Images aléatoires

Album photos

Recherche

Catégories

Dimanche 27 janvier 2008
En mars 2007, des habitants de Champs sur Marne attiraient mon attention sur l’ouverture, dans leur quartier, d’une mosquée clandestine, tenue par des salafistes. J’avais donc décidé, après vérifications, de médiatiser cette affaire. Les habitants se sont constitués en collectif et ont adhéré à l’Ufal, l’Union des familles laïques, pour faire valoir leurs droits et dénoncer l’installation de ce « lieu de culte » dirigé par un groupe qui a méprisé les lois et les règles de l’urbanisme. Grâce à la mobilisation de ces habitants et de la mairie, la justice a ordonné, entre autres, la fermeture de ce local.
Je publie sur ce blog l’article qui m’a été envoyé par la présidente de l’Ufal de Champs sur Marne, l’une des personnes qui se sont mobilisées pour réitérer le message républicain.
Je salue pour ma part leur ténacité et leur courage et leur réitère mon soutien.  

"La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale". Chacun d'entre nous devrait connaître par coeur l'article 1er de notre constitution. Il y a moins d’un an ,11 mois plus exactement, j’aurai été incapable de dire cela mais il faut savoir que les valeurs essentielles de notre vie se trouvent là.

Le 23 février 2007, une mosquée salafiste ouvrait ses portes, en toute illégalité, dans notre quartier, quartier d’une ville sans importance.
Nous vivons à Champs sur Marne et cette commune ne tombera pas dans l’oubli de sitôt.
En effet ce jour-là, sous les regards médusés des habitants, des salafistes, en tenue traditionnelle (kamis et burkas) inauguraient un local de culte clandestin, local acquis pour en faire des bureaux.
Mais au lieu de faire des bureaux, comme les nouveaux propriétaires s’y étaient engagés, le local abritait une mosquée clandestine et une école coranique.
Les personnes qui venaient dans ce local, étaient pour la plupart, extérieures à notre commune.
Notre lieu de vie était quadrillé par des sbires qui surveillaient les riverains les jours de prière.
Des allées et venues incessantes de salafistes , de 5 h du matin à minuit ,des regards hostiles envers les femmes ,des sourires engageants envers les enfants, tel était notre quotidien.
Les habitants du quartier, stupéfaits et abasourdis, voulaient absolument faire « quelque chose » pour que cesse cette situation intolérable.
Pour certains, ce quelque chose se traduisit par des appels téléphoniques auprès de la mairie, du député, du commissariat, de la sous-préfecture, de la préfecture.
Pour d’autres, ce fut des courriers.
Chacun dans son coin essayait de crier son indignation, son refus de voir s’installer le communautarisme, son inquiétude pour les enfants…
Nous vîmes aussi des personnes, se sentant totalement impuissantes, se cacher derrière leurs rideaux en se disant que la situation était désespérée et qu’il n’y avait rien à faire. Pour eux, la seule solution était de fermer leur porte à clef.
Tous se demandaient : mais que faire  pour être entendus ?
Plusieurs contacts furent pris avec la presse, mais nous étions en pleine campagne électorale présidentielle et la vie de citoyens lambda était moins intéressante que le débat politique d’alors. Pas d’émeutes dans notre quartier, pas de violence, bref rien de sensationnel.
Seuls deux journalistes, Mohamed SIFAOUI et Jean LOUIS du Parisien  comprirent nos préoccupations et vinrent dans notre quartier pour juger par eux- mêmes de la situation.
Chacun d’entre eux prit la mesure de ce que nous vivions.
Par des articles dans le Parisien, une enquête dans Marianne le 24 mars 2008, une émission télévisée diffusée sur Arte le 28 août 2008, ces deux journalistes se firent l’écho de notre quartier, suivirent et suivent toujours l’affaire de près. Des enregistrements effectués confirmèrent la nature subversive des occupants de la mosquée.
Quelques habitants du quartier, les plus téméraires, les plus attachés aux valeurs républicaines, décidèrent de s’organiser en collectif.
Lorsque l’on porte atteinte à sa liberté, l’homme, aussi modeste soit-il, est capable de réagir et de se défendre.
Pas d’actes violents, pas d’insultes mais des réunions où la marche à suivre était décidée et mise en œuvre.
Pétitions, démarches auprès de la mairie, interventions dans les rencontres publiques avec le député, tous les recours dont nous pouvions nous servir étaient utilisés.
Telles des fourmis laborieuses, tous et toutes participions à la hauteur de nos moyens.
Messages via internet, participation à des débats, présence effective de membres du collectif lors de moments forts tels que le procès, la réunion en sous-préfecture, la rencontre chez le Préfet et rappel incessant de nos valeurs.
A chaque manifestation publique du collectif, les personnes désignées étaient différentes, ainsi nous avons montré que c’était un quartier entier qui était mobilisé mais pas uniquement quelques individualités.
Certains pessimistes prédisaient que la situation du quartier durerait plusieurs années, qu’on ne n’en sortirait jamais car les personnes de la mosquée étaient propriétaires, que l’on ne pouvait rien faire face à ces islamistes ….
Ils étaient propriétaires, certes, mais au sein d’une co-propriété. Qui dit co-propriété dit droits mais aussi devoirs.
L’islamisme radical fait peur mais n’est nullement invincible.
La cohésion de notre collectif et sa seule ligne de conduite étaient la défense de la laïcité, le respect de la loi par chacun.Jamais les différentes appartenances politiques ne furent prises en compte.
Jamais les différences religieuses ne furent évoquées.
Notre seul point commun : faire un front républicain et laïque face à l’obscurantisme et les dangers qu’il génère.

Pas de dérapage intempestif, sauf une fois où l’un d’entre nous a glissé dangereusement vers la xénophobie.Aussitôt quelques personnes ont repris les choses en main en tançant vertement cet individu qui a cessé ses insinuations fort malvenues.
Le ciment de notre collectif, en dehors de notre détermination, fut la rédaction d’un bulletin d’information électronique quasi-hebdomadaire.Toute information recueillie était communiquée à chaque fois aux différents protagonistes (membre du collectif, maire, député, préfet).
Une autre façon de fédérer les habitants du quartier fut l’organisation itérative de « pot républicain et laïque » au cours desquels les autorités étaient conviées de façon systématique .Ainsi les représentants élus se rendaient compte de la mobilisation et de la détermination des citoyens de base.

Cet engagement républicain a fini par être productif
.
D’une part Mme Maud TALLET, maire PCF de notre commune, a poursuivi en justice la SCI propriétaire et occupant les locaux. A ce jour les dits propriétaires ont été condamnés le 18 juillet 2007 par le Tribunal Correctionnel de Meaux.
D’autre part Mme Chantal BRUNEL,  député UMP de notre circonscription,  a posé une question orale à l’Assemblée Nationale sur le sujet le 2 octobre 2007.
Le 25 janvier 2008, le quartier a vu avec délice un panneau « A Vendre » sur les fenêtres de la mosquée clandestine.
Téléphone, internet la nouvelle fut bien vite communiquée et un sentiment de victoire s’empare de tout le quartier.
Evidement nous allons organiser un grand pot laïque et républicain pour célébrer l’événement.
Une seule leçon à retenir de ces 11 mois, en France, les citoyens ont encore la parole s’ils se donnent les moyens de la prendre et savent défendre leurs valeurs essentielles.
L’individualisme forcené n’est pas encore et ne doit pas devenir la seule règle de conduite.
Pour nous dans notre quartier, pas de communautarisme mais des communautés qui vivent ensemble.
Pas de religion unique et totalitariste, mais des convictions religieuses personnelles qui demeurent dans la sphère privée.
Pas de sectarisme politique, mais une union face à l’extrémisme religieux.Pas de toilettage de la loi de 1905.
Pas "de laïcité positive", mais la laïcité.
Aujourd’hui, j’appartiens à un quartier dont tous les habitants peuvent être fiers d’eux et qui se revendiquent d’un état français républicain, démocratique, laïque et social.

par mohamed sifaoui publié dans : Contribution
ajouter un commentaire commentaires (18)    créer un trackback recommander
Vendredi 14 décembre 2007
Un appel aux organisations citoyennes, aux partis et aux syndicats de progrès


Le 11 décembre 2007, Alger a été dévastée par deux bombes. Les premiers rapports font état de 62 morts et de 170 blessés. Bien que ces attentats n'aient pas  encore été revendiqués, ils sont en général attribués à des groupes islamistes armés et plus spécifiquement à El Quaida- Maghreb.
Après une décennie de tueries et de terreur dans les années 1990 qui fit 200 000 victimes, le peuple algérien est épuisé. Pourtant cette nouvelle escalade dans la violence n'est pas une surprise pour nous. En dépit - ou à cause - de l'amnistie générale officielle offerte par l'état aux intégristes sous couvert de politique de 'réconciliation' - c'est à dire un pardon présidentiel accordé sans même que soient établis ni les faits ni les responsabilités - les groupes islamistes armés n'ont jamais rendu leurs armes et les tueurs 'pardonnés' ont continué à parader dans les villages, menaçant de nouveau leurs opposants et celles de leurs victimes ayant survécu à leurs atrocitiés, interdisant la musique, controllant la 'moralité' et imposant l'apartheid sexuel.
Depuis des années, en Algérie comme dans d'autres pays 'musulmans', les gouvernements Européens et Nord Américains guidés par leurs intérêts pétroliers ont entretenu les relations les plus ambigües avec les forces politiques d'extrème droite travaillant sous couvert de l'Islam.
Mais c'est aussi depuis des années que les partis et les organisations progressistes en Europe et en Amérique du Nord, et également les forces progressistes en Asie et en Afrique ainsi que le mouvement altermondialiste, ont refusé de prendre les distances nécessaires vis à vis de  ces mêmes forces d'extrème droite, sous le prétexte de défendre les droits des opprimés.
Nous sommes nombreux et nombreuses, en Algérie tout comme dans les autres pays 'musulmans' à nous opposer au projet théocratique des groupes islamistes armés ( qui veulent imposer la loi de Dieu, telle que l'interprètent les forces religieuses d'extrème droite) et à défendre la république laïque ( qui est régie par les lois des hommes, donc amendables par la volonté et le vote du peuple). Mais c'est dans l'abandon quasi total de ceux qui auraient du être nos alliés que nous avons livré cette bataille.
A la veille d'une nouvelle lutte contre l'extrème droite théocratique islamiste armée en Algérie, nous en appelons aux organisations citoyennes, aux partis et syndicats progressistes, aux groupes de droits humains et à tous les citoyens et citoyennes concerné/es en Europe et au delà, pour apporter un soutien direct, immédiat et soutenu sur le long terme à toutes les forces, partis, syndicats progressistes, aux organisations citoyennes et aux organisations de femmes, qui travaillent pour une république laïque en Algérie.
Prenez contact directement avec nous, travaillez en réseau avec nous, échangeons ensemble. Nous avons besoin de soutien et de visibilité.
C'est une illusion de croire que ce projet théocratique s'arrétera à vos frontières. Soutenir ceux et celles d'entre nous qui sont sur la ligne de front, c'est servir la liberté démocratique dans le monde.

Premiers signataires:
 
SIAWI,  Secularism Is A Women's Issue ( siawi.org)
 
Marieme Helie Lucas, fondatrice Réseau international WLUML, coordinatrice SIAWI, Montpellier
 
Hakim Arabdiou, Paris
 
Selim Ducos, Paris
 
Lalia Ducos, militante associative défenseur des droits humains, Paris
 
Cherifa Kheddar, présidente Djazairouna, Blida
 
Amir Rezzoug, photographe, Marseille
 
Saleha Larab, journaliste, Alger
 
Samia Allalou, journaliste, Paris
 
Mohamed Ali Allalou, animateur radio, Paris
 
Aziz Smati, réalisateur, Paris
 
Karima Bennoune, Associate Professor Rutgers School of Law, Newark
 
Malika Zouba, journaliste, Paris
 
Mohamed Sifaoui, journaliste, Paris
 
Asma Guenifi, psychologue, Paris
 
par mohamed sifaoui publié dans : Contribution
ajouter un commentaire commentaires (3)    créer un trackback recommander
Jeudi 13 décembre 2007
Mohamed Sifaoui, un journaliste à abattre.

Depuis la diffusion, le 27 novembre dernier, sur TF1, dans l’émission Le Droit de savoir, de son enquête, J’ai infiltré le milieu asiatique et la publication du livre éponyme au cherche midi éditeur, Mohamed Sifaoui est la cible sur Internet d’attaques d’une rare virulence mettant en cause son intégrité professionnelle et sa personne. Une certaine presse tente également de le discréditer en se faisant l’écho d’une propagande malsaine qui vise à jeter le doute sur son travail.
Une fois de plus, ses adversaires, à défaut de lui porter la contradiction, usent de la diffamation. Il en avait déjà été ainsi lors de son enquête télévisée sur les réseaux islamistes en France (Mes Frères assassins, le cherche midi éditeur) ou sur les émeutes de 2005 en banlieue à Envoyé Spécial sur France 2.
Mohamed Sifaoui a maintes fois été le sujet de menaces de mort, d’où la protection policière dont il bénéficie. Aujourd’hui, la menace est plus sournoise. Il s’agit d’abattre non pas l’homme mais le journaliste afin qu’il cesse de déranger des désordres établis.
Nous réitérons à Mohamed Sifaoui notre confiance et l’assurons de notre totale solidarité.

Les éditions du cherche midi.
par mohamed sifaoui publié dans : Contribution
ajouter un commentaire commentaires (6)    créer un trackback recommander
Vendredi 16 février 2007

Un lecteur m'a envoyé ce texte que je vous laisse découvrir

Ca y est la phrase est lancée. Je ne savais pas qu’ils la prononçaient de cette façon. En revanche, je savais qu’elle signifiait que Dieu n’était pas petit ! Je devais auparavant la prononcer avec un accent trop franchouillard, si bien que de l’entendre ainsi,  j’eus du mal à la reconnaitre. Et puis les humoristes à la télévision la prononcent avec un accent standardisé, l’accent arabe qui fait rire, comme celui du suisse, du belge ou encore celui du Général allemand de 1944.

Bien que cette phrase, annoncée dans une langue qui est étrangère pour l’insignifiant banlieusard et athée que je suis ; malgré l’amusement qu’elle suscite en moi lorsqu’elle est prononcée par une marionnette des « guignols de l’info », malgré tout cela, oui, je ne sais pas pourquoi mais cette fois l’entendre me fait peur…..terriblement peur.

Somme toute parce qu’elle vient de claquer et de rebondir sur la carlingue de ma rame de métro, après s’être échappée avec fureur et colère de la bouche d’un homme au turban blanc cassé et à la barbe hirsute se dressant tout à fait à l’autre bout de ma rame.

Curieux comme l’humour est conditionnel !

Je pense que c’est pour cela qu’elle me fait peur et uniquement pour cela. Après tout ça ne me dérange pas que Dieu soit grand, la Science est bien brillante.

 

1ère Seconde...

 

Tout le monde s’est tu dans la voiture de la SNCF, d’ailleurs qui n’est pas en grève aujourd’hui ! Ce qui est bien dommage, cela aurait pu rendre service à une centaine de personnes ici présentes, et qui sait ? A quelques milliers de salariés SNCF dans vingt ans peut être ! Selon la tournure des négociations et l’obtention ou non de leur revendication.

 

Le silence s’est posé à nos pieds d’utilisateur des transports en commun, ainsi que l’aurait fait un escadron de moineaux suite au jet d’une poignée de miettes de pain.

Et quel pain que celui là !!

 

Les gens qui discutaient se sont tus et ceux qui ne parlaient pas, tenez vous bien…..ce sont tus davantage. Comment est ce possible ?

Leurs yeux…n’exprimaient plus rien. D’ailleurs je ne voyais plus les yeux de mes compagnons de voyage, mais plutôt une sorte d’essaim de trous noirs. Ils jalonnaient la rame, dévorant, broyant, absorbant TOUT, tout ce qui pouvait s’apparenter à une pensée ! Est-ce ces yeux d’ailleurs qui avaient dévoré le bruit qu’il y avait dans cette rame il y a un instant ?

 

2ème seconde   

 

Je vis l’homme au turban debout à l’opposé de la rame, trois personnes à côté de lui, prirent leur élan pour, semble-t-il, se jeter sur cette masse humaine. Mais ce dernier brandit un petit livre rouge et or et dans le même temps il actionna une cordelette ou je ne sais quoi, (ne pouvant distinguer davantage de ma position), et tout disparu dans une puissante lumière blanche accompagnée d’un grondement épouvantable. L’air était devenu matière solide et meurtrière.

Je fus d’abord scandalisé ! Un homme venait de me tuer et je n'avais aucune possibilité de porter mes droits devant la justice et le traîner devant les tribunaux !

A l’extrémité de ma vie (cette dernière ayant aussi ses extrêmes !), je me faisais la réflexion suivante :

              - Je suis né le 15 Aout 1980 par la volonté de Dieu, m’a-t-on dit, Père de Jésus Christ, je suis devenu Athéiste par son manque de volonté justement à faire « la paix sur la Terre comme au Ciel », et je vais mourir parmi les décombres d’un matériel de transport en commun d’une société qui décidément ne fait jamais grève au bon moment ! Mais je vais surtout mourir par la volonté d’un bipède halluciné qui pense qu’en me tuant il accédera à quelques dizaines de vierges ! Il se trompe, car j’ai beau chercher et chercher encore dans les poches de mes vêtements, je ne possède pas les coordonnées de ces pieuses demoiselles !

 

Que les étoiles soient la combustion lointaine de plusieurs millions de kilomètres cube de gaz, comme elles le sont pour moi, qu’elles soient les guides ancestraux de trois rois ayant traversé le désert pour se pencher sur le berceau d’un fils divin, comme elles le sont pour certains, qu’elles soient enfin les témoins des mille et une nuits……elles sont, avant tout, belles à regarder. A regarder en silence.

 

Tout comme il y a la liberté de s’exprimer, il y a celle d’interpréter le monde qui nous entoure.  Cette dernière ne jouit pas d’un seul article dans le Code Pénal, et c’est bien triste.

Je ne souhaite pas être l'otage des convictions des autres.  Si je gueulais à tout va que Dieu selon moi est une insulte à l’intelligence de l’homme, je me ferais autant d’ennemis que si je concédais qu’il existait mais qu’il était pédé. Or, là il y a insulte. Alors qu’on peut me dire que la Science, que l’Homme sont la création de Dieu, cela ne me fera que ……sourire.

« Homme, pense, prie, crois, vis mais fais toi petit car n’oublis pas que tu l’es »

A méditer.

Olivier
par Olivier publié dans : Contribution
ajouter un commentaire commentaires (11)    créer un trackback recommander
Dimanche 3 décembre 2006

Cher Monsieur Sifaoui,

Je suis chroniqueur, auteur, et j'écris depuis des années sur la question de l'islamisme, des articles, chroniques, ...

Hier encore, je donnais un séminaire à l'université, à Casablanca, où j'ai pu parler à des étudiants de choses qui touchent à la philosophie, l'Occident, l'Islam, la peur, la question de l'Autre, et bien sûr, à la question du terrorisme, comme d'autres, des amis, qui tentent de créer des passerelles, aussi fragiles soient-elles, entre le Monde Arabo-Musulman et ce qu'on appelle l'Occident.

 Depuis des années, j'écris afin de condamner l'islamisme.

Monsieur Sifaoui (Cf. Pourquoi je soutiens Robert Redeker ? [Voir l'article : L'Affaire Robert Redeker]), lorsqu'un intellectuel - je prends le cas du Maroc, tente de dénoncer l'islamisme dans les grands médias français, ce que j'ai tenté de faire, ces écrits ne sont jamais publiés, pour des raisons que je ne veux même pas connaître ! Chapelles ? Désir d'expertise ? Parts de marché non-négociable sur la question de l'islamisme ? Allez donc savoir !

Ici, à Casa, pour m'en être pris à Tarek Ramadan, le pressant d'encourager les jeunes musulmanes de France à préférer l'école au voile, au nom de cette phrase du Coran qui veut que "L'encre de l'érudit a plus de valeur que le sang du martyr", ce ne sont pas dix, mais cents lettres d'insultes, de menaces, que j'ai reçues, pour avoir trahi, ce qui n'est même plus l'islam, mais "La Cause", et le champion à l'âme immaculée : Frère Tarek !

Quand, encore une fois, j'adjurai que l'on n'invite pas ce salaud de Dieudonné, on me traita d'enrôlé par les sionistes, me demandant combien j'avais été payé pour écrire que "le spectacle de Dieudo avait des relent de Nuit de Cristal, et du Céline de Bagatelles pour un massacre.

Lorsque, - j'insiste peut-être lourdement !, il y a quelques mois déjà, j'envoie un "Appel à ne pas mettre les formes avec les lapidateurs", au Monde, à Marianne, en réponse au même Ramadan, on me répond que le journal a des problèmes de pagination, que mon texte, certes formidable !, est peut-être un peu long ? Trop long, une réponse à un homme qui, lors d'un entretien avec un honorable quotidien Suisse, dit, littéralement que qu'il faut se rendre "audible" ? Que nous devons, sur la question du meurtre, modérer nos propos ?

Ici, tous les jours, je croise des hommes, habillés comme à Kaboul, qui pratique des arts martiaux, se gavent de récits épiques d'égorgement, ici, à Casa, en un lieu que l'on nomme Derb Ghallef, lieu où l'on peut acheter son spectacle de Gad piraté ou ses Nike Air, des DVD circulent, qui exhortent les foules à détester Juifs, Chrétien, Occidentaux, Homosexuels, Femmes non-voilées, Intellectuels par trop occidentalisés.

Ici, dans ce grand marché de la contrebande, des hommes à l'allure de Mollah Omar, n'ont plus peur d'arborer des couteaux pour le jour du Grand Egorgement. J'ai même, pour l'anecdote, assisté à une séance sur l'art d'enfoncer son couteau sans risquer que l'adversaire ne puisse s'en emparer !

Que dire de ces femmes, pourtant fièrement le "voile intégral" des Iraniennes, et qui, de l'intérieur de leur 4X4, vous toise comme si vous étiez de la race des insectes !

Alors ?

D'ici, donc, je vois et entends, hormis deux ou trois "spécialistes", des crétins Algériens, Marocains, et autres, oui des crétins à moustaches, formés à l'Islam des boucheries Hallal et devenus par un long travail qui relève davantage de l'art de découper du jarret, que de la chaire universitaire, des voix, qui parlent, à la télévision française pour les Musulmans ! Je veux encore croire que les médias de France et de Navarre n'opèrent pas une sélection avec pour critère la médiocrité et le ridicule...

Puisque vous, Monsieur Sifaoui, êtes un homme entendu, demandez-donc à vos amis qui vous respectent pour ce travail, -dangereux et essentiel, que vous avez entrepris de faire, de donner la parole aux intellectuels de mon pays, et des autres, bien sûr.

On serait surpris, en France, d'entendre et de lire ce que ces intelligences-là peuvent exprimer de refus de la Barbarie, et de volonté chevillée au corps, d'en découdre, pour en finir, avec ces salauds d'islamistes. Je suis prêt à venir en France, pour aider Redeker à sortir de chez lui, comme devraient le faire tous les intellectuels de France, au lieu de signifier à des délinquants que la terreur a définitivement vaincu !

Voilà, cher Monsieur Sifaoui, ce que je voulais vous dire, j'espère que ma parole ne restera pas sans écho, encore une fois.

Driss C. Jaydane Casablanca

par mohamed sifaoui publié dans : Contribution
ajouter un commentaire commentaires (10)    créer un trackback recommander
Jeudi 30 novembre 2006
Au lieu de soutenir les forces laïques et démocratiques dans les pays arabes, l'Occident continue de miser sur l'obscurantisme. Pendant que des hommes politiques occidentaux et autres intellectuels bien-pensants tentent de nous convaincre qu'il est nécessaire d'introduire des lois "contre le blasphème", voilà ce qui se passe dans les pays musulmans.

YEMEN

Un journaliste condamné à un an de prison ferme

Reporters sans frontières dénonce la condamnation, le 25 novembre 2006, du journaliste Kamal Aloufi, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Al Raï Al Aam, à un an de prison ferme, ainsi que la suspension de sa publication pour une durée de six mois. Le journaliste est également frappé d’une interdiction d’écrire d’une durée de six mois.

“L’acharnement des autorités yéménites dans le cadre de cette affaire qui a cessé de faire les gros titres ailleurs est inquiétant. Les quatre journalistes mis en examen ont seulement évoqué dans leurs journaux respectifs les réactions suscitées par ces dessins dans le monde. Il semble pourtant que les autorités utilisent cette affaire pour régler leurs comptes avec la presse”, a déclaré l’organisation

“Puisqu’il s’est à plusieurs reprises prononcé contre la pénalisation des délits de presse, nous demandons au président Ali Abdallah Saleh de prendre ses responsabilités pour protéger la liberté de la presse en dénonçant notamment l’arbitraire des procès contre les rédacteurs en chef des trois journaux yéménites ayant reproduit les dessins controversés”, a ajouté Reporters sans frontières.

Comparaissant devant le tribunal de première instance de Sanaa, Kamal Aloufi a été reconnu coupable d’avoir “nui à la foi islamique” et “dénigré une religion monothéiste ou une croyance humanitaire”. A l’annonce du jugement, le journaliste a été placé en détention avant d’être libéré pour “procédure illégale” deux heures plus tard sur ordre du procureur général Abdallah Al Olfi. La peine est suspendue jusqu’au procès devant la cour d’appel.

Par ailleurs, en février 2006, le rédacteur en chef de l’hebdomadaire indépendant Al-Hourriya, Abdel Halim Akram Sabra, le journaliste Yahya Al Aabed et le rédacteur en chef du Yemen Observer Mohammed Al Asaadi, poursuivis pour la même affaire mais jugés séparément, avaient passé plus de deux semaines en détention. Leurs procès sont toujours en cours.

Source Reporters sans frontières (RSF)
par mohamed sifaoui publié dans : Contribution
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander