Le bombardement acharné ne sert pas le processus de paix, n’affaiblit pas les terroristes mais sanctionne lourdement des populations civils qui, en plus des privations dues à l’embargo et des vexations quotidiennes au niveau des cheek point, doivent subir le sang et les larmes. Israël n’a pas compris qu’elle facilite ainsi l’action des sergents recruteurs du Hamas et, au-delà, celle des idéologues de l’islamisme internationale. Des rencontres lors du salon du livre auraient permis de débattre avec les intellectuels israéliens de ces questions.  

Je trouve que la décision des pays arabes est tout simplement lâche et certainement improductive. J’aurais en effet préféré que ces pays donnent l’occasion à leurs intellectuels et à leurs écrivains de débattre avec leurs confrères israéliens, de les rencontrer et d’échanger, y compris de polémiquer – pourquoi pas – avec eux.

Mais au final, je finis par croire qu’en réalité les dirigeants arabo-musulmans n’ont aucun intérêt à voir le conflit israélo-palestinien se résoudre. Le faire perdurer sert – quoi qu’on en dise – leurs intérêts étroits et occupent leurs sociétés. En utilisant ce conflit comme abcès de fixation, ils s’assurent au moins que ces dernières n’auront pas l’esprit suffisamment libre pour revendiquer une meilleure gouvernance.

par mohamed sifaoui publié dans : mohamed-sifaoui
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Jeudi 28 février 2008
undefinedLe ministre allemand de l'Intérieur, Wolfgang Schäuble, a appelé mercredi "tous les journaux européens" à publier les caricatures du prophète Mahomet comme l'a fait la presse danoise, au nom de la défense de la liberté de la presse.
"En fait, tous les journaux européens devraient à présent publier ces caricatures, avec cette explication : nous les trouvons pitoyables, mais il n'est pas justifiable de recourir à la violence en réponse à l'exercice de la liberté de la presse", a déclaré le ministre au magazine Die Zeit.
Dix-sept journaux danois ont publié, mi-février, une caricature du prophète au nom de la liberté d'expression. Cette publication commune avait été décidée par solidarité avec l'auteur du dessin, qui a été la cible d'un attentat déjoué.
Le ministre allemand a fait part de son "respect" pour cette décision de la presse danoise, qui montre que les journaux n'ont pas voulu "se laisser diviser".
Un porte-parole de Wolfgang Schäuble, Stefan Paris, a confirmé ces déclarations, qui faisait partie d'une longue discussion avec un auteur sur l'intégration et d'autres sujets, mais démenti qu'il s'agisse d'un appel à republier les caricatures. Le ministre a exprimé un message "clair en faveur de la liberté de la presse, en Allemagne, en Europe, et en général", a-t-il expliqué lors d'un point de presse. "En aucune façon, il n'a appelé tous les journaux européens à publier les caricatures de Mahomet".
En Egypte, en Jordanie et au Soudan mais aussi au Danemark et en Allemagne des islamistes tentent, via les chaînes satellitaires arabes, de faire pression sur les journaux pour faire interdire la publication de ce genre de dessins et attenter ainsi à la liberté d'expression en introduisant une sorte de "délit de blasphème". Les appels aux manifestations se multiplient aussi bien au Pakistan qu'en Iran. Même le Vatican a pris position en faisant un déclaration commune avec les dignitaires d'Al-Aazhar (Egypte) pour "condamner les nouvelles publications". Le génocidaire soudanais Omar Al-Bashir, après avoir dirigé lui-même une manifestation à Khartoum, a promulgué une loi interdisant l'accès au territoire soudanais aux ressortissants danois.
Pour ma part, je rejoints le principe réitéré par le ministre allemand de l'intérieur et les caricatures de Mahomet seront, n'en déplaise aux tenants de l'obscurantisme, toujours publiées sur ce blog. Je demande par ailleurs à tous les blogeurs et webmasters, défenseurs de la laïcité et de la liberté de la presse, à insérer toutes ou partie des caricatures danoises sur leur blog et site Internet afin de montrer leur attachement à la liberté d'expression, leur rejet des intégrismes et leur refus de se soumettre au diktat des islamistes.
Il est important, j'en suis convaincu, de répondre, de manière civilisée, aux démonstrations de forces islamistes qui se profilent.
par mohamed sifaoui publié dans : mohamed-sifaoui
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Mercredi 27 février 2008
L'année 2008 verra-t-elle simultanément le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme par l'ONU et la destruction de ses principes par la même ONU ? Tout porte à le redouter, tant depuis un certain nombre d'années, par ses dérives, l'ONU s'est caricaturée.
A Durban, en Afrique du Sud, s'est tenue en 2001 la Conférence mondiale contre le racisme, à l'initiative des Nations unies, dans la ville même où Gandhi avait commencé à exercer son métier d'avocat. C'est au nom des droits des peuples que furent scandés des "mort à l'Amérique !" et "mort à Israël !" ; et c'est au nom du relativisme culturel qu'on fit silence sur les discriminations et violences commises contre les femmes.
Alarmée par les graves dysfonctionnements ainsi mis en lumière au sein de sa Commission des droits de l'homme, l'ONU inaugurait en juin 2006 un tout nouveau Conseil des droits de l'homme (CDH), censé remédier à de si préoccupantes dérives. Aujourd'hui, le constat est plus qu'amer : c'est à la consécration même de ces dérives que nous assistons dans la perspective du forum dit de Durban 2, qui se tiendra en 2009. Plus gravement encore, l'élaboration officielle de nouvelles normes marquera, si celles-ci sont gravées dans le marbre d'une nouvelle et très particulière "déclaration des droits de l'homme", la mise à mort de l'universalité des droits.
Par sa mécanique interne, les coalitions et les alliances qui s'y constituent, les discours qui s'y tiennent, les textes qui s'y négocient et la terminologie utilisée anéantissent la liberté d'expression, légitiment l'oppression des femmes et stigmatisent les démocraties occidentales.
Le CDH est devenu une machine de guerre idéologique à l'encontre de ses principes fondateurs. Ignorée des grands médias, jour après jour, session après session, résolution après résolution, une rhétorique politique est forgée pour légitimer les passages à l'acte et les violences de demain.
Une triple alliance composée de la Conférence des organisations islamiques (OCI), représentée jusqu'à ce jour par le Pakistan, du Mouvement des non-alignés, où Cuba, le Venezuela et l'Iran ont un rôle central, et de la Chine - avec la complaisance cynique de la Russie - oeuvre ainsi à la mise en place d'une véritable révolution prétendument "multiculturelle". Ainsi, le rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, Doudou Diène, déclare d'ores et déjà qu'énoncer une critique contre le port de la burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste et que la loi française contre le port des signes religieux à l'école participe du racisme antimusulman, renommé "islamophobie occidentale".
La confusion des esprits est à son comble quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion. C'est une menace radicale contre la liberté de penser qui est en train d'être cautionnée par l'ONU. En assimilant au racisme toute critique des dérives de ceux qui parlent au nom de l'islam, parce que supposée relever d'attitudes néocolonialistes, les porte-parole de cette nouvelle alliance serrent un peu plus le garrot qu'ils ont passé au cou de leurs propres peuples et sapent les fondements d'une civilité très chèrement acquise en Europe depuis les guerres de religion. En septembre 2007, la haut-commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, participait à une conférence à Téhéran consacrée aux "droits de l'homme et (à) la diversité culturelle". Portant le voile, comme la loi de la République islamique l'exige, la haut-commissaire a été le témoin passif de l'énoncé des principes à venir, ainsi résumés : "offense aux valeurs religieuses considérée comme raciste".
Bien pire, dès le lendemain de cette visite, vingt et un Iraniens, dont plusieurs mineurs, furent pendus en public. C'est en sa présence que le président Ahmadinejad a renouvelé son appel à la destruction d'Israël, pays membre de l'ONU, créé par cette dernière. Interrogée sur son silence, la haut-commissaire a justifié sa passivité par le respect de la loi iranienne, auquel, en tant que juriste, elle s'estimait tenue, et par souci de "ne pas offenser ses hôtes". Charbonnier est maître chez soi... C'est le docteur Goebbels qui utilisait cet argument d'opportunité, à la tribune de la Société des nations en 1933, pour se soustraire à toute critique d'une institution internationale impuissante, mais dont les principes n'étaient au moins pas dévoyés comme ceux de l'ONU aujourd'hui.
Les grands crimes politiques ont toujours eu besoin de mots pour se légitimer. La parole annonce le passage à l'acte. De Mein Kampf à Radio Mille Collines, de Staline à Pol Pot, les exemples abondent pour confirmer la nécessaire extermination de l'ennemi du peuple au nom de la race, au nom de l'émancipation des masses laborieuses ou au nom d'un ordre supposé divin. Les idéologies totalitaires avaient remplacé les religions. Leurs crimes, les promesses non tenues "d'avenir radieux" ont ouvert grande la porte au retour de Dieu en politique. Le 11 septembre 2001, quelques jours après la fin de la conférence de Durban, c'est bien au nom de Dieu que le plus grand crime terroriste de l'histoire fut commis.
Face à cette stratégie, les démocraties, d'abord soucieuses de leur balance commerciale, font preuve d'une extraordinaire passivité. Que pèse le sort du peuple tibétain face aux enjeux des exportations vers la Chine ? Quel est le prix de la liberté pour Ayaan Hirsi Ali, ex-députée néerlandaise, menacée de mort, après l'assassinat en 2004 de son ami le réalisateur Théo Van Gogh, accusé d'avoir blasphémé l'islam dans le film Soumission ? Les exemples s'additionnent qui, de Taslima Nasreen à Salman Rushdie, de Robert Redeker à Mohamed Sifaoui, apportent la preuve que l'intégrisme islamiste impose sa loi par la terreur. Combien d'Algériens, de femmes au Maghreb, au Proche-Orient, en Turquie, au Pakistan ont déjà payé du prix de leur vie le refus de se soumettre à l'obscurantisme religieux ?
Si, par malheur, l'ONU devait consacrer l'imposition de tels critères, si le blasphème devait être assimilé à du racisme, si le droit à la critique de la religion devait être mis hors la loi, si la loi religieuse devait s'inscrire dans les normes internationales, ce serait une régression aux conséquences désastreuses, et une perversion radicale de toute notre tradition de lutte contre le racisme, qui n'a pu et ne peut se développer que dans la liberté de conscience la plus absolue.
L'Assemblée générale de décembre 2007 a déjà entériné des textes condamnant des formes d'expression considérées comme diffamatoires de l'islam. L'enjeu est clair, il est mondial : c'est de la défense des libertés de l'individu qu'il est question.
Soit les démocraties se ressaisissent, à l'exemple du Canada, qui vient d'annoncer son refus de participer à la conférence de Durban 2, estimant qu'elle risquait d'être "marquée par des expressions d'intolérance et d'antisémitisme", et cessent de s'abstenir ou de voter des résolutions contraires à l'idéal universel de 1948, soit l'obscurantisme religieux et son cortège de crimes politiques triompheront, sous les bons auspices des Nations unies. Et lorsque les paroles de haine seront transformées en actes, nul ne pourra dire : "Nous ne savions pas.

Premiers signataires :
Elisabeth Badinter, Adrien Barrot, Patrice Billaud, Pascal Bruckner, Jean-Claude Buhrer, Chala Chafiq, Georges Charpak, Christian Charrière-Bournazel, Bernard Debré, Chahdortt Djavann, Jacques Dugowson, Frédéric Encel, Alain Finkielkraut, Elisabeth de Fontenay, Patrick Gaubert, Claude Goasguen, Thierry Jonquet, Liliane Kandel, Patrick Kessel, Catherine Kintzler, Claude Lanzmann, Michel Laval, Barbara Lefevbre, Corinne Lepage, Malka Marcovich, Albert Memmi, Jean-Philippe Moinet, Jean-Claude Pecker, Philippe Schmidt, Alain Seksig, Mohamed Sifaoui, Antoine Spire, Pierre-André Taguieff, Jacques Tarnero, Michèle Tribalat, Michèle Vianes,Elie Wiesel, Michel Zaoui.


Post-scriptum : Je considère que ce texte est totalement conforme à la nature du combat que les forces laïques doivent mener. Une lutte contre les intégrismes - et non pas comme le souhaiteraient certains une guerre contre les religions - accompagnée d'une réitération des princpes de liberté d'opinion et de conscience. Liberté de critiquer les dogmes et les religions sans que cela ne soit assimilé à du racisme mais tout en restant vigilant sur le fait que des racistes peuvent utiliser ce prétexte (la liberté de critiquer les dogmes) pour faire passer leurs idées nauséabondes.

Signatures de soutien à ce texte par e-mail à licra@licra.org. Liste complète des signataires sur www.licra.org.

 

par mohamed sifaoui publié dans : mohamed-sifaoui
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Lundi 25 février 2008

Aussi noble soit-il, un « combat » irréfléchi, non encadré par une stratégie et non inscrit dans celle-ci devient de fait, une gesticulation. Et par essence, une gesticulation est condamnée à demeurer ce qu’elle est : un tir nul et sans conséquences, une détonation à blanc. Et quand bien même, cette détonation donnerait lieu à un feu d’artifice, celui-ci ne servira qu’à amuser la galerie.
Il se trouve que c’est de cela qu’il s’agit dans le débat qui m’oppose désormais à une partie du camp laïc. Le constat que je fais en observant le comportement des uns, en écoutant les déclarations des autres et en décortiquant les écrits des uns et des autres, me laisse penser que certains de mes amis ne savent plus à quel saint (laïc) se vouer mais surtout quelle démarche choisir et quelle stratégie adopter. Ils ne savent plus s’il faut lancer une bataille contre les religions au nom d’un farouche anticléricalisme ou s’il est nécessaire de réitérer leur engagement en faveur d’une non négociable « laïcité à la française ». Il faut admettre, je le pense, que ce sont là deux batailles différentes et qu’il faut choisir entre l’une et l’autre et non pas engager la première tout en pensant qu’on mène la seconde.
Les combattants de la laïcité, dont je salue la sincérité, en ce qui concerne la majorité d’entre eux, sont, en plus de la gesticulation qui les caractérise désormais, empêtrés dans des divisions qui servent, inéluctablement ceux qu’ils sont censés combattre, je pense aux intégristes religieux mais aussi à des religieux institutionnalisés qui ne rêvent que d’une seule chose : faire subir, via des pouvoirs publics complaisants, à la loi 1905 quelques « aménagements » qui leur permettraient d’occuper plus d’espace sur la place publique.   
Après la publication sur ce blog de quelques réflexions qui se veulent sincères et somme toute fraternelles, certains ont cru que j’avais lancé une sorte de « fatwa », déclaré le « djihad », armé ma ceinture explosive et que, peut-être, serais-je même atteint subitement par je ne sais quelle maladie mentale qui me pousserait à me jeter corps et âme dans les bras de l’infâme, à « m’indigéniser », à renoncer à ce que j’ai toujours été et à me transformer en ardent défenseur de la religion – et de l’islam principalement – et pourquoi pas des islamistes eux-mêmes. Je vous rassure, il n’en est rien. Ces déductions rapides et infondées ; cette arrogance et cette suffisance qui poussent certains démocrates à crier au scandale dès que l’un des leurs exprime un désaccord sur un point précis ; ces êtres atteints, pour certains, de relents néo-colonialistes qui estiment qu’un maghrébin ne doit pas sortir de la case délimitée par des frontières savamment tracées par ces mêmes bourgeois(es) non assumés qui croient que celui qui ne pensent pas comme eux pense forcément mal. Toutes ces méthodes, cette manière de concevoir le débat, d’envisager le combat, de vivre la démocratie, je l’avoue, m’insupportent.
Cela peut paraître prétentieux. Je m’en excuse donc d'avance. Mais je tiens quand même à le dire. Je ne suis – et je ne veux être – ni un Azouz Begag qui se laisse caresser la tête dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale par un Villepin Premier Ministre ; ni une Fadéla Amara stressée qui se complaît à se laisser consoler par un Borloo tout compatissant devant un Président annonçant son « plan banlieue » ; ni – encore moins – une Rachida Dati dont la seule pensée consiste à répéter, à la virgule près, ce que les faiseurs (et défaiseurs) de rois (et de reines) ont dit la veille ; ni un quelconque « petit rebeu » alibi pour une certaine gauche qui, généralement, se refuse tout rapport non paternaliste avec des personnes issues de l’immigration. Je le dis franchement : je ne suis pas ce maghrébin qui se laisserait dicter sa conduite et ses positions, ses écrits et ses convictions par je ne sais quel maître (ou maîtresse) à penser. Je l’ai refusé en Algérie et je le refuserai en France : je ne serai l’instrument d’aucune chapelle quelque soit sa couleur et ses objectifs ni d’aucune personnalité quelque soit l’estime et le respect que je pourrais avoir pour elle. Les uns et les autres doivent comprendre que s’il existe des Maghrébins qui se laissent aller au paternalisme, il existe d’autres citoyens d’origine étrangère qui ne conçoivent toute relation que dans un esprit de partenariat respectueux et égalitaire. Je ne suis pas – non plus – de ces « indigènes de la République » qui s’enferment dans le discours victimaire et dans l’éternelle lamentation, de ces « dieudonnistes », esclaves d’une pensée tout aussi victimaires, complexées par ce que l’on a fait d’eux hier et par ce qu’ils ont fait d’eux-mêmes aujourd’hui, encore moins de ces islamistes envahissants qui se laissent aller à des discours fascisants ou à des pratiques moyenâgeuses pour se trouver une identité. Je reste profondément enraciner dans les valeurs universelles et ma seule pensée s’inspire de celles-ci.
Cela devait être dit (et écrit). Mais il est tout aussi important, pour moi, d’aborder également cette épineuse question du combat pour la laïcité. A ce propos, je ne vois effectivement aucune stratégie mais j’observe, par ailleurs, beaucoup de gesticulations. Je m’explique. Il est, je le répète, deux combats qui sont totalement différent. Le premier est résolument anticlérical, le second est inscrit, d’un côté, dans la défense de la laïcité et notamment dans la préservation, en l’état, de la loi 1905, et intégré, d’un autre côté, dans une démarche profondément anti-intégriste.
La réflexion que j’ai voulu lancer consiste à définir quelles étaient aujourd’hui nos priorités. Est-ce l’anticléricalisme, j’ose le mot, bête et méchant, qui consiste à voir derrière chaque soutane, sous chaque voile et chaque kippa un danger potentiel ? Ou alors les intégrismes – dont l’islamisme constitue indéniablement la tête de pont – et leurs visées obscurantistes, leurs objectifs anti-laïcs, abreuvés de discours présidentiels fort discutables, inscrits dans une stratégie qui risque de mettre en péril le pacte républicain pour lui substituer un communautarisme dégoutant basé sur le multiculturalisme et un relativisme culturel qui aura raison, si on laisse faire, de la lettre et de l’esprit de loi 1905 ? Aurions-nous intérêt à alimenter, même inconsciemment, un « choc des civilisations », une surenchère entre les religions et à opposer les croyants aux athées et aux agnostiques, ce qui ne tardera pas à se muer en surenchère entre intégristes ? Et aurions-nous intérêt à créer, au final, une confrontation entre croyants et incroyants ? Je ne le pense pas. Je ne le crois pas d’autant plus que j’ai déjà croisé des athées qui ne m’ont montré aucun intérêt pour la laïcité et des croyants profondément attachés à celle-ci.
Quand j’entends dire que dans des grand-messes de « laïques convaincus », on se laisse aller à des réflexions du type « ô que c’est bien de se retrouver entre mécréants », je dois avouer que je ne peux m’empêcher de constater que certains veulent justement, dans le seul but d’assouvir, avec beaucoup de passions, leurs propres fantasmes, nous embarquer dans des aventures dans lesquelles ils joueront le rôle de ces guides amateurs de haute montagne qui finissent souvent par emmener ceux qui prennent le risque de les suivre tout droit vers les avalanches.
Raison pour laquelle, il faut absolument que le camp laïc se re-concentre sur l’objectif : l’intégrisme musulman et plus globalement, je dirais, tous les intégrismes. Ce camp laïc gagnerait à s’élargir aux croyants comme aux non-croyants, à renoncer au sectarisme, à s’éloigner des gesticulations, à s’éviter la suffisance et à dialoguer en son sein pour trouver les bonnes méthodes, la bonne démarche et, par conséquent, l’efficacité qui doit être la sienne. Il faut, de mon point de vue, adopter cette attitude d’autant plus qu’en face nous avons des groupes unis, déterminés, décidés et qui savent faire preuve d’efficacité, tout ceci dans le cadre d’une stratégie. Or, justement nous avons besoin d’avoir la nôtre. Et celle-ci ne doit pas être confinée dans quelques arrondissements parisiens comme c’est souvent le cas. Il ne s’agit pas de réunir, dans le quartier latin, des convaincus pour leur ressasser ce qu’ils ont envie d’entendre, il ne s’agit pas, même s’il faut les soutenir, de porter sur les fonts-baptismaux ceux qui font de la « menace de mort » un fond de commerce, il ne s’agit pas, non plus, de faire de l’apparition télévisée une fin en soi et l’accomplissement d’un acte de résistance. Il ne faut pas croire qu’en laissant les nouveaux prophètes de l’anticléricalisme répandre leur venin, souvent par méconnaissance criante, on se bat pour la laïcité et contre l’intégrisme.
J’ai cru comprendre que notre ami Pierre Cassen du site « Riposte laïque » a été vexé par ma précédente sortie. Qu’il en excuse ma franchise. Mais tout de même, ouvrir son site, sous prétexte du débat démocratique, à un derviche-tourneur de l’ignorance qui ne sait faire autre chose que déverser sa haine pathologique de l’islam en usant de « démonstrations mathématiques » qui prêteraient à rire en d’autres circonstances me pousse à me poser effectivement quelques questions. Comment l’athée, le laïque et le militant sincère Pierre Cassen peut-il accepter d’être flanqué d'un lieutenant qui non seulement ne possède aucun bagage théologique ni légitimité qui serait puisée dans un long parcours militant, comment notre ami dont nous connaissons la ténacité peut-il, dis-je, accepter d’être flanqué justement d’un nouveau prophète qui nous propose un « nouvel islam » alors que nous n’avons pas encore réglé la question de l’ancien ? Comment peut-il laisser écrire des insanités sur son site sous la plume haîneuse d'un déçu de l'islam, se solidariser avec une dame qui a enfreint les lois de la République et condamnée par le tribunal de cette même République - certes elle était opposée à une femme voilée -, se retrouver dans ce même soutien aux côtés des villiéristes, et, en même temps, s'émouvoir de constater que je ne partage pas cette façon de faire ? Si Pierre Cassen veut se sectariser se sera sans moi. S'il n'est pas capable de comprendre qu'un démocrate n'est pas celui qui applaudit ses amis lorsqu'il estime que ceux-ci ont tort et n'est pas celui qui attaque ses adversaires et ses ennemis lorsque ceux-là ont raison, c'est que nous n'avons pas la même conception de la démocratie.

Il faut passer à autre chose. Cessons les attaques stériles et les démarches sectaires qui nourrissent nos adversaires communs au lieu de les affaiblir. Il faut, par ailleurs, imaginer des actions pédagogiques dans les quartiers difficiles, créer un travail de terrain en direction des jeunes, concevoir des opérations de sensibilisation de l’opinion, y compris en terrain « hostile », multiplier les rencontres avec les partis politiques, les syndicats, les étudiants etc. Il faudrait créer « tout ça » au lieu de se lancer dans de ridicules attaques contre les religions. Je ne dis pas qu’il faille renoncer à notre liberté de parole, à la critique des dogmes ou aux débats sur les textes religieux. Il faut au contraire le faire mais avec ceux qui ont la compétence d’apporter des arguments, de dégager une réflexion, de susciter un vrai débat. L’insulte pour l’insulte n’apporte absolument rien. Or, je le répète encore une fois, lancer ou s’approprier des envolées du type « l’islam est une religion arriérée, totalitaire et violente » sans même poser le débat me gène – non pas parce qu’il est question de l’islam – parce qu’on part d’un postulat idéologiquement suspect qui ne repose sur aucune démonstration historico-théologique sérieuse. Du moins, aucune démonstration n’a été faite pour prouver que l’islam serait plus « arriéré, totalitaire et violent » que les autres religions. A ce jeu, je dirais qu’avec l’inquisition, c’est plutôt le catholicisme qui a donné la preuve historique de mériter la première place de l’arriération de par les aspects violents et totalitaires de cette époque. Provocation volontaire s’il en fallait, pour dire qu’il faut éviter d’ouvrir ce genre de débats.
La mobilistaion des laïques a cédé sa place aux divisions et aux problèmes de personnes, le travail de fond s'est éclipsé devant les actions superficielles. Pour peu que celles-ci soient hautement médiatisées, elles donnent l'impression d'être d'une redoutable efficacité. Supercherie !

 

par mohamed sifaoui publié dans : mohamed-sifaoui
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Mardi 19 février 2008
Un  cyber-intégriste tente de me faire taire, y compris sur le Net.  Pour avoir publié sur mon blog les caricatures de Mahomet , ce fanatique a envoyé le message suivant aux administrateurs d'over-blog. Je le reprends in-extenso avec le niveau débile qui le caractérise et les fautes qu'il comporte :

"raisons : Bonsoir, je trouve overblog est un super site pour les personnes tolirants mais avec ce genre du site je suis tres deçu que vous laissez ce genre du personne a dire tou et n'importe quoi et surtout ce qui conserne la caricature du prophete de l'islam (je vais envoyer ce blog dans tous les forum et tou les groupe que je connais)"

Malheureusement pour lui, ce cyber-intégriste est très mal tombé. Parce que je devais republier aujourd'hui les douze caricatures en signe de provocation à l'égard de ceux qui n'ont pas encore compris que la satire, la caricature est la liberté d'expression font partie des fondements de toute démocratie. Espérons que cette publication ne donne pas de l'urticaire ni de l'eczéma à notre cyber-intégriste.


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par mohamed sifaoui publié dans : mohamed-sifaoui
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Dimanche 17 février 2008

Des internautes m’ont écrit pour me demander des explications sur les propos que j’ai tenus sur RMC Info au mois de novembre 2007. En effet, dans le cadre de la promotion de mon livre intitulé « j’ai infiltré le milieu asiatique », j’ai exprimé un point de vue qui, si j’ai bien compris, a heurté certains membres de la communauté asiatique. Je tiens donc à m’expliquer.
Je veux apporter cette nécessaire clarification d’autant plus que des voyous gênés par mon enquête ainsi que d’autres personnes très malintentionnées ont tenté, dans le cadre d’une vulgaire cabale, d’induire l’opinion en erreur en lui faisant croire que je serais « un raciste ». Ce qui est naturellement faux. C’est la raison pour laquelle ces explications, je les destine, non pas aux voyous qui salissent la communauté asiatique mais aux membres sincères et honnêtes de cette dernière. Si cette clarification est nécessaire, pour le respect que je dois aux lecteurs et aux internautes, cela ne veut nullement dire que je me déjugerais ou que je regretterais quoi que ce soit. Bien au contraire. J’ai fait mon travail honnêtement dans le seul but d’informer le public sur un sujet quelque peu tabou : « la délinquance asiatique ».
D’abord, mon enquête a porté effectivement sur cette délinquance qui sévit à l’intérieur de la communauté asiatique. J’ai, durant une année, consulté des dossiers judiciaires, assisté à des procès, rencontré des commerçants, côtoyé des délinquants et des voyous, consulté des travaux de sociologues, interviewé des magistrats et des avocats, discuté avec des enquêteurs etc. C’est dire que mes déclarations ne sont pas le fruit d’une éventuelle réaction épidermique et irréfléchie mais le fruit d’un travail sérieux et approfondi et d’une réflexion tout aussi sérieuse et approfondie.
Ce travail m’a permis de réaliser plusieurs constats.
Premièrement, les victimes de la « délinquance asiatique », ce que j’appelle le « milieu », sont quasi exclusivement, elles même, d’origine asiatique. Celles-ci portent rarement plainte. Pour des raisons culturelles ou par crainte de représailles, les victimes se terrent souvent dans un mutisme qui profite aux voyous. C’est une vérité autour de laquelle, magistrats et policiers spécialisés dans la délinquance asiatiques s’accordent. J’ai voulu, à travers mon investigation, attiré l’attention de l’opinion sur cet aspect.
Deuxièmement, la délinquance financière, le saucissonnage, l’extorsion de fonds, le proxénétisme, l’exploitation de l’immigration clandestine, pour ne citer que ces aspects, sont des faits avérés, devenus des pratiques courantes chez les voyous d’origine asiatique. Il suffit de fréquenter les chambres correctionnelles des différentes juridictions de la région parisienne pour s’en rendre compte.
Troisièmement, certaines associations prétendument « communautaires » dirigées par des personnes au comportement douteux et autres « notables de la communauté » connaissent ces pratiques, souvent les cautionnent et systématiquement les taisent parce qu’ils en tirent très souvent un bénéfice direct ou indirect. Certains d’entre eux sont aujourd’hui gênés par le fait qu’un journaliste vienne « fourrer son nez » dans des « affaires asiatiques ». Durant mon enquête, certains amis, connaissant bien ces délinquants, m’avaient prévenu en me disant que certaines associations communautaires et autres « notables » mais aussi quelques médias asiatiques allaient lancer des actions de destabilisation, en signe de représailles, après la sortie de mon enquête. C'est ce qui s'est produit. On a tout essayé. Mais je suis toujours debout. Les démonstrations de force et autres gesticulations ne m'ont jamais impressionné. Ils me renforcent. C'est la raison pour laquelle, j'ai attendu avant de répondre. Je n'ai pas voulu alimenter une polémique stérile entretenue par un repris de justice dont la principal arme est le mensonge et la manipulation.
Aussi, est-il nécessaire de préciser que lorsque j’ai été interviewé, je me suis permis de réaliser une analyse sociologique. Tout en précisant que mes propos ne concernaient pas l’ensemble de la « communauté asiatique », j’ai d’abord précisé que les voyous que j’avais fréquentés n’avaient absolument rien à foutre des questions d’intégration. Que cela plaise ou non, c’est là un constat. Que cela plaise ou non à ceux qui profitent de la misère des sans-papiers et des prostitués, les personnes sur lesquelles j’ai enquêtées – et qui ne sont ni acteur ni écrivain ni hommes de lettres ni homme de théâtre ni des citoyens honnêtes – n’ont absolument rien à faire de l’intégration comme ils n’ont rien à faire de la collectivité. Ils ne cherchent qu’à gagner de l’argent en usant et en abusant de pratiques délictueuses.
Je sais que nos lycées, nos universités et nos sociétés regorgent de personnes d’origine asiatique qui sont totalement intégrées. Certains de mes amis sont eux-mêmes d’origine asiatique, totalement intégrés, et me confirment d’ailleurs tous les constats que j’ai faits tout en me réitérant leur soutien et leur confiance.
Aussi, dire que beaucoup d’Asiatiques présents sur le sol français, et notamment les primo-arrivants,  ne sont pas intégrées, c’est un constat, non pas une insulte, encore moins l’expression d’un racisme. Les chinois primo-arrivants, par exemple, ne s’inscrivent pas, ou que très rarement, dans une logique d’intégration. Ils sont très dépendants de leur « communauté » ne travaillant, le plus souvent qu’en son sein.
Le racisme c’est de constater que des gens ne peuvent pas – ou ne veulent pas – s’intégrer et les laisser se communautariser en les laissant loin de la communauté nationale. Le racisme c’est ce policier qui me dit, en me chuchotant à l’oreille, « ils ne nous emmerdent pas donc on ne les emmerde pas. Ils règlent leurs problèmes entre eux ». Ce que ce fonctionnaire voulait me dire est l’expression d’un racisme qui passe aujourd’hui inaperçu.
C’est parce que je considère le citoyen d’origine asiatique comme un citoyen au sens large du terme que je me suis intéressé à la délinquance qui sévit au sein de cette « communauté ». C’est parce que je considère qu’une victime d’origine asiatique est une victime comme une autre que je me suis intéressé à la délinquance qu’elle subit. C’est parce que je pense que le communautarisme est un danger pour le vivre ensemble et un danger pour la France que j’exprime cette position.
Enfin lorsque je dis qu’une communauté ne fait pas parler d’elle, lorsqu’elle refuse de s’intégrer, c’est une réalité. Cette posture a été celle des Maghrébins, ensuite celle des Africains jusqu’au années 1980. En effet, lorsque les premiers immigrés issus d’Afrique ou de l’Afrique du nord ne se sentaient pas chez eux, ils ne revendiquaient rien. La France alors ne les entendait pas et les ignorait. Ce sont les enfants nés sur le sol français qui revendiquent des droits, plus de droits. Parce que justement ils se sentent français, donc chez eux. Ce sera certainement le cas des Asiatiques dans quelques années.
C’est dire que ces analyses, tout comme mon enquête, n’ont rien d’une expression raciste. Il est vrai que je dis les choses clairement même si celle-ci doivent choquer. Je ne suis pas un partisan de la langue de bois et des discours policés. Je sais que cela gêne ceux qui entretiennent les tabous sur tous les sujets et les tenants de la bien-pensance.
Je m’inscris donc en faux contre les accusations mensongères qui ont été portées contre moi et surtout contre les accusations de racisme. Celles-ci sont injustes et injustifiées. J’ai passé la moitié de mon existence à me battre contre toutes les formes d’extrémisme. Je suis opposé aux racismes, à l’antisémitisme et à l’intolérance, et notamment l’intégrisme musulman. Je me suis engagé dans des associations et dans des actions justement pour me battre contre les tenants de l’intolérance.
Mais se battre contre les racismes, ce n’est pas taire des vérités et des réalités. Et se battre contre les racismes, ce n’est pas non plus devenir porteur d’un discours victimaire. Dans quelques mois je rendrai publique une autre enquête qui ne manquera pas malheureusement de créer d’autres polémiques. Celle-ci non plus ne sera pas l’expression d’un quelconque discours raciste mais le résultat d’un très long travail d’investigation qui montrera les marginaux d’une communauté s’adonnant à des pratiques contraires aux lois et aux règles de la République.   

par mohamed sifaoui publié dans : mohamed-sifaoui
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Vendredi 15 février 2008

Le site de « Riposte laïque » animé par notre "ami" Pierre Cassen a donné son point de vue sur la soirée de soutien organisée en faveur d’Ayaan Hirsi Ali. Si je partage l’essentiel de l’avis exprimé dans cet article, quelques points me posent un problème de fond et je voudrais expliquer ma position loin de tout esprit polémiste. Je suis même prêt à en débattre publiquement à l’occasion.
Je constate d’abord – et je l’écris avec lucidité et sérénité – que la mode qui est en train de se développer consiste à « soutenir » de manière très sélective et avec une émotion tout aussi sélective celui ou celle qui rejette le plus l’islam. Le curseur du soutien est placé de manière proportionnelle au degré du rejet qui va de l’islamisme à l’islam. Aussi, si la dénonciation de l’islamisme vaut-elle à son auteur l’appui d’un groupuscule, le rejet des fondements même de la religion musulmane suscite une adhésion quasi unanime.  

J’observe et je finis même par craindre qu’y compris ceux que je considérais comme des amis entretiennent finalement une obsession contre la religion musulmane et peut-être contre les musulmans eux-mêmes. J’en déduis donc que le problème, pour beaucoup, n’est plus l’islamisme mais l’islam. Le problème n’est plus les islamistes mais les musulmans. Je tire cette conclusion parce que certains veulent nous faire admettre, en raison de leur lâcheté, qu’ils vomissent l’islam mais qu'ils digèrent les musulmans. Comment est-ce possible ? Il est vrai que les goûts gastronomiques ne se discutent pas mais tout de même un peu de cohérence permettrait d'avoir une ligne claire.
De plus, si j’ai bien compris le débat qui s’installe, le « bon musulman » serait, en substance, celui qui déclare son athéisme. « Reniez votre religion débile et nous allons enfin considérer que vous êtes dignes de notre soutien et de notre reconnaissance », semblent dire certains non sans une certaine condescendance et un paternalisme que beaucoup ont désormais du mal à cacher.
Cette surenchère est à la fois malsaine et surtout contreproductive. Et elle est d’autant plus gênante qu’elle s’inscrit dans une théâtralisation du « combat laïc » et a tendance, de plus en plus, à être « pipolisée ». Le rejet ou la critique de l’islam ne me gêne absolument pas. J’ai tendance à préconiser une approche voltairienne par rapport à des discours ou à des analyses que je ne partage pas. C’est dire que ce n’est pas en tant que défenseur de la religion que je m’exprime mais tout simplement en tant que laïque qui pense que si la religion doit être clairement séparée de l’Etat, celle-ci doit être protégée notamment contre la diabolisation.

De ce point de vue, je suis tout à fait à l’aise en écrivant ce qui va suivre.

Je l’ai écrit, dit et répété : Ayaan Hirsi Ali doit être soutenue. Et je la soutiens sincèrement et totalement. Et certainement pas comme Ségolène Royal qui a tenu à être présente à ses côtés le dimanche pour la photo avant de se démarquer habilement le lendemain, sur une radio nationale, du discours d’Ayaan Hirsi Ali. Je ne la soutiens pas non plus comme Libération qui durant des années a considéré que toute critique de l’islamisme était un « acte d’islamophobie » avant de s’afficher aux côtés de celle qui ne cache pas sa détestation pour l’islam. Je ne la soutiens pas enfin comme Rama Yade qui, tout en supportant un discours présidentiel inquiétant sur la question de la laïcité, voit dans la présence d’Ayaan Hirsi Ali à Paris le « coup de comm » qu’il ne faut surtout pas laisser passer.
Je soutiens Ayaan Hirsi Ali et je ne veux ni me laisser photographier à ses côtés, ni faire un « coup de pub » à travers son action. 
Parce que ce que je soutiens, ce n’est certainement pas son discours qui est, à ne pas en douter, le résultat de la trajectoire d’une jeune fille traumatisée par une histoire personnelle écrasée par le poids d’une série de dogmes et de cultures moyenâgeux et surtout par la folie des hommes. Ce que je soutiens, ce n’est certainement pas sa décision d’aller se mettre sous la coupe des néoconservateurs américains qui, au lieu de combattre l’islamisme, le nourrissent à travers des politiques hasardeuses et des idéologies suspectes. Ce que je soutiens, c’est le principe. Celui qui me pousse à dire que tout ce que dit cette femme à l’égard de l’islam est d’une niaiserie rare, les discours qu’elle ressasse sont le résultat d’une profonde méconnaissance de l’islam mais que cependant elle a le droit de continuer à répéter des contrevérités, elle a le droit d’exprimer sa détestation de l’islam, du Coran et du prophète sans risquer sa vie. N’en déplaise aux émules de Ben Laden et aux supporters de Tariq Ramadan ; n’en déplaise aux « autorités religieuses » musulmanes et aux derviches tourneurs du salafisme, la liberté de conscience, de parole de Ayaan Hirsi Ali ainsi que sa liberté de circuler normalement représentent, à mes yeux, des principes qu’il nous faut soutenir.

En clair, je ne soutiens pas cette femme – comme certains – parce que je partagerais son point de vue (ce serait facile) mais je me dois de la soutenir parce que j’estime que bien qu’elle dise des choses avec lesquelles je suis en désaccord, aucune personne n’a le droit de menacer son intégrité physique et sa tranquillité.
Bizarre d’ailleurs est cette attitude qui poussent plusieurs « amis » à soutenir, de facto, à la fois la personne menacée et son discours. C’est comme si je me disais que les caricatures de Mahomet dont j’ai soutenu la publication – pour le principe de la défense de la liberté d’expression – deviennent de fait des chefs d’œuvres. En fait, je trouve la plupart des dessins d’une nullité artistique totale, ce qui ne m’empêche pas de soutenir sans failles les caricaturistes danois.
Selon le site animé par Pierre Cassen, ce n’est pas cette brave Ayaan Hirsi Ali, cette femme si belle si intelligente cette désormais « voltaire africaine », cette exception  « qui va parler d’une religion de paix pervertie par les méchants islamistes ». Certes, ce n’est pas elle. Ce sont certainement d’autres cons, d’autres salauds, d’autres fanatiques, d’autres illuminés, d’autres obscurantistes dont je fais partie. Beaucoup de musulmans attachés à la laïcité, aux principes des droits de l’Homme et à la démocratie apprécieront d’être renvoyés ainsi à leur « religion arriéré, totalitaire et violente ». Les choses ont le mérite d’être désormais très claires. 
Merci de me renvoyer à ma « communauté » et à mon obscurantisme. Parce que je le rappelle, accessoirement : je suis musulman. Merci de rappeler aux démocrates algériens - musulmans pour beaucoup d’entre eux – que « le problème » c’est la religion à laquelle ils restent attachés et non pas les extrémistes qui tuent en son nom. Merci d’abreuver l’extrême droite tout en crachant sur les musulmanes qui se battent dans les pays arabes pour leur émancipation. Merci de servir cette formidable pensée qui alimente le « choc des civilisations ». Et merci enfin de m’ouvrir les yeux et me permettre de mesurer le niveau de ma naïveté. Merci de me démontrer que je m’étais engagé aux côtés de gens qui cherchent – non pas à rappeler leur attachement à des principes universels – mais à « bouffer » du musulman.
Les salafistes peuvent également vous remercier. Vous leur donnez les arguments qu’ils ne cessent de rechercher, vous les confortez dans leurs convictions, vous légitimez leur discours. Continuez la pièce de théâtre. Je ne jouerai désormais ni les premiers ni les seconds rôles. Je ne ferai même pas de la figuration. Je refuse. Le scénario ne convient pas à mes convictions et le dialogue « bien-pensant » ne sied pas au sens que j’ai donné à mon combat contre l’intégrisme.   
Je défends le droit au blasphème. Je suis, bien que croyant, moi-même à mes heures un blasphémateur invétéré. Mais je ne peux pas laisser l’hypocrisie s’installer sans réagir. Qui peut prétendre dans un même article d’un côté respecter « les croyants » dont, je présume, les musulmans et écrire plus loin que la religion de ces mêmes musulmans est « arriérée, totalitaire et violente ». Ecrire cela voudrait dire tout bêtement que Pierre Cassen et ses amis – qui ne sont pas catalogués comme des religieux fanatiques – respectent d’une certaine manière l’arriération, le totalitarisme et la violence auxquels croient les musulmans. On ne peut pas prétendre que l’islam, son Coran et son prophète sont un « problème » et respecter ceux qui se reconnaissent dans ce même problème. Pour ma part, je n’ai aucun respect pour les totalitarismes, je n’ai aucun respect pour les idéologues de la violence mais je respecte sincèrement les croyants qui rejettent la violence et le fanatisme qui ne sont pas contenus dans la religion musulmane, n’en déplaise à Pierre Cassen, à Ayaan Hirsi Ali et à leurs amis.

En réalité, ceux qui écrivent cela ont une lecture de la religion musulmane qui est strictement identique à l’interprétation du Coran qui est faîte par les salafistes. Les uns et les autres ont tout simplement une lecture littérale. Cette même lecture du texte coranique qui a donné naissance à la barbarie islamiste est préconisée aujourd’hui par certains défenseurs de la laïcité. Drôle d’époque. Espérons que l’erreur qu’ils commettent – je préfère penser par méconnaissance – ne va pas engendrer chez eux les conséquences qu’elle a engendré chez les intégristes musulmans.