Le blog de Mohamed Sifaoui

En mars 2007, des habitants de Champs sur Marne attiraient mon attention sur l’ouverture, dans leur quartier, d’une mosquée clandestine, tenue par des salafistes. J’avais donc décidé, après vérifications, de médiatiser cette affaire. Les habitants se sont constitués en collectif et ont adhéré à l’Ufal, l’Union des familles laïques, pour faire valoir leurs droits et dénoncer l’installation de ce « lieu de culte » dirigé par un groupe qui a méprisé les lois et les règles de l’urbanisme. Grâce à la mobilisation de ces habitants et de la mairie, la justice a ordonné, entre autres, la fermeture de ce local.
Je publie sur ce blog l’article qui m’a été envoyé par la présidente de l’Ufal de Champs sur Marne, l’une des personnes qui se sont mobilisées pour réitérer le message républicain.
Je salue pour ma part leur ténacité et leur courage et leur réitère mon soutien.  
"La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale". Chacun d'entre nous devrait connaître par coeur l'article 1er de notre constitution. Il y a moins d’un an ,11 mois plus exactement, j’aurai été incapable de dire cela mais il faut savoir que les valeurs essentielles de notre vie se trouvent là.

Le 23 février 2007, une mosquée salafiste ouvrait ses portes, en toute illégalité, dans notre quartier, quartier d’une ville sans importance.
Nous vivons à Champs sur Marne et cette commune ne tombera pas dans l’oubli de sitôt.
En effet ce jour-là, sous les regards médusés des habitants, des salafistes, en tenue traditionnelle (kamis et burkas) inauguraient un local de culte clandestin, local acquis pour en faire des bureaux.
Mais au lieu de faire des bureaux, comme les nouveaux propriétaires s’y étaient engagés, le local abritait une mosquée clandestine et une école coranique.
Les personnes qui venaient dans ce local, étaient pour la plupart, extérieures à notre commune.
Notre lieu de vie était quadrillé par des sbires qui surveillaient les riverains les jours de prière.
Des allées et venues incessantes de salafistes , de 5 h du matin à minuit ,des regards hostiles envers les femmes ,des sourires engageants envers les enfants, tel était notre quotidien.
Les habitants du quartier, stupéfaits et abasourdis, voulaient absolument faire « quelque chose » pour que cesse cette situation intolérable.
Pour certains, ce quelque chose se traduisit par des appels téléphoniques auprès de la mairie, du député, du commissariat, de la sous-préfecture, de la préfecture.
Pour d’autres, ce fut des courriers.
Chacun dans son coin essayait de crier son indignation, son refus de voir s’installer le communautarisme, son inquiétude pour les enfants…
Nous vîmes aussi des personnes, se sentant totalement impuissantes, se cacher derrière leurs rideaux en se disant que la situation était désespérée et qu’il n’y avait rien à faire. Pour eux, la seule solution était de fermer leur porte à clef.
Tous se demandaient : mais que faire  pour être entendus ?
Plusieurs contacts furent pris avec la presse, mais nous étions en pleine campagne électorale présidentielle et la vie de citoyens lambda était moins intéressante que le débat politique d’alors. Pas d’émeutes dans notre quartier, pas de violence, bref rien de sensationnel.
Seuls deux journalistes, Mohamed SIFAOUI et Jean LOUIS du Parisien  comprirent nos préoccupations et vinrent dans notre quartier pour juger par eux- mêmes de la situation.
Chacun d’entre eux prit la mesure de ce que nous vivions.
Par des articles dans le Parisien, une enquête dans Marianne le 24 mars 2008, une émission télévisée diffusée sur Arte le 28 août 2008, ces deux journalistes se firent l’écho de notre quartier, suivirent et suivent toujours l’affaire de près. Des enregistrements effectués confirmèrent la nature subversive des occupants de la mosquée.
Quelques habitants du quartier, les plus téméraires, les plus attachés aux valeurs républicaines, décidèrent de s’organiser en collectif.
Lorsque l’on porte atteinte à sa liberté, l’homme, aussi modeste soit-il, est capable de réagir et de se défendre.
Pas d’actes violents, pas d’insultes mais des réunions où la marche à suivre était décidée et mise en œuvre.
Pétitions, démarches auprès de la mairie, interventions dans les rencontres publiques avec le député, tous les recours dont nous pouvions nous servir étaient utilisés.
Telles des fourmis laborieuses, tous et toutes participions à la hauteur de nos moyens.
Messages via internet, participation à des débats, présence effective de membres du collectif lors de moments forts tels que le procès, la réunion en sous-préfecture, la rencontre chez le Préfet et rappel incessant de nos valeurs.
A chaque manifestation publique du collectif, les personnes désignées étaient différentes, ainsi nous avons montré que c’était un quartier entier qui était mobilisé mais pas uniquement quelques individualités.
Certains pessimistes prédisaient que la situation du quartier durerait plusieurs années, qu’on ne n’en sortirait jamais car les personnes de la mosquée étaient propriétaires, que l’on ne pouvait rien faire face à ces islamistes ….
Ils étaient propriétaires, certes, mais au sein d’une co-propriété. Qui dit co-propriété dit droits mais aussi devoirs.
L’islamisme radical fait peur mais n’est nullement invincible.
La cohésion de notre collectif et sa seule ligne de conduite étaient la défense de la laïcité, le respect de la loi par chacun.Jamais les différentes appartenances politiques ne furent prises en compte.
Jamais les différences religieuses ne furent évoquées.
Notre seul point commun : faire un front républicain et laïque face à l’obscurantisme et les dangers qu’il génère.

Pas de dérapage intempestif, sauf une fois où l’un d’entre nous a glissé dangereusement vers la xénophobie.Aussitôt quelques personnes ont repris les choses en main en tançant vertement cet individu qui a cessé ses insinuations fort malvenues.
Le ciment de notre collectif, en dehors de notre détermination, fut la rédaction d’un bulletin d’information électronique quasi-hebdomadaire.Toute information recueillie était communiquée à chaque fois aux différents protagonistes (membre du collectif, maire, député, préfet).
Une autre façon de fédérer les habitants du quartier fut l’organisation itérative de « pot républicain et laïque » au cours desquels les autorités étaient conviées de façon systématique .Ainsi les représentants élus se rendaient compte de la mobilisation et de la détermination des citoyens de base.

Cet engagement républicain a fini par être productif
.
D’une part Mme Maud TALLET, maire PCF de notre commune, a poursuivi en justice la SCI propriétaire et occupant les locaux. A ce jour les dits propriétaires ont été condamnés le 18 juillet 2007 par le Tribunal Correctionnel de Meaux.
D’autre part Mme Chantal BRUNEL,  député UMP de notre circonscription,  a posé une question orale à l’Assemblée Nationale sur le sujet le 2 octobre 2007.
Le 25 janvier 2008, le quartier a vu avec délice un panneau « A Vendre » sur les fenêtres de la mosquée clandestine.
Téléphone, internet la nouvelle fut bien vite communiquée et un sentiment de victoire s’empare de tout le quartier.
Evidement nous allons organiser un grand pot laïque et républicain pour célébrer l’événement.
Une seule leçon à retenir de ces 11 mois, en France, les citoyens ont encore la parole s’ils se donnent les moyens de la prendre et savent défendre leurs valeurs essentielles.
L’individualisme forcené n’est pas encore et ne doit pas devenir la seule règle de conduite.
Pour nous dans notre quartier, pas de communautarisme mais des communautés qui vivent ensemble.
Pas de religion unique et totalitariste, mais des convictions religieuses personnelles qui demeurent dans la sphère privée.
Pas de sectarisme politique, mais une union face à l’extrémisme religieux.Pas de toilettage de la loi de 1905.
Pas "de laïcité positive", mais la laïcité.
Aujourd’hui, j’appartiens à un quartier dont tous les habitants peuvent être fiers d’eux et qui se revendiquent d’un état français républicain, démocratique, laïque et social.

Dim 27 jan 2008 240 commentaires
En France, on mélange l'Islam et le terrorisme; hors le terrorisme en France est né du 11 septembre 2001 qui a été perpétré par les américains, par leur président et son administration! Ils ont fait plus d'un million de mort, mais il y a pas d'espoir de voir Bush sur le banc des éxécutés. Pourquoi ils tuent des enfants et laisse ls BUSH au pouvoir? Parcequ'il est haut placé et riche et qu'ils s'en foutent! Et à cause des gens comme lui, les musulmans en burka ou en djellaba sont mal vus simplement à cause d'un drap. Ils disent, "la seule solution, c'est de rester chez soit", non, prenez les armes et allez en Irak ou lisez Le Livre Saint! En quoi faire des invocations c'est mal? C'est quoi cette extremisme médiatique... C'est le fruit des hypocrites américains. Je ne dis pas que les salafistes ne sont pas des gens dangereux, ce serait un mensonge, je dis que c'est bien qu'il ne soit plus là, mais cette mise à l'écart de la justice française et médiatisé par les super grandes productions nourrit l'extrêmisme, c'est évident, il y a un gouffe entre ce que le président Sarkozy le voyou a promis de faire pour les jeunes et ce qui est fait, c'est une stagnation dont les musulmans sont victimes alors que c'est à la justice de juger du DANGER et de dire: "message à tous les salafistes de France: non, vous ne pouvez pas bombarder le monde, vous êtes interdit en France" au lieu de dire "non, vous ne pouvez pas prier dans un quartier". Le pire, ca serait de dire "Vous ne pouvez plus prier dans les mosquées". Celui qui dira cela ira (je pense) en Enfer.
louisa - le 27/01/2008 à 16h33
Louisa, ton propos est plein d'indignation mais tu mélanges plein de choses. J'ai l'impression aussi que tu vois le monde uniquement par rapport à l'Islam : est-ce que les musulmans sont brimés par l'action de Sarkozy ? Est-ce qu'ils sont vexés quand on utilise le mot "terrorisme" ?... Il faut arrêter avec la victimisation ! Le monde ne tourne pas autour d'un affrontement entre les chrétiens et les musulmans, il est fait d'une multitude de tensions (principalement liées à l'argent) dont les croyances sont juste des outils parmi d'autres. Nicolas Sarkozy n'aime pas un gamin d'Argenteuil même s'il n'est pas musulman mais aimera un émir qui l'invite fastueusement, même si ce dernier est un salafiste enragé. Jusqu'ici, il l'a toujours dit : il faut que les gens croient en quelque chose, qu'ils soient soumis à une religion, car ça les tient tranquilles.
Yvan Chrysotome - le 27/01/2008 à 17h11
Qu'est-ce que l'Islam a à voir avec la politique????  Ce texte est tout simplement un rappel des lois de la république française, nul besoin de détourner le problème avec des propos anti-américains (c'est ton droit de détester les américains mais dans ce cas précis, c'est hors sujet).

"hors le terrorisme en France est né du 11 septembre 2001 qui a été perpétré par les américains" NON, le terrorisme avait déjà frappé la France en 1995 à la station St Michel !!!
Clarisse - le 28/01/2008 à 11h12
& j’appartiens à un quartier dont tous les habitants peuvent être fiers d’eux et qui se revendiquent d’un état français républicain, démocratique, laïque et social. &

Quand je lis ça je me demande dans ce groupe de villageois mécontent, qui sait vraiment ce qu'est l'état, être républicain, laique et social ..et exerce sa démocratie par plus que de juste mettre un papier dans une urne ..

En fait je me demande si vraiment il pensait à tous ces jolis concepts avant d'aller bouter les sarrazins hors de leurs voisinage..ou si il n'ont pas plûtot juste agi histoire de virer des importuns ....
Skill - le 29/01/2008 à 14h33
Je suis un campésien, autrement dit habitant de champs-sur-marne, et je peux vous confirmer le fait qu'il fut, bien que j'aime ma ville et n'es absolument rien contre les musulmans, et le monde de l'islam en général, pas très agréable d'y vivre cette année.
Il est vrai que ces personnes étaient bizarres. Lorsqu'on les croisait, elles nous regardaient l'air de dire: "tu n'es qu'un mécréant".

La peur régnait, non pas contre ces personnes, mais contre le fait de dénoncer, parce qu'on a l'habitude de se faire traiter de raciste dès que l'on émet une critique, même si celle-ci est fondée, contre l'islam.
Donc, la plupart des gens ne disaient rien mais PENSAIENT BEAUCOUP: autrement dit, ne pouvant s'exprimer, elles sont devenues réellement racistes.

Je tiens ainsi à remercier M. Sifaoui, ainsi que toutes les personnes qui ont oeuvrées contre cette mosquée illégale, qui ont par la même occasion lutter contre la stigmatisation des critiques contre l'islam.

                                                                Sylvain
sylvain - le 29/01/2008 à 15h41
Bonjour sylvain merci pour votre réponse, 

Croyez moi la critique de l'islam est plus qu'autorisé elle est même encouragé et ce depuis un moment voir les statistiques télévisuelles à ce sujet, ainsi que les très nombreux ouvrages dont le fameux bouquins d'oriana fallaci traitant d'une manière plus que sommaire et éxpéditive le sujet.


Faites bien attention avec ce genre d'initiative, j'ai envie de vous demander si demain un citoyen de votre village de confession musulmane désire avoir un lieu de culte, que celui ci ne soit pas salafiste mais juste croyant qui veux pouvoir exercer son culte ..

Lui permettrez vous de s'installer ? d'avoir un local à disposition ?
skill - le 29/01/2008 à 23h32
Il faudrait organiser une immense manifestation a paris et en province pour defendre la laïcité et la loi de 1905, non pas contre l'islam (je suis musulman) mais contre les attaques verbales répétées de notre cher président Sarkozy, je pense qu'il est urgent de montrer a la face du monde que la France est une republique laïque, et que les français tiennent à cette laïcité si souvent dénigrée.
@ louisa, le terrorisme est apparu en France, non pas en 2001, ni meme en 1995 mais au debut des années 80.
loupblanc - le 30/01/2008 à 15h42
Je suis catholique abstinent, athée tendance païen et même paillard, bref la religion ce n'est pas pour moi. Mais je refuse que M. Sarkozy voit un dieu dans une quelconque partie de mon corps et même la ou je pense. Ma république n'est pas à vendre à qui que se soit. Par contre ma république se doit au bien-être de tous et, par exemple, doit laisser construire des mosquées pour que ceux qui en ont besoin. Si le discours de l'imam (ou celui du curé ou du pasteur) appelle au meutre, à la guerre, etc alors cette personne doit être comdamnée selon les lois de la république.
Christian - le 31/01/2008 à 21h58
Contrairement à Christian qui porte mal son nom :-) (puisqu'il veut dire "chrétien"), moi je suis catho pratiquante et je suis pourtant très laïque. Je pense qu'il faut garder la loi de 1905 en l'état. L'état n'a pas à monnayer la construction de mosquées - qu'elle soient salafistes ou non -  ni d'églises ni de tout autre lieu de culte. Et pourtant c'est ce que font déjà maintes mairies telles celle de Montpellier.  Je suis très pessimiste: Sarkozy réformera la loi de 1905!
Fortmarrie - le 02/02/2008 à 13h41
Ce qui est vraiment choquant en France, c'est cette bassesse que l'homme moderne a atteint par simple ignorance de l'Islam. En quelques années, le pétrole a transformé la France mais il va aussi la détruire et détruire avec elle les hommes comme Sarkozy le voyou selon la Volonté de Dieu Exalté Soit-Il.
louisa - le 02/02/2008 à 17h37